Direct Soir n°408 24 sep 2008
Direct Soir n°408 24 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°408 de 24 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Pierce Brosnan à l'affiche de « Married life »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 EN COUVERTURE INTERVIEW Ira Sachs, réalisateur au noir bagage Ira Sachs (« Forty Shades of Blue », primé en 2005) était à Deauville pour y présenter son nouveau film « Married Life ». Pour « Directsoir », le réalisateur américain explique ses choix cinématographiques et ses influences. A la présentation de votre film à Deauville, les spectateurs semblaient étonnés et riaient. Vous attendiez-vous à une telle réaction ? Je crois que oui. Les bases du scénario sont drôles en réalité. Nous voulions que le film soit pris au sérieux, mais pas trop non plus. Il y a une vraie distance par Ira Sachs, réalisateur de Married Life. rapport aux personnages dans le film. J’espère que le public va réagir à cela. Je pense aussi que ce sont les rebondissements et les renversements de situation qui plairont aux spectateurs. Comment avez-vous découvert Cinq tours jusqu'au paradis, roman écrit par John Bingham (1908-1988) en 1952, dont est tiré votre film ? J’ai passé l'été 2001 à lire de la pulp fiction (littérature populaire américaine,ndlr). J’avais décidé de faire un film à l’image de ceux que j’aime regarder. J’ai beaucoup lu de romans de Patricia Highsmith, par exemple. J’aime le fait que ces histoires traitent de la vie de tous les jours et y insufflent un brin de mystère. Donc, j’ai lu des livres de John Bingham. Et quand je suis tombé sur Cinq tours jusqu’au paradis, dès les premières pages, j’ai voulu savoir ce qui allait arriver aux personnages. J’ai aussi apprécié la modernité des dialogues et des situations. J’ai particulièrement aimé les personnages féminins. Les personnages de femmes que l’on rencontre d’habitude sont souvent naïfs tandis qu’ici, elles parlent avec beaucoup de franchise, à propos de sexe par exemple. Dans votre film, vous montrez qu’il n’y a pas de confiance mutuelle, pas de communication dans le couple. Ne croyez-vous pas à une possible sincérité entre les êtres ? En fait, il s’agit d’un combat. Les personnages luttent pour trouver le moyen de se parler. Le film traite de conflits et de réconciliations. C’est d'ailleurs la chronologie de la plupart des relations de couples. Vous vous rapprochez et vous vous éloignez, puis vous vous rapprochez à nouveau. Concernant les images du film, Married Life fait penser à ce qu’avait fait Brian De Palma dans Le dahlia noir. Vous êtes-vous inspiré de l’esthétique de ce film ? Directsoir N°408/Mercredi 24 septembre 2008 Dans Married Life, Richard (Pierce Brosnan) discute avec la belle Kay (Rachel McAdams), dont il tombe amoureux. Non, pour la bonne raison que je n’ai pas vu ce film. Cependant, je crois que la texture du film doit beaucoup au fait qu’il se passe dans les années 1940. Les images sont pleines de couleurs et pourtant il y demeure une certaine nudité. J’ai regardé un tas de films des années 1970 qui possédaient cette esthétique, comme les films auxquels a participé le directeur de la photographie Gordon Willi : Klute, Les hommes du président… Je voulais vraiment reproduire ce genre d’images, notamment leur travail sur les ombres : les contrastes de noir associés à des couleurs riches. Vous avez dit que c’est à l’occasion d’un séjour de trois mois en France que vous avez réellement « appris le cinéma ». Est-ce important pour vous que votre film soit présenté à Deauville ? Oui, c’est un très grand festival, qui présente encore des films intimes, qui feraient penser à de la musique jazz plutôt qu’à de la pop. Ce festival a une tradition : l’histoire du cinéma de genre, ce que la France aime du cinéma américain. Hitchcock était connu en France avant de devenir une star aux Etats-Unis. Quels autres films ou réalisateurs vous inspirent ? Je m’intéresse aussi au cinéma français contemporain : Olivier Assayas, Arnaud Desplechin… ceux qui travaillent sur des scénarios qui privilégient les rapports humains, en fait. Et je ne dois, bien sûr, pas oublier Truffaut dans cette liste.
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