Direct Soir n°322 27 mar 2008
Direct Soir n°322 27 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°322 de 27 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,9 Mo

  • Dans ce numéro : Christian Blanc, secrétaire d'état à la région capitale

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DR DR Directsoir N°322/Jeudi 27 mars 2008 12 CULTURE LIVRES DÉCO Les cachettes des objets trouvés ■ Avec l’ouvrage Paris déco d’Edith Pauly, les amateurs de voyages dans le temps, les férus de design ou les chineurs de tout poil découvriront de nombreuses boutiques parisiennes, qui ont toutes en commun la passion de l’objet. Plaques publicitaires en métal, lettres d’imprimerie en bois, carnets de bons points, vaisselles en tôle, lanternes en mosaïques de verre ou encore passoires émaillées, moulins à café à manivelle, etc. Art déco, Art nouveau… se côtoient au fil des pages de ce livre largement illustré. Paris déco, d’Edith Pauly, photographies de Sandrine Alouf, éd. Parigramme, 12 €. Au bon coin du chineur ■ Pour l’amateur d’objets futiles ou utiles, d’antiquités ou de jouets anciens, l’ouvrage de Sébastien Siraudeau est une bible de bonnes adresses. De Paris aux Côtesd’Armor, du Nord au Sud, Brocantes fourmille de ces cavernes d’Ali Baba. Colorées, esthétiques, les photographies de ce chineur témoignent d’un délicieux capharnaüm. Entre les odeurs de bois vieilli, de métal rouillé ou de papier poussiéreux, l’envie de découvrir ces lieux devient irrépressible. Au total, une trentaine de boutiques délivrent leurs idées déco : de quoi se laisser séduire par l’art de vivre de la récup’. Brocantes, Sébastien Siraudeau, éd. Flammarion, 25 €. Contre la grise mine, mieux qu’un antidépresseur, l’humour envahit l’Hexagone. Car si Paris fait sa comédie, Toulouse présente le Printemps du rire et Nantes offre son festival Juste pour rire. L’humour serait-il le parent pauvre des scènes françaises ? Alors que Michel Boujenah s’étonnait récemment du manque de crédit accordé à l’humour : « Je suis frappé de voir qu’il existe encore des chapelles qui opposent théâtre et humour et que seul le petit écran permet aux jeunes artistes d’exister », l’Hexagone se mobilise pour sauver le rire et Paris fait sa comédie. Les « pros » du rire comme Didier Bénureau, Anne Roumanoff, Laurent Gerra, Michel Boujenah, ou les nouveaux venus, parmi lesquels François-Xavier Demaison, font leur show à l’Olympia. A chacun sa soirée, à chacun son humour. Et cela sans compter la dizaine de théâtres qui, de la place de la Madeleine à la République, renommée pour l’occasion « Boulevard du rire », soignent l’humeur des Français. Car, si depuis 1930, le temps accordé quotidiennement au rire est passé de 19 minutes à 1 minute, avec Paris fait sa comédie, les zygomatiques reprennent du service. L’humour francophone de Québec à la Belgique, les mini-séries –dont le digne représentant Bruno Solo est également le président d’honneur de cette 2 e édition – comme les artistes en herbe investissent la capitale. Au final, une centaine d’artistes usent de leur talent pour égayer le moral des ménages. Entre mars et avril, les festivals font florès. De la capitale à Nantes, en passant par Toulouse, le virus HUMOUR La France se tient les côtes FESTIVALS Toulouse et Nantes pouffent de rire ■ Après Paris pour certains, les artistes dérident le Sud pour s’attaquer ensuite au vent d’ouest. Parmi 46 humoristes, Anne Roumanoff, Stéphane Rousseau, Christophe Alévêque, entre one-man shows, duos et comédie, animeront la Ville rose de leurs jeux de mots et d’esprit lors de la 13 e édition du Printemps du rire. Côté atlantique, Florence Foresti, marraine