Direct Soir n°419 9 oct 2008
Direct Soir n°419 9 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°419 de 9 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : Robert de Niro, duo de choc avec Al Pacino

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 SUCCESS STORIES Red Bull La potion venue d’Autriche Longtemps bannie des linéaires français, la boisson énergisante a finalement obtenu en juillet dernier l’autorisation d’être vendue en France. Une victoire pour le président de la société, Dietrich Mateschitz, qui en une vingtaine d’années, a fait d’un produit inconnu un « best-seller » international. Selon le célèbre slogan publicitaire, « Red Bull donne des ailes », s’il est une personne pour laquelle la formule se vérifie littéralement, c’est bien pour le fondateur de la marque, l’Autrichien Dietrich Mateschitz. Grâce à la boisson qu’il a lancée en 1987, cet ancien cadre de la multinationale Procter& Gamble figure aujourd’hui en 260 e position du classement Forbes des plus grandes fortunes mondiales. Avec un patrimoine personnel évalué à quatre milliards de dollars, il est à la tête de la deuxième fortune autrichienne, ce qui lui permet de laisser libre cours à sa passion pour l’aéronautique en collectionnant les avions. LES VOYAGES FORMENT LA RICHESSE C’est en 1984 que débute l’aventure Red Bull. Au cours d’un déplacement professionnel en Thaïlande, Dietrich Mateschitz découvre une boisson aux vertus tonifiantes dont les routiers et chauffeurs de taxi sont friands pour lutter contre l’endormissement. Lui-même est étonné du résultat sur son organisme : le breuvage atténue les effets du décalage horaire et Gros plan Marketing sportif, la clé du succès C’est à travers sa présence dans le sport, aussi bien en parrainant des événements qu’en sponsorisant des sportifs, que Red Bull s’est fait un nom. La stratégie a fait ses preuves, Dietrich Mateschitz ne semble pas près d’en changer. Aujourd’hui, 15% des revenus de Red Bull sont investis chaque année dans les nombreuses disciplines auxquelles la marque s’associe. La prédilection des débuts pour les sports extrêmes n’a pas été reniée : la boisson est toujours lui permet de garder l’esprit clair même lorsqu’il manque de sommeil. Convaincu que ce type de boisson énergisante pourrait avoir du succès en Europe, où le concept n’existe pas encore, il contacte l’inventeur du « Krating Daeng ». En échange de sa recette, il lui propose de l’associer à hauteur de 51% dans la société qu’il souhaite créer en Autriche. Le nom thaï original signifie déjà « taureau rouge », il sera simplement traduit en anglais pour être exporté en Europe. 3,5 c’est le nombre de canettes, en milliards, que Red Bulla vendu dans le monde, en 2007. LA CHARGE DU TAUREAU Dietrich Mateschitz est persuadé que son produit a un avenir dans les pays occidentaux. Mais il reste à le faire connaître. Et c’est précisément sur ce point que l’homme d’affaires autrichien va réussir un coup de maître. Grâce à un marketing judicieux, il va peu à peu installer le nom de la marque dans les esprits. Pour ce faire, il mise dès le début sur les compétitions sportives, et en particulier les sports extrêmes comme le snowboard (entre ski et planche « nautique »), le parapente, le saut à ski, le wakeboard, ou encore le sport automobile. L’avantage de ces disciplines est double. D’une part, étant moins médiatisées, la participation des sponsors est moins onéreuse. D’autre part, elles permettent d’associer à Red Bull des valeurs comme la nouveauté, l’anticonformisme, le goût du risque et de l’adrénaline, ou le côté rebelle, que Dietrich Mateschitz trouve particulièrement adaptées à sa boisson. La méthode porte ses fruits. Rapidement, le nom et le logo aux deux taureaux rouges se chargeant furieusement sont connus et reconnus aux quatre coins du monde, parfois même avant de les associer à un produit. Cette stratégie permet à Red Bull d’asseoir sa notoriété au moment même où intervient le boom des préparations présente dans la chute libre, le base jump, les sports de glisse… Mais désormais, près des deux tiers des 450 millions investis annuellement dans le mécénat sportif sont consacrés aux sports mécaniques. Le célèbre taureau rouge orne ainsi la voiture du champion du monde de rallye, Sébastien Loeb. La société est également propriétaire de deux écuries de F1, Red Bull Racing et Toro Rosso. Mieux encore, la passion de son patron pour l’aviation a amené Red Bull à « inventer » une discipline. C’est l’Air Race, une épreuve chronométrée au cours de laquelle des avions de voltige doivent effectuer à basse altitude un parcours imposé, matérialisé par Directsoir N°419/Jeudi 9 octobre 2008 énergisantes sur lequel avait misé l’entrepreneur. Pour beaucoup de consommateurs aujourd’hui, boisson énergisante est synonyme de Red Bull. Comme souvent, le premier acteur présent sur le marché s’octroie une position dominante et fédère l’ensemble du secteur derrière son nom. de grands pylônes gonflables. Face à l’engouement suscité par ces spectaculaires joutes aériennes, l’Air Race, initialement prévu comme un événement ponctuel, s’est finalement structuré en un véritable championnat, dont le titre est remis en jeu tous les ans. Enfin, la boisson a donné son nom à deux clubs de football rachetés par Dietrich Mateschitz, le FC Red Bull Salzburg et les New York MetroStars, ainsi qu’au club de hockey sur glace salzbourgeois. Prochain projet : s’offrir une franchise de la prestigieuse Ligue nord-américaine de hockey. Signe que l’entrepreneur autrichien n’est pas près de changer de méthode. RED BULL La boisson énergisante aux deux taureaux s’est imposée partout dans le monde.
