Direct Soir n°60 22 nov 2006
Direct Soir n°60 22 nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°60 de 22 nov 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Hugo Chavez maître du Venezuela

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Mercredi 22 novembre 2006 10 ACTU MONDE LIBAN/Pierre Gemayel assassiné, la Syrie montrée du doigt H. MALLA/AP AFP AFP La mort du ministre chrétien fait planer le spectre de la guerre civile. h La fusillade a éclaté hier après-midi dans le quartier chrétien de Djeide, une banlieue chrétienne du nord de Beyrouth. Sa cible : Pierre Gemayel, 34 ans, ministre chrétien de l’Industrie et opposant déclaré des Syriens et de leurs alliés. Alors qu’il circulait en voiture dans sa circonscription, son véhicule a été bloqué par deux autres automobiles. Trois hommes en sont sortis et ont ouvert le feu à l’arme automatique sur le ministre. Son chauffeur a réussi à le conduire à l’hôpital malgré ses propres blessures. En vain. Pierre Gemayel est mort à l’hôpital Saint-Joseph. Son décès a été annoncé par La Voix du Liban, la radio du parti phalangiste dont il est issu. La communauté internationale a vivement réagi. Le premier assassinat d’un ministre du gouvernement Siniora inquiète SAMUEL ROUSSEAU,THOMAS LIARD,CAROLE TOLILA les chancelleries du monde entier. Elles y voient l’ombre de la Syrie et du Hezbollah, auxquels l’actuelle administration libanaise est opposée. Washington l’a qualifié d’acte terroriste. En France, Le véhicule dans lequel Pierre Gemayel a trouvé la mort, hier à Beyrouth. le président Chirac a exigé que les coupables soient jugés et punis. La vigueur de la réaction est à la mesure du danger, alors que le Hezbollah se dit fort de sa guerre quasi gagnée contre Israël et qui a mis le pays à La famille Gemayel, un destin libanais h Une nouvelle page sanglante vient d’être écrite dans l’épopée de la famille Gemayel, qui l’unit au destin du Liban. Pierre Gemayel Jr, assassiné hier, est le petit-fils d’un héros de l’indépendance libanaise, le fils d’Amine Gemayel et le neveu de Bachir Gemayel (assassiné en 1982 après son élection), deux présidents du pays du Cèdre. Il est la cinquième personnalité antisyrienne à perdre la vie depuis deux ans. Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, s’est rendu aux funérailles qui ont lieu aujourd’hui. Malgré les dénonciations du Hezbollah et de la Syrie, que tous accusent déjà, l’assassinat d’un Gemayel ne peut qu’évoquer les heures les plus sombres de la guerre civile qui genou. Et que Damas, qui a condamné l’attentat, est toujours impliquée dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005, qui avait conduit à la fin de son occupation du pays du Cèdre. L’assassinat du ministre de l’Industrie n’est pas le premier qui frappe cette célèbre famille libanaise. a déchiré le pays de 1975 à 1991. Le parti phalangiste a été fondé par son grand-père qui s’appelait lui aussi Pierre Gemayel. Son père, Amine, président de 1982 à 1990, s’est opposé à Damas durant tout son mandat. Son oncle Bachir est l’un des grands noms de la guerre. Allié à Israël contre la Syrie et les Palestiniens qui avaient suivi Arafat, il est élu à la présidence et aussitôt assassiné. Fouad Siniora, dont le gouvernement d’union nationale a été affaibli par la défection et le travail de sape du Hezbollah, a déclaré : « Je vous promets que votre sang n’aura pas été versé en vain. Nous ne laisserons pas les meurtriers prendre le contrôle du sort du Liban et de l’avenir de ses enfants. » De haut en bas : Pierre Gemayel, en mars 2006. Son oncle, Bachir Gemayel, dans les années 70 et son grand-père, Pierre Gemayel, fondateur du parti phalangiste, en 1967. B. CURTIS/AP BETTMANN/CORBIS KENNEDY, IL Y A 43 ANS EN BREF Il est 12h30, le 22 novembre de l’an 1963 et la voiture du président roule dans les rues de Dallas, capitale du Texas. Un premier jour de campagne difficile pour le président démocrate John Fitzgerald Kennedy qui a décidé d’entamer sa campagne de réélection dans un fief républicain. En un instant, plusieurs coups de feu éclatent. La foule hurle. Le président est touché à la tête. Il décédera, peu après, à l’hôpital où il a été