Direct Soir n°639 6 nov 2009
Direct Soir n°639 6 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°639 de 6 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Michael Jackson « That was it »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 PHÉNOMÈNE EN COUVERTURE LA RÉSURRECTION DE MICHAEL JACKSON Un peu plus de quatre mois après sa disparition, Michael Jackson n’a jamais été aussi vivant. En témoignent les ventes records de ses albums et l’engouement autour du film documentaire « This Is It ». L’avalanche de produits dérivés et de publications diverses nourrit également un juteux marketing. Dimanche, c’est « King of Pop-The Show » qui se produira au Zénith de Paris. Un hommage chorégraphié par Stacy Walker, qui travaillait avec l’artiste sur les shows « This Is It » qu’il devait donner à Londres cet été. Rencontre. Parmi les nombreux hommages scéniques à Michael Jackson, King of Pop-The Show fera une halte dans la capitale, dimanche à 17h. Un spectacle produit par Tom Beser, par ailleurs agent de La Toya Jackson, et chorégraphié par Stacy Walker, chorégraphe de la tournée This Is It, dont Michael Jackson achevait la préparation au moment de son décès. Une démarche artistique qui peut interpeller, mais dont Stacy Walker, en larmes à l’évocation de la mort de la star, revendique haut et fort l’authenticité. Quand avez-vous rencontré Michael Jackson ? C’était en 1996. J’étais danseuse dans le clip de la chanson Ghosts, une vidéo dans la même veine que Thriller. Le début d’une collaboration ? Oui, car j’ai ensuite travaillé comme danseuse sur le History Tour et, plus récemment, j’étais l’une des chorégraphes associées sur la préparation de la tournée This Is It. Quel était votre rôle ? J’étais responsable de la préparation des onze danseurs. Le travail sur This Is It était le fruit d’un collectif. J’intervenais d’abord avec les danseurs en studio, face au miroir, puis avec Michael. Une grande partie des numéros existait depuis longtemps. Il s’agissait pour Michael de s’en souvenir et de les enseigner aux danseurs. Comment était-il dans le travail ? Michael était quelqu’un de très exigeant dans tout ce qu’il faisait et de très directif, que ce soit pour la musique, la danse, les costumes, les lumières… Il y a des années, il était à la tête de tout cela. Lorsque nous avons travaillé sur un nouveau numéro pour The Drill, il a eu un grand rôle et a apporté des tas d’idées. « CE SPECTACLE EST UNE THÉRAPIE POUR MOI » Le jour où sa mort a été annoncée, vous étiez en train de répéter. Quelle a été votre réaction ? Nous étions à Los Angeles, au Staples Center, à une semaine de notre départ pour Londres où nous devions donner une série de shows. Nous étions prêts et réglions les derniers détails techniques. Il devait être 13 heures, nous étions en train de travailler et attendions Michael, quand nos portables se sont mis à sonner. Toute l’équipe s’est mise à recevoir des SMS envoyés par des gens qui avaient appris la nouvelle par Internet ou à la télévision. Une heure plus tard, notre producteur nous a confirmé que Michael était à l’hôpital, puis son manager nous a appris qu’il était décédé. Ça a été un jour terrible. Tout le monde a quitté la scène. C’était fini. C’était vraiment fou. Quelque chose aurait-il pu vous laisser imaginer une telle issue ? Jamais. Il était évidemment plus âgé, mais il était difficile d’en prendre conscience, car lorsque vous le regardiez, vous voyiez toujours Michael Jackson. Il vous faisait oublier qu’il n’avait plus 20 ans ni 45 ans. Il allait avoir 51 ans, et j’essayais de me le rappeler lorsque je le regardais. Il était tellement bon, il n’avait pas d’âge. Il était aussi joyeux, plaisantait beaucoup. Vous pouvez voir cet aspect de sa personnalité dans le film This Is It. Il était vraiment très drôle, faisait des ZOOM DR C’est sur scène que Michael Jackson donnait la pleine mesure de son talent. pitreries pour nous faire rire. Je n’arriverai jamais à réaliser qu’il est mort. Justement, que pensez-vous de This is it, réalisé d’après les images filmées lors de la préparation de la tournée ? J’ai aimé ce film, que j’ai vu en septembre. Kenny Ortega, qui dirigeait notre show avant