Direct Soir n°378 27 jun 2008
Direct Soir n°378 27 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°378 de 27 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Bruce Springsteen éternellement rock

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 L’INDUSTRIE CULTURELLE Pékin 2008 Des jeux qui valent de l’or Dans quarante-deux jours, Pékin accueillera les 29 es Jeux olympiques. Comme ce fut le cas à Sydney en 2000 ou à Athènes en 2004, le coût de ces Olympiades a atteint un record. Pour les Jeux, la capitale chinoise a investi près de 40 milliards de dollars. Depuis sept ans, date de l’attribution des Jeux olympiques à Pékin, la Chine a entamé sa mutation, à tel point qu’il est difficile aujourd’hui de trouver des superlatifs pour qualifier la ville. Pour accueillir les 29 es Olympiades de l’ère moderne, Pékin s’est transformé en un gigantesque chantier. De très 2001 est l’année où les Jeux ont été attribués à Pékin. nombreux spectateurs sont attendus dès le 8 août prochain. Au total, deux millions de personnes ont été mobilisées pour redessiner la ville. UN CHANTIER OLYMPIQUE Afin de construire les bâtiments olympiques qui accueilleront les compétitions, la ville a d’abord procédé à la destruction de plusieurs quartiers historiques du centre de la capitale. Outre les 300 000 résidents délogés, près de 200 entreprises ont été déplacées ou fermées. Selon Jiang Xiaoyu, vice-président du comité d’organisation 3 questions à… DR des Jeux, « le coût de l’opération s’élève à un milliard d’euros ». Inauguré le 29 février dernier, le nouveau terminal de l’aéroport de Pékin a été l’un des premiers chantiers engagé par la capitale. Pour un coût total de deux milliards d’euros, le nouveau terminal devrait à lui seul accueillir quelque 500 000 touristes étrangers venus assister aux Jeux olympiques. Même si le gigantisme de l’aéroport montre la volonté de faire des Jeux de Pékin une vitrine parfaite, la fierté de la ville reste sans aucun doute le Stade olympique, dans lequel se dérouleront les compétitions d’athlétisme et les cérémonies d’ouverture et de fermeture. Surnommé « le Nid d’oiseau » pour sa forme, le stade et ses 91 000 places ont coûté 310 millions d’euros. Néanmoins, pour réduire les frais d’entretien, la ville a ralenti volontairement sa construction. D’autres dépenses ont également été évitées, comme le projet initial du cabinet suisse Herzog & de Meuron, qui prévoyait d’équiper le stade d’un toit rétractable. A titre de comparaison, le Parc olympique de Sydney correspond au quart de la taille de celui construit par la Chine. Outre les Frédéric Bolotny – économiste du sport au CDES* Comment amortir les infrastructures après les Jeux olympiques ? Les Jeux ressemblent à des expositions universelles modernes. C’est une vitrine. La reconversion des sites n’est pas une priorité pour les autorités, malgré le désir du CIO de minimiser les coûts. Les Jeux de Montréal de 1976 ont été remboursés seulement l’année dernière. FEATURECHINA/ROPI-REA Directsoir N°378/Vendredi 27 juin 2008 Poteau décoré du logo des Jeux olympiques 2008 à Lanzhou, dans le centre de la Chine. aménagements que Pékin compte rentabiliser après les Jeux olympiques, la ville s’est dotée d’un réseau de transports plus important. De nouvelles lignes de métro ont été construites et de nouveaux axes de circulation ont vu le jour ces dernières années. L’APRÈS-OLYMPIADES Même s’il est encore difficile d’émettre un chiffre des dépenses et d’évaluer la rentabilité des installations pékinoises, l’impact économique des Jeux sera de toute manière sans précédent. L’exemple des Les villes organisatrices anticipent-elles l’après-JO ? Paris avait monté un dossier qui prenait en compte l’après-JO. Londres pour les Jeux olympiques en 2012 a fait de même et il sera notamment question de sites temporaires. Mais les Jeux peuvent aussi permettre aux villes de s’équiper dans des domaines où elles ne l’étaient pas. * Centre de droit et d’économie du sport. Coauteur avec Guillaume Gouze de L’exploitation des enceintes sportives : modèles économiques, optimisation commerciale et sécurité juridique, éd. Eurostaf/Les Echos Etudes. jeux d’Athènes en 2004 en est la preuve. La capitale de la Grèce a changé. Le rayonnement médiatique a permis à la ville de relancer le tourisme de manière significative. Grâce aux Jeux, le gouvernement grec a estimé que le nombre de créations d’emplois oscillait entre 80000 et 100000. Mais quatre ans après la compétition, quelques infrastructures restent toujours inoccupées. Les dix-huit stades construits pour l’occasion n’ont aujourd’hui aucune utilité. Seuls deux d’entre eux sont devenus des centres commerciaux. Le gouvernement grec Les Jeux olympiques sont-ils une bonne vitrine pour les sponsors ? La culture marketing du CIO mis en place à partir des JO de Séoul en 1988 est la plus sophistiquée au monde. On pousse à l’extrême la dépollution des sites, car il n’y a aucun sponsor dans les stades. Tout se fait en droits de communication, c’est-à-dire le droit d’acheter le droit d’utiliser les marques et emblèmes des Jeux olympiques.
