Direct Soir n°414 2 oct 2008
Direct Soir n°414 2 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°414 de 2 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : James Blunt poursuit sa tournée en Europe

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 EN COUVERTURE La musique de James Blunt, originaire du Wiltshire, en Angleterre, est un mélange de folk et de pop, sur laquelle le duo guitare-voix est très présent. JAMES BLUNT GUERRE ET PAIX Le cliché est devenu inévitable. Un artiste applaudi lors d’un concert a nécessairement enflammé la salle, quand il n’y a pas mis le feu. Johnny est passé par là. Mais dans le cas de James Blunt, difficile de ne pas recourir à cette métaphore facile pour qualifier l’ambiance au POPB, qui a réservé un accueil enthousiaste à James Blunt. Hasard ou coïncidence : Laeticia Hallyday était au premier rang des fans. Une ambiance dont l’énergie et la chaleur contrastaient singulièrement avec la réserve habituelle de l’artiste et même avec l’univers symbolique dans lequel il aime évoluer. On se souvient notamment de ce clip de 2004 dans lequel les téléspectateurs des chaînes musicales avaient découvert un jeune homme mince, seul face à la caméra, sur une sorte de banquise de studio de cinéma, se débarrassant de ses habits un à un jusqu’à se retrouver torse nu et sauter à la mer. POUVOIR CALORIFIQUE L’interprétation de cette vidéo avait divisé les mélomanes. Les plus réfractaires à la voix ténue et au regard langoureux de ce nouveau venu ne retenaient que la scène finale, et chaque nouvelle écoute de l’entêtant You’re Beautiful ne suggérait chez Directsoir N°414/Jeudi 2 octobre 2008 Le chanteur était hier soir sur la scène du Palais omnisports de Paris-Bercy pour un dernier passage parisien avant la fin de sa tournée. Retour sur la trajectoire supersonique de ce jeune Anglais que l’héritage familial prédisposait à l’armée, mais qui, ayant côtoyé la guerre et la mort au Kosovo, a préféré la musique et la vie. eux qu’une envie de grands espaces et d’océans agités. Les plus prosaïques se contentaient de remarquer que le beau ténébreux ne semblait pas être spécialement frileux. Mais pour une large partie du public, cette parabole visuelle ne visait qu’à souligner que la musique de James Blunt réchauffe de l’intérieur. Il est vrai qu’on s’imagine aisément écouter les ballades du songwriter natif de Tidworth, empreintes d’une beauté fragile et d’une naïveté adolescente, au coin d’un feu de cheminée où l’on ferait griller des marshmallows en buvant un chocolat chaud. Les mauvaises langues peuvent bien dire ce qu’elles veulent, grâce au jeune trentenaire et à son album Back to Bedlam, des millions de personnes ont connu un hiver 2004 un peu moins froid. COUP D’ESSAI, COUP DE MAÎTRE Avec son premier album, James Blunt fait une entrée fracassante sur la scène musicale internationale. Son premier single (le fameux You’re Beautiful évoqué plus haut), a trusté les ondes pendant de nombreuses semaines, et par conséquent les classements de ventes, se hissant en première position au Royaume-Uni, aux Etats-Unis,
www.directsoir.net en Irlande, aux Pays-Bas, en Belgique, Norvège, Suède et Italie, et sur la seconde marche en Allemagne, Suisse et Australie. Le tube suivant, Goodbye My Lover, connut un succès plus relatif, mais permit tout de même de soutenir les ventes de l’album qui a été certifié dix fois disque de platine en Grande-Bretagne et deux fois aux Etats- Unis. Sur l’ensemble de la planète, le premier opus de James Blunt a été vendu à plus de 12,5 millions d’exemplaires. Cette réussite, le jeune chanteur la doit avant tout à une rencontre. Celle avec Linda Perry, qui connut son heure de gloire au début des années 1990 avec le groupe 4 Non Blondes. Reconvertie dans la production, elle lance en 2003 son propre label, Custard, et cherche de jeunes talents à promouvoir. En visite en Angleterre, elle tombe sur la maquette qu’a fait circuler le jeune auteur.Après avoir été l’écouter sur une petite scène pour le juger sur pièces, elle lui propose un contrat. Un mois plus tard, à presque 30 ans, James Blunt s’envole pour enregistrer son premier disque à Los Angeles. PARI GAGNANT S’il ne peut pas encore imaginer l’accueil que réservera le public à ce premier disque, le chanteur débutant a déjà le sentiment d’avoir gagné