Direct Soir n°423 15 oct 2008
Direct Soir n°423 15 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°423 de 15 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Ben Stiller sort « Tonnerre sous les tropiques »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE A Berlin, le 15 septembre dernier, où il est venu présenter son dernier film, sorti trois jours après dans les salles allemandes. Avec Tonnerre sous les tropiques, sa dernière réalisation, dans laquelle il joue également l’un des premiers rôles, l’acteur et réalisateur Ben Stiller met son humour au service de la satire d’une corporation. Dans sa précédente réalisation, Zoolander, il égratignait le monde de la mode et des mannequins. Aujourd’hui, ce sont les acteurs et toute l’industrie cinématographique qui en prennent pour leur grade. LE RAZ-DE-MARÉE « MARY À TOUT PRIX » Il y a dix ans,une comédie américaine triomphait sur tout le globe. Contre toute attente, un film qui aurait pu ne passer que pour une farce grasse et crue pour adolescents attardés s’imposait en fait comme la comédie de l’année. Rien qu’en France, 3,3 millions de spectateurs chavirent sous la vague d’hilarité déclenchée par ce que l’on appelle vite le phénomène Mary à tout prix. Le grand public y découvre un comique encore presque inconnu de ce côté de l’Atlantique. Une petite boule de nerfs aux grimaces désopilantes. Un acteur du nom de Ben Stiller, qui pendant une heure et demie subit les gags les plus régressifs et enchaîne les gaffes les plus humiliantes. Un type qui déploie autant de bonne volonté à laisser son personnage se ridiculiser est forcément attachant.Le public est immédiatement conquis. ENFANT DE LA BALLE Aux Etats-Unis, cela fait déjà quelques années que sévit ce clown moderne qui ne recule devant rien pour faire rire le public, et surtout pas de faire appel à ses émotions les plus primaires en donnant dans la surenchère. Ben Stiller a été formé à la mythique école du Saturday Night Live, un show télévisé new-yorkais où se sont distingués la moitié des humoristes américains, de John Belushi et Dan Aykroyd, dès l’origine, à Will Ferrell plus récemment, en passant par Eddie Murphy, Mike Myers,Adam Sandler, Chris Rock, ou encore Billy Crystal, pour ne citer qu’eux. Le garçon avait, il est vrai, des prédispositions pour les pitreries. Il est en effet le Directsoir N°423/Mercredi 15 octobre 2008 BEN STILLER LE COMIQUE TROUPIER Le roi de l’humour potache est de retour au cinéma avec « Tonnerre sous les tropiques », sa quatrième réalisation, qui sort aujourd’hui dans l’Hexagone. Un projet de longue date enfin concrétisé par ce comédien, auteur, producteur et réalisateur américain, biberonné à la comédie populaire. Il y tourne en dérision un système dont il émane pourtant. fils d’un couple de comédiens bien connus des spectateurs américains, Jerry Stiller et Anne Meara. Dès son jeune âge, le petit Benjamin Edward baigne donc dans l’atmosphère des plateaux de tournage. Il rapporte aujourd’hui y avoir vécu un drame, lorsqu’il découvre à dix ans que William Shatner n’est pas réellement le capitaine Kirk, héros de la série Star Trek dont il est fan. Son appréhension précoce de la différence entre fiction et réalité lui donne cependant très vite le goût de la comédie. Avec sa sœur Amy, devenue elle aussi actrice, et des amis, il réalise des petits films en super-8. En 1983, il s’inscrit à l’UCLA pour étudier le cinéma. Il ne finit pas l’année, et rentre à New York pour s’inscrire
www.directsoir.net à des cours de théâtre, décidé à marcher sur les pas de ses parents. PREMIERS PAS DE COMÉDIEN Mais son hérédité ne le prémunit pas des galères que connaissent tous les comédiens débutants. Ben Stiller doit courir les castings et auditions à la recherche de ses premiers cachets. Comme beaucoup, c’est sur les planches de Broadway qu’il fait ses débuts. La pièce est un succès et lui donne l’occasion de dévoiler l’étendue de son répertoire comique, tant au public qu’aux membres de l’équipe. Conforté par le bon accueil qu’il reçoit, il poursuit en réalisant et interprétant un court métrage de dix minutes intitulé The Hustler of Money, qui tourne en dérision des films comme L’arnaqueur et La couleur de l’argent. C’est grâce à ce petit film qu’il attire l’attention des producteurs du Saturday Night Live, qui lui proposent de le diffuser en 1987, et deux ans plus tard, d’intégrer l’équipe des auteurs de l’émission. Mais frustré de ne pas se voir confier la réalisation d’un sketch, il quitte le programme après seulement cinq numéros. Le comique commence alors à travailler pour la chaîne musicale MTV. Il livre deux séquences humoristiques, Elvis Stories et Back to Brooklyn, qui remportent un succès conséquent, et se voit proposer d’animer un format expérimental, mêlant sketches et clip musicaux. Ce sera le Ben Stiller Show. Celui-ci ne dure que le temps d’une saison. Mais une autre version est transposée sous le même nom sur la chaîne