Direct Soir n°405 19 sep 2008
Direct Soir n°405 19 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°405 de 19 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Madonna remplit le Stade de France

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 L’INDUSTRIE CULTURELLE Stade de France Le succès d’une arène Il y a dix ans, la France se découvrait un nouveau stade. Depuis son inauguration, l’enceinte a vibré aux airs des supporters, aux voix des plus grands artistes, et les Bleus y ont remporté la Coupe du monde de football, un 12 juillet. Mais au-delà du spectacle, le Stade de France est une véritable entreprise. Le 2 juillet 1992, la Fédération internationale de football (Fifa) choisit la France comme pays organisateur de la 16 e Coupe du monde de football 1998. A l’époque, le pays ne compte aucun stade de plus de 60000 places. L’Etat s’engage alors à en construire un qui soit digne de recevoir un tel événement, avec une capacité de 80000 places. Le choix du site n’est arrêté qu’en septembre 1993. Le Premier ministre, Edouard Balladur, opte alors pour Saint-Denis (à moins de deux kilomètres de la capitale et à une quinzaine de kilomètres de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle). Le chantier débute le 2 mai 1995. Après trente et un mois de travaux, 10000 mains, un million d’heures de travail, 40000 plans esquissés, 15 grues réquisitionnées, 500000 m 3 de coffrages, 32000 tonnes d’acier et 180000 m 3 de bétons écoulés, le stade est livré en temps et en heure, et même avec trois jours d’avance. Dessinée par quatre architectes français : Michel Macary,Aymeric Zubléna, Michel Regembal Interview du directeur général délégué et Claude Constantini, cette œuvre a fait l’objet de nombreuses hésitations concernant le choix de son nom. Elle a longtemps été appelée « Grand Stade », puis « Stade Michel-Platini », avant d’être baptisée « Stade de France », le 4 décembre 1995, par un jury réuni spécialement pour lui trouver un nom. Il est inauguré le 28 janvier 1998 par le président de la République Jacques Chirac, lors du match de football France- Espagne. Et son histoire débute sous les meilleurs auspices : grâce à un coup de pied de Zidane, les Bleus s’offrent une première victoire dans cette arène. La suite n’en sera que plus belle, car l’enceinte consacrera ses nouveaux rois un certain soir du mois de juillet. UN FINANCEMENT INÉDIT Dès l’origine du projet, le financement du stade reste l’une des questions essentielles. Immédiatement, l’Etat pose une condition : le Stade de France doit être une infrastructure rentable, dès son ouverture. Pour Directsoir N°405/Vendredi 19 septembre 2008 Philippe Collin-Delavaud -Directeur général délégué du consortium Stade de France Quelle image véhicule aujourd’hui le Stade de France auprès du public ? Indépendamment de l’intérêt sportif, ce qu’apprécie le public, c’est la facilité des transports et la sécurité mise en place. Pour tous les événements culturels, le public vient voir autre chose que le spectacle habituel produit dans les autres salles. La mise en scène est toujours différente, et l’émotion de l’artiste n’est Outre les événements sportifs, le Stade de France accueille des concerts et tous types d’événements culturels. répondre à cette exigence, la concession d’Etat semble être la meilleure solution. Le principe est le suivant : le concessionnaire prend à sa charge la construction et l’exploitation du stade, et obtient en échange de l’Etat une concession de trente ans et une participation financière à son investissement. L’Etat a donc confié la conception et la réalisation à un consortium privé dont l’actionnariat est détenu à 67% par le groupe Vinci et à 33% par le groupe Bouygues. Sur les 396 millions initialement investis dans la construction du stade, 191 millions ont été financés par l’Etat. Cette combinaison n’avait encore jamais été utilisée pour la construction d’un équipement sportif. LE SPORT RATTRAPÉ PAR LA CULTURE Après avoir consacré les champions du monde 1998, le Stade de France s’est pas la même qu’au Zénith, à la Salle Pleyel ou à l’Opéra. Y a-t-il des manifestations que vous refusez d’accueillir ? Depuis la création, nous refusons une seule chose : les meetings politiques, afin d’éviter un déséquilibre. C’est une ligne de conduite, il s’agit du Stade de « France ». Comment expliquez-vous que le Stade n’ait toujours pas de club résident ? 396 millions d’euros, c’est le coût initial de la construction du Stade de France. mué en un espace polyvalent, allant de l’accueil d’un championnat du monde de supercross à celui du trophée Andros, en passant par un concert des Stones ou un one-man show de Jean-Marie Bigard. Depuis sa création, il a accueilli plus d’une trentaine d’événements culturels. Sa dimension offre un cadre exceptionnel. Au Stade de France, n’importe quelle manifestation prend une dimension différente. Les enquêtes le confirment : 98% des personnes qui s’y rendent déclarent venir « parce que c’est au Stade de France » (source : étude BVA, avril 2007). Dès 1999, les exploitants créent leur propre maison de production : SDF Prod. Détenue à 100% par le stade, cette filiale n’était à l’origine pas prévue dans le contrat de concession. Très vite, elle prouve son savoir-faire à travers différentes productions, comme l’opéra Aïda en 2001, et le L’Etat avait prévu, dans notre activité de stade, l’accueil d’un club résident. Les équipes possibles sont aujourd’hui très limitées en région. La seule est le PSG. Ce dernier a choisi de rester aux Parc des Princes. Si un jour un club se présente, on travaillera avec lui pour voir ce qui est possible. Notre rôle est d’accueillir les candidats et de dialoguer avec eux.