son pari. Car lorsqu’il abandonne sa carrière dans l’armée en 2002 pour tenter l’aventure dans l’industrie musicale, sa décision n’est pas très bien accueillie dans sa famille. Il faut dire que chez les Blunt, ou plutôt les Blount (l’orthographe exacte de son nom de famille), la question de la vocation ne se pose pas. On est militaire de père en fils. Le renoncement à cette tradition familiale est douloureux pour son père, Charles, pilote d’hélicoptère et colonel dans la Royal Air Force. Mais le choix d’une vie d’artiste est encore plus dur à avaler pour cet homme rigoureux, qui ne conçoit pas une vie de saltimbanque pour son enfant. Repères WENN/SIPA Mais pour James Blunt, l’émancipation de la destinée familiale répond à un besoin profond. Depuis son enfance, il évolue dans un contexte martial. Scolarisé dans une école militaire, il poursuit ses études à l’université de Bristol, grâce à une bourse de l’armée. En compensation, il doit servir au minimum quatre ans dans les forces royales à l’issue de son cursus. Il gagne rapidement ses galons de capitaine et, en 1999, participe à la mission de stabilisation de paix au Kosovo sous l’égide de l’Otan. C’est dans les Balkans, où sa guitare l’accompagne jusqu’à bord des chars dans lesquels lui et ses camarades L’ÉCOLOGISTE ■ Soutien convaincu de la cause environnementale, James Blunt a participé le 7 juillet 2007, en compagnie d’une pléiade d’artistes, au concert Live Earth, destiné à récolter des fonds. Il a également diffusé le documentaire d’Al Gore, Une vérité qui dérange, lors de certains de ses spectacles, et s’est engagé à planter un arbre pour chaque billet de concert vendu sur son site. EN COUVERTURE 7 James Blunt en concert, le 17 mars 2008, au stade Ahoy de Rotterdam (Pays-Bas). « AU KOSOVO, SA GUITARE L’ACCOMPAGNE MÊME DANS LES CHARS » se déplacent, qu’il compose la chanson No Bravery, qui porte les germes de sa désillusion vis-à-vis de l’engagement militaire. A son retour, en 2000, James Blunt prolonge tout de même son engagement. Mais deux ans plus tard, il se décide à tout quitter pour tenter de se réaliser à travers sa passion pour la musique. La suite des événements a démontré que le choix était judicieux. Il n’aura fallu à James Blunt qu’un an à arpenter les petites scènes avant d’être repéré par Linda Perry. Puis un seul album lui aura été suffisant pour s’inviter parmi les artistes les plus populaires de ce début de siècle.Avec LE PHILANTHROPE ■ Comme beaucoup d’artistes, l’Anglais met sa notoriété au service de causes humanitaires. Marqué par sa découverte de l’action de Médecins sans frontières lorsqu’il servait au Kosovo, il s’efforce aujourd’hui de venir en aide à l’association en reversant les bénéfices de certains concerts et en organisant des ventes de charité. Son engagement dans l’armée lui a également donné l’envie de soutenir ses compatriotes blessés en service, via l’association Help for Heroes, qu’il parraine. R. BOYCE/AFP ETATS DE SERVICE le succès de Back to Bedlam, le jeune trentenaire a été propulsé dans un nouveau monde. Aujourd’hui, après quatre ans de carrière, deux albums et autant de tournées planétaires, l’ex-capitaine de l’armée britannique a fait fortune et acquis une célébrité internationale. Si l’on imagine qu’il ne regrette pas la tournure qu’a prise sa vie, il avoue être resté le même jeune homme timide et ne pas comprendre l’intérêt qu’il suscite dans la presse people. Ce revers de la médaille semble en effet peser sur la nouvelle coqueluche de la pop anglaise. Pourtant, James Blunt devait savoir à quoi s’attendre, lui qui, étudiant à l’université, avait rédigé un mémoire de fin de cycle intitulé : « La marchandisation de l’image, fabrication d’une nouvelle star. » ■ C’est au sein des Life Guards, la plus ancienne (elle remonte au XVII e siècle) et l’une des plus prestigieuses unités de l’armée britannique, que James Blunt a servi au Kosovo à partir de 1999. Mais il y a belle lurette que ce régiment de cavalerie avait troqué ses chevaux contre des véhicules blindés. Chargé avec ses hommes d’une mission de stabilisation et de sécurité dans l’ex-province yougoslave placée sous le commandement de l’ONU, James Blunt a rencontré sur place les volontaires de MSF qui l’ont durablement impressionné.



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