www.directsoir.net assure que la totalité des dépenses a été remboursée par les droits télévisuels et les billets. Pour la Chine, la période post- Jeux olympiques représente un réel défi. Le manque de ligues sportives professionnelles, conjugué à la mauvaise gestion du parc immobilier chinois, pourrait poser des problèmes de rentabilisation des infrastructures sportives après les Jeux. Le Stade olympique par exemple, qui ne possède pas de toit rétractable, pourrait être difficile à louer pendant la période hivernale. Pékin souligne que de nombreux projets auraient été mis en œuvre, même si la ville n’avait pas obtenu l’organisation des Jeux. Pékin compte s’inspirer de l’expérience de Barcelone. RÉPARTITION DES REVENUS… ■ Source : CIO 2008. F. MAY/DPA/ABACAPRESS Le 23 mai, des enfants lâchaient les mascottes des JO. 8% 92% … et générés par la radio-télévision Comité d’organisation des Jeux olympiques Avec près de 40 milliards d’euros dépensés, les Jeux olympiques de Pékin sont les plus chers de l’histoire des Jeux. Après les Jeux olympiques de 1992, « les investissements en infrastructure ont permis de développer le charme touristique de la ville ainsi que son attrait économique pour les affaires », selon un rapport des services d’évaluation de Standard & Poor’s. Pour l’analyste Kim Eng Tan, « au lieu d’être une charge financière pour Beijing, les Jeux promouvront à long terme le degré de solvabilité du gouvernement ». Les infrastructures d’accueil terminées, la ville se tourne maintenant vers l’avenir. Des millions de personnes fouleront le sol chinois pendant quinze jours. Quinze jours pendant lesquels Pékin compte bien peaufiner son image de ville internationale du marketing olympique… Comité international olympique Comité national olympique, fédérations internationales, Comité d’organisation des Jeux olympiques Mouvement olympique 51% 49% LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 11 CHINA DAILY/REUTERS TÉLÉVISION CIO Le garant de la retransmission des épreuves ■ Le Comité international olympique (CIO) est le seul propriétaire des droits de télévision concernant les Jeux olympiques. Dans le but de garantir à long terme les intérêts du mouvement olympique, lui seul attribue et vend les droits de diffusion aux chaînes de télévision dans le monde entier. Celles-ci doivent assurer une retransmission gratuite sur leurs territoires respectifs. Cette année, la cérémonie d’ouverture des Jeux pourrait devenir le premier événement sportif en terme d’audience. Les spécialistes attendent plus d’un milliard de téléspectateurs. En 1996, la chaîne de télévision NBC a déboursé 456 millions de dollars pour avoir le droit de retransmettre les Jeux olympiques d’Atlanta. Cette année, NBC devrait dépenser 894 millions de dollars pour les Jeux de Pékin. Le poids de la chaîne américaine est tel qu’elle possède devant le CIO un droit de regard sur les horaires des compétitions. Pour les Olympiades 2008, 220 pays devraient retransmettre l’événement. Les derniers Jeux d’Athènes en 2004 avaient attiré (en audience cumulée sur la quinzaine) 35 milliards de téléspectateurs sur près LES CHIFFFRES• 40 milliards de dollars ont été dépensés par la Chine pour l’organisation des Jeux.• 38 sites accueilleront les épreuves. 14 d’entre eux sont neufs.• 28 sports sont représentés aux JO. On compte 38 disciplines différentes et pour la première fois, le BMX fait son entrée dans la compétition.• 303 médailles d’or seront distribuées pendant la quinzaine.• 100 yuans (10 euros), c’est le prix auquel sont vendues deux places sur trois.• 100000 agents de police assureront la sécurité des sites olympiques.• 91000. C’est le nombre de places que contient le Stade olympique de Pékin.• 1 milliard de téléspectateurs pourraient, selon les estimations, assister à la cérémonie d’ouverture.• 220 pays retransmettront les Jeux à la télévision. Argent, or et bronze : les trois modèles de médailles des JO de Pékin. de 4000 heures de programmes. Les revenus provenant de la diffusion des Jeux d’Athènes (1494 millions de dollars) sont cinq fois plus élevés que ceux de Los Angeles 20 ans plus tôt. Cette année, le montant des redevances versées par toutes les chaînes de télévision du monde s’élève à près de 3 milliards de dollars. Pour les Jeux de Pékin, l’Union européenne de radio-télévision (UER), qui regroupe 54 pays d’Europe, d’Afrique du Nord et du Proche-Orient et 44 membres associés dans 25 pays d’autres régions du monde, a déboursé 443,4 millions de dollars pour l’achat des droits de retransmission. Autour des Jeux olympiques• 443,4 millions de dollars. C’est le montant payé par l’UER pour obtenir les droits de retransmission télévisée des Jeux.



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