de réaliser This is it, m’a invitée afin que l’on en parle. J’étais très impressionnée par le résultat. Car, à l’origine, ces images ont été tournées pour effectuer des réglages. Si un studio s’était chargé du montage, le résultat aurait été différent, mais Kenny a très bien fait les choses. Tout est réel, rien n’a été ajouté. Bien que cela ait été difficile pour moi de revoir Michael, je suis heureuse que le public puisse voir ce sur quoi nous travaillions. N’est-ce pas étrange de travailler aujourd’hui avec un sosie de Michael, comme vous le faites pour le spectacle hommage King of Pop-The Show ? Cela a été une décision difficile à prendre. Stacy Walker met les stars au pas Danseuse et chorégraphe reconnue aux Etats-Unis, Stacy Walker accompagna Michael Jackson durant sa tournée mondiale légendaire, History. L’artiste avait ensuite été choisie par le roi de la pop comme chorégraphe des scènes de danse du show This is it. Elle a par ailleurs participé aux chorégraphies du film Coyote Girls, sorti en 2000. Directsoir N°639/Vendredi 6 novembre 2009 Au début, je ne voulais pas, c’était vraiment bizarre. Mais j’ai été surprise par Earnest Valentino. Tout le monde sait qu’il n’y a qu’un seul Michael Jackson, mais il lui ressemble énormément, parle comme lui, danse comme lui, chante comme lui… Il n’est d’ailleurs pas rare que des spectateurs lui offrent des fleurs, lui demandent des autographes. Mon agent m’a convaincue d’aller de l’avant. Ce spectacle est une thérapie pour moi. Nous avons tous en tête le célèbre moonwalk. En tant que chorégraphe, comment définiriez-vous le style de Michael Jackson danseur ? Il a eu le génie de combiner du vieux avec du neuf, d’associer des techniques du street dance à d’autres styles, tirés par exemple des films avec Fred Astaire et Gene Kelly. Il a mixé le tout et c’est ce qui a fait sa signature. Quand vous regardez danser Usher ou Justin Timberlake, vous ne pouvez que penser : « Ça, c’est du Michael ! »
www.directsoir.net CHIFFRES CLÉS SHOW « KING OF POP » Souvent copié, jamais égalé ➔ En représentation il y a trois jours au Porsche Arena de Stuttgart, en Allemagne, face à 2 000 personnes, Giuseppe, doublure de Michael Jackson, s’est démené sur scène. Quand il n’est pas en vedette, il fait partie des choristes d’Earnest Valentino, « l’impersonator » officiel du show King of Pop, absent ce soir-là (lui-même remplace William Hall, initialement casté). « Ils ont chacun leur style, ils sont complémentaires. Mais qui peut se vanter de réunir toutes les qualités de Michael ? », nous explique l’un des grands pontes de la production au sujet des sosies. Le costume trop grand, les « I love you » et petits cris qui faisaient la marque de fabrique du roi très (trop) présents : l’ensemble laisse une impression mitigée. Côté chant, le grain de voix est semblable, peut-être le plus grand tour de force de ce spectacle, même si le play-back est parfois utilisé, 750 millions d’albums écoulés, c’est la performance réalisée par le roi de la pop au cours de sa carrière. Vendu à 104 millions d’exemplaires, l’album Thriller détient tous les records. LE FILM Derrière le miroir This Is It, ou les dernières heures de la star. Alors que la polémique autour de la mort de Michael Jackson n’a cessé d’enfler durant l’été, une autre s’est fait jour à l’annonce de la sortie du film testamentaire sur le roi de la pop, This Is It. Avant même sa projection sur les écrans du monde entier, la semaine dernière, le père de la star criait au scandale : « Ce film contient des doublures ». Sa sœur, La Toya, en était elle aussi convaincue : « Je ne pense pas que ce soit Michael sur la plupart des prises. 