Direct Soir n°643 13 nov 2009
Direct Soir n°643 13 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°643 de 13 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 22

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Vendredi 13 : faites vos jeux !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 JEUX EN COUVERTURE LA COURSE AUX MILLIONS Avec une double cagnotte de 15 millions pour le Loto et pour l’Euro Millions, le dernier vendredi 13 de l’année offre une fois de plus aux nombreux superstitieux l’occasion de rêver. En incluant les jeux de grattage, les paris sur les courses hippiques et les casinos, les Français n’ont jamais autant joué qu’aujourd’hui. REPÈRES P.SITTLER/REA Le tirage rafle la mise ➔ L’espoir de gagner au Loto reste toujours intact chez les Français. Avec ces jeux de répartition, dont les gains varient en fonction du nombre de joueurs et du nombre de gagnants, la probabilité de rafler la mise reste infime mais ne semble pas décourager les joueurs. En 2008, le Loto a ainsi augmenté son chiffre d’affaires de 5,4%. Quant à celui de l’Euro Millions, il a bondi de 14,6%. Pour la FDJ, les jeux de tirage représentent 57% du chiffre d’affaires. Réunion de grands gagnants du Loto à la Française des Jeux. Certains en ont peur, d’autres y voient un jour de chance, mais le vendredi 13 ne laisse personne indifférent. Le vendredi 13, synonyme de rendez-vous avec la bonne fortune ? C’est ainsi que le perçoivent 17% des Français, même si 41% avouent avoir déjà choisi cette date pour jouer. En fait de superstition, ce jour-là, les cagnottes sont plus importantes. De quoi faire rêver les Français, de plus en plus attirés par les jeux d’argent. En 2008, ils étaient plus de 29 millions – dont un tiers joue au moins une fois par semaine – à avoir tenté leur chance auprès de la Française des Jeux (FDJ). 21% d’entre eux sont des inactifs, 20% des employés, 19% des retraités et 14% des ouvriers. Les cadres supérieurs, eux, ne représentent que 6% des joueurs. Mais rêver de millions peut aussi coûter très cher. En vingt-cinq ans, la part du budget que les Français consacrent aux jeux a doublé. Ils ont ainsi dépensé en moyenne 570 euros en 2008. Une somme certes raisonnable par rapport à leurs voisins anglais (1 640 euros) ou autrichiens (1 900 euros), mais qui démontre un intérêt croissant pour les jeux d’argent. Il faut préciser que les gains n’ont jamais été aussi élevés. 2005 a ainsi été l’année des records en France. Un chômeur de Franconville a empoché 75 888 514 euros à l’Euro Millions, soit la plus grosse somme jamais remportée en France depuis la création du Loto, en 1976. Mais si ces jeux rapportent parfois gros aux joueurs, ce sont surtout l’Etat et les entreprises auxquelles ce dernier confie son monopole qui touchent le jackpot. LE MARCHÉ DES JEUX Si les jeux d’argent ont probablement été inventés dans l’Antiquité, en France ils ne deviennent populaires qu’à la création du Pari mutuel urbain (PMU), en LANIER/REA 1930. Face à l’engouement suscité par les cour ses hippiques, la Française des Jeux, avatar de la Loterie nationale, fondée en 1836, perd de plus en plus de terrain. Pour recon quérir le cœur des consommateurs, la société crée le Loto en 1975 (voir encadré ci-contre), suivi quelques années plus tard par les jeux de grattage, à gain instantané. Le grattage a la cote ➔ Astro, Banco, Dédé ou Millionnaire, les jeux de grattage ont la cote auprès des Français. Faciles à utiliser, ils permettent un gain immédiat. Environ 3 800 tickets sont grattés toutes les minutes. Pour la Française des Jeux, qui détient le monopole sur ces fameux tickets, la passion des Français pour le grattage est une véritable mine d’or. En 2008, les jeux de grattage ont ainsi représenté 36% du chiffre d’affaires de la FDJ, soit 3,457 milliards d’euros sur un chiffre d’affaires global de 9,203 milliards d’euros. Directsoir N°643/Vendredi 13 novembre 2009 « LES POSSIBILITÉS DE GAINS N’ONT JAMAIS ÉTÉ AUSSI ÉLEVÉES » Si tous ces jeux peuvent se pratiquer au café du coin, les Fran - çais aiment également dépenser leur argent dans les casinos, temples de la chance et acteurs incontournables du marché. Aujourd’hui, les trois principaux opérateurs légaux façonnent le paysage des jeux en France, sous le contrôle de la puissance publique : le pôle des paris hippique est ainsi contrôlé par les ministères de l’Agriculture et du Budget, celui des loteries et des jeux de pronostics sportifs est confié au seul ministère du Budget, tandis que les casinos sont soumis à l’autorité de la place Beauvau. Pour l’année 2008, les trois grands opérateurs ont enregistré une recette de 21 mil - liards d’euros : 9,3 pour le PMU, 9,2 pour la FDJ et 2,55 pour les casinos. Cette somme n’intègre évidemment pas les profits obtenus à partir des jeux d’argents en ligne, qui sont encore prohibés mais qui auraient généré 200 millions d’euros de bénéfices. Le marché devrait cependant évoluer en 2010 avec l’ouverture à la concurrence, d’abord sur Internet, signifiant par là la fin du monopole du PMU et de la FDJ. Au jeu des pronostics ➔ Autorisés en France depuis 1985, le monopole de l’organisation et l’exploitation de ces jeux est aux mains de la Française des Jeux. Les seuls événements sportifs qu’elle ne couvre pas restent les courses hippiques et les compétitions de pelote basque, dont l’exploitation est confiée au Pari mutuel urbain. Entre le Loto Foot, Côte et Match ou Côte et Score, les jeux de pronostics représentent 7% du chiffre d’affaires de la FDJ.
