Direct Soir n°346 14 mai 2008
Direct Soir n°346 14 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°346 de 14 mai 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Cannes 2008 : Sean Penn président du jury

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE Le président du Festival de Cannes 2008 sera également à l’affiche cette année dans Milk de Gus Van Sant et Tree of Life de Terrence Malick. SEAN PENN LE REBELLE ASSAGI L’acteur a été révélé au grand public en 1981 dans Taps, de Harold Becker. L’homme a été la proie de la presse à scandales en 1986, quand les tabloïds révélaient sa liaison avec Madonna, rencontrée sur le tournage de Shanghai surprise de Jim Goddard. Le réalisateur a affirmé son talent en 1991 avec un premier film épique, The Indian Runner. L’observateur critique de la politique de son pays a pris la plume en 2005, envoyé spécial du quotidien San Francisco Chronicle en Iran pour y relater les élections présidentielles. On aurait pu penser que la personnalité du président du jury du 61 e Festival de Cannes était toute désignée pour générer une sélection politiquement engagée. Les organisateurs, qui établissent la liste des films en compétition, en ont décidé autrement. En écartant cette année le cinéma africain et celui des pays arabes, en laissant la part belle à des réalisateurs de renom déjà multirécompensés – Clint Eastwood, Directsoir N°346/Mercredi 14 mai 2008 L’acteur, réalisateur, scénariste, journaliste d’un jour et pourfendeur de l’administration Bush présidera ce soir une cérémonie d’ouverture animée par Edouard Baer. Le 25 mai, il remettra la Palme d’or. A un film fort et exigeant à n’en pas douter, au regard du parcours de ce phénomène du cinéma américain. GALLO/RETNAUS/STARFACE Steven Soderbergh, Wim Wenders –, la sélection cannoise 2008 se veut consensuelle. Mais les présidents du jury ont souvent délibéré « à contre-courant » ou du moins différemment des pronostics les plus répandus. On se souvient de Quentin Tarantino octroyant la Palme d’or à Michael Moore pour Fahrenheit 9/11, en soulignant ses qualités cinématographiques, alors que d’autres n’y voyaient qu’un brûlot politique anti-Bush fondé sur des procédés empruntés à la télévision plutôt qu’au cinéma. Sean Penndevra donc, entouré des six membres du jury, trancher parmi les vingtdeux films en compétition. Un cru que l’on dit assez maigre – le nombre restreint de films retenus étant officiellement justifié par un souci d’alléger l’emploi du temps des membres du jury et des journalistes et donc d’affiner leur jugement. PRÉSIDENT À CANNES Penchera-t-il pour une histoire sublimée par une réalisation talentueuse ? La
www.directsoir.net L’acteur Emile Hirsch et Sean Pennsur le tournage d’Into the Wild. carrière exceptionnelle de Sean Pennest en effet indissociable des plus grands réalisateurs contemporains qui l’ont dirigé : Brian De Palma, Terrence Malick, Oliver Stone, Nick Cassavetes et Clint Eastwood. Sera-t-il attiré par une épopée sauvage, genre pour lequel il manifeste une certaine prédilection en tant que réalisateur ? Récemment, il a réalisé le remarquable Into the Wild, sorti en janvier. Son premier passage derrière la caméra, avec The Indian Runner, en 1991, était aussi un western moderne. Privilégiera-t-il une histoire complexe et socialement critique, comme Mystic River (Clint Eastwood) ou 21 grammes (AlejandroGonzález Iñárritu) ? « BAD BOY » DES 80’S A l’instar de sa filmographie, l’homme est imprévisible.Au début de sa carrière, dans les années 1980, son nom passait alternativement des pages cinéma aux pages people, avec de temps à autre un arrêt dans la rubrique faits divers. Jusqu’à son premier rôle, son quotidien est fait de bagarres dans les bars. Sa vie se résume à de pathétiques libations, entre deux castings ratés.Après son apparition dans Taps en 1981, qui révèle aussi Tom Cruise, il décroche plus de rôles mais conserve son caractère violent. Hollywood, qui aime les catégories toutes faites, en fait un jeune chien fou, comme avec ce rôle de lycéen surfer rebelle dans Fast Times at Ridgemont High. LA RECONNAISSANCE A 25 ans, après une liaison avec Susan Sarandon, il épouse Madonna, pop star en vogue grâce au succès de Like a Virgin, qu’il a rencontrée sur le tournage de Shanghai Surprise (1986). Ils divorceront quatre ans plus tard. Celui qu’Hollywood surnomme déjà le nouveau James Dean reçoit de nombreuses propositions pour des rôles rebelles et antisociaux, au côté de Christopher Walker dans Comme un chien enragé (James Foley), en soldat violeur dans Outrages (Brian De Palma). C’est peut-être son rôle dans La dernière marche (Tim Robbins) qui met le mieux en EN COUVERTURE 5 valeur les émotions qu’il exprime. Sean Pennporte la douleur sur le visage et son regard de dur peut aussi attendrir. En 1993, il obtient le Golden Globe du meilleur second rôle pour L’impasse (De Palma), face à Al Pacino. A l’image de sa vie, sa carrière bascule. « J’ai survécu à pas mal de colères. Je les ai remplacées par de l’amour. La vie n’est qu’une longue guérison », dit-il à ce sujet. Au milieu des années 1990, il ne cesse de monter en puissance, aussi parce que les rôles qu’on lui offre savent mettre en valeur cette dualité. La consécration arrive en 1997 avec le prix d’interprétation masculine à Cannes pour She’s So Lovely, coécrit avec son ami Nick Cassavetes. Pourtant, jouer ne l’intéresse plus, ne cesse-t-il de proclamer. Sans pour autant quitter les plateaux de cinéma, l’acteur se tourne vers l’écriture. La culpabilité, la vengeance et le pardon NOUS AVONS « TOUS UNE PART DE LUMIÈRE ET D’OMBRE AU FOND DE NOUS-MÊMES. » sont les thèmes qu’il aborde dans les films qu’il réalise. The Indian Runner, premier essai réussi, puis Crossing Guard et The Pledge avec Jack Nicholson et enfin Into the Wild. Sean Penncontinue en parallèle sa carrière d’acteur, en musicien dans Accords et désaccords de Woody Allen (1999), en attardé mental dans I’m Sam (Jessie Nelson, 2001), en père endeuillé dans Mystic River (Clint Eastwood, 2003) ou en greffé du cœur dans 21 grammes. Le réalisateur mexicain AlejandroGonzález Iñárritu dit de lui : « Travailler [avec Sean Penn], c’est jouer au foot avec David Beckham ou faire du vélo avec Lance Armstrong. Vous jouez dans la cour des grands. » L’OPPOSANT POLITIQUE Aujourd’hui, Sean Penns’est mis à dos une bonne partie de l’Amérique en s’opposant ouvertement à la guerre en Irak.



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