Direct Soir n°369 16 jun 2008
Direct Soir n°369 16 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°369 de 16 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Xavier Darcos, la réforme du lycée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 EN COUVERTURE Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale, lors de la conférence de presse sur le baccalauréat, à Paris, le 3 juin dernier. Un candidat parmi d’autres. » Si vous demandez à l’actuel ministre de l’Education nationale le souvenir qu’il garde de son baccalauréat, sa réponse a de quoi rassurer nombre de lycéens, qui, ce matin, ont découvert les sujets qui leur étaient proposés. Xavier Darcos parle d’« appréhension ». « Je crois que le sujet [de philosophie] que j’avais traité était « personnage et personnalité », un terme pour le futur professeur de lettres, un autre pour le futur homme politique », confie-t-il. Sa note ? « Plutôt bonne dans mon souvenir, peut-être 13 ou 14/20. En tout cas, elle était bien meilleure que celles que j’ai eues dans les matières scientifiques. » Agrégé de lettres classiques, Xavier Darcos enseigne dès 1968 à Périgueux, où il fut lycéen, puis à Bordeaux et Paris, au lycée Louis-le-Grand. En 1992, il devient inspecteur général de l’Education nationale. « UN PROF CULTIVÉ ET DRÔLE » En 1993, il devient conseiller de François Bayrou, alors ministre de l’Education nationale. Il sera son directeur de cabinet de 1994 à 1995. « C’était un prof cultivé et très drôle », déclarait le président du Modem au magazine Valeurs actuelles, le 30 mai dernier. Dans le gouvernement Raffarin, Xavier Darcos devient en 2002 ministre délégué à l’Enseignement scolaire auprès de Luc Ferry. Deux ans plus tard, il récupère Directsoir N°369/Lundi 16 juin 2008 XAVIER DARCOS « RÉPONDRE DAVANTAGE AUX ATTENTES DES ÉLÈVES ET AUX BESOINS DE LA SOCIÉTÉ » Alors que la session 2008 du baccalauréat commence ce matin avec l’épreuve de philosophie, le ministre de l’Education nationale a signé la semaine dernière, avec sept organisations syndicales, un texte définissant le cadre de la réforme du lycée, dont l’un des objectifs est de mieux préparer les futurs étudiants à leur parcours universitaire. G. DE MUYLDER/REA le portefeuille de la Coopération et de la Francophonie. En 2005, il ne fait pas partie des ministres du gouvernement Villepin. Xavier Darcos retrouve alors son fauteuil de maire de Périgueux qu’il avait quitté en entrant au gouvernement, et qu’il brigue à nouveau en mars 2008 lors des élections municipales. Malgré quelques dissensions affichées avec François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle, le Modem se rallie à sa candidature. Dans cette ville, où ce natif de Limoges suivit sa scolarité
www.directsoir.net et dont il est maire depuis 1997 – « Je suis d’ici, j’ai toujours vécu là, c’est ma ville, j’y ai ma maison, c’est mon univers », déclarait-il au Figaro le 12 mars dernier – Xavier Darcos connaîtra une lourde déception. Il est distancé d’un peu plus de 100 voix par son adversaire socialiste, Michel Moyrand. « DES HAPPENINGS AUSSI INVENTIFS QU’INUTILES » « Je ne regrette rien, j’ai mené cette bataille alors que je la savais très difficile, c’était une question d’honneur, de courage. Au niveau national, l’essentiel est de poursuivre les réformes », affirme le ministre au lendemain de la défaite. Les réformes, il va les mener tambour battant depuis la rue de Grenelle. « Je crois qu’il y a des années qui valent des quinquennats », estime-t-il lorsqu’il évalue ce qui a été accompli ces douze derniers mois. Et de citer la révision des programmes de l’école primaire, la réorganisation du temps scolaire, l’accompagnement éducatif pour ceux qu’il appelle les « orphelins de 16 heures », la généralisation du bac professionnel en trois ans. Des parents organisent des « nuits des écoles » – comme ce fut le cas la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs centaines d’établissements – et dorment dans les locaux afin d’éviter ce qu’ils qualifient de « réveil douloureux à la rentrée prochaine ». Le ministre parle de « happenings aussi inventifs qu’inutiles ». Les lycéens