Direct Soir n°36 10 oct 2006
Direct Soir n°36 10 oct 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de 10 oct 2006

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Fabius la longue marche

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Mardi 10 octobre 2006 6 ACTU EN COUVERTURE LAURENT FABIUS/Cœur de gauche Le 16 novembre, les militants socialistes choisiront leur candidat aux élections présidentielles. Ils sont trois à demeurer en lice : Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Les sondages ne penchent guère en faveur de ce dernier. Pourtant, l’ancien Premier ministre garde en main une série d’atouts. Une certaine étiquette « socialelibérale » colle à la peau de Laurent Fabius. Etrange paradoxe pour ce candidat à l’investiture socialiste qui se veut résolument à gauche et qui ne manque pas de tancer les dérives « droitières » de ses concurrents, ce qu’il faisait encore samedi dernier, à l’occasion du conseil national du Parti socialiste. Le député de la quatrième circonscription de Seine-Maritime ne ménage pas ses critiques à l’encontre de la droite. Et de Nicolas Sarkozy plus particulièrement. Ne le qualifiait-il pas récemment de « caniche de George Bush ». Interviewé sur France Inter/i-Télé, il accusait le président de l’UMP de « courir après Jean- Marie Le Pen. » Son programme témoigne sans discussion de ce positionnement à gauche. Parmi les projets saillants de Laurent Fabius : le Smic à 1 500 €, l’augmentation du pouvoir d’achat, la construction de 120 000 logements sociaux par an, la mobilisation en faveur de l’écologie, le droit de vote aux élections locales pour les étrangers durablement installés ou encore une charte de la laïcité inscrite au bloc constitutionnel. Un ancrage à gauche donc, qui pourrait lui permettre de convaincre la base du PS. Rien n’autorise encore à tabler sur la désaffection des militants à l’égard de Laurent Fabius. Le 16 novembre, cela fera presque un an que sa motion, présentée au congrès du Mans, avait recueilli 21,2% des suffrages. Une motion que le succès du « non » au référendum sur le traité constitutionnel européen avait d’une certaine façon avalisée. Il avait ainsi réussi, contre toute attente, à faire valoir son projet auprès des militants, face à une direction socialiste hostile. Sur les questions européennes, cruciales, Laurent Fabius incarne désormais une ligne singulière, qui le distingue de ses deux concurrents. Sans doute une carte maîtresse à l’heure où Arnaud Montebourg, tenant du « non », a rejoint sans état d’âme Ségolène Royal, qui a défendu la ratification du projet de traité. Hors des rangs strictement socialistes, Laurent Fabius peut compter sur un autre atout : son expérience du pouvoir. Car cette mécanique intellectuelle brillante (normalien, agrégé de lettres, énarque…), fut le plus jeune Premier ministre de la 5 e République. Arrivé à Matignon à 37 ans, il avait dû conduire une politique de rigueur, après l’effervescence qui avait marqué le début du règne mitterrandien. Ses adversaires d’aujourd’hui faisaient alors leurs premières armes. Ségolène Royal était chargée de mission à la présidence de la République, et DSK, commissaire adjoint au Plan. Certains ne lui pardonnent toujours pas l’austérité de 1984. Avec son passage à Bercy de 2000 à 2002, elle est en partie responsable du spectre libéral qui le hante. Néanmoins, les principaux avantages de Laurent Trois questions à Laurent Fabius Vous vous réclamez du projet socialiste. Quelles seraient vos premières décisions si vous étiez choisi par les militants socialistes, puis élu par les Français ? Laurent Fabius : Composer un gouvernement paritaire, avec un numéro 2 du gouvernement chargé de l’écologie et du développement durable. Encourager une augmentation du pouvoir d’achat par une revalorisation immédiate du Smic et la convocation d’une conférence sur l’ensemble des salaires. Participer au sommet européen pour envisager, notamment avec nos amis allemands, un plan de relance et de réorientation de l’Europe. GUILLAUME ZELLER,MATTIS MEICHLER T. DUDOIT/L’EXPRESS/EDITINGSERVER.COM Vous êtes le candidat socialiste le plus dur avec Nicolas Sarkozy. Que lui reprochez-vous le plus ? L. F. : D’avoir échoué dans ses fonctions au gouvernement depuis 2002 – jamais les violences contre les personnes n’ont été aussi élevées – et de fonder son projet sur l’ultralibéralisme, le communautarisme et le bushisme. M. Sarkozy mise sur un mélange de précarité et de brutalité. Je pense, moi, que la France peut être plus forte si elle est aussi plus solidaire. Laurent Fabius, candidat à l’investiture du PS. Fabius sont sans doute son charisme et une stature d’homme d’Etat. Orateur fougueux, il incarne pourtant aux yeux de beaucoup une certaine technocratie, désincarnée et ambitieuse, que ses incursions régulières à la Fête de l’Huma ne parviennent pas à faire oublier. Parti avec d’autres chefs à la conquête des Gaules, le général romain Quintus Fabius Maximus s’était illustré – Jules César le rapporte – par ses talents d’entraîneur d’hommes. Le candidat à l’investiture socialiste pourra-t-il s’inspirer de son illustre homonyme pour conquérir l’Elysée ? Seule certitude : le temps presse. J.-M. NOSSANT/SIPA Repères Matignon 1984-1986 Laurent Fabius y est nommé par François Mitterrand. Il succède à Pierre Mauroy. Mission : conduire une politique d’austérité. Bercy 2000-2002 Lionel Jospin fait appel à Laurent Fabius pour mener les finances du pays. Mission : l’application des 35heures et la modération des dépenses et de la fiscalité. Rue de Solférino 2006 Un credo : rassembler sur des valeurs de gauche. Un objectif : l’Elysée. Qu’est-ce qui vous a le plus frappé dans l’actualité de ce début de semaine ? L. F. : L’essai nucléaire de la Corée du Nord, qui confirme le très grave danger de la dissémination. Et l’assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. Elle s’apprêtait à publier des articles sur la torture en Tchétchénie. Visiblement, elle gênait certains. Je demande que toute la lumière soit faite et publiée sur ce crime.
