Direct Soir n°641 10 nov 2009
Direct Soir n°641 10 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°641 de 10 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : François Cluzet, escroc mais pas trop

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE FRANÇOIS CLUZET UN ARTISTE ORIGINEL François Cluzet décrit souvent le choc que lui causa la vision de Jacques Brel sur scène, dans la comédie musicale L’homme de la Mancha, et qui lui a révélé sa vocation pour les arts dramatiques. Après avoir fait ses classes aux cours Simon, Périmony et Cochet, et obtenu quelques rôles de second plan, Cluzet rencontre celui qui va devenir son mentor : Claude Chabrol. Le réalisateur lui offre un rôle dans Le cheval d’orgueil en 1980, et ne semble plus vouloir le quitter des yeux. François Cluzet jouera ensuite sous sa direction dans Les fantômes du chapelier (1982), Une affaire de femmes (1988), L’enfer (1994), au côté d’Emmanuelle Béart, et dans Rien ne va plus, en 1997. L’influence de Claude Chabrol sur François Cluzet a été déterminante, et l’acteur n’oublia pas de lui rendre hommage en recevant le césar du meilleur acteur, en 2007, pour son rôle dans Ne le dis à personne. ESCAPADE AMÉRICAINE Dès 1984, le talent d’acteur de François Cluzet est reconnu puisqu’il reçoit cette année-là le prix Jean Gabin – qui récompense les espoirs du cinéma français – et est nominé à deux reprises aux césars, pour L’été meurtrier, de Jean Becker, et Vive la sociale !, de Gérard Mordillat. Mais c’est après avoir traversé l’Atlantique pour se fondre, en 1994-1995, dans l’univers très esthétique de Robert Altman (Prêt à « PLONGER DANS LES RÔLES TROUBLES » « L’enfer » : ses retrouvailles avec Claude Chabrol ➔ Dans la carrière de François Cluzet, le réalisateur Claude Chabrol occupe une place privilégiée. Il lui a d’abord offert ses premiers rôles au cinéma (Le cheval d’orgueil, en 1980, et Les fantômes du chapelier, en 1982). En 1988, pour Une affaire de femmes, il lui confie le rôle du mari médiocre aux côtés d’Isabelle Huppert, puis en 1994 celui de l’époux jaloux dans L’enfer, cette fois en tandem avec Emmanuelle Béart (photo). porter) et dans celui de Lawrence Kasdan (French Kiss), puis s’être essayé avec succès à la comédie (Quatre étoiles, France boutique, Janis et John…) qu’il obtient enfin la reconnaissance de ses pairs. Autre tournant dans sa carrière, le film Ne le dis à personne de Guillaume Canet, où il incarne Alexandre Beck, un personnage meurtri par la mort de sa femme. Récompensé pour ce film, l’acteur ne cache pas une réelle admiration pour le réalisateur, déclarant ainsi à Télérama : « Je serais capable de me noyer pour Guillaume, car je sais qu’il irait luimême me chercher. » Après l’avoir retrouvé comme acteur dans Les liens du sang, de Jacques Maillot (2008), Cluzet tournera à nouveau devant la caméra de son complice dans une comédie dramatique, Les petits mouchoirs, attendue l’an prochain. UN JEU QUI FAIT MOUCHE « Pour me diriger, il faut m’aimer », explique souvent François Cluzet. Car, chose rare dans ce métier, l’homme, qui reste discret sur sa vie privée, ne cache pas ses failles. A la manière de Dustin Hoffman, à qui il est régulièrement comparé, François Cluzet aime, entre deux comédies, se plonger dans les rôles troubles, comme en témoigne son amour pour le cinéma grinçant de Chabrol. Et on a souvent vu l’acteur dans la peau de personnages tourmentés comme dans Fin août, début septembre (Olivier Assayas, 1999), et surtout dans Les apprentis (gros succès de 1995 signé Pierre Salvadori), avec Guillaume Depardieu. Ne dissimulant pas son ancien penchant