Direct Soir n°416 6 oct 2008
Direct Soir n°416 6 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°416 de 6 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Nathalie Kosciusko-Morizet défend le grenelle de l'environnement

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE La secrétaire d’Etat à l’Ecologie dans son bureau, le 3 septembre dernier. Un an après le Grenelle de l’environnement, le projet de loi d’orientation devrait arriver demain au Parlement. Si Nicolas Sarkozy avait demandé que l’adoption définitive de la loi intervienne pour le premier anniversaire du Grenelle, c’était sans compter sur un calendrier législatif chargé. « Techniquement nous aurions pu passer le Grenelle 1 avant l’été et le Grenelle 2 à l’automne, mais nous avons subi un encombrement législatif absolument considérable », explique la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko- Morizet, soulignant par la même occasion le rythme effréné des réformes. « Quand on observe toutes les actions mises en œuvre depuis un an, plus celles ajoutées en urgence, le calendrier législatif a explosé. » C’est pourquoi le Grenelle 1 qui ne constitue qu’une partie du projet de loi n’est soumis à l’Assemblée que cette semaine. « Le Grenelle 1 est la transposition législative de ce qui avait été décidé autour de la table entre les différents partenaires au moment du Grenelle. Et cette transposition législative devra se traduire par la mise en œuvre technique des mesures qui est l’objet du Grenelle 2. » Un texte qui n’a toujours pas été transmis au Conseil d’Etat. DÉSIR D’ACTION Malgré ce retard dans le calendrier, la machine verte est déjà en route. En effet, le gouvernement n’a pas attendu la loi définitive pour commencer à traduire les engagements du Grenelle (loi OGM votée en mai, entrée en vigueur du bonus-malus automobile). Si ces mesures n’ont pas encore révolutionné le quotidien de chacun, l’application du Grenelle devrait toucher tous les Français. « A l’horizon 2020, toutes les nouvelles constructions seront à énergie positive. Beaucoup de bâtiments existants auront été rénovés thermiquement, bénéficieront d’énergies renouvelables et Directsoir N°416/Lundi 6 octobre 2008 NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET « L’ÉCOLOGIE, ENJEU DU XXI E SIÈCLE » Le Grenelle de l’environnement, qui s’est tenu il y a un an, constitue l’un des temps forts du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Si cette initiative a recueilli une approbation quasi unanime, y compris dans le milieu associatif, sa concrétisation a quelque peu tardé. Pourtant, dès cette semaine, le Parlement commence à examiner une série de dispositions dont « NKM » fut l’un des principaux artisans et qu’elle va devoir défendre âprement. par conséquent les charges auront baissé. Nous aurons aussi 2000 km de lignes TGV en plus », détaille Nathalie Kosciusko- Morizet. Pour la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, « il est normal qu’au bout d’un an, sur un projet aussi ambitieux que celui-là, tout le monde n’ait pas perçu dans son quotidien un quelconque effet ». Et que les Français s’impatientent ne l’inquiète pas outre mesure. Ce qui compte, c’est qu’ils soient dans un « désir d’action » estime le maire de Longjumeau, pour qui la France a entamé sa révolution verte : « C’est formidable de pouvoir faire le Grenelle de l’environnement et de travailler à mettre en
www.directsoir.net place des projets et des moyens à ce moment-là de l’histoire : quand la prise de conscience se fait et le désir d’action traverse la société. » RÉVOLUTION VERTE AU GOUVERNEMENT Au sein du gouvernement, cette dynamique environnementale connaît en revanche des hauts et des bas. Le budget accordé pour l’exercice 2009 au ministère de l’Ecologie a rassuré : « Nous considérons que progressivement nous allons avoir les moyens de l’ambition du Grenelle », se réjouit « NKM ». Mais la récente cacophonie sur les bonus-malus a mis à mal le développement de la fiscalité verte soutenu par Nathalie Kosciusko-Morizet, témoignant des fortes rigidités auxquelles se heurte toute politique écologique ambitieuse. Pour autant, la secrétaire d’Etat refuse d’entrer dans une dialectique opposant vertueux écologistes et lobbyistes cyniques. « Nous sommes habités par la conviction que conjuguer écologie et économie est possible et même indispensable dans le système en crise qui est le nôtre. » Cette vision n’est sans doute pas entièrement partagée par le ministre du Budget, Eric Woerth, qui estime que le bonus-malus coûte cher à l’Etat. Là où certains y voient des dissensions au