Direct Soir n°367 12 jun 2008
Direct Soir n°367 12 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°367 de 12 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (225 x 289) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Manu Chao retour du musicien vagabond

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE Avec La radiolina, l’ancien chanteur de la Mano Negra a toujours envie de partager son bonheur en musique. MANU CHAO GLOBE-TROTTER DE LA MUSIQUE On ne sait jamais dans quel pays il se trouve… On dit même qu’il ne reste pas plus de quinze jours au même endroit. Lui qui ne tient pas en place a retrouvé hier soir la scène parisienne pour deux concerts exceptionnels à Bercy. Devant près de 17 000 spectateurs, le musicien vagabond a souhaité faire de son retour dans la capitale un moment inoubliable.Accompagné sur scène des musiciens de Radio Bemba, avec qui il collabore depuis 2002, Manu Chao quittera la France à la fin du mois de juillet pour une série de concerts en Europe centrale. Le « Radiolina tour » du nom de son dernier album sorti en septembre dernier, marque le grand retour de Manu Chao. Même si ses apparitions dans l’Hexagone sont rares, il est l’un des meilleurs vendeurs de disques en France. Son troisième album, La radiolina, a connu un franc succès, qui devrait être régénéré avec la tournée. Pour les premiers fans de Manu Chao, les riffs de la guitare dans certains morceaux rappelleront sensiblement ceux de la Mano Negra. En revanche, les airs jazzy d’autres morceaux font immédiatement penser au très célèbre Clandestino sorti en 1998.Véritable patchwork, le dernier Manu Chao multiplie encore les références musicales pêchées au cours de ses voyages. CITOYEN DU MONDE Pour beaucoup de fans, plus encore pour les Latino-Américains, il est difficile de Directsoir N°367/Jeudi 12 juin 2008 A quarante-six ans, Manu Chao est devenu un artiste incontournable qui a franchi depuis longtemps les frontières françaises pour devenir un vrai citoyen du monde. Bercy affichait complet hier soir et toutes les générations étaient au rendez-vous pour applaudir son grand retour sur la scène parisienne après sept ans d’absence. croire que Manu Chao est né à Paris, le 21 juin 1961. De sa mère Felisa, originaire du Pays basque espagnol, il tient son goût pour la langue de Cervantes qu’il maîtrise parfaitement. De son père, Ramon Chao, journaliste à RFI Amérique latine et écrivain, Manu tient probablement son amour des mots. Dès son plus jeune âge, il est plongé dans la musique. Chez les Chao, on écoute des musiques d’Amérique latine que rapporte Ramon Chao.A 18 ans, Manu Chao fait son choix : ce sera la musique et
www.directsoir.net rien d’autre ! Initié au piano d’abord par son père, il se dirige ensuite vers la guitare qu’il ne lâchera plus. En 1976, largement influencé par la scène rock britannique, Manu accompagné de son frère cadet Antoine et de leur cousin « Santi » (pour Santiago) forment les Hot Pants. Huit ans plus tard, le groupe chante pour la première fois sur scène La mala vida, la célèbre chanson qui sera associée en 1987 à la Mano Negra. MANU ET LA MANO A la fin des années 1980, la scène française de rock alternatif est en pleine explosion. Les Béruriers Noirs tournent et pour Manu Chao, les choses s’accélèrent grâce à la formation de la Mano Negra (du nom d’une organisation de guérilleros sud-américains d’une bande dessinée). Le groupe sort une nouvelle version de la fameuse Mala vida et un premier album, Patchanka, fait son apparition dans les bacs en 1988. Bien vite le succès dépasse les capacités de l’artisanat de leur boîte de production Boucherie Productions, et la Mano signe son deuxième album, Puta’s Fever chez Virgin avant d’entamer un premier voyage en Amérique latine, au Pérou et au Mexique. En 1991, la Mano remet ça avec King of Bongo puis Casa Babylon en 1994. Jusqu’à leur séparation au milieu des années 1990, les tournées gigantesques à travers le monde font le quotidien du groupe, qui reste une référence en matière de rock alternatif. MANU EN SOLO Après la séparation, Manu Chao s’isole pendant deux ans. Deux ans au cours desquels il compose de nouvelles chansons pour préparer son retour solo. Cet éternel voyageur