Direct Soir n°46 24 oct 2006
Direct Soir n°46 24 oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°46 de 24 oct 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Woody Allen scoop

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Mardi 24 octobre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW ALAIN KRIVINE Le vieux sage révolutionnaire L’ex-dirigeant de la Lutte communiste révolutionnaire s’est retiré de la vie politique, mais poursuit son combat. Dans un livre témoignage *, il revient sur cinquante ans de militantisme et de révolte. Entretien avec un révolutionnaire lucide. Cinquante ans de militantisme communiste depuis 1956… Cela ne vous est pas du tout passé avec l’âge ? Non,cela s’est même aggravé.Lorsque j’étais un jeune militant,les gens me disaient : « C’est bien mon petit, tu réveilles les consciences, mais ça va te passer. » On dit la même chose aujourd’hui à Besancenot. Je serai toujours militant. Vous vous posez plus en témoin qu’en acteur ? Je ne voulais pas raconter ma vie mais livrer au public mes observations à travers mon expérience : j’ai été militant de base, puis député européen ; j’ai assisté à plusieurs révolutions, au Portugal, en Argentine. J’ai travaillé avec pas mal de dirigeants politiques, qui étaient à la LCR et qui aujourd’hui sont à la direction du PS. J’ai essayé de raconter tout ça avec des histoires concrètes. Il faut réintroduire du rêve en politique Repères KEYSTONE-FRANCE Vos parents, juifs d’origine ukrainienne, vous ont-ils poussé vers le communisme et l’antifascisme ? A l’époque, il y avait deux façons d’adhérer au parti communiste. La première, c’était par le travail : des militants ouvriers adhéraient pour se défendre. La seconde, c’était par la famille. Mes parents ne faisaient pas de politique mais étaient de gauche. Moi c’est plus par l’influence de mes frères que je suis devenu communiste. De quelle révolution rêvez-vous aujourd’hui ? Le mot de révolution fait peur aux gens. C’est curieux, le mot de révolte fait moins peur. Tout le monde est révolté dans ce pays. Les gens sont préoccupés par leur salaire, leurs fins de mois. La révolution, ce n’est pas le coup de feu dans la rue. C’est dire « il faut arrêter ».A la LCR, nous disons qu’il est possible aujourd’hui de répondre aux besoins des gens, d’avoir des salaires plus élevés, des infirmières dans les hôpitaux. Etre démocratique, en soutenant la république et vouloir la dynamiter, n’est-ce pas paradoxal ? Nous ne sommes pas contre des réformes, nous pensons juste que les réformes sont indispensables pour ouvrir des horizons et qu’à un moment il faut un changement majeur car les PATRICK HERTZOG/AFP D. FAGET/AFP réformes ne suffisent pas. Il faut réintroduire du rêve en politique. La gauche traditionnelle ne nous apprend plus à rêver. Vous croyez encore à la dictature du prolétariat ? C’est très secondaire. Le mot dictature fait peur. Vous changez donc les mots, mais vous gardez les idées… On ne peut pas se limiter à dire que la contestation du capitalisme a lieu uniquement à l’usine. La classe ouvrière a changé, elle est beaucoup moins homogène qu’avant, même si je pense qu’elle est plus forte encore. Mais aujourd’hui, le capitalisme est remis en question dans d’autres domaines : la lutte des femmes, la lutte des Mai 68, sa révolution La lutte, sa raison de vivre Olivier Besancenot, son protégé Alain Krivine est l’un des leaders de la « dernière grande révolte du XX e siècle », en France. Autour d’Henri Weber et de Daniel Cohn-Bendit, il encadre les mouvements des étudiants en mai 1968. PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON PROFIL En 1955, à l’âge de 14 ans, il adhère aux Jeunesses communistes. Exclu du mouvement en 1966 pour ses positions antistaliniennes, il crée la Jeunesse communiste révolutionnaire. En 1969, Alain Krivine obtient 1% des voix aux élections présidentielles. Son parti, la Ligue Communiste, est dissous en 1973. Il fonde la LCR en 1974. Député européen de 1999 à 2004. Il démissionne en 2006 du bureau politique de la LCR. En 1989, avant le sommet des sept pays les plus industrialisés, la LCR organise un concert contre les inégalités de richesses. « Ça suffat comme ci ! », clame Renaud sur scène devant 100 000 personnes. La LCR se place en fer de lance des antimondialistes. D. MAILLAC/REA sans-papiers, l’écologie, la précarisation des salaires. Il ne faut plus aborder les luttes uniquement dans l’usine mais dans le quartier, à l’école. Combien y a-t-il de gauches en France ? Il y en a deux. Une qui accepte les lois actuelles de la société libérale. C’est toute la direction du PS. Quand on dit que Ségolène Royal n’est pas un éléphant du PS, c’est du toc, elle fait aussi partie de l’appareil… Et puis il y a une gauche qui est pour une rupture avec la société actuelle : l’extrême gauche et le PC. Vous avez propulsé Olivier Besancenot sur le devant de la scène politique… Pourquoi l’avoir poussé à ce point ? Mais c’est une conception imaginaire. Quand c’est une femme ou un jeune, on cherche toujours qui est derrière ! Il y a quand même trois fois moins de monde aux meetings quand il n’est pas là… Il a un très grand écho populaire, beaucoup plus grand que le mien. C’est une autre génération. Les gens se reconnaissent en lui, même ceux qui ne sont pas d’accord. *Ça te passera avec l’âge (éd. Flammarion) En 1999, le député européen choisit un jeune facteur, Olivier Besancenot, comme attaché parlementaire, et le parraine lors des élections présidentielles de 2002. Tous deux sont les porte-parole de la LCR avec Roseline Vachetta.
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