Direct Soir n°429 23 oct 2008
Direct Soir n°429 23 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°429 de 23 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Nicolas Sarkozy en première ligne

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 LE « IN » SPÉCIAL FIAC Une 35 e Fiac dans l’air du temps Avec 189 galeries d’art moderne, contemporain et de design venus de 21 pays, la Fiac va durant quatre jours, à l’heure de la crise économique, prendre le pouls du marché de l’art international. Entretien avec Martin Berthenod, commissaire général de la Fiac. VUE GÉNÉRALE DE LA FIAC 2008, AU GRAND PALAIS. Quelles sont les conséquences de la crise économique sur le marché de l’art ? Martin Berthenod : On est dans l’expectative. Il n’y a pas de signes de panique. Nous n’avons pas enregistré de désistements de collectionneurs. Les derniers « moments tests » ont eu lieu lors des ventes aux enchères en mai à New York, à la foire de Bâle en juin et à celle de Frieze à Londres la semaine dernière. « Frieze will be frozen », Frieze va être glaciaire, s’y amusait-on à dire. Or, si on a bien sûr connu des transactions plus frénétiques, les collectionneurs étaient bien là et des transactions importantes se sont réalisées. Entre-temps, il y a juste eu des petits signes, comme la vente organisée par l’artiste Damien Hirst chez Sotheby’s PRIX MARCEL-DUCHAMP Le prix Marcel-Duchamp. F. KLEINEFENN au mois de septembre, qui a fait des records extraordinaires le jour même de la faillite de Lehman Brothers…Il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions ou formuler des hypothèses solides. D’autant qu’il n’y a pas de règle en la matière. On a par exemple observé lors du krach de 1987 une accélération du marché de l’art avec des spéculateurs, –au moment où la Bourse et l’immobilier allaient mal– qui avaient reporté leurs investissements sur le marché de l’art. Ce qui avait eu pour effet la création d’une « bulle », avec un impact de crise cinq ans plus tard. La Fiac, les enchères de novembre à New York et la foire de Miami en fin d’année serviront de tests en grandeur réelle. ■ La Fiac permet aux plus grandes galeries d’art de présenter leurs poulains, mais aussi de récompenser, à la manière du Turner Prize britannique, un artiste de la scène française contemporaine s’illustrant dans les arts plastiques ou visuels. Créé en 2000, le prix Marcel-Duchamp découle de la volonté d’un groupe de collectionneurs de doter d’une visibilité internationale une personnalité des arts français. Des quatre artistes nommés et exposés à cette huitième édition, qui sera le successeur de Tatiana Trouvé ? Michel Blazy a pour Les nouveautés de cette édition ? Nous organisons Ouvertures/Openings, en liaison avec le Louvre et le Jeu de Paume, un programme de performances à la frontière des arts. Il y aura par exemple le dimanche 26, à 14h dans la cour Napoléon du Louvre, un concert par l’artiste Jeremy Deller (qui expose en ce moment au Palais de Tokyo), qui a fait venir de Manchester un brass band en costume, pour jouer de l’acid house. Quelles sont les têtes d’affiche ? On pourrait citer les rétrospectives, comme celle consacrée à la peintre Maria Elena Vieira da Silva, et les « one-man shows », tendance de certaines galeries cette année à présenter les travaux d’un artiste. Parmi eux, les provocateurs frères Chapman et le peintre américain Christopher Wool. Votre coup de cœur ? Parmi les dix-sept installations aux jardins des Tuileries, celle à la fois spectaculaire et poétique des cabanes, nichées au sommet de six grands arbres, du Japonais Tadashi Kawamata. Fiac, du 23 au 26 octobre, Grand Palais, cour Carrée du Louvre et jardins des Tuileries, Paris. www.fiac.com Jeremy Deller et un brass band. spécialité de sculpter des matières insolites, tandis que Stéphane Calais mélange dans ses œuvres la figuration et l’abstraction. Laurent Grasso, quant à lui, préfère troubler les techniques cinématographiques pour créer des univers narratifs. Le dernier de la liste est Didier Marcel : ce sculpteur dijonnais joue de l’espace et contraint ainsi le spectateur à se l’approprier. Fiac, jusqu’à dimanche, de 13h à 21h, cour Carrée du Louvre, rue de Rivoli, Paris 1 er. Remise du prix Marcel- Duchamp, samedi. www.fiac.com Directsoir N°429/Jeudi 23 octobre 2008 DR SHOW OFF Impressions d’artistes à Show ■ A l’instar du Festival d’Avignon, la Fiac a développé à son tour un « off ». Créé en 2006 par un groupe de galeristes, Show Off présente les œuvres d’une quarantaine de galeries françaises et