Direct Soir n°373 20 jun 2008
Direct Soir n°373 20 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°373 de 20 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 3,6 Mo

  • Dans ce numéro : Fête de la musique : Thomas Dutronc et tous nos coups de coeur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 ENQUÊTE Le chef de l’Etat algérien durant un meeting à Chlef, à l’est d’Alger, en septembre 2005. ABDELAZIZ BOUTEFLIKA Le président algérien est un acteur majeur de la scène euro-méditerranéenne. A trois semaines du lancement officiel de l’Union pour la Méditerranée à Paris, sa participation au grand projet n’est pas encore assurée. François Fillon part rencontrer Abdelaziz Bouteflika afin de surmonter les divergences qui subsistent entre Alger et Paris et d’obtenir son ralliement à l’UPM. Depuis quelques semaines les ministres français défilent en Algérie. Après les visites de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, et Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, c’est le Premier ministre, François Fillon, qui s’y rendra demain. Son déplacement de deux jours à Alger doit être ponctué par la signature d’un accord-cadre de coopération dans l’énergie nucléaire. Ce texte doit compléter celui paraphé lors de la visite du président Nicolas Sarkozy en décembre 2007, et prévoit un transfert de technologie entre les deux pays, ainsi qu’un apport technique et financier de la France. Au-delà des différents accords conclus au cours de ces visites ministérielles, les discussions aborderont le projet d’Union pour la Méditerranée, alors qu’il ne reste plus beaucoup de temps à la France pour convaincre l’Algérie de participer au sommet fondateur de l’UPM, organisé le 13 juillet à Paris. UPM : PRÉSENCE INCERTAINE DE L’ALGÉRIE Le président Bouteflika pourrait attendre le dernier moment pour décider de sa présence à ce rendez-vous, cher à Nicolas Directsoir N°373/Vendredi 20 juin 2008 CLÉ DE L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE Sarkozy. Plusieurs raisons semblent à l’origine de l’indécision algérienne. Premier point de blocage : la présence d’Israël est loin de réjouir l’Algérie ainsi que d’autres pays arabes, qui craignent que leur participation à cette union ne sous-tende une normalisation de leurs relations avec l’Etat hébreu. En témoignent les déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, lors du Forum des pays de la Méditerranée qui s’est tenu le 6 juin à
www.directsoir.net Alger et où la France était représentée par Bernard Kouchner. « Ce n’est pas l’UPM qui doit faire la normalisation [des relations] entre Israël et les pays arabes », a estimé le chef de la diplomatie algérienne. Sur ce problème, Nicolas Sarkozy s’est exprimé début juin lors de son voyage en Grèce. Le président français a souligné que la présence d’Israël ne posait pas de problème à l’Egypte, la Tunisie et le Maroc : « Le roi du Maroc, Sa Majesté MohammedVI, non seulement chef d’Etat mais aussi chef des croyants, ne m’a pas indiqué que la présence d’Israël était un problème. » Un argument choc. CONFLITS DE VOISINAGE Autre point envisagé avec réticence par Abdelaziz Bouteflika : le rapprochement franco-marocain et notamment la participation de la France au traitement de la question du Sahara occidental. Un conflit qui altère les relations algéro-marocaines depuis plus de trente ans et paralyse le fonctionnement de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Par ailleurs, l’Algérie a le sentiment d’avoir été défavorisée par rapport à ses voisins. En effet, la coprésidence de l’UPM pourrait vraisemblablement être attribuée à l’Egypte, le poste de secrétaire général au Maroc et le secrétariat général basé à Tunis. Cette probable configuration laisse peu de place à l’Algérie pour s’imposer comme l’un des piliers de l’Union pour la Méditerranée. Malgré tout, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Belkhadem, a affirmé hier que la participation d’Abdelaziz Bouteflika n’était pas encore totalement exclue. « Il nous a toujours habitués à être là quand l’Algérie doit être représentée à son plus