Direct Soir n°366 11 jun 2008
Direct Soir n°366 11 jun 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°366 de 11 jun 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,0 Mo

  • Dans ce numéro : Sylvie Testud, bonjour Sagan

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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A. DOYEN 4 EN COUVERTURE Sylvie Testud au Festival de Cannes de 2007. SYLVIE TESTUD L’INCROYABLE PERFORMANCE Quand on lui signale il y a quelques années sa ressemblance avec Sagan, ce rapprochement est loin de plaire à Sylvie Testud. Pourtant, cette évidence saute aux yeux de la réalisatrice Diane Kurys en 2004, lors d’un déjeuner avec le journaliste et éditeur Thierry Taittinger. Ce dernier, qui revenait de l’enterrement de Françoise Sagan, lui dit alors : « Si un film se faisait sur Sagan, il faudrait prendre Sylvie Testud. » Mais à l’époque, l’actrice porte un regard négatif sur l’auteur de Bonjour tristesse. « Je n’avais lu que deux livres de Françoise Sagan, et j’avais l’image d’une personne cérébrale et stricte.Ça s’est avéré complètement faux »,raconte-t-elle.A la lecture du script,Sylvie Testud découvre Sagan. « Elle avait un sens de l’humour extraordinaire. Pour son époque, elle était incroyablement rock’n’roll,libre et rebelle. » Réticente au départ à interpréter le rôle, Sylvie Testud est finalement séduite au point d’accepter d’être Françoise Sagan.Mèche blonde,cigarette au bout des doigts,diction particulière, attitude timide et provocatrice à la fois, la ressemblance est troublante.Pour relever un tel défi, Diane Kurys a fait confiance aux interprétations toujours justes et si variées de Sylvie Testud, et qui ont fait d’elle une actrice singulière. DÉBUT DE PARCOURS Née le 17 janvier 1971, d’un père inconnu et d’une mère comptable d’origine italienne, Sylvie Testud grandit dans le quartier populaire de la Croix-Rousse à Lyon. Fascinée très jeune par le cinéma, c’est en voyant Charlotte Gainsbourg dans L’effrontée de Directsoir N°366/Mercredi 11 juin 2008 Ses apparitions régulières sur grand écran avaient fait d’elle l’une des représentantes de la jeune génération d’actrices françaises. Son interprétation de Françoise Sagan dans le film de Diane Kurys l’impose comme une grande comédienne. Claude Miller que la jeune fille, alors âgée de 14 ans, s’initie au théâtre à Lyon. Elle débarque à Paris quatre ans plus tard.Après un passage au cours Florent, elle est admise au Conservatoire national d’art dramatique, sous la houlette de Jacques Lassalle et de Catherine Hiegel. Une fois sortie du « Cons’ », Sylvie Testud interprète ses premiers petits rôles au cinéma. Il faut attendre 1997 pour noter son premier succès. Et encore s’agit-il d’une révélation allemande : c’est avec le film Jenseits der Stille de Caroline Link (sorti sous le titre
www.directsoir.net Beyond Silence en France), pour lequel elle apprend l’allemand,la clarinette et le langage des signes, qu’elle est récompensée par le Prix de la meilleure actrice aux Prix du film allemand, l’équivalent de nos césars. RÉVÉLATION FRANÇAISE Pour l’actrice révélée en Allemagne, toujours inconnue en France, l’anonymat se termine en 1999. Le public remarque enfin cette comédienne singulière dans Karnaval, de Thomas Vincent – une œuvre dans laquelle les Français découvrent aussi Clovis Cornillac et Jean-Paul Rouve. Ce film vaudra d’ailleurs à Sylvie Testud une nomination au césar du meilleur espoir féminin. Si elle repart les mains vides, sa remarquable interprétation en 2000 de Christine Papin dans Les blessures assassines lui permet cette fois de décrocher la statuette. Désormais star montante du cinéma français, Sylvie Testud tourne avec les plus grands, comme Manoel de