C. PLATIAU/REUTERS www.directsoir.net PRÊT-À-PORTER/Paris reprend le leadership de la mode Jean-Paul Gaultier a encore été l’une des stars des défilés parisiens. ÉCONOMIE/Les micro-entreprises voient grand h 96% des entreprises françaises sont des Très petites entreprises (TPE), qui concentrent un tiers des effectifs salariés. De quoi leur consacrer un salon, celui des micro-entreprises, qui se tient jusqu’à jeudi au Palais des Congrès, à Paris. Ce salon propose, sur trois jours, des solutions pour créer, gérer et développer une entreprise. Renaud Dutreil, ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et des Professions libérales, participera à cette huitième édition avec, en ouverture, cette conférence au titre volontairement provocateur : « Patron est-il devenu un gros mot en France ? » ENTREPRISES/Lyon en « pôle » position h La 9 e Rencontre mondiale des clusters (réseaux d’entreprises) et pôles de compétitivité s’ouvre aujourd’hui à Lyon en présence de François Loos, ministre de l’Industrie. Cette édition rassemble près de 1 500 entrepreneurs, décideurs institutionnels, consultants, chercheurs et universitaires. Environ 400 congressistes, venus de 62 pays, seront invités à partager leurs expériences. HAMILTON/REA P.HUGUEN/AFP h La concurrence est partout, les créateurs étrangers investissent les maisons françaises, les nouvelles enseignes fleurissent hors de nos frontières… Mais la mode reste toujours une affaire parisienne. Nouvelle preuve de cette attraction des podiums : les défilés de prêtà-porter féminin pour le printemps-été 2007, qui se sont achevés dimanche, à Paris. Un retour aux valeurs sûres ? On en n’est pas loin, à voir ces robes trapèze ou baby-doll très seventies, souvent ultracourtes en noir et blanc avec le très respectueux Lagerfeld chez Chanel. John Galliano a partagé ses envies en deux : Dior a eu droit aux tailleurs stricts et aux robes drapées tandis que, pour sa propre collection, le Britannique a dessiné un vestiaire riche en drapés sensuels peints et brodés. Christian Lacroix, quant à lui, a abandonné pour un temps les dentelles et les ors pour nous offrir des effets graphiques et géométriques. La leçon de ces défilés : la mode oscille entre un minimalisme monacal qui lorgne vers le sportswear et l’usage quotidien d’une part, et le besoin de réenchanter le monde, d’autre part, en invoquant tout à tour les étendues désertiques (Antonio Marras pour Kenzo), ou la culture africaine (Riccardo Tisci pour Givenchy). SANTÉ/Ex-fumeurs, nouveaux riches LES SITES À CONSULTER ★★ ★★★★ ★ ★★★ www.tabac-stop.net www.tabac-info-service.fr www.doctissimo.fr www.arreter2fumer.com 20 millions de fumeurs en France h Il sera difficile d’être fumeur à compter du 1 er février 2007. Une nouvelle bonne raison pour arrêter. Mais à quel prix ? A première vue, le coût du sevrage est une barrière symbolique forte : 5 euros par jour en moyenne… Mais après les premiers mois, le portefeuille reprend vie : les 750 000 fumeurs repentis annuels économiseront 1 800 euros par an. Un tiers des dépenses de sevrage devrait être payé par la Sécurité sociale et certaines mutuelles assurent déjà le remboursement de substituts nicotiniques, sur ordonnance. Comptez un forfait entre 50 et 80 euros par an, selon les mutuelles et les garanties. FRANCE VERS UNE FRANCE DURABLE 1 C’est un rendez-vous placé sous le signe de l’urgence. Demain, les villes d’Angers et de Nantes accueilleront les 4 e Assises nationales du développement durable. Objectif : « Agir à la hauteur des enjeux. » 2 Premier thème abordé : les solutions alternatives au transport routier. Les acteurs (institutions, entreprises, associations…) évoqueront l’importance, en ville, des « connexions » entre plusieurs types de transports, comme le train, le tramway et le vélo. 3 La future rareté de l’eau oblige dès aujourd’hui les régions françaises à s’interroger ensemble sur une meilleure gestion de cette ressource. La loi sur l’eau sera donc au cœur des débats, pour définir une politique globale de gestion de l’eau qui ne pénalise ni l’agriculture ni la pêche. 4 L’engagement citoyen fait aussi partie de la notion de développement durable. Les Assises examineront donc les rapports Nord-Sud, et notamment l’avenir que la France réserve au commerce équitable. Ce système commercial vise à renforcer la position économique des petits producteurs dans le monde. E. BAUDET/REA Directsoir t Mardi 10 octobre 2006 7



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