sein de la majorité, Nathalie Kosciusko-Morizet préfère parler « d’une multiplication d’informations émanant de la presse dont certaines ont été mal interprétées et d’autres sont carrément fausses ». Problème de communication ou réserve sur la fiscalité verte ? Toujours estil qu’un élargissement généralisé du système des bonus-malus a pour l’instant été gelé, comme la fameuse « taxe piquenique ». Mais dans le fond, le réel souci de la secrétaire d’Etat est toujours d’intéresser les Français à l’écologie. Et une nouvelle disposition technique devient, à l’écouter, un outil pédagogique : « La fiscalité environnementale sert à envoyer des signaux aux consommateurs. Et pour qu’ils les reçoivent, cela doit se passer dans la sérénité et non dans la cacophonie. » L’ESPRIT DU TEXTE REMIS EN QUESTION Aux réserves de certains membres du gouvernement s’ajoutent les critiques extérieures. Si la secrétaire d’Etat semble annoncer sans difficulté « que tous les partenaires se sont accordés », elle évoque néanmoins « une différence d’appréciation ici ou là ». Jean-Jack Queyranne (PS), président du conseil régional Rhône-Alpes et coordonnateur du Grenelle de l’environnement pour l’Association des régions de « CONJUGUER ÉCOLOGIE ET ÉCONOMIE EST POSSIBLE ET MÊME INDISPENSABLE » France (ARF), parle plutôt de « déception » : « Nous avons l’impression que le Grenelle est passé à la machine à délaver durant cette année. Il y a un certain nombre de reculs. Par rapport au Grenelle, les grandes intentions peinent à se traduire. » Les régions souhaiteraient notamment que l’Etat s’engage davantage en faveur du développement des transports ferroviaires et de la formation professionnelle dans le secteur du bâtiment. L’ARF souhaite par ailleurs que « les régions soient reconnues comme chefs de file, notamment sur les plans climat, sur les énergies renouvelables, sur la biodiversité. On ne pourra pas mettre en œuvre une politique au niveau national sans y associer les régions qui sont d’ailleurs en avance sur le développement durable. Partout en Europe, lorsque cela fonctionne c’est parce qu’il existe une implication des régions », souligne Jean-Jack Queyranne. Et elles ne sont pas les seules à être déçues. Les ONG sont nombreuses à reprocher au texte final l’affaiblissement de certaines mesures voire leur disparition totale comme la taxe sur le carbone, réclamée par Nicolas Hulot. Si la « contribution climat-énergie (…) n’est pas mise sur la table, ce sera insuffisant », déclarait-il ainsi hier sur France 5. La bataille d’amendements sur le projet de loi de programmation du Grenelle de l’environnement a déjà commencé la semaine dernière en commission et devrait se poursuivre dans l’hémicycle. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, il s’agira sans doute d’un des débats les plus importants en tant que secrétaire d’Etat à l’Ecologie. EN COUVERTURE 7 Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, lors de la conférence de presse du 11 juin 2008, au sujet de l’étiquetage écologique sur les produits alimentaires. VERBATIM S. DE SAKUTIN/AFP ■ « L’Europe a une lourde responsabilité en matière d’environnement. Si entre eux, les Vingt-Sept n’arrivent pas à se mettre d’accord, le monde ne pourra pas le faire. En ce moment nous travaillons, par exemple, sur le paquet climat-énergie que nous pourrions négocier pour nous-mêmes, mais dont la perspective est internationale. Nous nous inscrivons dans une dynamique destinée à trouver une suite au protocole de Kyoto, et l’Europe est leader de cette dynamique. S’il n’y a pas d’accord entre les Vingt-Sept, cela jouera sur la crédibilité à avoir sur le plan international. Par ailleurs, je ne pense pas que l’actualité financière puisse être nuisible aux avancées environnementales. Il y a vingt ans, j’aurais « Trouver une suite au protocole de Kyoto » dit oui sans hésiter puisque l’environnement était considéré comme un luxe. C’était quelque chose que l’on se payait quand il restait de l’argent. Donc forcément quand il y avait une crise, les politiques environnementales étaient les premières touchées. Maintenant, l’environnement est l’enjeu du XXIe. Nous ne sommes plus dans l’image de l’environnement qui fut longtemps considéré comme la petite planète gravitant autour de la grosse planète qui serait l’économie. Aujourd’hui, l’environnement a des choses à dire mais surtout des solutions à apporter. Nous avons désormais écarté le risque de voir les questions environnementales sacrifiées sous prétexte qu’il existe des problèmes économiques. »



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