Direct Soir n°648 20 nov 2009
Direct Soir n°648 20 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°648 de 20 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : Environnement : alerte aux déchets

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 Le Top 5 EN COUVERTURE PHOTONONSTOP 5 Ce que nous Ce que nous jetons le plus 1. En tête des déchets quotidiens viennent les emballages des produits liquides à forte consommation, comme le lait, l’eau ou la bière. En réduire la quantité, c’est toujours préférer les contenants en verre et, pour ce qui est de l’eau, consommer au maximum celle du robinet. 2. Il faut mentionner ensuite les conserves et produits en bocaux, dont la production résulte d’un mode de vie structurellement occidental. En compensation, on peut choisir de consommer des produits frais autant que possible. 3. Les aliments destinés aux animaux sont encore trop souvent présentés en boîtes de conserve ou dans des emballages trop fournis. 4. Dans un monde où l’imprimante et la photocopieuse sont reines et où les forêts sont en danger, il faut réduire l’utilisation du papier au strict nécessaire. 5. Enfin, résidu de l’infusion du café, le marc encombre aussi nos poubelles. Les ordures à la loupe Aujourd’hui, quand on les interroge, les Français sont 87% à placer le tri en tête des gestes environnementaux qu’ils peuvent accomplir. Pourtant, même si la quantité d’ordures produites par les ménages commence à se stabiliser depuis 2007, après une hausse prodigieuse au cours des quarante dernières années, le simple tri n’est plus suffisant pour enrayer le phénomène. Quelles sont les causes de cette incroyable augmentation ? Les Français, depuis la période d’abondance des Trente Glorieuses, consomment plus et se nourrissent davantage de produits venus de la grande distribution. Or ces derniers, pour être conservés, transportés et manipulés plus facilement, sont souvent emballés plusieurs fois. C’est donc toute la chaîne, depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs, qu’il faut repenser. Économie Un coût exponentiel ➔ Gérer les déchets représente un véritable enjeu financier non seulement en raison de l’augmentation croissante des coûts de gestion, mais aussi, et surtout, du coût environnemental lié, d’une part, au risque d’insuffisance à moyen terme de solutions de traitement des détritus et, d’autre part, au gaspillage des matières premières. En effet, les 590 kg de déchets que chacun produit par an, qu’ils finissent dans une poubelle, un conteneur de tri ou une déchetterie, ont à l’origine nécessité de la matière première et de l’énergie pour être conçus. Ils ont été emballés et transportés, ce qui représente une nouvelle dépense d’énergie génératrice de gaz à effet de serre. Sur le plan économique, la dépense de gestion des déchets s’est élevée, en 2006, à 11,6 milliards d’euros, soit une DES CHIFFRES ET DES BENNES Les études menées par l’Ademe sur la composition du chariot de la ménagère démontrent que les Français ont très peu conscience du nombre de déchets potentiels que contient ledit chariot. Plus de la moitié du poids des déchets est due à dix produits seulement : les liquides à forte consommation (lait, eau, bière, etc.), les conserves et produits en bocaux, l’alimentation pour les animaux, le papier et le café moulu. Les textiles sanitaires, comme les couches et les mouchoirs, qui ont connu une forte croissance depuis 1973, représentent aujourd’hui 20 kg par habitant et par an, et les déchets d’emballages un tiers du gisement global d’ordures ménagères et assimilées (environ 125 kg par habitant et par an). Selon l’Ademe, c’est ce domaine qui doit être ciblé pour modifier les comportements. Même si les déchets des ménages ne représentent que 3,5% du total produit chaque année en France, c’est sur leur production que le grand public est le plus susceptible d’influer, en adoptant des règles simples au quotidien. Près de 39% du gisement global d’ordures ménagères pourraient faire l’objet d’opérations de prévention simples à travers le compostage domestique, le « stop pub », des campagnes antigaspillage, la limitation des impressions bureautiques ou encore le développement de la collecte sélective des déchets dangereux des ménages. Seule la moitié de ce gisement est captée par la collecte sélective pour recyclage. Le travail reste donc à accomplir suivant augmentation de 6,1% par rapport à 2005. Cette croissance est la même pour les entreprises et les collectivités locales assurant le service public des ordures ménagères. La dépense s’accroît toujours plus vite que le PIB, à cause de l’amélioration constante des équipements, comme la mise aux normes des unités d’incinération d’ordures ménagères (UIOM) ou encore le développement des déchetteries. Directsoir N°648/Vendredi 20 novembre 2009 A force de consommer et de jeter à toutva, c’est notre planète que nous sacrifions. deux axes : la réduction de la production de déchets et l’amélioration de leur recyclage.
