Direct Soir n°408 24 sep 2008
Direct Soir n°408 24 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°408 de 24 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Pierce Brosnan à l'affiche de « Married life »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 THÉÂTRE On a testé… CULTURE Plongée historique dans les méandres de la cour de France Le cardinal Mazarin (Claude Rich) sous le regard de la reine mère Anne d’Autriche (Geneviève Basile). Du haut de ses 79 ans, sur scène, Claude Rich n’a rien perdu de sa malice juvénile. Cet habitué des grands rôles, qui dit « aimer jouer les personnages historiques tels que Voltaire ou Galilée », incarne dans Le diable rouge l’un des plus éminents stratèges de l’histoire de France : Mazarin. L’œil pétillant de Claude Rich se met au service de cet homme rompu aux règles du pouvoir. Manipulateur, fin négociateur, « l’étranger », comme le nomme la Cour, s’investit d’une dernière mission en attendant son heure : faire cesser trente ans de guerre entre l’Espagne et la France, en officialisant un mariage royal entre Louis XIV et l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse d’Autriche. Pour mener à bien cette tâche où raison d’Etat et vie UN COIN D’ITALIE… Au Théâtre Montparnasse, dans un décor signé Catherine Bluwal, digne de Versailles et de ses jeux de profondeur, Claude Rich révèle avec puissance les arcanes du pouvoir. privée se confrontent, il trouve en la reine mère, Anne d’Autriche (Geneviève Casile), une alliée sans faille. Port royal, costumes précieux, musique baroque, la troupe incarne avec brio la vie à la Cour, faite de manigances, de luxure et de sacrifices. Sous la houlette de Christophe Lidon, les jeux s’abattent entre un roi qui s’étoffe, Colbert briguant une place de ministre, et Mazarin en chef d’orchestre hors pair.Alors que le temps file entre les murs du palais, chacun avance ses pions sur cet échiquier sans merci. Le diable rouge, jusqu’au 30 décembre. Théâtre Montparnasse, 31, rue de la Gaîté, Paris 14 e (0 892 707 705). www.theatremontparnasse.com ■ La Casa di Sergio est l’archétype du bon restaurant italien. En premier lieu le patron, Sergio, un Sicilien à l’élégance toute méditerranéenne, saura vous accueillir et vous mettre à l’aise. Ensuite, l’endroit, à la fois « cosy » et convivial, conviendra à toutes les situations, du dîner entre amis au déjeuner d’affaires. Enfin, la cuisine est bonne et traditionnelle. Bien sûr, les recettes du sud de l’Italie, notamment siciliennes, sont bien représentées. Parmi nos conseils, essayez sans hésiter les pâtes aux palourdes fraîches. Enfin, pour les gros mangeurs, craquez pour le menu « della casa » ! Midi : de 17 à 21 €, menu complet à 32 euros. La Casa di Sergio, 77, av. des Ternes, 17 e Paris (01 44 09 99 06). DR L. NESVADBA COMÉDIE Voir la vie en « Rose » ■ C’est bien connu, l’amour vous tombe toujours dessus au moment où vous le cherchez le moins. C’est ce qui est arrivé à Rose et à Sacha. L’une est comédienne, « célibattante » assumée. L’autre est un brillant psychanalyste fermement opposé à l’idée d’avoir des enfants. Seulement un jour, ces deux-là ne vont plus se quitter. La pièce de théâtre Rose, signée Valérie Decobert et Nicolas Koretzky, couple à la ville comme à la scène, épluche avec drôlerie les relations amoureuses contemporaines. Rose, jusqu’au 26 octobre. Comédie de Paris, 42, rue Pierre- Fontaine, Paris 9 e (01 42 81 00 11). Nicolas Koretzky et Valérie Decobert, couple à la ville et sur la scène. EXPOSITION L’engagement à tout prix ■ Kendell Geers, artiste engagé jusqu’au bout des ongles – il se définit comme un « Africain blanc », a modifié son nom pour effacer son identité d’Afrikaner et a falsifié sa date de naissance en la transposant en 1968, « période révolutionnaire » –, expose son travail à Lyon. Cette rétrospective intitulée ironiquement « Irrespektiv » présente plus de soixante de ses œuvres faites de barbelés, de débris de verre, de contrastes pour souligner l’esprit sécuritaire et la violence du monde. Kendell Geers, jusqu’au 4 janvier, musée d’Art contemporain, 81, quai Charlesde-Gaulle, Lyon (04 72 69 17 17). www.maclyon.com Fuckface,de Kendell Geers. Directsoir N°408/Mercredi 24 septembre 2008 FALOUA JEDDI DR POLAR Myron Bolitar reprend du service ■ Le treizième roman d’Harlan Coben commence sur une Mauvaise base pour l’agence MB Sport. Alors que son patron Myron Bolitar (beau gosse cynique, héros récurrent des thrillers de Coben) se repose dans les Caraïbes, Esperanza, sa séduisante associée, est accusée du meurtre de Clu Haid. Des traces de sang dans le coffre de la voiture de l’agence, l’arme du crime retrouvée dans leur bureau et l’ADN d’Esperanza au domicile de la victime : tout accuse la jeune femme. Et si justement le crime était trop parfait ? Avec sa « saga Bolitar », Harlan Coben apporte au roman policier traditionnel une touche d’humour noir attrayante. Mauvaise base, Harlan Coben, Fleuve Noir, 21 €. ROMAN Des potins et du champagne ■ Créée par Josh Schwartz (déjà auteur de la célèbre Newport Beach), la série Gossip Girl, actuellement diffusée par TF1, détourne avec habileté les codes du soap adolescent. Autodérision, BO pop, dialogues percutants font de cette histoire de lycéens huppés de Manhattan un programme hautement addictif. Un plaisir coupable que l’on pourra prolonger en lisant les romans à succès de Cecily von Ziegesar, qui ont inspiré la série télé. Bienvenue dans un monde où le champagne et les potins coulent à flot… Gossip Girl, T. 12 : Nous étions faits pour nous entendre, Cecily von Ziegesar, Fleuve Noir, 7,50 €.
