Direct Soir n°410 26 sep 2008
Direct Soir n°410 26 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°410 de 26 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : François Bayrou, les ambitions du modem.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE Plus que jamais, le président du Modem croit en l’avenir de son parti, qui présentera des candidats partout aux élections européennes de 2009. Votre parti, le Modem, a peu d’élus nationaux, et pourtant les Français souhaitent vous voir prendre plus d’influence. Y a-t-il là un paradoxe ? Non, c’est normal. Les partis qui ont des élus sont des partis anciens alors que nous avons constitué un mouvement de renouvellement. S’il réussit, il aura des élus dans quelques années. Quand je vois le PS et l’UMP, je ne souhaite pas à mon pays de n’avoir que ces deux choix. Il faut donc une nouvelle approche que nous incarnons, mais je sais très bien le travail qui reste à faire. Etes-vous assez nombreux pour mener la campagne des européennes ? Nous sommes entre 40 000 et 50 000 membres et je ne pense pas que nous aurons du mal à trouver des candidats pour cette élection. Le problème sera de trier entre les candidats, mais abondance de biens ne nuit pas. Nous présenterons des candidats partout, des personnalités pour qui l’Europe est très importante et qui voient à quel point la France doit bouger. Mais nous n’en sommes pas encore aux listes de candidatures. Les socialistes parlent beaucoup d’alliance. Qui souhaitez-vous voir à la tête du PS ? Toutes ces manœuvres sont illisibles, donc plus je serai éloigné de cette affaire, plus je serai content. C’est vrai que le Modem est devenu l’un des sujets de leur congrès et je regarde ça d’un œil amusé ! Mais je ne vois rien de bouleversant dans les idées qu’ils proposent. Pourtant, durant votre université d’été, vous leur avez tendu la main ? J’ai dit une chose simple. Un jour se posera Directsoir N°410/Vendredi 26 septembre 2008 FRANÇOIS BAYROU « NOUS PRÉSENTERONS DES CANDIDATS PARTOUT » Le paradoxe du Modem est frappant. Le parti présidé par François Bayrou dispose d’un nombre d’élus nationaux très réduit alors que sa base militante est solide, avec environ 45000 membres. Demain, ils sont appelés à renouveler leurs instances départementales et nationales. Avant ce rendez-vous important en vue de la première conférence nationale prévue en octobre, François Bayrou livre à « Directsoir » son sentiment sur la rentrée politique. la question de l’alternance. Continue-t-on avec le modèle de société de Nicolas Sarkozy ou doit-on en chercher un autre ? Si c’est le cas, il faudra que les Français aient le choix et que tous les républicains comprennent qu’ils ont besoin les uns des autres. Pour moi, il y a des sensibilités de gauche que j’estime, mais je connais aussi des gaullistes qui se trouvent mal dans le système actuel. Comment le qualifiez-vous ? Je trouve que ce modèle heurte profondément la France dans son histoire, la société
www.directsoir.net française dans ses valeurs et même la démocratie française. C’est l’arbitraire qui est au pouvoir. L’affaire Tapie est révélatrice. On va lui verser plus d’un demi-milliard de dollars. C’est l’argent du contribuable, c’est une décision arbitraire et personne ne s’en est ému. Mais c’est grave, profondément amoral et contraire à la transparence réclamée par les Français. Vous, l’opposant à Nicolas Sarkozy, vous avez pourtant voté lundi le maintien des troupes françaises en Afghanistan. Pourquoi une telle prise de position ? Sur des sujets qui tiennent à la vie du pays, il m’arrive souvent d’être en contradiction avec lui mais lorsque les engagements internationaux de la France sont en jeu, je ferai toujours preuve de responsabilité. Voter contre, c’était une victoire incroyable pour les talibans et leurs alliés. Elle aurait signifié qu’en une embuscade, ils auraient réussi à faire reculer l’armée d’un grand pays comme la France. Mais vous avez posé des conditions… J’ai ajouté que nos soldats ont besoin d’être mieux équipés et mieux protégés et qu’il faut une réorganisation stratégique effective pour que nos soldats soient perçus comme des alliés et non comme des occupants. Etes-vous convaincu par la communication sur ce dossier ? On se trouve face à des déclarations qui sont tout sauf transparentes. Les bribes de vérité apparaissent une à une et il faut à chaque fois les arracher aux