qui ne tient jamais en place, Repères « JE NE TIENS JAMAIS EN PLACE » LES REPRISES ■ Manu Chao fait partie des artistes dont les chansons sont les plus reprises. Au Brésil par exemple, Adriana Calcanhotto chante des titres de Manu Chao, tout comme la chanteuse italienne Fiorella Mannoia ou l’Espagnol José Mercé. En 2006, Robbie Williams a repris Je ne t’aime plus dans son album Rudebox. DR même s’il lui arrive de séjourner plusieurs semaines de suite à Barcelone, intitule son premier album solo Clandestino. Fabriqué grâce aux nombreux enregistrements qu’il effectue au cours de ses voyages, Clandestino regorge de sonorités pêchées dans les rues ou dans les bars. Véritable carnet de voyage post-Mano Negra, Clandestino révèle un chanteur plus intimiste et plus latino-américain. L’album connaît un énorme succès dans le monde et s’écoule à plus de trois millions d’exemplaires, dont un million en France. En 1999, Manu Chao reçoit une Victoire de la musique pour le meilleur album de musique du monde. La suite de Clandestino apparaît en 2001 avec le deuxième album de Manu Chao, Proxima Estacion : Esperanza. Qualifié par l’auteur lui-même de « petite sœur de Clandestino », Esperanza reprend effectivement les mêmes sonorités, mais le disque est moins mélancolique que le premier. Après ces deux albums, Manu Chao continue de se produire sur scène, accompagné de ses musiciens Radio Bemba. En 2002, l’artiste sort Radio Bemba Sound System, un live enregistré à Paris. L’esprit de l’album rompt complètement avec les précédents opus de Manu Chao. Les chansons plus lentes de Clandestino et d’Esperanza sont revisitées à la sauce punk, ska et reggae. Deux ans plus tard, Manu Chao change une fois encore de registre.Avec Sibérie m’était contée, un livre-CD paru à l’automne 2004, Manu Chao retrouve la langue de Molière qu’il avait délaissée pour l’espagnol. Il évoque ses relations avec les femmes qu’il a croisées à travers le monde, de la disparition de ses proches et notamment d’Helno (le chanteur des Négresses Vertes,ndlr). L’album est édité à 150000 exemplaires et sera rapidement épuisé. EN COUVERTURE 5 Manu Chao et Radio Bemba débarquent en France avant d’attaquer une tournée européenne. MANU L’ENGAGÉ On le disait « anti » … mais Manu Chao est plutôt « alter » même s’il s’en défend. « Je suis ni un symbole, ni un porte-parole, je suis musicien » aime-t-il rappeler. Même si on a pu le voir dans certains rassemblements altermondialistes comme à Gênes en 2001 par exemple, ou entendre quelques phrases acerbes sur les hommes politiques dans ses concerts, Manu Chao reste surtout une personne engagée au niveau local. Il se produit devant des détenus en Toscane, AMADOU ET MARIAM ■ Il y a cinq ans, toujours à la recherche de nouvelles sonorités, Manu Chao rencontre les maliens Amadou et Mariam. Le coup de foudre musical est immédiat. Rapidement, ils décident tous les trois de collaborer. Un an plus tard, c’est chose faite, avec Amadou et Mariam au chant, Manu Chao à la production. En 2004, Dimanche à Bamako est un véritable succès. Depuis, les trois artistes sont restés en contact. Manu Chao travaillerait même à la production de l’album du fils d’Amadou et Mariam. DR organise des concerts dans les quartiers défavorisés d’Amérique du Sud ou fait chanter des handicapés d’un hôpital psychiatrique de Buenos Aires (lire ci-dessous). Depuis la fin du mois de mai, Manu Chao s’est arrêté en France, probablement pour très peu de temps. On le sait, Manu Chao est un vagabond qui cherche sans cesse de nouvelles aspirations. Seul pays où il n’est jamais allé : la Chine. Peut-être la prochaine destination pour un futur album ? LA COLIFATA ARGENTINE ■ C’est le pari fou de Manu Chao. Depuis plusieurs mois, il fait chanter des personnes handicapées mentales du plus grand hôpital psychiatrique de Buenos Aires, en Argentine. La Colifata [la radio des fous en argot local,ndlr], du nom de la radio animée par les patients eux-mêmes, est devenue une référence en Argentine. La thérapie par les ondes a donné de bons résultats. Plusieurs chroniqueurs de la radio, « les Colifatos » ont pu quitter l’asile pour suivre un traitement à domicile.



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