www.directsoir.net CINÉMA François Bégaudeau, les aveux du prof Après avoir écrit un roman sur son expérience de professeur de français, il devient acteur dans l’adaptation de celui-ci, « Entre les murs », Palme d’or au Festival de Cannes 2008. François Bégaudeau. Directsoir : Comment expliquez-vous qu’un jury international récompense un film sur un collège français ? François Bégaudeau : Ce film a une valeur universelle. Les journalistes de la presse étrangère reconnaissent qu’ils ont les mêmes problèmes dans leurs pays. Les Grecs se posaient déjà la question de la compatibilité entre « haute culture » et « basse culture ». Avez-vous vite été convaincu que Laurent Cantet pouvait l’adapter ? Aux Cahiers du cinéma, j’avais beaucoup écrit sur Laurent Cantet. J’aime son cinéma, qui a une véritable approche du réel. Je crois aux personnages qu’il me montre, aux ouvriers qui se parlent (Ressources humaines), à la quinquagénaire en mal de sexe qui part à Haïti (Vers le sud). J’ai une grande confiance en lui pour décrire le réel. DS : Comment jouer un rôle qui est inspiré de votre propre vie ? Je l’ai joué au naturel, même si cela ne correspond pas tout à fait à ce que j’ai vécu. On a omis les moments où je parle seul, où je fais cours, en fait… Au bout de tous ces filtrages, livres et films, finalement je ne sais plus ce que j’ai réellement vécu. Paroles d’élèves… Arthur Fogel (Arthur) « Laurent Cantet a demandé qui voulait jouer un gothique, et justement, je voulais un rôle de composition. Me jouer moi, ça doit être plus difficile… Le problème, c’est quand la costumière est venue chez moi. Elle a regardé ma garde-robe, et a dit : « Il va falloir tout acheter ! » Les scènes de classe sont pleines de vie, est-ce grâce à l’improvisation ? C’est comme du Pialat. C’est à la fois très écrit et très improvisé. A l’intérieur d’une charpente, d’un axe, j’avais une certaine liberté. Les élèves n’avaient pas lu le livre, ni le scénario. C’était fait de telle sorte qu’on laisse la possibilité à l’accident d’arriver. Vos digressions durant les cours, vos provocations, sont-elles dues à votre vision de la pédagogie scolaire ? Dans mon esprit, je ne suis pas un « modèle » de professeur. C’est plutôt ma nature qui me porte à ça. Je digresse parce que j’adore ça. Je n’aime rien tant qu’avoir des jeunes devant moi et discuter.Arriver le matin avec le journal sous le bras, et discuter de l’actualité, c’est tellement plus vivant. J’aime bien « me payer du jeune », attaquer ! C’est pour cela que dans le film je rebondis sur la question lorsqu’un élève me demande si je suis homosexuel. Cela part d’un vrai plaisir, car j’aime me battre sur les préjugés, en me moquant d’eux. Et sans faire la morale, mais en abordant les questions d’homme à homme, avec humanisme. Cela comporte un certain risque de dérapage, et donc un certain courage vis-à-vis des élèves… Je n’ai pas le courage de sauter à l’élastique, mais en revanche, je n’ai pas peur d’affronter des parents d’élèves, j’ai confiance en mon bagou. La « tchatche », c’est la bonne pioche pour un professeur. DS : Dans le film, vous dérapez (il traite deux élèves de « pétasse »,ndlr). Il le fallait ? Oui, il fallait que le prof soit mis à mal. Et qu’il abdique. ça, je l’ai joué… Parce que moi, j’y serais resté dans la cour, je n’aurais pas renoncé ! Franck Kaïta (Souleymane) « J’ai joué un élève difficile, et ce qui m’a aidé, c’est que Laurent m’a beaucoup poussé : « Ce n’est qu’un rôle, il faut que tu te lâches ! ». Il m’a fallu deux trois jours de tournage pour y arriver. On n’aurait pas rêvé mieux pour un premier film. J’aimerais en faire d’autres, si c’est possible. On verra, parce qu’il y a les études… » CULTURE 15 Fenêtre sur classe Rares sont les films qui nous entraînent dans les salles de classe. « Entre les murs » raconte le langage approximatif, la mixité sociale, la violence et les moments de grâce. ■ « M’sieur, vous charriez trop, c’est un truc de ouf ! » Les élèves de quatrième du collège Françoise-Dolto sont sans cesse déstabilisés par l’éloquence de leur professeur de français. Avec lui, les cours sont souvent le cadre de discussions mouvementés, de débats houleux. Ces scènes de vie, tournées par Laurent Cantet avec l’intelligence du réel (trois caméras filment cette classe pour mieux reproduire son énergie) sont le piment d’Entre les murs, adaptation du roman de François Bégaudeau, qui joue ici son propre rôle de professeur. Il y a Khoumba, forte en gueule, Louise, la première de la classe, Wei, le Chinois hésitant mais heureux d’apprendre, et Souleymane, le provocateur. S’y croisent donc des turbulences, de la susceptibilité, des Le film a été tourné dans un collège du 20 e arrondissement de Paris. préjugés, des profs qui craquent, et des élèves curieux, malgré leur lassitude. Quatre ans après L’esquive, Entre les murs donne une nouvelle fois la parole aux adolescents d’aujourd’hui. Entre les murs, Laurent Cantet, en salles.



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