Oliveira (Je rentre à la maison), mais n’en oublie pas pour autant les moins connus, comme Jesse Peretz, pour qui elle endosse le rôle d’une domestique dans The Château. L’année 2004 est sans nul doute celle de la consécration pour l’actrice.Alain Corneau l’a choisie pour interpréter l’adaptation filmique du livre d’Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements. Entourée d’acteurs japonais, Sylvie Testud interprète le personnage d’Amélie, une jeune femme belge ayant vécu son enfance au Japon et qui décide d’aller y vivre et tenter de s’intégrer à la société japonaise en travaillant comme interprète. Grâce à ce rôle, elle reçoit une pléiade de prix, dont le césar de la meilleure actrice. Avant de retrouver Alain Corneau en 2004 dans Les mots bleus, elle enchaîne les tournages. Dernière apparition remarquée : sa participation au succès international de La môme, dans lequel elle interprète Momone, l’amie d’enfance d’Edith Piaf. ACTRICE ATYPIQUE Tragique, drôle, violente, émouvante… Difficile d’attribuer une étiquette à Sylvie Testud. Ou peut-être, tout simplement, celle EN COUVERTURE 5 Sylvie Testud a travaillé pendant trois mois pour assimiler les gestes et le phrasé saccadé si caractéristique de Françoise Sagan. « TRAGIQUE, DRÔLE, VIOLENTE, ÉMOUVANTE, SYLVIE TESTUD A LA FACULTÉ DE MULTIPLIER LES GENRES » d’une actrice éclectique. Sa faculté à multiplier les genres, à passer d’un registre à un autre avec une facilité et un naturel déconcertants ne cesse d’impressionner. Toujours si naturelle à l’écran, au-delà du simple jeu, Sylvie Testud incarne ses personnages. Si l’actrice possède sans aucun doute un grand talent, elle travaille avec rigueur ses interprétations. Pour son rôle de Sagan, elle a travaillé presque trois mois à partir d’images d’archives, d’enregistrements et de consultation chez l’orthophoniste pour s’approprier le phrasé saccadé de l’écrivain. Le résultat est d’ailleurs étonnant. En l’occurrence, ce n’était pas la première fois que Sylvie Testud se retrouvait confrontée à ce genre d’exercice. Pour les besoins du film de Caroline Link, elle a appris l’allemand, pour celui des Blessures assassines, le parler manceau d’une domestique, et pour Stupeur et tremblements, le japonais. Subjuguée par le travail de Sylvie Testud,Amélie Nothombira même jusqu’à dire qu’elle parle mieux le japonais qu’elle-même ! FEMME DE LETTRES Femme de lettres à l’écran, Sylvie Testud l’est aussi dans la vie. Outre le théâtre et le cinéma, elle s’essaie à l’écriture. Dans son premier livre, Il n’y a pas beaucoup d’étoiles ce soir (Pauvert, 2003), Sylvie Testud emmène son lecteur avec humour dans son quotidien d’actrice, à travers quatorze chroniques autobiographiques. De l’aménagement de son appartement par « Robert l’ouvrier », à la séance de dédicace improvisée au rayon bricolage du BHV, en passant par la fin de soirée des césars où elle se retrouve dépossédée des biens prêtés par les grands couturiers et autres bijoutiers, sa plume décrit autant de petites scènes de tous les jours qui paraissent bien éloignées de la vie glamour des stars qui transparaît dans la presse. Sylvie est en réalité loin d’être exposée. Discrète, elle ne figure que rarement dans les magazines people. C’est finalement à travers ses livres que l’on apprend le mieux à connaître Sylvie Testud. Dans son deuxième ouvrage, Le ciel t’aidera (Fayard, 2005), elle a livré, sur un ton plus romancé, ses peurs et l’angoisse quotidienne qui l’accompagne, avant de traiter de son enfance dans Gamines (Fayard,2006). Dans l’univers souvent banalisé du cinéma français, Sylvie Testud se singularise par sa personnalité et l’éclat de son intelligence.



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