Direct Soir n°40 16 oct 2006
Direct Soir n°40 16 oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de 16 oct 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Thuram le citoyen bleu

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 16 octobre 2006 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW ISABELLE ALONSO Féministe et féminine L’ex- « Chienne de garde » est devenue chroniqueuse chez Laurent Ruquier, mais défend toujours les femmes. Pourquoi écrire un roman* inspiré de votre histoire familiale ? Mes parents sont des réfugiés politiques républicains espagnols. Ils ont fui leur pays car ils refusaient de vivre sous la dictature de Franco. Je trouve que l’immigration espagnole a été très silencieuse, très calme. C’est pour cette raison que j’ai eu envie d’en faire un livre. J’ai aussi souhaité raconter mon parcours de fille d’immigrés. Vous auriez aimé naître ailleurs ? Ce n’est pas une question que l’on peut se poser car, par définition, on ne choisit pas l’endroit où l’on naît. Mais je suis un peu agacée par le discours des gens qui disent « il faut être fier d’être Français ». Il n’y a pas de raison d’être fier d’être Français. En revanche, on peut être fier de la France en tant que pays, ou de ses réalisations. Est-ce aussi difficile d’être immigré espagnol que maghrébin ou noir ? Pour un enfant, c’est toujours difficile d’être différent et d’avoir conscience de cette différence. Etre étranger, c’est avoir le sentiment de n’être jamais tout à fait à sa place. On a l’impression d’être toujours à côté de la plaque, le cul entre Etre étranger, c’est avoir le sentiment de n’être jamais tout à fait à sa place Repères E FOUGERE/VIP IMAGES/CORBIS deux chaises. Décalé. Le regard des gens est tellement fondateur. C’est dans leurs yeux que je me rendais compte que je n’étais pas pareille. J’en avais marre que les gens me demandent si on mangeait de la paella à tous les repas ! A quel moment la double nationalité devient-elle une force ? Plus tard, à l’adolescence, voire à l’âge adulte. Parler parfaitement deux langues, avoir accès à deux cultures : tout à coup, on prend conscience que l’on bénéficie d’un paysage beaucoup plus vaste que la moyenne des gens. Vous diriez que vous êtes un modèle d’intégration ? « Intégration » est un mot vide de sens. Ça veut dire qu’on est quelqu’un qui ne pose pas de problème, qu’on en n’a rien à faire de ce que vous êtes ou de ce que vous n’êtes pas. Ce que l’on veut, c’est que vous rentriez bien dans les cases et qu’il n’y ait pas un poil qui dépasse. Ça serait plus simple de laisser les gens être comme ils sont. C’est votre côté humaniste qui ressort… toujours féministe ? Plus que jamais ! Il faut continuer à se battre. Les femmes sont victimes de la discrimination. Je ne suis pas particulièrement une militante, mais j’ai décidé que j’allais écrire et essayer de changer la perception que les gens peuvent avoir des luttes féministes. Etre féministe ne veut pas dire être antimec ou hystérique ! J.-J ; DATCHARY/ABACA E. FOUGERE/VIP IMAGES/CORBIS Quand est née cette envie de combattre pour les femmes ? J’ai été élevée dans un milieu où l’on était réfractaire à l’injustice sous toutes ses formes, à l’oppression et au manque de liberté. Je vous assure que je préférerais ne pas avoir à me battre, malheureusement il le faut et je suis heureuse de voir que nous sommes de plus en plus nombreuses à nous en rendre compte. Un mot sur Ségolène Royal… Vous l’imaginez bien en présidente de la République ? Le fait qu’une femme parvienne à ce niveau a quelque chose de subversif et ceux qui ne le voient pas… il leur manque une case politique. STEPH/VISUAL PRESS AGENCY Ce qui me réjouit, c’est qu’elle est en train de mettre un merdier sans nom au sein du parti socialiste. Elle n’est pas à sa place et personne ne se gêne pour le lui dire.Je trouve qu’elle révèle des qualités de vraie bête politique. Elle ne s’est pas beaucoup livrée et attend son heure.J’attends la suite avec une certaine gourmandise… Vous voteriez pour elle juste parce que c’est une femme ? Non, je ne voterais pas pour quelqu’un juste parce que c’est une femme. J’imagine Marine Le Pen en position d’être éligible… elle ne risque pas d’avoir mon suffrage. Mais Ségolène Royal aère un peu les choses et c’est cela que j’apprécie chez elle. Et je dois bien avouer qu’on a besoin d’un peu de désordre dans la répartition du pouvoir entre hommes et femmes. Ça nous changera ! * L’exil est mon pays (éd. Héloïse d’Ormesson). Fille de réfugiés Femme engagée Fan de Ruquier Dans L’Exil est mon pays (Héloïse d’Ormesson), Angel et Libertad auraient pu être les parents d’Isabelle Alonso, réfugiés de la dictature franquiste. Leur fille raconte avec ses mots d’écolière comment ils durent se battre, moins pour leurs idées que pour leur identité. PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLINE ITHURBIDE ET BORIS EHRGOTT PROFIL Née à Auxerre, elle fonde à 25 ans un cabinet de conseil financier.• Entre 1995 et 2006, elle publie 6 ouvrages• 1995-98, Grosses Têtes sur RTL• 1998, France Inter• 1999, Europe1• 2000, On a tout essayé (France 2) A travers plusieurs essais retentissants, Isabelle Alonso dénonce la misogynie et promeut la parité (Et encore, je m’retiens !, Tous les hommes sont égaux, Même les femmes). De 2000 à 2003, elle préside l’association Chiennes de Garde. Après l’avoir repérée aux Grosses Têtes sur RTL, Laurent Ruquier l’intègre à sa « bande ». L’humoriste l’invite comme chroniqueuse sur France Inter et Europe 1, puis à France 2 dans On a tout essayé.
Après les Trains Événements de l'année 2006 : le Train de la Banque Postale, le Train léonard de Vinci, le Train de la Création d'Entreprises, le Train du Rugby et différents Trains professionnels Lancement du 229ème Train Exposition par la MAC IF et la MAIF Société des Trains Exposition - Tél : 01 53 25 16 40 -e.mail : ste@trains- expo.fr



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