Fox en 1992. Bien qu’encensées par la critique, ces deux émissions ne trouvent pas leur public. Et quand Ben Stiller décroche un Emmy Award pour son travail d’auteur, son show a déjà disparu de l’antenne. Parallèlement, sa notoriété naissante lui offre ses premiers rôles mineurs dans des films de seconde catégorie. DERRIÈRE LA CAMÉRA Peinant à trouver des rôles adaptés à la démesure de son répertoire comique, Ben Stiller décide de se consacrer à l’écriture et à la réalisation. Sa première tentative derrière la caméra s’avère immédiatement payante. En 1994 sort Reality Bites, traduit en français par Génération 90. Film indépendant à petit budget, cette première tentative se distingue auprès de la critique pour son casting (Ethan Hawke, Winona Ryder, Renée Zellweger encore inconnue, et Ben Stiller lui-même qui campe un second rôle) et la finesse de son écriture. Si le succès en termes de nombre d’entrées est relatif, le film trouve tout de même son public, qui l’érige au rang de film culte au sein du cinéma indépendant. Ce coup d’essai permet au jeune cinéaste de gagner le respect et sa légitimité dans l’industrie hollywoodienne, et peu de temps après, on lui confie les rênes d’une production de plus grande ampleur. Sans être un blockbuster, The Cable Guy (Disjoncté) est un projet d’envergure, ne serait-ce que par la présence au casting de Jim Carrey. A la tête d’un budget de 47 millions de dollars, Ben Stiller a donc un nouveau défi à relever. Le bilan se révèle mitigé. Certes, le film génère trois fois plus de recettes que Reality Bites, mais il fait aussi deux fois moins bien en termes d’entrées que les derniers succès auxquels a participé Jim Carrey, star du carton international qu’a été The Mask, quelque temps auparavant. Néanmoins, il permet au jeune réalisateur de faire deux rencontres déterminantes, celles d’Owen Wilson et de Jack Black, qui deviendront par la suite deux de ses acolytes les plus fidèles. TALENT BURLESQUE En parallèle, la carrière d’acteur de Ben Stiller commence à décoller, notamment grâce à son premier rôle dans le succès indépendant Flirter avec les embrouilles, sorti peu avant Disjoncté. Mais le tournant se profile réellement deux ans plus tard, en EN COUVERTURE 7 Sur le tournage de Tonnerre sous les tropiques, son quatrième film en tant que réalisateur. « UN DES GRANDS COMIQUES POPULAIRES DE SA GÉNÉRATION » 1998, avec Mary à tout prix, qui conquiert le monde entier. L’occasion enfin pour le comédien de lâcher la bride et de trouver un personnage lui permettant de laisser libre cours à ses exagérations hilarantes. En quelques scènes, passées depuis à la postérité, de l’accident de braguette au combat avec un chien hargneux, il s’impose comme l’un des grands comiques populaires de sa génération. Et les quelques drames dans lesquels il apparaît également à cette époque (La méthode zéro, Entre amis et voisins, Permanent Midnight), ne parviennent pas à effacer cette image d’incurable maladroit et de malchanceux attachant. Sa voie est trouvée : s’il est bien une chose pour laquelle il est indéniablement doué, c’est faire le pitre. Après des années de métier, Ben Stiller parvient enfin à se ménager sa place au soleil. S’il s’est fait connaître dans l’industrie en tant qu’auteur et metteur en scène, c’est en comédien qu’il accède à la célébrité.Après cette patiente ascension, il s’en donne à cœur joie quand, au tournant du nouveau millénaire, la réussite lui sourit enfin. Fidèle à sa famille cinématographique, il multiplie les projets avec ses amis du « Frat Pack », la confrérie qu’il forme avec ses complices Vince Vaughn, Will Ferrel, SteveCarrell, les frères Luke et Owen Wilson, et Jack Black. Quand Ben Stiller s’engage dans un tournage, que ce soit en tant qu’auteur, producteur, réalisateur, ou comédien, les membres de ce gang du rire, baptisé en hommage au Rat Pack de Frank Sinatra, Dean Martin, Sammy Davis Jr. et consorts, ne sont jamais bien loin. En 2000, Ben Stiller confirme son succès en s’illustrant face à Robert De Niro dans Mon beau-père et moi. Le film fait lui aussi un carton, et accroît davantage sa place dans le cercle des acteurs les plus « bankables » d’Hollywood. L’acteur a désormais plus que jamais le choix dans les projets auxquels il choisit de s’associer. Privilégiant le plaisir et la dérision, il alterne comédies grand public plus ou moins sensibles (Au nom d’Anna, La famille Tenenbaum, Polly et moi) et délires potaches ouvertement régressifs, avec sa troisième réalisation, Zoolander, puis Starsky et Hutch, Dodge Ball, La nuit au musée, ou encore Les femmes de ses rêves. Après la réalisation de Tonnerre sous les tropiques, Ben Stiller ne délaisse pas pour autant sa casquette de comédien. L’année 2009 promet d’être riche pour l’acteur, puisqu’il devrait être présent au casting du troisième volet de Mon beau-père et moi et de la suite de La nuit au musée.



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