Direct Soir n°379 30 jun 2008
Direct Soir n°379 30 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°379 de 30 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Ségolène Royal une stratégie de conquête

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE Pour la présidente de la région Poitou-Charentes, le moment est venu de passer à l’offensive. C’est à la Maison de la Chimie à Paris, dans le 7 e arrondissement, que Ségolène Royal a rassemblé samedi ses militants pour leur présenter sa contribution, tant attendue, en vue du congrès de Reims qui se déroulera du 14 au 16 novembre prochains. Avant elle, d’autres leaders socialistes se sont déjà prêtés à l’exercice au cours de la semaine dernière : d’abord Laurent Fabius, puis un trio de figures régionales constitué de Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouchesdu-Rhône et Vincent Feltesse, le président de la Communauté urbaine de Bordeaux. Les présentations de Martine Aubry et de Jean-Luc Mélenchon ont également été très écoutées. Tous devaient être impatients de connaître le projet de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, qui appartient au cercle des favoris pour prendre la tête du PS. ORDRE DE BATAILLE Sa contribution intitulée « Combattre et proposer » – dont le volume a été limité à 97000 signes typographiques par les statuts du parti –, a été « alimentée par les 2 500 textes » envoyés par plus de 3000 militants coauteurs sur le site internet Congrès utile et serein, ainsi que par les comptes rendus de plus de 200 débats qui ont eu lieu dans toute la France, avait précisé Ségolène Royal sur sa page www.desirsdavenir.org. Une méthode qui n’est pas sans évoquer les Directsoir N°379/Lundi 30 juin 2008 SÉGOLÈNE ROYAL A LA CONQUÊTE DU PS A quelques mois du congrès de Reims qui désignera le nouveau premier secrétaire du PS, Ségolène Royal avance ses pions. Samedi, entourée de sa garde rapprochée, elle a présenté les grands axes de sa contribution aux militants du parti réunis à Paris. Une stratégie de conquête que l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle a choisi de mener tambour battant face à une concurrence chaque jour de plus en plus ouverte. fameux « débats participatifs » menés pendant la campagne électorale de 2007. « La méthode qui consiste à faire vivre le dialogue et la réflexion entre nous, à écrire ensemble notre projet, en associant toutes celles et tous ceux qui le souhaitent, est la bonne méthode », expliquaient en mai dernier les 25 premiers secrétaires fédéraux signataires de sa contribution, dans un appel au rassemblement derrière Ségolène Royal. Un soutien local précieux pour la présidente de la région Poitou-Charentes qui pâtit de la défection des grosses fédérations du Nord-Pas-de-Calais et de Paris, acquises respectivement à Martine Aubry et Bertrand Delanoë. Outre le tissu militant socialiste en région, Ségolène Royal entend aussi mobiliser une garde rapprochée qui ressemble à peu de choses près à celle de la campagne présidentielle. Son équipe, composée de plus d’une vingtaine de personnes (Jean-Louis Bianco,Vincent Peillon, François Rebsamen, David Assouline, Najat Belkacem-Vallaud, Aurélie Filipetti, Gilles Savary, Jean-Jacques Queyranne…) était réunie près d’elle, sur l’estrade de la Maison de la Chimie. « Elle a une vraie équipe autour d’elle […] faite de gens de générations différentes, d’origines différentes », souligne Jean-Louis Bianco, qui précise que l’excandidate a en outre constitué un réseau d’experts pour la conseiller. Dès cette semaine, Ségolène Royal débattra de sa contribution dans toute la France auprès des militants et profitera du temps qui lui reste avant l’envoi des motions fin sep-
www.directsoir.net tembre, pour « demander des avis, des améliorations et des idées nouvelles », affirme Jean-Louis Bianco. DES IDÉES NEUVES Des idées justement. Pour François Rebsamen, le numéro deux du PS, les propositions de Ségolène Royal sont « souvent innovantes ». Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne approuve. Pour lui, « c’est la plus créative au niveau des idées, c’est la plus capable de renouveler les idées. Elle porte plus que d’autres l’espérance après avoir eu le soutien de 17millions de voix à la présidentielle. » Un autre de ses proches, Vincent Peillon, enfonce le clou : « J’ai observé dans le débat politique français, que ce soit sur le nucléaire iranien, l’ordre juste, l’autorité ou une croissance qui intègre totalement le développement durable, la seule personne qui a annoncé quelques idées neuves depuis quelques années, c’est Ségolène Royal », déclarait-il sur le plateau de l’émission Politiquement parlant sur Direct8 la semaine dernière, en ajoutant qu’elle est « la seule personne avec qui il ait aujourd’hui intellectuellement plaisir à travailler ». POUR ÊTRE NUMÉRO UN Forte de ses 47% des suffrages au second tour de la présidentielle, Ségolène Royal porterait bien, selon ses proches, les habits de numéro un du parti auxquels elle prétend officiellement depuis le mois de mai. « C’est quelqu’un qui dit qu’il faut changer le PS, qu’il faut un nouveau parti à l’image de la France et que le congrès doit être utile aux Français », affirme Jean- Louis Bianco pour qui Ségolène Royal est « une voix forte et reconnue » capable de « s’opposer à Nicolas Sarkozy ». Ne disposant plus que de cinq mois pour se concentrer sur Reims, sa « future motion et son projet d’avenir pour le PS, la présidente de Poitou-Charentes est donc passée à l’offensive. CONTESTATION INTERNE Si Ségolène Royal bénéficie encore de la dynamique de la campagne, de son résultat honorable et d’un discours atypique qui parle aux militants — surtout les plus récents — et aux électeurs, elle compte cependant bien des adversaires au seinmême du PS. Les critiques portent en particulier sur deux aspects : la trop forte personnalisation de la candidature de Ségolène Royal, et sa rupture avec un certain nombre de valeurs propres à l’ADN socialiste. « Le premier opposant aux méfaits de la politique du gouvernement [...] ce doit être tout le PS. Le congrès de novembre doit justement MIEUX VAUT UNE BONNE QUERELLE QU’UNE MAUVAISE SYNTHÈSE. » Ségolène Royal et sa garde rapprochée. permettre non pas de trancher sur le candidat pour 2012, mais de définir la méthode et les objectifs qui permettront que le PS retrouve utilité et attraction », déclarait ce matin dans Directmatin Plus Julien Dray, qui prépare une contribution commune avec François Hollande. Une façon de critiquer en filigrane la « méthode Royal ». UN PROJET POUR LE PS Une critique que réfute Ségolène Royal. « Je ne veux pas d’une gauche qui, sous couvert de réalisme, renoncerait de fait à corriger un certain nombre d’inégalités et d’injustices, notamment celles produites par le libéralisme économique. Ce dont le socialisme a impérativement besoin, aujourd’hui plus que jamais, c’est d’une lucidité radicale », préciset-elle. Autre nécessité pour la rue de Solferino : « Un parti socialiste fort, reconstruit, sûr de ses valeurs ». Et pour cela, selon elle, « mieux vaut une bonne querelle qu’une mauvaise synthèse qui, toujours, à plus ou moins long terme, nourrira des affrontements autrement plus diviseurs qu’un vrai débat, aussi tendu soit-il ». La bataille est ouverte. Le débat va s’aiguiser et les répliques s’acérer encore quelques mois. « Le calendrier est bien long », regrette Jean- Louis Bianco. FOCUS EN COUVERTURE 7 F. DURAND/SIPA Martine Aubry Prétendante possible à la tête du PS ■ « Ce que je souhaite c’est être dans cet exécutif resserré […] autour du premier ou de la première secrétaire pour défendre avec force la politique, la gauche et les Français », déclarait Martine Aubry lors de la présentation de sa contribution pour le Congrès, dans un café parisien la semaine dernière. La maire de Lille ne s’est toujours pas déclarée candidate au poste de premier secrétaire du Parti socialiste mais entend peser lourd dans l’issue du Congrès de Reims. « Elle est dans l’actualité brûlante du PS, bien placée dans les sondages, et s’est installée au centre du débat », s’est félicité Pierre Mauroy, convaincu que sa protégée « peut jouer un rôle majeur dans la région et au niveau national ». La secrétaire nationale du PS aux Affaires sociales est aussi assurée du soutien des responsables socialistes du Nord-Pas-de-Calais – deux très grosses fédérations – signataires de sa contribution. Pour Jack Lang, également présent au « Café rouge », Martine Aubry est « un bon chef d’équipe à Lille, l’a été au gouvernement, et peut l’être à la tête du PS ». Avec sa contribution intitulée « une vision pour espérer, une volonté pour transformer », elle souhaite remettre le parti « en ordre de marche », avec une ambition : trouver « une ligne unique forte au sein du PS ».



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