pour l’alcool, François Cluzet a récemment incarné un personnage qui tente de renoncer à son vice (Le dernier pour la route, de Philippe Godeau, 2009). Les rôles d’escroc ou de voleur lui ont offert autant de « Les apprentis » : une comédie à succès ➔ Après l’aventure américaine avec les réalisateurs Robert Altman et Lawrence Kasdan, en 1994 et 1995, François Cluzet revient au cinéma français avec Les apprentis (photo), de Pierre Salvadori. Dans cette comédie, il interprète un écrivain raté. Un rôle qui lui vaudra une nomination pour le césar du meilleur acteur. Il s’illustrera dans d’autres comédies comme France Boutique ou Janis et John. Directsoir N°641/Mardi 10 novembre 2009 Dans « A l’origine », le dernier film de Xavier Giannoli, qui sort dans les salles demain, François Cluzet incarne un escroc au double visage. Après s’être illustré dans quelques grandes comédies dramatiques, il s’est imposé comme l’un des acteurs incontournables du 7 e art français. Même s’il rappelle souvent le rôle de la chance dans sa carrière, François Cluzet n’a jamais hésité à prendre des risques dans un parcours cinématographique très personnel. TROIS FILMS nouvelles vies. Dans Les liens du sang (2008), il incarne un voyou sortant d’une longue peine de prison. Avec Xavier Giannoli, il est aujourd’hui un escroc médiocre. Lors de la présentation d’A l’origine, au dernier Festival de Cannes, le jeu de l’acteur a, une fois de plus, été largement salué. « Ne le dis à personne » : la consécration ➔ Après cinq nominations aux Césars, de 1984 à 2002, François Cluzet décroche finalement, en 2006, celui du meilleur acteur, avec Ne le dis à personne (photo), le second long métrage de Guillaume Canet. Un thriller captivant dans lequel il interprète un mari abattu depuis la disparition de sa femme. François Cluzet sera d’ailleurs à l’affiche du prochain film de Guillaume Canet, Les petits mouchoirs.
www.directsoir.net LE FILM Touché par la grâce ➔ Un homme découvre sur le bord d’une route un chantier d’autoroute abandonné. Il a alors l’idée, pour soutirer de l’argent aux petits entrepreneurs du coin, de se faire passer pour un maître d’ouvrage responsable de la reprise des travaux. Arrivant comme le messie dans une région dévastée par le chômage, celui qui se fait appeler Philippe Miller est bientôt débordé par son mensonge, et se lancera réellement dans la construction du bras d’autoroute ! Tiré d’une histoire vraie, le dernier Paroles de spectateurs « Le scénario, les dialogues, l’histoire, les acteurs : tout est formidable. Le personnage est pris dans un engrenage et on arrive vraiment à ressentir comment il va s’humaniser au contact des personnes qu’il rencontre. De plus, ce film montre une certaine réalité du monde du travail. » Pour son quatrième long métrage, Xavier Giannoli s’est inspiré de l’actualité. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette histoire ? Quand j’ai lu ce fait divers en 1997, dans Le Nouvel Observateur, je me suis dit qu’il était rare de tomber sur un récit aussi extraordinaire. Alors je suis aller rencontrer l’homme de la vraie histoire en prison. Pour la première fois de sa vie, il s’était senti aimé et responsable des autres. C’est ce besoin de reconnaissance, que j’ai ressenti chez lui, qui m’a convaincu d’écrire le film et de l’appeler A l’origine, parce qu’à l’origine de cette formidable aventure, il y a ce besoin d’amour. Pourquoi avoir choisi François Cluzet pour jouer cet homme ? Quand je l’ai rencontré au parloir, j’ai été frappé par son regard. Et j’ai retrouvé dans les yeux de François Cluzet quelque chose de ce regard-là. Comment