Direct Soir n°330 8 avr 2008
Direct Soir n°330 8 avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°330 de 8 avr 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (138 x 183) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Hosni Moubarak, élections municipales en Egypte

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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K. EL FIQI/EPA 4 EN COUVERTURE Le président Hosni Moubarak lors du congrès du Parti national démocrate (PND), le 3 novembre 2007 au Caire. Directsoir N°330/Mardi 8 avril 2008 HOSNI MOUBARAK ÉLECTIONS MUNICIPALES SOUS CONTRÔLE Dernier test électoral avant la présidentielle de 2011, mais surtout le premier depuis la percée des Frères musulmans aux législatives de 2005, les scrutins municipaux qui débutent aujourd’hui se tiennent dans un pays où les actes de répression contre l’opposition se sont multipliés ces dernières semaines. Alors que les tensions sociales montent en Egypte, les élections municipales, qui débutent aujourd’hui, doivent permettre de renouveler les 52 000 sièges dans les conseils de villages, d’arrondissements et de gouvernorats (subdivision administrative) du pays. Ces derniers représentent d’ailleurs l’enjeu principal de ce scrutin. Ils s’avéreront déterminants dans le choix du futur candidat à l’élection présidentielle : les postulants devront obtenir les signatures des gouvernorats pour valider leur candidature. Les regards se concentrent sur les Frères musulmans, principale force d’opposition au Parti national démocrate (PND). La poussée des islamistes devrait être plus faible que celle enregistrée lors des élections législatives de 2005, car les Frères musulmans, bien que tolérés par le gouvernement, ont été sévèrement réprimés ces dernières semaines. « Ils ont arrêté toutes les personnes qui leur semblaient être des candidats potentiels », déclarait il y a quelques jours MohammedMahdi Akef, le numéro un de la confrérie des Frères musulmans. Dans ces conditions, un succès du parti de Hosni Moubarak semble inévitable. Une façon pour le Président, qui fait face à certaines critiques sur le plan intérieur, de redorer son image. LE PND AU POUVOIR Sur le plan international, la politique menée par Hosni Moubarak a été marquée ces dernières années par deux lignes directrices : d’un côté, son rejet de la guerre en Irak ; de l’autre, son respect du traité de paix avec Israël. Sur le plan intérieur, le président égyptien a délaissé la question sociale. Pour Joseph Bahout, professeur à Sciences-Po, « Il y a une réelle dichotomie dans la population égyptienne. La classe moyenne n’existe quasiment plus, il y a désormais les très riches et les très pauvres ». Les priorités du régime du raïs consistent à faire respecter l’ordre public et à préserver les pouvoirs de commandement, en muselant toute forme d’opposition.Au désintérêt pour les questions sociales vient s’ajouter l’échec de la politique économique. Dominée par les idées néolibérales et par les privatisations, elle a conduit une grande partie des Egyptiens à l’exclusion. En 2004, 31% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Le mécontentement de la population est véhiculé notamment par les moyens de communication moderne. La semaine dernière, un appel à la grève générale avait circulé sur Internet et via des téléphones portables. Il devait s’agir d’un mouvement de contestation contre la vie chère, et cela constituait une première dans un pays où un ménage dépense aujourd’hui, pour se nourrir, 50% de plus qu’au début de l’année. Parmi les denrées concernées, le pain a vu son prix s’envoler. La grève, prévue dimanche dernier, a finalement fait long feu, le pouvoir arrêtant 250 personnes et faisant ainsi échec au mouvement. A l’autoritarisme, le PND ajoute la lenteur politique. Pour preuve, les élections municipales prévues au départ il y a deux ans ont été repoussées pour pouvoir instaurer une nouvelle loi électorale, qui n’a toujours pas vu le jour.
www.directsoir.net La politique menée par Hosni Moubarak a été marquée ces dernières années par deux lignes directrices : d’un côté, son rejet de la guerre en Irak ; de l’autre, son respect du traité de paix avec Israël. UNE OPPOSITION INEXISTANTE Le changement vers plus de démocratie n’est toujours pas un processus clairement établi aujourd’hui. Aucun groupe d’opposition n’est « IL Y A RÉGULIÈREMENT DES MANŒUVRES DU RÉGIME DE MOUBARAK POUR FAIRE TAIRE L’OPPOSITION. » Joseph Bahout capable de contredire le régime du raïs. La poussée des Frères musulmans aux élections législatives en 2005 – ils ont obtenu 88 sièges sur les 454 qui composent l’Assemblée populaire – a perturbé et inquiété le PND, mais elle n’a pas apporté un réel pluralisme politique au sein du pays. Muselés par le gouvernement, les Frères musulmans n’ont présenté que très peu de candidats au scrutin municipal : une vingtaine en tout, sous l’étiquette « indépendants ». Sous couvert d’anonymat, un journaliste égyptien décrit les Frères musulmans comme les alliés objectifs du régime de Moubarak. Ce parti est interdit en tant que formation politique depuis la loi de 1977, qui rend illégal tout parti ayant une influence religieuse ou ethnique. Même s’il leur donne le droit d’investir les activités culturelles et religieuses du pays, Hosni Moubarak empêche ceux qu’on appelle les « verts », de la couleur de l’islam, d’intégrer la vie politique comme une entité reconnue. Hormis les Frères musulmans, les principaux partis d’opposition que sont le parti libéral Wafd, le parti du rassemblement progressiste, le parti nassérien, le parti Al- Ghad et le parti communiste Al-Tagamou EN COUVERTURE 5 tentent depuis plusieurs mois de faire entendre leur voix par l’intermédiaire du mouvement Kifaya. Mais ce mouvement attire rarement plus d’un millier de personnes lors des rassemblements anti- Moubarak. LA PRESSION INTERNATIONALE Au-delà du fait qu’il n’existe pas de réelle opposition interne en Egypte, les alliés internationaux du pays que sont les Etats-Unis et l’Europe n’ont jamais exercé de forte pression sur le gouvernement de Moubarak. Ils n’ont jamais dépassé le stade de la rhétorique et aucune voix ne s’est élevée il y a deux ans, lorsque les élections municipales qui se tiennent actuellement ont été repoussées. L’Egypte a su maintenir une certaine stabilité dans une région explosive mais au prix d’un musellement de la société et des groupes d’opposition. A trois ans de la prochaine présidentielle, le scrutin d’aujourd’hui risque fort de confirmer que la marche de l’Egypte vers la démocratie est loin d’être terminée. Portrait officiel du président égyptien Hosni Moubarak. A. UZI/ISRAEL SUN/REA M. NELSON/EPA



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