étrangères. La manifestation, qui ouvrait ses portes hier, rassemble les projets spéciaux et créations de près de 200 artistes qui se consacrent à la vidéo et à la performance. Espace Pierre Cardin, 1, av. Gabriel, Paris 8e. www.showoffparis.com Metabiotica 3, d’Alexadre Orion. A. ORION COURTESY FOLEY GALLERY SLICK 08 L’art en libre-service ■ Aussitôt né, Le Centquatre remplit son rôle de plus vaste lieu parisien de création et d’exposition. C’est là qu’est accueillie cette année la deuxième foire « off » de cette Semaine des arts. La foire d’art contemporain Slick dévoile, du 24 au 27 octobre, les œuvres de 58 galeries pluridisciplinaires, comme une exposition de voitures de collection customisées, dans la Nef de Slick 08. Le Centquatre, 104, rue d’Aubervilliers, Paris 19 e (www.slick-paris.com). ART ÉLYSÉES Les Beaux-Arts aux Champs-Élysées ■ Cette édition d’Art Elysées, organisée le long des « Champs », lève le voile sur des œuvres rarement regroupées d’Andy Warhol : ses pochettes de disques. En effet, depuis les années 1950, le pionnier du pop art avait créé des illustrations d’albums pour Aretha Franklin, Liza Minnelli ou The Velvet Underground. Art Elysées, jusqu’à dimanche, av. des Champs-Elysées, du Petit Palais à la place de la Concorde. www.artelysees.fr
www.directsoir.net THÉÂTRE La profession de foi de Jacques Vergès A 83 ans, celui que Barbet Schroeder a surnommé « l’avocat de la terreur » monte sur scène pour expliquer que défendre est sa manière de vivre. Palmade inquiète sa garde rapprochée Pierre Palmade a concocté avec « Le comique » une comédie faite sur mesure. Il y aborde des thèmes qui lui sont chers : la célébrité, l’âge, l’humour et l’homosexualité. ■ En 2006, Pierre Palmade reprenait du service au côté de Pierre Richard. Adepte des duos, avec Le comique, on le découvre pour la première fois dans une pièce de « troupe ». Entouré de sept trublions (Arnaud Tsamere, Anne-Elisabeth Blateau…) l’humoriste incarne Pierre Mazar, un auteur en mal d’inspiration accumulant les conquêtes masculines et les soirées d’ivresse. Son prochain spectacle approche et il n’a toujours pas écrit une ligne. Ses proches décident de le mettre au vert. Très largement inspirée de sa vie privée, la pièce porte indéniablement la patte savoureuse de Pierre Palmade. Toutefois, de répliques grinçantes en humour délicieusement frontal, la comédie s’essouffle. Attachants en première partie, à l’image d’Anne-Elisabeth Blateau, impeccable Certains se demandent quel est le rapport entre le sérieux du procès et la fantaisie du spectacle. » Maître Vergès, fumant le cigare, introduit ainsi son monologue Serial plaideur. Et « serial plaideur », il l’est sans conteste. Car pour celui qui a fait de la défense son mode de vie, « le procès a une odeur, un goût de sang dont on ne peut plus se passer ». Le ton est donné, sans concession ni faux semblant. L’avocat décrypte son métier avec passion et authenticité. Pour offrir sa vision du procès, « un lieu magique et de métamorphose » où « chacun défend une histoire vraisemblable », il n’avance pas tel un comédien, mais comme l’avocat qu’il est depuis cinquantetrois ans, précis et imparable. Comparant la réalité du prétoire à certaines œuvres littéraires (Antigone de Sophocle, Le rouge et le noir de Stendhal), Jacques Vergès affirme : « Une affaire judiciaire n’est autre qu’une tragédie en train de se dérouler. » Puisant dans son expérience sans jamais évoquer les affaires sulfureuses, il assure qu’« il n’y a pas de bons et de méchants » ; il n’existe que des « déjà coupables et des encore innocents ». D’exemples en commentaires, on en vient à oublier puis à comprendre pourquoi il a défendu certains grands criminels (Klaus Barbie, Slobodan Milosevic), jusqu’à voir en lui un homme qui a fait sienne la théologie de saint Augustin : « Dieu est créateur de tous les êtres, y compris les monstres. » Serial plaideur, jusqu’au 29 décembre au Théâtre de la Madeleine, 19, rue de Surène, Paris 8 e (01 42 65 07 09). Pierre Palmade dans Le comique. en assistante dévouée corps et âme, les personnages ne s’étoffent pas, au contraire. Mais malgré quelques bonnes idées de mise en scène signée Alexandre Lutz, Le comique reste une comédie inégale, où l’on passe du rire aux éclats à l’étonnement le plus complet. Le comique, au Théâtre Fontaine, 10, rue Pierre-Fontaine, Paris 9 e (01 48 74 74 40). S. ISABELLE/SIPA CULTURE 13 Le célèbre avocat a échangé le prétoire contre la scène du Théâtre de la Madeleine.



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