2009 SONY PICTURES RELEASING FRANCE DR « pour rendre hommage à Michael », explique Stacy Walker. Quant aux chorégraphies, « copiées-collées » sur celles des grandes tournées, elles sont livrées avec une relative économie de moyens. Pourtant, la sauce prend et l’Arena s’anime. « Quand la musique est bonne… », dirait l’autre. Jon Myron Clark, à la direction musicale, partage son expertise, lui qui, jadis, officia sur les tournées Dangerous et Bad. « Nous nous sommes nourris de nos expériences avec Michael. C’est la garantie d’une authenticité dont d’autres shows ne peuvent se millions de dollars, soit 60 millions 90 d’euros, telle est la somme qu’aurait gagnée Michael Jackson depuis sa disparition, le 25 juin, selon le classement annuel des célébrités décédées établi par le magazine Forbes. Il n’allait pas assez bien. » De son côté, le site internet « This is not it » clame que la production a choisi de ne montrer le chanteur que sous son meilleur jour, et de cacher sa mauvaise santé lors des répétitions des concerts qu’il devait donner à l’O 2 Arena de Londres, cet été. SORTIE CONTROVERSÉE Bénéficiant d’un lancement planétaire, le film, réalisé par Kenny Ortega, a été présenté lors d’avant-premières simultanées dans les plus grandes villes du monde. A Paris, au Grand Rex, pour la sortie du film, mercredi dernier, l’un des membres du groupe de danseurs, invité par la production pour faire l’animation, s’est saisi d’un micro pour rappeler au public que « AEG et Sony se sont fait de l’argent sur son dos ». Dans cette ambiance agitée, il est dès lors naturel de s’interroger sur ces choix d’exploitation : une sortie en salles pour 152 EN COUVERTURE 7 Earnest Valentino et Stacy Walker, fers de lance du spectacle King of Pop-The Show, qui rend hommage à Michael Jackson. targuer », renchérit la chorégraphe. De Beat It à Thriller, en passant par We Are The World, les tubes s’enchaînent durant une heure et demie. On ne peut que souhaiter à ce le spectacle, qui se jouera dimanche à Paris, de gagner encore en maturité d’ici à 2010, année où il devrait se produire en province. King of Pop - The Show, A Tribute to Michael Jackson, le 8 novembre au Zénith de Paris à 17h. www.kingofpop-theshow.com awards et récompenses ont été attribués à Michael Jackson, de 1970 à 2008. D’abord avec les Jackson Five, puis en solo. En 1984, l’artiste a reçu huit Grammy Awards pour l’album Thriller, dont celui du meilleur chanteur pop. deux semaines seulement et une sortie en DVD qui ne manquera pas d’attirer le public qui n’aura pas eu la chance voir le film au cinéma, faute de places. PROFONDÉMENT HUMAIN En marge de ces questions, le visionnage du film permet quand même de répondre à une interrogation : l’homme que l’on voit sur les images, issues de plus de cent heures de rushes, est bien Michael Jackson. This Is It dévoile un artiste total, qui n’avait rien perdu de sa voix ou de ses passements de jambes, qui participait à l’orchestration des morceaux avec ses musiciens ou à la sélection de ses danseurs. Mais ce film permet avant tout de se rendre compte que Michael Jackson était un être profondément humain qui voulait faire passer un message de paix à sa manière, avec des danses et des chansons. DR GRUND ALPHEE SONY MUSIC/JIVE EPIC SÉLECTION LIVRES/CD Pour aller plus loin… ➔ Beau livre Photographe du roi de la pop durant douze ans, Jonathan Exley s’est associé à Getty Images et à la plume de Philip Dodd pour livrer un portfolio de près de 180 pages, retraçant la trop courte vie de Michael Jackson. En 200 clichés, dont certains assez rares, l’ouvrage donne un aperçu de l’existence du chanteur sur scène et à travers divers événements. Michael Jackson 1958-2009, PhilippDodd, Jonathan Exley et Getty images, Gründ, 29,95 €. ➔ Biographie Si vous voulez du scandale, passez votre chemin ! Olivier Cachin, spécialiste français de la musique noire, s’est penché ici sur la brillante carrière de Michael Jackson. Fruit d’un important travail de documentation, chaque chapitre est consacré à une période musicale de l’artiste. En fin d’ouvrage, un index retrace l’œuvre de la star. Pour les amoureux de sa musique et de l’histoire de la pop. Michael Jackson, Pop Life, Olivier Cachin, Alphée, 19,90 €. ➔ Disque Ce double album n’est pas à proprement parler la bande originale du film éponyme. Outre le titre presque inédit qu’est This Is It (qui a inspiré le titre du film-hommage), on retrouve les plus grands titres de Michael Jackson, des versions jamais commercialisées de certains de ses classiques, ainsi que le poème Planet Earth, écrit par l’artiste et encore jamais rendu public. This Is it, Sony Music/Jive Epic.



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