forceps. Les familles en viennent à douter. Ce n’est pas rassurant ni très sain. Et je ne vois pas en quoi ce brouillard préserve la sécurité de nos soldats. L’Assemblée nationale a également discuté le projet de loi sur le revenu de solidarité active. Vous voterez le texte ? J’ai été le premier en 2002 à le proposer. L’idée était simple : quand un RMiste retrouve un emploi, il ne doit pas perdre d’argent, donc on lui verse une allocation progressive.Aujourd’hui on nous dit que le RSA touchera plus de quatre millions de personnes alors que le RMI est versé à un million. On s’éloigne donc de l’objectif initial de remettre les RMistes au travail. Il ne faut pas non plus que le RSA soit une prime au travail précaire et qu’il fasse des salariés jetables. L’idée est bonne, mais sa mise en œuvre ultracomplexe. « IL Y A QUELQUE CHOSE DE MALSAIN DANS LE SYSTÈME. LA FOLIE DE L’ARGENT EST MORTELLE. » Et son financement ? Je ne suis a priori pas contre la taxation du capital, il faut de la solidarité. Mais c’est clair que si on ne touche pas au bouclier fiscal, je ne le voterai pas. L’idée qu’il faille toujours des financements supplémentaires est contestable. Mon idée était de faire un redéploiement. Quand une personne quitte le RMI, cela économise une allocation qui permet de payer deux ou trois RSA. L’autre débat de la rentrée, c’est le fichier Edvige. Pourquoi vous gênait-il ? Je défends le principe qu’un pays démocratique ne doit pas ficher ses citoyens, sauf s’ils sont en infraction avec la loi ou s’ils menacent l’ordre public. Je ne suis pas angélique. Il y a des bandes qui se servent de gosses pour vendre de la drogue parce qu’elles savent qu’ils ne seront pas poursuivis. Donc, s’il y a un droit à l’oubli et que les juges surveillent la mise en œuvre, je ne suis pas choqué. Même pour les personnalités politiques ? Les élus et les choses que l’on peut raconter sur eux n’ont pas à faire l’objet d’un fichier accessible aux responsables de l’Etat. Il n’y a qu’à regarder l’affaire Clearstream pour se rendre compte que l’on raconte parfois n’importe quoi. On croyait la crise financière terminée et ce n’est pas le cas. Qui est responsable selon vous ? La faute appartient à tout le système car on EN COUVERTURE 7 Pendant la convention sur l’Europe, organisée par le Modem à Paris, en juin dernier. a laissé se développer l’esprit de profit à tout prix. Il y a quelque chose de malsain dans le système et la folie de l’argent et de la spéculation est mortelle. Je ne crois pas que la rhétorique policière du président de VU PAR DR ■ Il existe un espace politique pour le Modem car, sur les grands sujets, le clivage ne passe pas entre droite et gauche mais en leur sein. La construction européenne en est le parfait exemple. Le Modem est la seule organisation modérée à ne pas être divisée, contrairement au PS et à l’UMP. Cela devrait jouer en sa faveur lors des élections européennes en 2009. Mais, pour les autres scrutins, les électeurs ont toujours tendance à se positionner selon le clivage droite-gauche. Comme le PS et l’UMP ont intérêt à maintenir ce réflexe dans l’opinion, le Modem aura fort à faire. En fait, il n’est pas seul maître de son destin. Son développement ne dépend pas uniquement de la quantité ou de la qualité de ses membres mais aussi du positionnement la République soit adaptée à la situation. On a plutôt besoin de construire un cadre durable, qui ne se casse pas la figure à chaque tournant, qui ne génère pas de crise et qui ne spolie pas les générations futures. Guillaume Bernard, maître de conférences à l’IEP de Paris « Le Modem n’est pas maître de son destin » des autres partis. Le Modem aurait, évidemment, intérêt à l’éclatement du PS pour rassembler l’ex-centre droit et la gauche sociale-démocrate. Mais, cela ne ferait pas les affaires ni des présidentiables du PS, ni de l’UMP, puisque ce dernier serait obligé de se recentrer, par rapport à la campagne de 2007. Cela libérerait donc de l’espace à droite. Le Modem incarne la défaillance de l’actuel système des partis qui ne correspond pas aux différences de programme. Sa réussite permettrait de clarifier le débat politique réel entre, d’une part, les extrémistes (effectivement de droite et de gauche) et, d’autre part, les modérés (tous plus ou moins du centre). Auteur des Forces politiques françaises, PUF.



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