www.directsoir.net LE TAUREAU MÈNE LA CORRIDA A la fin de l’année 2007, la firme Red Bull GmbH (une SARL) employait un peu plus de 4700 personnes dans 144 pays. L’an passé, les ventes ont progressé de 16,6% par rapport à 2006 ; établissant un nouveau record avec 3,5 milliards de canettes écoulées. Seule marque emblématique sur le marché des « energy drinks », elle est l’une des rares à s’être imposée partout dans le monde. Elle n’a en effet pas un concurrent 4 000 3 500 3 000 2 500 2 000 1 500 1000 500 0 1,1 3,6 15,2 36,4 126,4 ■ Source : Red Bull - *En millions de canettes La parapentiste Hernan Pitocco, sponsorisé par Red Bull. « J’étais sûr qu’un produit permettant d’améliorer la concentration et les réflexes percerait sur un marché où les marques ne se différenciaient que par la couleur et le goût. » Dietrich Mateschitz Dietrich Mateschitz, fondateur et PDG de la firme. à sa mesure, mais une multitude de petits prétendants, présents sporadiquement en fonction des pays. En France, ils se nomment Burn, Dark Dog, Long Horn, Hype ou Red.Le directeur de l’entreprise distribuant l’une d’elles résumait, avant l’entrée de la marque autrichienne sur le marché français (lire ci-contre), l’écart existant entre le leader et ses poursuivants : « Si Red Bullarrivait en France, il serait le mammouth qui mangerait la souris. » C’est désormais chose faite. ÉVOLUTION DES VENTES DE CANETTES DANS LE MONDE* 205,8 622,0 1 160,2 1 483,7 2 488,1 87 89 91 93 95 97 99 01 03 05 07 LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 9 3 549,4 LES ENERGY DRINKS CONTROVERSE La France vaut bien une bataille ■ Depuis le 16 mai dernier, le Red Bull est en vente en France dans la même composition que celle en vigueur partout ailleurs. Avant cette date, la firme de Dietrich Mateschitz avait contourné les interdictions des autorités sanitaires françaises, en commercialisant pendant un peu plus d’un mois une version sans taurine. La taurine (voir ci-dessous), c’est justement l’un des ingrédients qui confère à la boisson son effet énergisant. C’est également ce composant qui a motivé pendant treize ans l’interdiction de sa vente sur le sol français. Raison invoquée : les réserves émises par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui soupçonne ce dérivé d’acide aminé de toxicité pour les reins et les nerfs, et d’effets indésirables sur le comportement. Mais au début de l’été, ■ Contrairement à une légende largement répandue, l’élément qui donne son effet au Red Bull n’est pas un extrait d’hormones de taureau. La taurine est en fait un neurotransmetteur présent dans le corps humain ainsi que chez de nombreux animaux. Si sa dénomination est dérivée du nom de la bête à cornes, c’est parce que cet élément a été isolé pour la première fois dans la bile de taureau. Echantillons de Red Bull en vue d’un contrôle qualité. le gouvernement français, qui encourait une amende de 300 millions d’euros devant la justice, a fait machine arrière et s’est aligné sur les 25 des 26 autres pays membres de l’Union européenne, qui avaient autorisé la vente du Red Bull. TAURINE Mythes et réalités Si elle est normalement produite par le corps lors d’efforts intenses, sa concentration dans le Red Bull fait craindre des anomalies du comportement ou des symptômes d’hyperactivité. Sa toxicité rénale potentielle est également mise en cause. Mais celle-ci serait surtout due à son association à la caféine et aux glucuronolactones, substances qui peuvent, à fortes doses, provoquer des dégâts rénaux. LÉGISLATION Les « energy drinks » en question ■ Si la dangerosité supposée des boissons énergisantes n’a jamais été démontrée, certains doutes subsistent, et pas uniquement du fait d’études scientifiques sur des rats de laboratoire. Ainsi, lorsque la boisson a été autorisée sur le territoire français, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a fait savoir à Matignon qu’il existait selon elle des « suspicions de décès » en Suède et en Irlande. En Australie, un pilote de motocross de 28 ans aurait fait un arrêt cardiaque après avoir abusé de ce type de boisson lors d’une compétition. Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.



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