www.directsoir.net fameux Ben Hur mis en scène par Robert Hossein, dont les cinq représentations en septembre 2006 ont réuni 300000 spectateurs. Ce spectacle doit entamer cette année une tournée en Italie, en Suisse, aux Pays-Bas et en Corée. UNE MÉCANIQUE BIEN HUILÉE Pour arriver à gérer ce colosse, 250 personnes y travaillent chaque jour. Un nombre qui grimpe jusqu’à 5000 les soirs de manifestation. Entre événements culturels et sportifs, le planning nécessite une organisation Activités sportives 63% Spectacles 30% Source : Stade de France. Le spectacle de Cathy et David Guetta, le 5 juillet dernier. « Après avoir consacré les champions du monde 98, le Stade de France s’est mué en un espace polyvalent, allant d’un championnat du monde de supercross à un concert des Stones. » très en amont. Une fois les matchs de rugby et de foot calés – habituellement dix-huit mois à l’avance –, le consortium peut envisager des dates libres à proposer pour des événements culturels. Généralement, les artistes français réservent bien plus d’un an à l’avance, tandis que la date d’une tournée internationale peut être calée quelques mois avant. Les imprévus sont néanmoins possibles. Le cas échéant, le sport reste prioritaire sur la culture. Maître des lieux, il représente 63% du chiffre d’affaires du Stade de France, estimé l’an dernier à 115 millions d’euros. RÉPARTITION DU CHIFFRE D’AFFAIRES PAR ACTIVITÉ Permanentes (Boutiques, visites, séminaires) 7% LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 9 EN SAVOIR PLUS LES COULISSES DU STADE Visite guidée Plus d’un million de personnes ont visité le Stade de France depuis 1998. ■ Outre les supporters et les fans, le Stade de France attire les touristes. Depuis 1998, plus de 1,5 million de personnes sont venues visiter les coulisses de l’arène. Accompagnés d’un guide, les visiteurs sont plongés au cœur même de la légende du stade : l’aire d’arrivée des autocars, les vestiaires, le tunnel d’entrée sur le terrain, la tribune officielle mais aussi le musée du stade. Comme bon nombre de sites touristiques, le Stade de France expose aussi sa galerie d’œuvres d’art, composée de quatre salles. La première est réservée au chantier, où les visiteurs peuvent suivre les différentes étapes de la construction. La deuxième rassemble des photos des événements passés qui ont marqué l’histoire des lieux. Dans la troisième pièce, sont exposés des répliques de trophées et les maillots mythiques des plus grands sportifs. La dernière salle est consacrée aux expositions temporaires. Pour une découverte du stade loin de la foule, le ticket d’entrée est vendu 12 euros pour les adultes et 8 euros pour les étudiants et les enfants. « STADE DE FRANCE » Une marque qui fait recette En quelques chiffres ■ Evénements sportifs, culturels ou simples visites ne sont pas les seules raisons de venir au Stade de France. Certains s’y rendent pour le shopping. En effet, la boutique officielle du Stade de France, située au niveau du parvis, face à la Porte H, est ouverte 7 j/7 et propose plus de 200 références. Les soirs de manifestation, plus de quatorze points de vente sont installés. Outre les produits des équipes de France de football et de rugby, la boutique propose la collection officielle du Stade de France. Tous les produits dérivés des événements qui se sont déroulés dans l’enceinte y sont également vendus. Depuis 2006, une boutique en ligne a même été mise en place. Accessible sur le site du Stade de France, elle se concentre sur l’activité de la vente de produits dérivés (www.stadefrance.com).• 80000 places en version Football/rugby.• 75000 en version Jeux olympiques/athlétisme.• 90000 en version Spectacles.• Il faut 14 minutes de marche rapide pour faire le tour de l’enceinte.• 4 à 8 minutes sont nécessaires pour évacuer 80000 spectateurs.• 150000 touristes visitent chaque année le stade.• Pour 19 euros, le visiteur peut repartir avec un morceau de la pelouse.• 88199 personnes ont assisté le 19 juin 1999 au concert de Céline Dion. L’artiste canadienne détient le record du plus grand nombre de spectateurs réunis un même soir. Crédits photos : STADE DE FRANCEMACARY, ZUBLENA ET REGEMBAL, COSTANTINI - ARCHITECTES - ADAGP - PARIS 2008 - PHOTO : F. AGUILHON



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