Direct Soir n°350 20 mai 2008
Direct Soir n°350 20 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°350 de 20 mai 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Hervé Morin, actualité chargée

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
6 EN COUVERTURE Hervé Morin, samedi dernier à Nîmes, lors du discours de clôture du congrès constitutif du Nouveau Centre. Hervé Morin est un homme occupé. Près d’un an après avoir reçu le portefeuille de la Défense dans le gouvernement de François Fillon, il s’apprête à dévoiler les conclusions du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, rédigé par une commission mise en place par le président de la République en août 2007. Ce document, qui esquissera le visage de l’armée française pour les quinze prochaines années au moins (voir article p.6), devrait induire de nombreuses réformes – dont certaines fort complexes – qui « surbookeront » l’agenda du locataire de l’hôtel de Brienne pour de nombreux mois. Mais le ministre de la Défense est aussi présent sur des fronts plus politiques. Il vient d’être élu ce week-end à la présidence du Nouveau Centre (NC), le parti qu’il a créé entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007. Avec d’autres députés UDF, il avait rejoint Nicolas Sarkozy, en délaissant François Bayrou pour qui il avait fait campagne avant le premier tour. Les cofondateurs du parti l’avaient à l’époque désigné à la tête du mouvement, qualifié de « dissident » ou de « majoritaire » selon les points de vue. Ce week-end, le Nouveau Centre réunissait son congrès fondateur à Nîmes : l’occasion pour Hervé Morin de formaliser et de légitimer son leadership acquis dans les circonstances mouvementées de l’entre-deux-tours. Le maire d’Epaignes Directsoir N°350/Mardi 20 mai 2008 HERVÉ MORIN UN MINISTRE SUR TOUS LES FRONTS Dès demain, Hervé Morin consacrera toute son énergie consacrée aux problématiques de la défense avec l’arrivée annoncée du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale devant les parlementaires. Par ailleurs, le ministre de la Défense vient d’être élu à la tête du Nouveau Centre lors du congrès organisé ce week-end à Nîmes. (Eure) sollicitait les suffrages des adhérents du parti. Il était opposé à Mireille Benedetti, adjointe au maire de La Ciotat et élue du conseil régional de PACA, pour prendre la tête du Nouveau Centre. Sans surprise, Hervé Morin, considéré comme celui qui a « porté le parti sur les fonds baptismaux », a recueilli 87% des voix contre 13% pour sa rivale. « Il faut à la tête du parti quelqu’un (installé) aux responsabilités, qui crédibilise la capacité du parti à réformer » expliquait Hervé Morin à
www.directsoir.net Directsoir la veille de l’ouverture du congrès pour expliquer sa candidature, ajoutant qu’il souhaitait « s’entourer d’une équipe avant tout ». ASSISE ET DÉFIS DU NC Plusieurs personnalités centristes – comme Jean-Marie Cavada, passé par le MoDem avant de rejoindre l’UMP aux dernières élections municipales,Thierry Benoit, député d’Ille-et-Vilaine en froid avec François Bayrou ou le secrétaire d’Etat Eric Besson – ont fait le déplacement à Nîmes pour saluer le nouveau parti, sans pour autant y adhérer. Un an après sa création, le NC revendique 7 000 membres, 2 500 élus locaux, quatre ministres au gouvernement (André Santini, secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la Solidarité et Christian Blanc, secrétaire d’Etat à la Région capitale), un groupe à l’Assemblée nationale et au Conseil de Paris, deux conseils généraux (le Loir-et-Cher avec Maurice Leroy et la Côte d’Or avec François Sauvadet) et deux mairies de villes de plus de 30000 habitants (Agen et Châtellerault). Le parti centriste envisage aussi de présenter des candidats sous sa propre bannière politique aux élections européennes de 2009 et convoite le ralliement de sénateurs centristes, dont la plupart n’ont pas voulu choisir leur camp entre le MoDem et le NC. Hervé Morin a ainsi menacé de présenter aux prochaines élections sénatoriales de septembre des candidats face aux sénateurs centristes qui refuseraient le rassemblement autour de son parti. Autres urgences pour le NC : obtenir une réelle