www.directsoir.net MOBILISATION GÉNÉRALE Les enjeux du Grenelle de l’environnement Suivant la formule qui veut que « le meilleur déchet (soit) celui que l’on ne produit pas », le Grenelle de l’environnement s’est fixé des objectifs ambitieux pour faire de la France un pilier mondial de la lutte contre les déchets. En effet, la gestion de ces résidus est aujourd’hui un enjeu majeur pour la société toute entière, qu’il s’agisse des déchets produits par les ménages, les entreprises, les agriculteurs ou les collectivités. La politique du Grenelle réclame donc que les Français aient une meilleure connaissance des flux de déchets et de leurs coûts de gestion. Cela suppose des outils crédibles J. FAVRE Production de gaz de ville à partir de déchets d’une décharge. d’observation et de mesures aux niveaux local, national et européen. Mais le Grenelle de l’environnement a aussi fixé à la France des objectifs précis en matière de réduction des déchets, l’un des points phares étant de diminuer la production d’ordures ménagères et assimilées de 7% par habitant pendant cinq ans, ce qui devrait représenter plus de 5 kg par an et par personne. Si elle doit être améliorée, la situation n’est pas si mauvaise : en France, près de 63% des emballages ménagers sont valorisés aujourd’hui. L’objectif est d’atteindre 75% en 2012. Le recyclage permet PUBLICITÉ ADEME/DDB Le don, une philosophie au goût du jour ➔ La folie consumériste des dernières décennies, inédite dans l’histoire de l’humanité, aura eu au moins l’avantage de pousser les Français à s’interroger sur les conséquences de leurs actes. La prise de conscience de la surproduction de déchets domestiques en est une preuve. Comme la sociologie l’affirme depuis Marcel Mauss et sa théorie du don, au début du siècle dernier, réduire les mobiles des hommes à leurs seuls intérêts économiques est une position intenable. Ainsi, de manière tout à fait concrète, diminuer ses déchets aujourd’hui, c’est aussi pratiquer le don (vêtements, livres...). Certes, on n’a rien à y gagner immédiatement. Pourtant, chacun est capable de concevoir que, d’une part, c’est vital pour l’environnement, qui périt de l’accumulation de nos détritus, et que, d’autre part, on fait des heureux en recyclant dans une chaîne humaine des biens dont on n’a plus l’usage mais qui peuvent servir à d’autres. Enfin, l’économie réalisée en termes de transport et de valorisation mécanique des déchets est profitable aux finances publiques en général. Le don permet ainsi à l’homme contemporain individualiste de retrouver les mécanismes anciens d’un bien commun partagé. EN COUVERTURE 9 Pilot a fabriqué le premier stylo réalisé à partir de bouteilles en plastique. d’éviter le gaspillage de trois millions de tonnes de matières premières chaque année, mais contribue aussi au grand combat pour la réduction des gaz à effet de serre, en abaissant les émissions de CO 2 de 2 millions de tonnes par an. Ainsi, une famille de quatre personnes qui trie ses emballages émet 115 kg de CO 2 en moins chaque année, soit un trajet de 717 km en voiture, et économise 688 kWh, soit la consommation d’un téléviseur laissé allumé durant six mois ! PUBLICITÉ FOURMY MARIO/SIPA G. ROLLE/REA 3 questions à… Philippe Van de Maele, président de l’Ademe « Des objectifs nouveaux et ambitieux » Le travail de l’Ademe a-t-il changé la perception des Français vis-à-vis de leurs déchets ? Suite à la première campagne de communication menée de 2005 à 2008, 90% des Français interrogés déclarent avoir entendu parler des enjeux de la prévention des déchets. Leur perception a changé, c’est une évidence. La prise de conscience a eu lieu et nous sommes maintenant dans une phase où les gens sont en attente de conseils pratiques. Notre nouvelle campagne est donc centrée sur la pédagogie des gestes de prévention. La Semaine européenne de la réduction des déchets qui débute permettra à chacun de s’informer sur ces gestes. Quelles nouvelles initiatives imaginez-vous pour demain ? Avec le Grenelle de l’environnement, nous nous sommes lancé des objectifs nouveaux et ambitieux en matière de déchets, avec plus de prévention et de recyclage. C’est dans cet objectif que nous avons fait évoluer notre stratégie et notre dispositif d’aide auprès des collectivités, des entreprises et des citoyens. Il s’agit par exemple de mettre l’accent sur les bons gestes de prévention, la recherche et les technologies permettant de produire moins de déchets. Nous préparons ainsi la mise en place de la réglementation prévue dans le projet de loi Grenelle sur l’étiquetage environnemental des produits de consommation. Idéalement, quel type de consommateur devrait devenir le Français ? Un écoconsommateur, bien sûr, c’est-à-dire un consommateur qui réduira sa production de déchets en faisant les bons choix au quotidien. D’abord sur son lieu de travail, quand il limitera les impressions papier, ou chez lui lorsqu’il compostera ses déchets alimentaires, mais aussi dans les magasins, lorsqu’il optera pour des produits présentés avec moins d’emballages.



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