Direct Soir n°53 13 nov 2006
Direct Soir n°53 13 nov 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°53 de 13 nov 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,2 Mo

  • Dans ce numéro : Marie-George Buffet face aux autres

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 13 novembre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW NICOLAS DUPONT-AIGNAN « Regarder les Français en face » Pour le 36 e anniversaire de la disparition du général de Gaulle, l’UMP Nicolas Dupont-Aignan s’est rendu seul sur la tombe du père de la V e République. Candidat libre à l’élection présidentielle, il présente 101 propositions pour « rendre le pouvoir au peuple ». Pourquoi les Français auraient-ils, selon vous, perdu le pouvoir ? Le pouvoir leur est confisqué par l’oligarchie qui nous gouverne, les patrons du CAC 40, les énarques – je connais pourtant – les médias, Bruxelles, l’OMC… Les hommes politiques sont assis sur un volcan. S’ils ne l’entendent pas gronder, il y aura des drames comme la guérilla urbaine de l’an dernier et, de nouveau, Le Pen au second tour. Comment expliquer vos changements de position et votre réputation d’être « contre tout » ? Je n’ai pas le sentiment d’être contre tout. Ça fait des années que je défends les mêmes idées. Chevènement, Pasqua, Seguin ont toujours défendu une certaine idée de la France et de la république. Ce sont plutôt les deux côtés politiques qui ont abandonné, au fil du temps, tous les principes utiles à la vie politique. Je n’ai pas honte de ce que je fais et je suis beaucoup moins seul qu’on veut bien le croire. Repères Je ne suis ni dangereux ni seul VERNIER/JBV NEWS Votre candidature risquant d’empêcher l’accès au second tour d’un candidat UMP, ne redoutez-vous pas de vous faire exclure du parti ? Je m’en moque. J’ai décidé de me présenter il y a un an. J’ai été élu à 34 ans avec 76% des voix en 2001. Seul à gagner une circonscription de gauche en 1997, réélu au premier tour. Devrais-je me contenter d’être une machine à voter alors que je sais pertinemment que l’on ne fait que des « conneries » ? Dois-je faire comme certains, qui visent un poste de secrétaire d’Etat aux choux farcis ? Je veux pouvoir regarder les Français en face. Je ne suis ni dangereux ni seul. Et si la droite traditionnelle n’était pas présente au second tour ? Ça, c’est la tarte à la crème. On accuse Taubira d’avoir fait perdre Jospin, mais personne ne se demande si ce n’était pas la faute de ce dernier et de sa politique. Si Le Pen est si haut dans les sondages, c’est parce que la classe politique ne voit pas la souffrance des Français. Nicolas Sarkozy vous fait-il peur ? Pas du tout. Le mérite de Sarkozy, c’est qu’il dit les choses. Mais son projet est celui de la droite américaine et anglo-saxonne. Sur l’Irak, il dit que la position française était arrogante LUDOVIC/REA MERIA-OG/DIRECT8 alors que c’était la seule bonne décision du président pendant son mandat. Je suis en désaccord complet avec sa vision de la république : la discrimination positive, le droit de vote des étrangers, le conseil du culte musulman, le libéralisme sauvage. Pourquoi vouloir reconnaître le vote blanc ? Le premier parti de France, ce sont les abstentionnistes. Il est important de résoudre la fracture démocratique. Quelle Europe souhaitez-vous ? Une Europe des universités, des grands projets technologiques. Il est intolérable que la Commission de Bruxelles soit sous l’emprise de lobbies. Il faut une Europe qui démultiplie la F. GUILLOT/AFP puissance des nations. L’Europe peut fonctionner si elle ne sert pas qu’à interdire. Que pensez-vous de l’accession de la Turquie à l’Europe ? Ça ne m’effraie pas, c’est une folie. Ça ne marchera pas. Il faut arrêter avec cette démagogie. Nous avons besoin de frontières. Pourquoi vouloir rétablir le franc ? L’euro coûte très cher à l’économie française. Pour le sauver, il faudrait en faire un instrument de croissance et reprendre en main la Banque centrale européenne de Monsieur Trichet. Votre attachement au général de Gaulle n’est-il pas d’un autre temps ? C’était un homme droit, il payait même ses factures d’électricité à l’Elysée. Ça nous change… Il avait une certaine idée de notre pays et était un patriote. Mais pas chauvin. Pour moi, Liberté, Egalité, Fraternité, ça a un sens. Les Français sont orphelins de cette république. Je ne propose pas de revenir à 1958, mais à certaines valeurs et principes, comme l’Education, le Mérite, l’Effort. Je suis très ringard, finalement. Charles de Gaulle Le dissident UMP L’Europe Nicolas Dupont-Aignan se revendique comme l’un des plus fidèles héritiers du gaullisme. Du général, il retient une « certaine idée de la France ». Son mouvement, Debout la République, compte 500 clubs et 10 000 adhérents. PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON PROFIL Né le 7 mars 1961 à Paris. Après un DESS de gestion de l’entreprise et marchés financiers et l’ENA (promotion Liberté-Egalité- Fraternité, en 1989), Nicolas Dupont- Aignan est élu député-maire RPR, puis UMP, de Yerres (Essonne) depuis 1997. Il est l’un des leaders du « non » à la Constitution européenne, et candidat à l’élection présidentielle 2007. Franc-tireur de l’UMP, il démontre à plusieurs reprises son désaccord avec la ligne du parti de la majorité. En 2002, il obtient 15% des voix des délégués face à Alain Juppé pour la présidence de l’UMP, puis 9,7% face à Nicolas Sarkozy en 2004. Sur le plateau de 88 minutes (Direct8). Farouche défenseur du « non » au projet de Traité constitutionnel européen en 2005, il plaide pour une Europe « des nations et des projets ». Il publie un livre, J’aime l’Europe, je vote non (éd. F.X de Guibert, 2005)
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