visibilité au sein de la population française et renflouer une trésorerie encore limitée. « PARTICULES CENTRISTES » Au-delà des questions d’appareil, ce weekend a été l’occasion de rappeler et d’affiner le positionnement du NC. Hervé Morin a ainsi défini le mouvement comme « le pôle attractif » qui va attirer « toutes les particules centristes ». C’est justement en rassemblant « le centre et le centre droit » qu’il entend placer le Nouveau Centre dans la droite ligne de l’UDF qui fut la clé des majorités de droite au Parlement pendant près de vingt ans. Ce congrès se voulait donc « l’acte de renaissance et de refondation d’une famille qui a toute sa place dans la vie politique française et qui s’appelle UDF », explique le nouveau président du parti, qui fut élu de ce mouvement à l’âge de 28 ans, comme conseiller municipal d’Epaignes. Le Nouveau Centre pourrait changer de nom pour correspondre davantage à ses fondamentaux politiques. Selon un élu, la nouvelle appellation serait « Solid » pour « Social, Libéral, Démocrate », mais les responsables du parti, dont le président, ont renoncé samedi à modifier l’étiquette du NC, jugée « trop ébouriffante » par certains élus pour être adoptée sans tests supplémentaires. Cette décision a donc finalement été repoussée au mois de septembre. Un responsable du Nouveau Centre a expliqué que ce changement de nom devrait faciliter les efforts du parti pour attirer les centristes qui hésitent encore à le rejoindre car le nom actuel rappellerait trop l’épisode pénible des scissions, alliances et ruptures qui avait affecté le centre au cours de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle. DIFFICILE IDENTITÉ Hervé Morin ne renie rien de son choix en faveur de l’alliance traditionnelle à droite et conteste au MoDem le statut de « troisième force » qu’il juge intenable. « Un an après, le MoDem est en concurrence avec le PS dans le rôle de premier opposant à la majorité », explique Hervé Morin, pour qui François Bayrou – animé par « une démarche personnelle » – est inscrit dans une démarche d’isolement. « Or la politique, poursuit le ministre, consiste à prendre des EN COUVERTURE 7 Nicolas Sarkozy et Hervé Morin pendant la revue des troupes le 8 mai 2008 à Ouistreham (14). C’EST L’ACTE DE « RENAISSANCE ET DE REFONDATION D’UNE FAMILLE QUI A TOUTE SA PLACE DANS LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE ET QUI S’APPELLE UDF. » responsabilités et à passer des accords que l’on ne peut contracter que lorsque l’on est libre et autonome et non en situation d’isolement. » De son côté, il veut cultiver un dialogue et des échanges avec l’UMP qu’il souhaiterait plus fréquents, à travers notamment le comité de liaison créé en avril dernier à l’initiative de Nicolas Sarkozy et qui constitue une structure informelle, permettant de renforcer les liens à l’intérieur de la majorité et de faciliter l’échange. Dans le cadre de ce partenariat, le Nouveau Centre veut faire entendre sa voix face au parti majoritaire, en affirmant ses propres valeurs et en apportant des propositions. Comme pour le projet de loi sur la réforme des institutions, dont les députés commencent aujourd’hui l’examen. Le NC souhaite ainsi l’inscription dans la Constitution de la « règle d’or » qui interdit tout déficit dans le budget de fonctionnement de l’Etat, l’encadrement du pouvoir de nomination du président de la République, ou encore l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives. Une disposition qui était encore débattue hier et qui semblait en passe d’être acceptée. « Cette mesure est absolument majeure et doit être inscrite dans la révision constitutionnelle », a estimé Hervé Morin en ajoutant « cela me semble beaucoup plus important que la proportionnelle [autre règle à laquelle le NC est attaché mais dont il ne souhaite pas faire un point de blocage avec l’UMP,ndlr], qui à mon sens intéresse beaucoup plus le microcosme politico-médiatique » que les Français.Tel est donc l’enjeu des réformes à venir pour le Nouveau Centre : faire bouger les lignes en France, mais aussi donner au jeune mouvement l’occasion d’asseoir sa crédibilité.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :