Direct Soir n°392 2 sep 2008
Direct Soir n°392 2 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°392 de 2 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Kouchner diplomatie sous haute tension

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 JEAN-PAUL DUBOIS RENTRÉE LITTÉRAIRE Un Toulousain à Hollywood Lorsqu’on est fils, père et grand-père, la vie peut prendre, au seuil de la soixantaine, une tournure inattendue. Preuve par l’écrit et avec humour, avec le nouveau roman de Jean-Paul Dubois. ÉLIETTE ABÉCASSIS DR ■ Avis à ceux qui pensaient que l’adolescence était la seule crise de croissance à surmonter. Jean-Paul Dubois, dans son nouveau roman Les accommodements raisonnables, met en scène Paul Stern, embourbé dans une vie familiale bancale et en mal de solutions. Comme un jeune homme naïf, le voyage, l’expérience et l’amour font partie de son cheminement. L’auteur est un habitué de ces personnages à la vie complexe, aux sentiments contradictoires. A l’image de Samuel Polaris, étranger dans sa propre famille, héros de son roman à succès Kennedy et moi, Paul Stern, lui, a une femme dépressive, cloîtrée dans le silence, qui n’a plus goût à la vie. Son père, personnage plein de principes, change radicalement après la mort de son frère, et entame de manière inattendue une vie luxueuse. La perte de repères s’avère de plus en plus douloureuse, jusqu’au jour Entre les mailles de l’amour filial où un studio hollywoodien lui propose un poste de scénariste pour quelques mois. Entre sa vie bancale toulousaine et ses rêves du grand ouest, le dilemme est vite réglé : Paul Stern s’envole bientôt pour Los Angeles, avec l’espoir que la distance saura recoller les morceaux. Jean-Paul Dubois, dans cette quête de l’homme d’âge mur, distille ses réflexions sur la société américaine, et plus particulièrement californienne. Face au monde cruel et étrange de l’industrie cinématographique (des projets de film délirants, qui donnent lieu à des pages d’humour corrosif), Paul Stern côtoie les excès d’Américains accros aux méthodes de bien-être les plus farfelues. Jusqu’à adopter un Kombucha, champignon magique censé « remodeler l’humain », et à qui il faut, comme à un enfant, donner toute son attention… La vie outre-Atlantique apporte à Paul Éliette Abécassis publie chez Albin Michel « Mère et fille, un roman ». Un titre explicite, pour un essai intime dans lequel l’auteur explore la quête d’identité d’une fille, profondément marquée par sa mère, icône de la haute couture. ■ Eliette Abécassis s’est fait connaître en publiant des récits historiques et théologiques.Ainsi Qumran, publié chez Ramsay en 1996, est devenu un best-seller traduit en 18 langues. Depuis 2002, l’auteur, diplômée de l’Ecole normale supérieure, a opéré un changement thématique et stylistique. Elle explore désormais la sphère intime. Après Mon père en 2002, dans lequel elle évoquait la complexité du rapport père-fille, Le corset invisible et Un heureux événement, l’auteur développe aujourd’hui dans Mère et fille, un roman les rapports entretenus par « deux personnalités du monde de la mode, mère et fille. Une histoire d’amour, de possession, d’admiration et d’émancipation ». Il s’agit donc d’un roman d’amour, inspiré par la relation toute particulière entretenue par Sonia Rykiel et sa fille Nathalie, bien que leurs noms ne soient jamais évoqués. Le récit demeure le fruit d’une enquête d’un an, au cours de laquelle Eliette Abécassis a multiplié les entretiens avec la mère et la fille, si différentes et si semblables en même temps. Mais Mère et fille, un roman est un roman. L’amour évoqué est universel, même s’il est exacerbé dans le couple Rykiel, comme en témoignent certaines déclarations : « Ma mère que je déteste et que j’adore, que je voudrais sortir de moi, pour être moi. » L’auteur décrit avec beaucoup de poésie, parfois quelques redondances, l’intensité des sentiments qu’une fille peut ressentir envers une mère adulée. A noter que la maison Rykiel fêtera cette année ses quarante ans d’existence et le musée des Arts décoratifs consacrera une exposition à sa créatrice qui « aime le faux, le maquillage, le mensonge, le travestissement de la vérité ». Mère et fille, un roman, Eliette Abécassis, Albin Michel, 15,90 €. DR Directsoir N°392/Mardi 2 septembre 2008 Stern un autre choc : la rencontre avec Selma, qui ressemble à sa propre femme, vingt ans plus tôt. Nostalgie et nouveau bonheur se côtoient alors, deux sentiments a priori antinomiques qui laissent Stern dans le doute : rentrer, rester ? « Il m’a fallu un certain temps pour comprendre que ma famille venait de vivre une année singulière, une période que nous n’avions jamais connue jusque-là et qui nous avait tous amenés à nous enfuir droit devant nous », constate-t-il. Savoir s’éloigner pour revenir aux sources, cela pourrait être la conclusion simpliste d’un roman subtil sur les ruptures de l’existence. Les accommodements raisonnables, Jean-Paul Dubois, L’Olivier, 21 €. DR ALICE FERNEY DR Femme désespérée ■ Fascinée par Chaînes conjugales (1949), le film culte de Joseph Mankiewicz, Elsa le visionne pour la énième fois en s’identifiant tour à tour aux trois héroïnes, toutes des femmes embarquées comme elle dans la même galère. Alice Ferney a choisi pour son nouveau roman de mettre son personnage principal à l’épreuve de la fiction, une manière pour Elsa, dans l’attente du retour incertain de son mari, d’esquiver pour un temps le réel afin de mieux y revenir. Paradis conjugal questionne le couple, le désir, la solitude, les non-dits. La mise en abîme choisie par son auteur est au service d’une étude de la féminité dans sa multiplicité et sa complexité, ainsi qu’un malicieux prétexte à une analyse des rapports hommes-femmes, dont la finesse doit beaucoup au talent de Mankiewicz. Paradis conjugal, d’Alice Ferney, Albin Michel, 20 €.
www.directsoir.net CINÉMA Unités de choc pour société meurtrie ★★★★★ « Tropa de Elite », qui a ravi l’Ours d’or du Festival de Berlin 2008 au favori « There Will Be Blood », a été le succès du box-office brésilien en 2007. Vu par onze millions de Brésiliens avant sa sortie en salles grâce à une version pirate, le premier film de fiction de José Padilha a provoqué une vive polémique dans son pays.Tout comme La cité de Dieu, Tropa de Elite opère une plongée fracassante dans la réalité des favelas de Rio de Janeiro.Seulement,là où le film de Fernando Meirelles adoptait le point de vue des narcotrafiquants, celui de Padilha place la caméra dans les rangs de la police et particulièrement ceux du BOPE (bataillon des opérations spéciales de police), troupes d’élite qui interviennent dans les favelas quand la police est dépassée. Adapté du livre de Luiz Eduardo Soares et de deux anciens policiers qui ont collaboré à l’écriture du scénario, le long métrage, Ours d’or du Festival de Berlin, décrit la corruption au sein de la police, les camps d’entraînement des nouvelles recrues du BOPE et les interventions dans les favelas.Tourné caméra à l’épaule et parfois sur le vif – l’urgence de filmer au cœur des favelas nécessitant une part d’improvisation – Tropa de Elite bénéficie d’un rythme haletant et d’une tension extrême : fusillades entre forces de l’ordre et barons de la drogue, assauts, tortures… Mais le film met surtout l’accent sur l’hypocrisie du système. Le réalisateur brésilien a voulu montrer la complicité de chacun : des policiers qui touchent des pots-de-vin aux jeunes de la classe moyenne qui financent les armes en consommant de la marijuana, jusqu’aux ONG qui doivent négocier avec les caïds. Tropa de Elite, de José Padilha, en salles mercredi. Le Portugal, un esprit de conquête Récompensé par une Palme d’or pour l’ensemble de son œuvre au dernier Festival de Cannes, Manoel de Oliveira livre un nouveau film à dimension historique. ■ L’année 2006 a vu trois ouvrages soutenir la thèse que Christophe Colombne serait finalement pas génois, mais d’origine portugaise. Dans son nouveau film, Manoel de Oliveira – qui fête son centenaire cette année – questionne à son tour ce mystère. Suivant les pas d’un jeune médecin, Manuel Luciano, et de sa femme qui l’accompagne partout dans sa quête de la vérité, le dernier long métrage du réalisateur portugais repose sur une investigation mihistorique, mi-scientifique. Né dans une petite ville de l’Alentejo (province du sud du Portugal), l’explorateur aurait donné le nom de son village natal à l’île qu’il a découverte dans la mer des Antilles : Cuba. Mais dans ce film poétique, la découverte de la véritable nationalité de Christophe Colombsert de toile de fond à un Maria Isabel de Oliveira et Manoel de Oliveira. autre témoignage. Christophe Colomb, l’énigme laisse entrevoir celle du peuple portugais au travers de l’histoire des émigrants lusitaniens partis chercher une vie meilleure sur le continent américain dans les années 1940. Christophe Colomb, l’énigme, de Manoel de Oliveira, en salles demain. LES FILMS DE L’APRÈS-MIDI Les acteurs du film ont tous suivi deux semaines de camp d’entraînement avec six officiers du BOPE pour apprendre à tirer, à encaisser les coups et à se défendre. CULTURE 23



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