manifestent contre le projet de loi du gouvernement prévoyant des suppressions de postes. Qu’importe. Xavier Darcos estime que le dialogue avec « ces interlocuteurs incontournables » a « vocation à se poursuivre ». D’autant que la suite du quinquennat risque de ne pas être de tout repos pour le ministre de l’Education nationale. Amorcée cette année, la réforme du lycée n’en est qu’à ses prémices. Elle se déroulera sur trois ans. La rentrée 2009 devrait voir la mise en place d’une nouvelle classe de seconde. La première sera réformée l’année suivante et la terminale en 2011. « UN RITE DE PASSAGE » Un texte commun a d’ores et déjà été signé avec sept organisations syndicales et recense seize points de convergence. Il marque surtout le début des négociations. Ce texte permet-il d’exclure l’éventualité d’un blocage des négociations ? « Non, bien sûr, répond le ministre, mais pourquoi parler de blocage alors que nous venons de nous accorder sur les objectifs. » Des objectifs, Xavier Darcos en définit trois : « D’abord, réaffirmer la place du lycée comme étape préparatoire à l’enseignement supérieur. Il n’est pas normal qu’aujourd’hui, près d’un lycéen sur deux échoue au cours des deux premières années de la licence. » Pour répondre à ce constat, le texte signé la semaine dernière propose d’offrir « une réelle liberté de choix des lycéens en évitant l’enfermement trop précoce dans des filières ». Deuxième objectif affiché par le ministre : « Mettre fin au très fort déséquilibre qui existe aujourd’hui entre les différentes filières. » Xavier Darcos n’est pas le premier à EN COUVERTURE 5 Aujourd’hui, quelque 500 000 candidats ont planché sur l’épreuve de philosophie. IL N’EST PAS NORMAL QU’AUJOURD’HUI, « PRÈS D’UN LYCÉEN SUR DEUX ÉCHOUE AU COURS DES DEUX PREMIÈRES ANNÉES DE LA LICENCE. » vouloir s’y attaquer. Mais plus d’un lycéen sur deux préfère toujours la filière scientifique aux parcours économique et surtout littéraire. Troisième objectif : rééquilibrer le temps consacré à l’enseignement et celui dédié au soutien scolaire. La signature, avec « presque toutes les organisations professionnelles », d’un texte définissant les grandes lignes de la réforme à venir constitue « une première dans ce ministère », se réjouit Xavier Darcos, qui promet la finalisation « très prochainement » d’une « même démarche » avec les lycéens. La réforme du lycée, qui semble être l’un des grands chantiers des années à venir pour le ministère, a-t-elle pour finalité de réformer le baccalauréat ? Alors que l’épreuve fête son bicentenaire (lire p.6), plusieurs critiques ont été émises, allant même jusqu’à en suggérer la suppression. « La nécessité immédiate, c’est de redessiner le fonctionnement du lycée, qu’il réponde davantage aux attentes des élèves et aux besoins de la société. Ce n’est pas de vouloir à tout prix, et par pure idéologie, réformer le baccalauréat qui n’est pas le problème aujourd’hui », estime le ministre. Pourtant, la réflexion est engagée. La semaine dernière, un rapport a été présenté par le Sénat, recommandant notamment une répartition des matières sur deux années et jugeant insuffisant le taux de 64% d’élèves d’une classe d’âge obtenant le précieux sésame. « Je crois que c’est au fonctionnement du lycée lui-même qu’il faut s’attaquer, plutôt qu’à l’organisation du baccalauréat », répète Xavier Darcos, qui reconnaît toutefois la nécessité d’augmenter la proportion de bacheliers. « J’aimerais qu’on rappelle davantage que le bac est le premier grade universitaire et que s’il marque la fin d’une époque, il marque aussi le début de la vie étudiante », souligne-t-il, voyant dans cette épreuve un « rite de passage auquel la société française est légitimement attachée et […] une forme de reconnaissance du travail accompli tout au long de sa scolarité par un individu. » D’où, peut-être, cette « appréhension » dont il se souvient et que bien d’autres ont partagée. « Cette sensation est la même pour tous les examens, explique-t-il, mais c’est celle que j’ai éprouvée le jour du bac dont je me souviens le plus nettement. »



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