www.directsoir.net ZOOM CHIFFRES CLÉS Les Français aiment le Loto ➔ Devenu aujourd’hui le plus populaire des jeux de tirage, le Loto n’avait pourtant guère suscité d’engouement à sa création. Né en 1975 d’un décret signé par le Premier ministre, Jacques Chirac, le Loto ne totalise pour son premier tirage, le 19 mai 1976, que 73 680 bulletins enregistrés, pour un total de 50 600 francs. Il faudra attendre le premier gagnant, en septembre 1976, pour que le nombre de bulletins grimpe à 250 000. Le mois suivant, la barre du million est atteinte. Dès lors, les ventes des célèbres grilles ne cessent de progresser. Même si les règles ont été modifiées à maintes reprises, le Loto fait aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. De sa naissance jusqu’à mai 2006, on dénombre ainsi 15 489 gagnants à 6 numéros et 714 joueurs dont les gains ont été supérieurs à 2 millions d’euros. Les deux plus grosses cagnottes jamais remportées s’élèvent à 11,43 millions d’euros pour le gagnant du 16 janvier 1999, à Clamart, et à 22,9 millions d’euros, à l’occasion d’un Super Loto, en 1997. Nul doute que pour les 15 millions d’euros qui se jouent aujourd’hui au Super Loto, les parieurs seront au rendez-vous. EUROS. C’est la moyenne 11 hebdomadaire des mises des Français au PMU. PARIS EN LIGNE Jeu d’argent en ligne. EUROS. C’est le budget par 2,82semaine que les Français consacrent à la Française des Jeux. « Nous devons être prêts pour la Coupe du monde de football 2010 », précise-t-on dans l’entourage du ministre du Budget, Eric Woerth. Et pour cela, le projet de loi ouvrant à la concurrence des jeux d’argent en ligne doit encore être examiné par le Sénat. Pour l’instant, le texte, déjà adopté par l’Assemblée nationale à la mioctobre, devrait être étudié début 2010 par la Chambre haute et promulgué au printemps prochain. UNE LOI QUI S’IMPOSE Depuis 2006, la Commission européenne exige que la France mette fin aux monopoles sur Internet de La Fran - çaise des Jeux et du PMU. Aujourd’hui, plus de 20 000 sites hébergés à l’étranger proposent des offres de paris en ligne sans aucun contrôle. Cette future loi entend ainsi mettre de l’ordre sur ce marché – la future Autorité de régu lation des jeux en ligne (Arjel) devrait délivrer une cinquantaine de licences valables cinq ans et renouvelables – très juteux. Le chiffre d’affaires de ce secteur pourrait en effet être estimé à 3,5 milliards d’euros d’ici à 2015. Sont concernés par ce projet de loi les paris sportifs, hippiques et le poker en EN COUVERTURE 7 Depuis sa naissance en 1975, le Loto a conquis de nombreux Français. EUROS en moyenne 570 sont réservés annuellement aux jeux d’argent par chaque Français. Objectif Coupe du monde de football 2010 M. PINDER/REPORT DIGITAL-REA HOUPLINE/SIPA S. DE SAKUTIN/AFP ligne : trois secteurs massivement investis par les parieurs. Parmi les candidats en lice pour la licence, on compte des acteurs tels que Betclic, Unibet, Sportingbet ou Bwin, qui existent déjà. LA FDJ SE PRÉPARE Mais à quelques mois de l’ouverture du marché des paris en ligne, La Française des Jeux se prépare déjà et lance « ParionsWeb », un nouvel espace Internet de paris sportifs. Le 3 novembre dernier, l’acteur historique a choisi de rassembler sous cette enseigne unique ses activités de paris sportifs – notamment Cote et Match, Cote et Score – pour une meilleure lisibilité du grand public. Ce nouveau site Internet devrait permettre à la Française des Jeux de prendre un peu d’avance par rapport à ses futurs concurrents qui devraient voir tous les comptes de leurs utilisateurs, déjà enregistrés, supprimés. MOREAU/SIPA RENCONTRE Dr Marc Valleur Jouer : une dépendance ? Le docteur Marc Valleur. ➔ « On estime à 1% de la population adulte, soit 400 000 personnes, le nombre de joueurs pathologiques en France », précise le docteur Marc Valleur, médecin chef du Centre médical Marmottan (spécialisé en addictologie), à Paris. Pour ce spécialiste, le joueur dépendant est « celui qui veut réduire ou cesser ses activités de jeux sans y parvenir ». Isolement, mensonges, dépression, les maux d’un joueur dépendant sont multiples. « L’addicte va chercher la solution à ses problèmes d’argent dans le jeu, à l’intérieur même du problème. Il vit dans l’espoir de gagner », poursuit le spécialiste, qui distingue trois profils de joueurs pathologiques : ceux qui aiment le risque et les sensations fortes, ceux qui jouent pour oublier leurs problèmes et ceux qui ont la culture du jeu. Le projet de loi sur l’ouverture à la concurrence des jeux en ligne prévoit quelques mesures contre l’addiction, telles que la limitation des mises et de l’approvisionnement du compte, l’affichage du temps consacré au jeu ou leur interdiction aux mineurs. La légalisation de ces sites de paris en ligne devrait ainsi permettre le contrôle de ces opérateurs censés appliquer ce futur dispositif anti-dépendance. Avec ce texte, le gouvernement met l’accent sur la prévention, mais pour le Dr Marc Valleur, il devrait aussi se préoccuper des soins.



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