conduit. Il avait 46 ans. Trois ans, ce fut la durée d’une des présidences les plus courtes de la démocratie américaine. Le premier catholique à occuper la Maison Blanche fut le plus jeune président élu, le premier à participer à un débat télévisé. L’homme de tous les superlatifs a donné les premiers coups décisifs à la ségrégation, lancé le programme Apollo et tenu tête à l’URSS, pendant la crise des missiles de Cuba en 1962. Le mystère de son assassinat contribue aussi à son mythe, beaucoup croyant à un complot plus qu’à un acte isolé de la part de Lee Harvey Oswald. Kennedy, héros de guerre, puis président, a été sa vie durant confronté à la maladie et la douleur. Un homme qui disait : « Ne sacrifiez jamais vos convictions politiques pour être dans l’air du temps. » 43 ans après, JFK demeure pour les Américains une idole, une icône, un mythe et un mystère. PRISE D’OTAGES AU NIGERIA Un bateau appartenant à une compagnie pétrolière italienne a été pris en otage ce matin au sud du Nigeria. Un haut responsable militaire nigérian a précisé que « plusieurs employés étaient à bord du bateau lorsqu’il a été occupé ». En revanche, il affirme ignorer la nationalité des otages. Zone à risque, le delta du Niger est connu pour ce genre d’incident. Les installations pétrolières sont fréquemment visées par des groupes armés qui affirment vouloir redistribuer une meilleure part des revenus pétroliers aux communautés locales démunies. HUIT MORTS DANS UNE MINE POLONAISE Huit mineurs polonais sont morts hier à la suite d’un coup de grisou survenu dans une mine de charbon près de Cracovie. Ce matin, quinze mineurs étaient encore bloqués par 1000 m de fond. Mais l’espoir de les retrouver vivant est « des plus ténus » selon les sauveteurs. Leur travail est rendu difficile à cause de la forte concentration de méthane au fond du puits.
www.directsoir.net DÉCÈS/Robert Altman, « the last showman » Le réalisateur de « MASH » s’est éteint avant-hier en Californie, à l’âge de 81 ans. h De Scorsese à Spielberg, de Coppola à Woody Allen, les grands réalisateurs américains contemporains saluent aujourd’hui la disparition d’une véritable légende de leur art. Robert Altman emporte avec lui le génie qui lui a permis de réaliser 87 films pour le cinéma où la télé, depuis les années cinquante. Le cinéaste naît le 20 février 1925 à Kansas City. Son éducation, il la reçoit des frères jésuites, mais surtout dans ses errances nocturnes au cœur des clubs de jazz de cette ville de province, à écouter les big band à la mode de l’époque. Après un passage à la prestigieuse université militaire de Lexington, il se tourne vers le grand écran. Au fil de ses réalisations, il esquisse une critique fine et complexe d’une société américaine qui se cherche et se perd. A propos de MASH, l’un des plus grands succès du cinéma américain, qui parle sous couvert de guerre de Corée passée, de celle du Vietnam en cours, l’artiste engagé, accusant la télévision d’instrumentaliser les images de la guerre du Vietnam, déclarait : « Notre mission était le mauvais goût. Si quelqu’un avait une blague de la pire espèce, elle avait une bonne chance de se retrouver dans le film, car rien n’était de plus mauvais goût que la guerre elle-même. » A travers les histoires croisées de personnages les plus divers, il révèle un peu les Américains à eux-mêmes. Avec ironie, avec justesse, Altman laisse une œuvre riche, avec un style qui sera souvent imité par la nouvelle génération, conduite par Soderbergh. Mais, comme tous les vrais « auteurs », il restera inimitable. J. MONE/AP Robert Altman fut le critique de son temps. Avec MASH, il se moque de la guerre du Vietnam (Palme d’or à Cannes en 1970), s’attaque au polar avec The Long Goodbye FILMOGRAPHIE (1971), à la politique avec Nashville (1975), à son statut de producteur avec The Player (1992), aux rapports humains dans Short Cuts (Lion d’or à Venise en 1993) et à la mode MONDE Robert Altman a réalisé plus de quarante films. dans Prêt-à-Porter (1995). Son film posthume, The Last Show, sortira le 6 décembre. Robert Altman venait de recevoir un oscar pour l’ensemble de son œuvre.



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