Direct Soir n°375 24 jun 2008
Direct Soir n°375 24 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°375 de 24 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Gisele Bündchen la beauté brésilienne

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 LES INVENTIONS Planche à voile Sea, wind and fun En 1968, la « Windsurfer », première planche à voile, voyait le jour. Quarante ans plus tard, l’âge d’or du windsurf est passé. Mais la planche n’est pas morte, et surtout, elle a fait des petits. Les surfeurs ont la réputation de se laisser vivre. Mais parfois, la paresse peut se révéler créatrice. En 1935, l’Américain Tom Blake est un surfeur qui cherche à économiser ses bras lorsqu’il regagne le large. L’idée lui vient d’utiliser la force du 49,09 nœuds. C’est la vitesse atteinte par Antoine Albeau le 5 mars 2008, et le record du monde de vitesse à la voile, tous engins confondus. vent. Il imaginera plusieurs modèles, avec un parapluie, puis une voile en toile brute, avant de mettre au point un engin ressemblant d’assez près à une planche à voile. Mais les travaux de Blake tomberont dans l’oubli. Si Newman Darby, un autre Américain, est considéré comme l’inventeur de la planche à voile, deux éléments essentiels manquent à l’engin qu’il a conçu en 1964. L’INVENTION DÉCISIVE Ces éléments apparaissent alors dans le brevet « Windsurfer » que déposent James Drake et Henry Hoyle Schweitzer en 1968 (voir schéma ci-dessus). L’engin conçu par Interview d’un spécialiste D. ROSS DR ces deux Américains est doté d’un wishbone, une double bôme (barre horizontale) qui permet à l’utilisateur de manœuvrer la voile comme il l’entend en se tenant debout sur son flotteur. Et cette voile peut désormais s’orienter dans toutes les directions, grâce au joint universel en caoutchouc. Le windsurf est enfin né, et Schweitzer le sent tout de suite. Il rachète à Drake les droits de la « Windsurfer » et dépose le brevet dans les pays dans lesquels il voit des marchés potentiels. Faute de moyens, en Europe, deux pays seulement sont concernés : l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Un mauvais choix pour Schweitzer, car le plus grand marché mondial sera rapidement… la France. En 1974, les premières planches arrivent dans l’Hexagone et provoquent un engouement immédiat. Le marché français voit fleurir de nombreux fabricants. Dufour, Alexandre Ponot – responsable du marketing chez Oxbow Au départ, la clientèle d’Oxbow se cantonnait-elle aux pratiquants ? Oxbow est né en 1985. A ce moment-là, notre clientèle était des passionnés de la glisse qui recherchaient un produit adapté. A cette époque, c’est le windsurf qui était la discipline phare, et à travers lui, les gens ont découvert plus qu’un sport, une culture. Il y a un langage, une musique… Océanite, Magnum et d’autres proposeront leur modèle. Le windsurf passionne les plagistes du monde entier, et la fin des années 1970 voit le matériel évoluer. Les planches se raccourcissent, la dérive commence à disparaître, le harnais, qui permet de supporter de plus grandes voiles, et les footstraps (cale-pieds) font leur apparition. Ces nouveautés permettent des acrobaties de plus en plus spectaculaires. Le funboard est en train de naître. Aujourd’hui, vous pouvez être banquier à Paris, n’avoir jamais surfé, et vous sentir proche de cette culture. Pour les marques de surfwear, la donne a-t-elle changé ? Clairement, le chiffre d’affaires a commencé à augmenter à la fin des années 1980, début des années 1990. Dans le même temps, nous avons ouvert des magasins qui n’étaient plus Directsoir N°375/Mardi 24 juin 2008 Avec l’apparition du harnais et des footstraps, les figures sont de plus en plus spectaculaires. L’ÂGE D’OR Avec le funboard, une nouvelle approche du sport voit le jour. Les sensations importent plus que les performances pures. Aujourd’hui encore, la planche à voile est discipline olympique, mais ne propose que des courses disputées sur de grosses planches à dérive. Les pratiquants et les amateurs de glisse, eux, veulent du rêve, admirent les casse-cou dont ils envient le mode de vie et qui réalisent des prouesses dans les vagues. Première star mondiale de la discipline : l’Américain Robby Naish. En France,Arnaud de Rosnay, l’aventurier disparu en 1984 dans le détroit de Formose, popularise un autre aspect de la discipline. Les magasins de planches fleurissent le long des côtes françaises, le nombre de pratiquants explose. Les fabricants développent de nouveaux procédés et matériaux pour rendre leur matériel toujours plus léger et maniable. Les voiles complètement lattées, le recours massif au carbone, au Kevlar et au monofilm se généralise : planches et voiles deviennent des produits de haute technologie. Paradoxalement, ces avancées ont été permises par le succès, mais provoqueront le repli du marché de la planche à voile. Les flotteurs et les gréements se spécialisent. dédiés au sport, plus loin des plages et des montagnes, dans les villes. Aujourd’hui, votre activité est-elle détachée des sports de glisse ? Non. Même si notre clientèle est plus large, même si nous nous inspirons de la mode, nos produits découlent toujours de la pratique. C’est plus qu’un moteur, c’est notre base. Tout vient de là.