haut niveau. L’Algérie est favorable à toute initiative qui rapprocherait les deux rives de la Méditerranée. Mais celle qui nous a été exposée en 2007 par le président Sarkozy n’est plus celle qui nous est présentée aujourd’hui. » Façon diplomatique de contester la participation de l’ensemble des pays membres de l’Union européenne à l’UPM, alors qu’à l’origine le projet de la France ne devait concerner que les pays riverains de la Méditerranée ainsi que le Portugal. Ce malaise, l’exécutif français entend bien le résorber. « L’AMITIÉ N’A PAS BESOIN D’ÊTRE GRAVÉE DANS LE MARBRE D’UN TRAITÉ » LE POIDS DU PASSÉ Voyage en Algérie durant sa campagne, déplacement en décembre dernier, Nicolas Sarkozy n’a pas caché son désir de renforcer la relation franco-algérienne et de mettre fin aux frictions qui persistent entre les deux pays, dont la plus importante reste liée au passé colonial de la France en Algérie.Abdelaziz Bouteflika conditionne en effet l’approfondissement des relations franco-algériennes à la reconnaissance des « crimes » commis par la France durant la guerre d’Algérie. Nicolas Sarkozy s’attache pour sa part à la reconnaissance des faits, plutôt que des erreurs, privilégiant la démarche historique à la querelle des mémoires. « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres », déclarait-il le 6 mai 2007, dans la salle Gaveau, au soir même de son élection. « L’amitié n’a pas besoin d’être inscrite dans le marbre d’un traité », disaitil plus récemment au sujet de la relation entre Paris et Alger, pour souligner l’importance qu’il attache aux actes plutôt qu’aux déclarations. RELATIONS BILATÉRALES Malgré ces tensions mémorielles qui subsistent entre la France et l’Algérie, les échanges économiques ou sécuritaires ont gagné en vigueur depuis les terribles années 1990. En décembre, c’est entouré de près de 150 chefs de grandes entreprises et de PME que Nicolas Sarkozy arrivait en Algérie, pour en repartir avec cinq milliards d’euros de contrats signés. Demain, François Fillon sera accompagné d’une vingtaine de grands patrons français. L’économie doit rester une priorité selon Nicolas Sarkozy et le président algérien Bouteflika, qui estiment qu’il s’agit d’un socle essentiel à la consolidation des relations entre les deux rives de la Méditerranée. Aujourd’hui, ces domaines ENQUÊTE 5 Le président algérien Abdelaziz Bouteflika recevait le président Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner au palais El Mouradia, à Alger, le 4 décembre 2007. BIOGRAPHIE G. BASSIGNAC/GAMMA de coopération constituent le cœur des relations bilatérales. D’autres projets sont également mis en place dans le domaine de l’éducation et de la formation. En France comme en Algérie, on espère que ces acquis l’emporteront sur le poids du passé. Le parcours politique d’Abdelaziz Bouteflika ■ Né en 1937, Abdelaziz Bouteflika s’implique très tôt dans la vie politique. Après avoir intégré le Front de libération national (FLN), il prend le commandement de l’Armée de libération nationale (ALN). A l’indépendance de l’Algérie, en septembre 1962, il devient, à 25 ans, ministre de la Jeunesse et du Tourisme, et ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du président AhmedBen Bella. Ministre des affaires étrangères sous Houari Boumediene, à l’arrivée au pouvoir du président Chadli, Abdelaziz Bouteflika se retrouve peu à peu écarté de la scène politique, qu’il quitte en 1981. Après six années d’exil, il rentre en Algérie en 1987 rejoindre le FLN, qui s’oppose alors aux réformistes. A chaque élection son nom circule, mais Bouteflika décline les propositions, dont celle en 1994 de briguer la présidence pour une période de transition de trois ans. En décembre 1998, il décide finalement de se présenter à l’élection présidentielle anticipée. Il sera élu en 1999 puis en 2004. Ses premiers mois à la présidence seront marqués par sa décision de relaxer de nombreux islamistes arrêtés pendant les dix années de terreur que vient de vivre le pays, à l’occasion de la Fête de l’indépendance.



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