a débuté le projet ? La réalisation du film posait un problème de taille : il fallait construire une autoroute. Et cela n’est devenu possible que par l’intervention d’un personnage qui a bouleversé ma vie. Un entrepreneur indépendant a lu mon scénario et m’a dit : « Ce type n’est pas un escroc, c’est un héros ! Je vais te la construire ton autoroute ! » On a alors rassemblé une équipe, qui a travaillé dans le vent, la tempête, parfois les larmes, pour film de Xavier Giannoli suit le récit initiatique de cet homme qui, au départ appâté par le gain, trouvera en lui une humanité qu’il ne soupçonnait pas, et qui se battra envers et contre tout pour arriver au terme de sa folle entreprise. Le réalisateur de Quand j’étais chanteur prouve à nouveau qu’il est un grand directeur d’acteurs, dans ce film porté par un François Cluzet comme toujours exceptionnel. A l’origine, de Xavier Giannoli, en salles demain. « J’ai vraiment adoré ce long métrage. Je crois même que je pourrais aller le voir une deuxième fois dans quelques semaines. En tout cas, je recommande à tout le monde d’aller le découvrir au cinéma. François Cluzet y est remarquable, comme à chaque fois d’ailleurs. J’aime beaucoup cet acteur. » INTERVIEW - XAVIER GIANNOLI (RÉALISATEUR) « Au départ de cette formidable aventure, il y a un besoin d’amour » PHOTOS : 2007 EUROPACORP-RECTANGLE PRODUCTIOONS-STUDIO 37-FRANCE 3 CINÉMA EN COUVERTURE 7 Dans A l’origine, François Cluzet campe un escroc vite dépassé par sa dernière arnaque. aller au bout de cette aventure. Il y a un point commun entre ce qu’on a fait pour porter jusqu’au bout ce film et l’histoire de cet homme qui a réalisé quelque chose de fou pour exister. Quel est le cheminement du personnage ? C’est un homme qui incarne tout d’un coup un espoir et qui se rend compte que c’est une grosse responsabilité, qu’il faut être à la hauteur de ses promesses. Il va alors se battre pour cet espoir ; c’est pour ça qu’il est méritant et qu’on s’attache à lui. Ce personnage fait bouger la société, il la remet en mouvement. Quelle est la part de fiction dans votre film ? Je me suis inspiré de l’histoire mais j’ai pris mes distances. Et je crois que le public saura faire la part des choses. PHOTOS CASTING : 2007 EUROPACORP-RECTANGLE PRODUCTIOONS-STUDIO 37-FRANCE 3 CINÉMA CASTING Stars et pépites ➔ Emmanuelle Devos La comédienne fétiche d’Arnaud Desplechin incarne, devant la caméra de Xavier Giannoli, Stéphane, le maire de la petite ville où va s’arrêter Philippe Miller, alias François Cluzet. Une relation amoureuse plutôt compliquée s’installe entre ces deux personnages. ➔ Gérard Depardieu Après avoir revêtu les oripeaux d’un chanteur has been dans Quand j’étais chanteur, le précédent film de Xavier Giannoli, Gérard Depardieu revient devant la caméra du jeune réalisateur pour y incarner Abel, un vieil escroc, doublé par son propre « élève » (François Cluzet). ➔ Chanteuse professionnelle, la jeune Stéphanie Sokolinski, dite Soko, d’origine polonaise, est aussi actrice à ses heures. Elle est l’une des révélations d’A l’origine. Elle y incarne Monika, une jeune femme un peu perdue, vivant de petits boulots pour survivre. Son quotidien va être bouleversé par la venue de Philippe Miller. ➔ Vincent Rottiers Ce jeune acteur en pleine ascension a récemment joué dans Je suis heureux que ma mère soit vivante, le film de Claude et Nathan Miller. C’est avec tact qu’il tient le rôle de Nicolas, compagnon de la jeune Monika et petit caïd qui espère une paradoxale rédemption avec l’arrivée de Philippe Miller dans la ville.



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