www.directsoir.net Pour avoir une panoplie complète, il faut une planche de course, une pour les vagues, trois ou quatre voiles et presque autant de mâts et de wishbones (qui permettent de tendre la voile) pour affronter toutes les conditions. La planche se réserve alors aux « riders » réguliers… et riches. A l’échelle mondiale, les ventes se rétractent fortement, les points de ventes se réduisent comme peau de chagrin. CHANGER DE CAP Depuis, les manufacturiers ont réagi. La conception des flotteurs et des gréements répond aujourd’hui à deux priorités : accessibilité et larges plages d’utilisation. Fabrication de planches à voile Bic Sport, à Vannes (56). Robby Naish (photo à gauche), quatre fois champion du monde, est la première figure du funboard. Ses voiles roses et son immatriculation US 1111 (pour ses quatre titres) sont devenues légendaires. Aujourd’hui, sa société est une des plus impliquées dans le développement du kitesurf. ■ Parmi les engins flottants propulsés par le vent, la planche à voile domine le monde de la vitesse pure depuis 20 ans. Résultat : des planches plus courtes, plus larges, qui permettent de naviguer par tous les temps à moindre frais. Et surtout, le funboard a fait un petit : le kitesurf. Mis au point par le planchiste français Manu Bertin, il s’agit d’une petite planche depuis laquelle on manœuvre un cerf-volant ressemblant à un parapente. Encore plus aérien que la planche à voile, le kitesurf a très vite séduit les planchistes, et ensuite un plus large public. Le kitesurf, accessible, spectaculaire, pourrait aussi détrôner le funboard dans sa dernière chasse gardée : la vitesse. Mais après tout, peu importe la monture, pourvu qu’on ait l’ivresse. RECORDS DU MONDE DE VITESSE À LA VOILE SUR 500 M 1972 1975 1980 1986 1988 1993 2004 2008 Tim Coleman GBR Tim Coleman GBR Tim Coleman GBR Pascal Maka FRA Erik Beale GBR Simon McKeon AUS Finian Maynard BVI Antoine Albeau FRA 26,30 noeuds 31,10 noeuds 36,00 noeuds 38,86 noeuds 40,48 noeuds 46,52 noeuds 46,82 noeuds LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 9 voilier planche à voile 49,09 noeuds DR J.-C. MOSCHETTI/REA FANATIC ACTEURS DU MARCHÉ BIC SPORT Le premier géants ■ Le marché des voiles pour planches se répartit entre de nombreux manufacturiers. Mais pour les flotteurs, la situation est différente. Bic Sport, filiale du groupe célèbre pour ses stylos et briquets, fut le premier poids lourd de ce secteur. Créée en 1979, la société s’installe au bord de l’eau, à Vannes (Morbihan). En moins de deux ans, Bic devient le premier fabricant mondial de flotteurs avec près de 90 000 unités écoulées. Avec le repli de la pratique, le groupe a dû se diversifier (surfs et kitesurfs). Aujourd’hui, l’usine vannetaise produit 15 000 flotteurs par an. JACOBS Nouveau leader ■ En 1996, le marché français de la planche à voile voit débarquer un nouvel acteur : Décathlon. La société lance, vingt ans après sa création, sa marque de sports d’eau : Tribord. Du pied de mât à la voile, en passant par les combinaisons, la marque développe et produit tous les éléments constitutifs d’une planche à voile. Tous, hormis les flotteurs, car Bic est déjà ■ Produit de très haute technologie, le matériel de planche à voile est aujourd’hui devenu extrêmement coûteux. Le marché s’est replié sur les pratiquants réguliers, dotés d’un bon niveau. Le marché de l’occasion est un bon moyen pour permettre à ceux qui veulent le meilleur matériel de réduire leurs coûts, et aux petites bourses d’acquérir des occasions récentes. Les magasins d’occasion, les grands salons comme le Mille sabords, au port du Crouesty (Morbihan), et aujourd’hui la vente en ligne sur Internet font vivre ce marché. ■ Le repli du marché de la planche à voile provoque une concentration du secteur, notamment du côté des flotteurs. Ainsi, le groupe Jacobs rassemble tout d’abord les fabricants Mistral et Fanatic. En 2000, il fait l’acquisition de F2. La société devient leader mondial du marché. En 2001, le chiffre d’affaires de Jacobs atteint 120 millions d’euros, alors que celui de Bic Sport est de 90 millions d’euros. TRIBORD Décathlon s’en mêle L’OCCASION Poumon du marché Un des modèles de la marque Bic Sport. un acteur bien installé proposant des planches grand public et accessibles. Tribord bénéficie de l’important réseau de magasins Décathlon (plus de 300 magasins dans le monde) pour proposer sa gamme de produits à un large public. La fabrication en grande série permet au matériel Tribord d’être souvent moins cher que la concurrence.



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