Direct Soir n°65 29 nov 2006
Direct Soir n°65 29 nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°65 de 29 nov 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Leonardo Dicaprio, l'infiltré magnifique

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Mercredi 29 novembre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW DOMINIQUE LAPIERRE La route de la joie Auteur de best-sellers, Dominique Lapierre est un homme de cœur. Son association, La Cité de la joie, sort les enfants de Calcutta de la misère. « Ô Jérusalem » récemment adapté au cinéma, vient d’être réédité (Flammarion). Comment est né votre livre, Ô Jérusalem ? Pendant trois ans, Larry Collins et moi-même avons rassemblé tous les documents, retrouvé tous les acteurs de cette formidable page d’histoire qu’était la création de l’Etat d’Israël. Dans un kibboutz (ferme collective en Israël) du désert du Néguev, nous avons découvert David Ben Gourion en train de tondre un mouton. C’était comme cela qu’il payait son dû au kibboutz qui lui avait donné l’hospitalité. Nous avons passé trois semaines avec lui. Nous avons reconstitué, à travers ses carnets, tous les moments forts du mois de mai 1948 où il avait décidé, contre l’avis de la majorité, la création d’un Etat juif. Ben Gourion était un homme simple, mais habité par une vision.Aujourd’hui, au Proche-Orient, les hommes politiques n’ont plus de vision. Les femmes aussi ont beaucoup compté. Oui, de la même façon, nous sommes allés à la rencontre de Golda Meir, alors Premier ministre, un samedi, jour de shabbat (jour de repos dans la religion juive). C’était son jour à elle, elle était la « mamma » d’Israël. Elle nous a accueillis dans sa cuisine enfumée où elle faisait rissoler des beignets, tout en fumant cigarette sur cigarette. Elle nous a dit : « J’ai lu Paris brûle-t-il ?, c’est comme ça qu’il faut écrire l’histoire. » Peut-on rester objectif sur un sujet aussi passionnel ? Notre obsession était de rester impartial. Cette histoire est tellement chargée d’émotion et de passion qu’arriver à garder la tête froide est très difficile. Nous avons parcouru tout l’Orient arabe jusqu’au fin fond de l’Irak pour rencontrer quelqu’un qui, en 1948, s’était battu à Jérusalem. Pourquoi cette histoire-là ? Je crois que c’est une histoire d’amour avec une ville. Le soir où je suis arrivé sur le mont des Oliviers et j’ai découvert à mes pieds la ville de Jérusalem, j’ai vu tous ces musulmans qui sortaient des mosquées après avoir fait leurs prières, j’ai entendu les shofars (les cornes de bélier) des synagogues qui appelaient au shabbat. Et puis,j’ai entendu toutes les cloches qui résonnaient par-dessus les coupoles des églises. Je me suis Dans Calcutta, l’enfer sur terre, j’ai découvert la joie de partager avec plus pauvre que soi Repères L. MONIER/GAMMA J.M. TURPIN/GAMMA B. CANNARSA/OPALE dit que j’étais dans une ville de Dieu,plus près du ciel et que là allait avoir lieu la résurrection finale. Il aura fallu attendre 35 ans avant qu’on transpose votre roman au cinéma. Et j’ai pu l’annoncer à Larry le jour de sa mort. Il était victime d’une hémorragie cérébrale.Et alors que je le portais dans mes bras jusqu’à la clinique, dans ma poche, le portable a sonné. Elie Chouraqui m’appelait de Jérusalem pour m’annoncer : « Dominique, Larry, le film est fini, nous venons de mettre en boîte les dernières images ! ». C’est peut-être le dernier message qu’il aura emporté vers son voyage céleste. Un de vos autres livres, La Cité de la joie (adapté au cinéma par Roland Joffé), raconte la lutte quotidienne des habitants de Calcutta contre la misère. F. LOCHON/GAMMA Ce quartier compte la plus forte cohabitation sur la planète, il y a une fontaine pour 5 000 personnes,l’espérance de vie y est de moins de 40 ans. Et pourtant, dans cet enfer sur terre, j’ai découvert avec mon épouse Dominique,la joie,la capacité de partager avec plus pauvre que soi. J’étais émerveillé.Un jour,je suis devenu l’ami d’un tireur de pousse-pousse habitant la Cité de la joie. Il m’a donné sa voix (Dominique Lapierre fait tinter une clochette de Calcutta). Parlez-nous de votre engagement associatif (www.citedelajoie.com). J’ai appris un proverbe qui allait devenir notre devise avec mon épouse : « Tout ce qui n’est pas donné est perdu. » J’ai compris que j’avais le devoir d’être la voix de ces hommes sans voix,de raconter leur histoire.Une voix m’a dit qu’il n’était pas suffisant d’être auteur de best-seller,qu’il fallait aussi être un acteur pour changer les choses. Là-bas ils nous appellent « Didi et Dada » (grande Sœur et grand Frère). Quelle est la particularité de l’Inde ? Le sourire.On y trouve la pire pauvreté,mais aussi la plus grande beauté. Le grand poète indien Tagore écrivait : « L’adversité est grande, mais l’homme est encore plus grand que l’adversité. » Larry Collins La Cité de la joie Mère Teresa « C’était mon frère d’écriture et nous avons vécu quarante années extraordinaires. Nous écrivions en deux langues différentes. Nous ne nous sommes jamais disputés. Quand nous avions un problème, nous allions jouer une partie de tennis. Celui qui sortait sur une civière perdait l’argument. » PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT AVEC XAVIER PLASSON PROFIL Dominique Lapierre débute dans le journalisme et devient grand reporter à Paris-Match. En 1965, il écrit avec Larry Collins Paris brûle-t-il ? qui sera un best-seller international. René Clément l’adaptera à l’écran. D’autres livres, tous aussi réussis, vont suivre : Ou tu porteras mon deuil (1967), Ô Jérusalem (1972), Cette nuit, la liberté (1975), Le cinquième cavalier (1980). La Cité de la joie (1985), Il était minuit cinq à Bhopal (2001). « En vingt-cinq ans, nous avons sauvé 9 000 enfants lépreux, guéri un million de tuberculeux, ouverts 540 puits d’eau potable, transformé quatre vieux ferries en bateaux-hôpitaux qui portent secours au million d’habitants de 54 îles du delta du Gange qui n’existent pas sur les cartes du monde. » « La sainte de Calcutta, toute ridée, toute courbée, avec son sari blanc bordé de bleu, répandait comme une onde d’amour et d’espérance dans cet océan de misère et de détresse. Ma femme et moi lui avons proposé de l’argent pour les enfants lépreux. En anglais avec un accent albanais elle nous a dit : « C’est Dieu qui vous envoie ! » »
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