Direct Soir n°345 13 mai 2008
Direct Soir n°345 13 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°345 de 13 mai 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Christine Lagarde la priorité économique

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 INTERNATIONAL SERBIE TADIC RÉÉLU SUR LE FIL Rattrapé par le dossier du Kosovo après sa courte victoire à la présidentielle du 3 février dernier, Boris Tadic a dû composer avec les puissants nationalistes serbes. Mais il a réussi à mener de justesse son parti à la victoire à l’occasion des élections législatives anticipées de dimanche. Boris Tadic a réussi son pari. Quelques semaines après avoir été réélu à la présidence, le leader du Parti démocratique de Serbie (DSS) a remporté de justesse les élections législatives anticipées du 11 mai, « les plus importantes depuis 2000 », selon le chef de la diplomatie serbe Vuk Jeremic. L’élection était loin d’être jouée d’avance. En mars dernier, le Premier ministre nationaliste Vojislav Kostunica démissionnait, jugeant l’Union européenne responsable de la perte de souveraineté serbe sur l’ancienne province albanophone. Pour avoir les mains libres, le président Tadic a convoqué des élections législatives anticipées, qui ont pris ces derniers jours la forme d’un référendum sur l’adhésion de la Serbie à l’UE. Si la population était sensible à la dialectique nationaliste du Parti radical serbe (SRS), l’intransigeance de Tadic sur la question du Kosovo et son attachement à l’avenir européen de la Serbie ont finalement fait pencher la balance en faveur du camp réformateur. Mais l’homme n’est pas exempt de tout reproche dans la gestion de la crise identitaire que traverse son pays depuis plusieurs mois. Il s’est « laissé piéger », selon Yves Tomic, président de l’Association française d’études sur les Balkans, qui estime qu’il « n’a pas préparé l’opinion serbe à l’indépendance du Kosovo, qu’il savait inéluctable ». Jusqu’ici, le natif de Sarajevo était pris en tenaille entre sa fermeté à l’égard du Kosovo et sa volonté de ménager ses interlocuteurs européens. Malgré la victoire aux législatives, sa marge de manœuvre sera réduite. Le Président devra rassembler une coalition plus large que celle des nationalistes, qui totalisent presque autant de sièges au Parlement que sa formation. Celui qui a toujours exhorté ses compatriotes à « oublier les politiques nationalistes » des années Milosevic, responsables de l’isolement de la Serbie sur la scène internationale, ne s’est donc pas vu attribuer un blanc-seing. « Notre avenir est directement lié à l’Europe, mais notre tradition aussi. Nous sommes un peuple européen. Nos artistes, nos scientifiques, nos sportifs ont contribué à cette Europe », a-t-il déclaré durant la campagne présidentielle Cet engouement pour l’Europe remonte au début des années « NOTRE AVENIR EST DIRECTEMENT LIÉ À L’EUROPE » 1990, quand Tadic, jeune rebelle, s’est engagé en politique contre le régime de Milosevic. ANNÉES DE FORMATION S’il aime à se présenter comme un libéral, Boris Tadic a grandi dans une famille de gauche d’origine monténégrine. Grâce à son père, Ljubomir Tadic, membre éminent de l’Académie des sciences et des arts de Belgrade, il rencontre très jeune les grands inspirateurs du nationalisme serbe. Mais c’est après avoir lu Pluralisme de parti ou monisme, coécrit par son futur chef de gouvernement, Vojislav Kostunica, que Boris Tadic décide de militer au Parti démocratique (DS) et de participer à tous les rassemblements de l’opposition. Son militantisme actif lui permet de gravir en quelques années les échelons du Parti démocratique. Tout se précipite en mars 2003, quand le Premier ministre Zoran Djindjic est assassiné. Boris Tadic, samedi dernier à Belgrade, au soir de sa victoire électorale. L’ACCÈS AU POUVOIR Traumatisé par la mort de son mentor, Tadic est propulsé à la tête d’un parti en pleine crise. Pour affirmer son autorité, ce partisan du compromis se rapproche de certains membres de l’entourage de Milosevic. Une initiative à l’origine de sa brouille avec le protégé de Djindjic, le jeune et bouillant Cedomir Jovanovic. En juillet 2004, il est élu à la tête d’un pays en pleine crise économique et identitaire. A peine arrivé au pouvoir, le président serbe a failli connaître le même sort que Djindjic quand une voiture a percuté à plusieurs reprises le cortège présidentiel, en plein centre de la capitale serbe. Mais Tadic est sorti indemne de cet accident mystérieux. Après les législatives de 2007, Tadic nomme au poste de Premier ministre celui qui était devenu au fil des mois son « meilleur ennemi », le très influent nationaliste Vojislav Kostunica. Très rapidement, les relations exécrables entre les deux hommes vont plomber les réformes promises par le Président. MALGRÉ LA CRITIQUE Ses détracteurs, y compris au sein de son parti, le jugent « trop complaisant » avec ses adversaires. Directsoir N°345/Mardi 13 mai 2008 « Tadic n’a jamais eu la force ni le charisme de ses rivaux. Or dans le contexte actuel, la Serbie a besoin d’un président capable d’affirmer ses convictions, de forcer les Serbes à regarder leur passé en face », estime Isabelle Lasserre, journaliste spécialiste des Balkans. Djindjic en personne ne portait pas l’actuel président dans son cœur. Peu avant sa mort, l’ancienne gloire du Parti démocratique avait eu ce mot très sévère : « Boris ? Un bel homme. Voilà. » Bravant l’opinion publique, Tadic a pourtant donné quelques gages d’ouverture durant son premier mandat. Premier chef d’Etat serbe à se rendre au Kosovo ou à rencontrer le pape, il favorise la collaboration de son pays avec le Tribunal pénal international pour l’ex- Yougoslavie (TPIY), jugée encore insuffisante par les Vingt-Sept. Mais il a toujours refusé de s’excuser au nom de son pays pour les crimes de guerre commis durant la guerre de Bosnie par le régime de Milosevic. La récente indépendance du Kosovo a placé Boris Tadic dans une position intenable. Fort de la victoire de son camp aux législatives, il va désormais devoir trouver en urgence des solutions pour empêcher son pays de sombrer dans le chaos. Une mission délicate, qui engage son avenir à la tête du pays et celui de la paix dans la région.
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