Direct Soir n°422 14 oct 2008
Direct Soir n°422 14 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°422 de 14 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Brice Hortefeux, artisan du pacte européen de l'immigration

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 LES INVENTIONS Pilule contraceptive La fécondité régulée Méthode de contraception la plus utilisée par les Françaises depuis sa légalisation en 1967, la pilule est aussi la plus fiable. Mais elle impose une discipline personnelle, rigoureuse et quotidienne : un oubli quelconque peut avoir de lourdes conséquences. La mise au point de la pilule contraceptive l’illustre : recréer le fonctionnement du corps humain est parfois difficile. Dans les années 1920, des scientifiques ont découvert que durant 55% des Françaises qui utilisent un moyen de contraception ont choisi la pilule. la grossesse, l’ovulation était bloquée par l’action d’hormones sécrétées par les ovaires. Il aura fallu vingt ans pour parvenir à la synthèse artificielle de ces hormones, faisant naître l’idée d’un usage contraceptif. Le 15octobre 1951, le chimiste mexicain Luis Miramontes synthétise le composé actif de la pilule : la noréthistérone. Les travaux d’expérimentation conduits par l’Américain Gregory Pincus sont ensuite menés à Porto Rico en 1956, les Etats-Unis refusant de le faire sur leur sol. En 1960, la Food and Drug Administration autorise finalement sa commercialisation outre-Atlantique, après avoir permis son administration comme curatif pour certains dérèglements hormonaux. 3 questions à… DR FÉCONDITÉ CONTRÔLÉE L’année suivante, la pilule arrive en Grande- Bretagne. En France, en revanche, la contraception est interdite depuis une loi de 1920 visant à « redresser la démographie » après la Première Guerre mondiale. Ce n’est que le 28 décembre 1967 que l’Assemblée nationale libéralise son usage. En adoptant après des débats passionnés la loi Neuwirth, les députés ont abrogé le précédent texte. A la fin de l’année 1974, la Sécurité sociale décide de rembourser la pilule. Une nouvelle loi adoptée au Parlement rend également possible sa délivrance aux mineures sans l’autorisation de leurs parents, préservant aussi leur anonymat. Enfin, les centres de planning familial peuvent la fournir gratuitement aux mineures et aux « non-assurées sociales ». Les femmes peuvent donc désormais contrôler leur fécondité et déterminer le moment propice pour avoir des enfants. CONTRACEPTION N°1 Au cours des trente dernières années du XX e siècle, la proportion de grossesses programmées est ainsi passée de 59% à près Directsoir N°422/Mardi 14 octobre 2008 La pilule est remboursée par la Sécurité sociale et délivrée aux mineurs sans autorisation des parents. Marie-Pierre Martinet* : « La meilleure méthode est celle qui est choisie. » Comment expliquer que la pilule soit autant prescrite ? Il y a une surreprésentation de trois méthodes (pilule, stérilet et préservatif masculin) parce que la formation et l’information des prescripteurs ne sont pas très bonnes. Autour de la pilule règne un phénomène normatif, qui conduit à une prescription systématique de la pilule sans se poser de questions. de 85%.Toutefois, en légalisant la contraception, les autorités espéraient réduire le nombre d’avortements, ce qui n’a en fait pas été le cas depuis trente ans. Chaque année, on enregistre entre 200 000 et 210000 IVG, soit près d’une grossesse sur quatre. Si la pilule, seule, ne contribue pas à une meilleure planification des naissances, ce moyen de contraception reste aujourd’hui plébiscité par une majorité de femmes. Plus d’une femme, de 20 à 49 ans, sur trois prend la pilule aujourd’hui en France. Cette proportion dépasse 55% chez celles qui utilisent une contraception. « Très souvent, lors du premier rendez-vous, les jeunes filles me demandent automatiquement la pilule », rapporte le docteur Pichoir, gynécologue. Et si aucune technique n’est fiable à 100%, la pilule reste la plus efficace si elle est prise chaque jour. Car c’est bien le risque d’oubli qui pose le plus de problèmes. « Il est encore plus grand pour les micropilules progestatives pures (qui ne Est-ce la meilleure méthode ? On ne peut pas raisonner ainsi, car les femmes n’ont pas forcément besoin du même contraceptif toute leur vie. La meilleure des méthodes est celle qui est choisie et résulte d’un échange entre le professionnel prescripteur et sa patiente. * Secrétaire générale du Mouvement français pour le planning familial contiennent que de la progestérone,ndlr). Elles doivent, plus que les autres, être prises à heure fixe », rappelle le médecin. LE COÛT DU CONTRÔLE C’est l’une des raisons pour lesquelles le Dr Pichoir dit prescrire davantage de pilules œstroprogestatives. Ces dernières, appelées aussi pilules combinées, contiennent deux hormones produites naturellement par les ovaires : les œstrogènes et la progestérone. « Elles bloquent l’ovulation et donnent des cycles menstruels artificiels », explique-t-elle. Toutefois, le risque de perturbation du champ hormonal, notamment chez les jeunes filles, reste réel. C’est pourquoi la dose est réduite pour les adolescentes, à qui sont souvent prescrites des pilules dites microdosées. D’un coût compris entre deux et vingt euros, elles sont moins prises en charge par la Sécurité sociale que la pilule combinée « classique », prise en charge à hauteur de 65%. Désormais, des produits génériques sont aussi sur le marché. La pilule du lendemain est-elle un contraceptif ou un abortif ? C’est un contraceptif dans la mesure où c’est une réponse au fait de ne pas vouloir être enceinte. Mais il ne faut pas considérer cette pilule d’urgence à prendre dans les 72heures après l’exposition au risque comme une méthode correcte, dans la mesure où il n’y a pas de prescription à long terme.
www.directsoir.net Abstinence périodique Préservatif Retrait Autre méthode 1,3% 7,4% 2,3% Stérilisation 0,9% ■ Source : Ined (Institut national des études démographiques) Parmi les différentes méthodes à leur disposition, la pilule est la contraception n°1 choisie par les femmes. Pour répondre à toutes les questions sur le sujet, l’Inpes a mis en ligne le site www.choisirsacontraception.fr. L’ancien député et sénateur Lucien Neuwirth, à l’origine de la loi portant son nom, votée le 28 décembre 1967. RISQUES ET EFFETS SECONDAIRES Malgré cette popularité, certaines réticences demeurent. La pilule est par exemple accusée de diminuer la fertilité des femmes qui la prennent. A l’heure actuelle, « aucune démonstration scientifique ne l’a prouvé », réplique le médecin. Et si les premières pilules étaient responsables d’une prise de poids, il a été démontré le contraire, même si la pilule peut renforcer la tendance de certaines femmes à grossir. Autre sujet toujours en débat : la possible incidence de la pilule sur les cancers. De nombreuses études restent en cours, mais l’une des plus récentes, publiées dans la très prestigieuse revue médicale britannique The Lancet, en 2007, établit que la contraception hormonale réduit les risques de cancers ovariens, mais augmente ceux du sein ou du col de l’utérus. Mais s’il est un risque avéré, c’est bien le mauvais duo que forme la pilule avec la cigarette. Les deux produits augmentant fortement le risque cardiovasculaire, il est vivement conseillé aux femmes de plus de 35ans de choisir. PRINCIPALE MÉTHODE CONTRACEPTIVE UTILISÉE CHEZ 100 FEMMES DE 20 À 44 ANS Stérilet 17,3% Pilule LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 11 45,4% 4,7% Pas de méthode 20,7% DR HAMILTON/REA AUTRES MÉTHODES En 2005, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a édité la troisième édition de ses Critères de recevabilité pour l’adoption et l’utilisation continue de méthodes contraceptives. L’agence de santé de l’ONU y recense onze méthodes jugées valides. Outre la pilule, en voici quatre autres. PRÉSERVATIF La seule protection contre les IST Un distributeur de préservatifs. ■ Dispositif intra-utérin inventé en 1920, il est, avec son coût limité (remboursé à 65% par la Sécurité sociale), le moyen de contraception numéro deux chez les Françaises. En cuivre, il rend les spermatozoïdes inactifs, et hormonal, il rend le col ■ L’implant, destiné à remédier aux oublis réguliers, est un bâtonnet de plastique (4 cm de long pour 2 mm de large) qui diffuse dans l’organisme, pendant trois ans, des hormones du même type que les pilules progestatives. Disponible depuis 2001, il est lui aussi remboursé à 65% par la Sécurité sociale. Efficace à 99%, il présente toutefois des inconvénients : prise de poids accentuée, risques de poussées acnéiques et de dérèglements du cycle. ■ Méconnue, la méthode Billings, fondée sur l’observation des manifestations physiologiques, permet un contrôle des naissances sans dispositif chimique ni mécanique. Comme elle exige des phases d’abstinence en période féconde, elle implique une grande discipline au sein du couple, ainsi que sa stabilité. Elle suppose ■ Qu’il soit masculin ou féminin, le préservatif est non seulement un moyen de contraception efficace (97%), mais surtout la seule véritable protection contre les infections sexuellement transmissibles (IST), dont le sida. Fabriqué en latex, le préservatif masculin – disponible gratuitement dans les centres de planification familiale – peut provoquer des allergies. Ce n’est pas le cas du préservatif féminin, qui reste cependant beaucoup moins utilisé. Leader mondial, Durex monopolise plus du tiers du marché français, suivi par Manix et Hansaplast. Au total, près de vingt-cinq marques sont distribuées en France. STÉRILET La mauvaise réputation de l’utérus infranchissable. Très efficace et de longue durée, il a toutefois été accusé par le passé de rendre stérile en provoquant des infections des trompes. Un risque qui ne peut cependant être écarté. IMPLANT/PATCH Finis, les oublis ■ Adapté aux femmes de moins de 45 ans, le timbre, qui se colle sur la peau (sauf celle du visage et des seins), diffuse une association d’hormones, à l’instar de la pilule combinée. A changer chaque semaine, il doit être porté 21 jours sur 28. Le patch, qui BILLINGS La plus exigeante F. DURAND/SIPA Le patch contraceptif. coûte 15 €, n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. une formation très précise dans des centres agréés. L’Organisation mondiale de la santé indique cependant qu’elle ne peut être utilisée lorsque la femme présente certaines pathologies. L’OMS rappelle également avec vigueur que la méthode Billings n’apporte aucune protection contre les IST.



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