de l’événement, inaugurera à Nantes, le 18 avril, le festival Juste pour rire. Avec ses comparses Omar et Fred, Virginie Hocq, Stéphane Rousseau, les Wriggles et 150 autres comiques connus ou néophytes, la ville fera le plein d’humour. Printemps du rire du 25 mars au 5 avril à Toulouse, www.printempsdurire.com. Le festival Juste pour rire du 18 au 26 avril à Nantes, www.justepourrire-nantes.fr. Anne Roumanoff. CONCERT Michel Boujenah. Fin de l’âge tendre des têtes de bois du rire va piquer l’Hexagone. Enfin une épidémie qui fait du bien ! Paris fait sa comédie, du 27 mars au 4 avril, www.parisfaitsacomedie.com ■ Le chanteur Christian Olivier et ses Red Ted d’antan, devenus Têtes Raides en 1987, enflamment le Bataclan. Tous pianos à bretelles, cordes, cuivres et guitares saturées dehors, pour une ambiance entre bal musette et rock alternatif, ces saltimbanques-là fêtent leur Banco, un dixième album sorti fin 2007, ainsi que leur anniversaire. Car voilà vingt ans déjà que ces militants à l’humour noir trimballent avec la même énergie leurs chansons contestataires, néoréalistes et poétiques, grands inspirateurs d’une tripotée de bons groupes dans la même veine, comme La Tordue ou Les Ogres de Barback. L’occasion est donnée, jusqu’au 5 avril, de saluer leur belle longévité en faisant la fête et en chantant avec eux sur Ginette. Les Têtes Raides, en concert jusqu’au 5 avril au Bataclan, 50, boulevard Voltaire, Paris 11 e (01 43 14 00 30). Les autres dates de la tournée sont consultables sur le site www.tetesraides.fr. W. LET DR
T. GRABHERR DR www.directsoir.net Hold-up cinématographique Edouard Baer dans le rôle du braqueur. Hystérie collective en milieu confiné Effrayante fiction sur les dérives paranoïaques violentes qui frappent les habitants d’une enclave résidentielle sécurisée, « La zona, propriété privée » est un brillant premier long métrage. ■ Trois adolescents des quartiers pauvres de Mexico parviennent une nuit à entrer dans « la zone », une cité résidentielle de nantis entourée de hauts murs et protégée par un service de sécurité privé. Le cambriolage qu’ils entreprennent tourne au carnage. Une femme est tuée et deux d’entre eux sont abattus. S’engage alors une chasse à l’homme frénétique et sans pitié du troisième adolescent… Récompensé par un oscar pour un court métrage en 2001, le prometteur réalisateur mexicain Rodrigo Plá signe, sur fond de corruption, une réflexion intéressante sur la peur et les comportements, presque sectaires, qu’elle engendre. Un sujet kafkaïen symptomatique de nos sociétés modernes. Atmosphère à la 1984 DVD Un cambriolage qui tourne au carnage. Support en voie de disparition, la pellicule noir et blanc du film J’ai toujours rêvé d’être un gangster a dû être importée du Nouveau-Mexique. pour le délire sécuritaire et angoisse lynchienne sont au menu de La zona, propriété privée, qui n’a pas volé ses prix aux derniers Festivals de Toronto et de Venise. La zona, propriété privée, de Rodrigo Plá, en salles. Les tentacules du désir ■ Naissance des pieuvres, dont l’action se déroule dans une piscine, s’intéresse à l’apprentissage amoureux de trois adolescentes. Vraie réussite, ce premier long métrage a valu à sa jeune réalisatrice Céline Sciamma, tout juste sortie de la Fémis, une sélection au Festival de Cannes (section Un certain regard), ainsi que le prix Louis Delluc du premier film en 2007. Naissance des pieuvres, de Céline Sciamma, Optimale, env. 24 €. WILD BUNCH DISTRIBUTION 13 ★★★★★ Avec son deuxième film « J’ai toujours rêvé d’être un gangster », Samuel Benchetrit mélange nostalgie et modernité du septième art. Œuvre intime réalisée avec peu de moyens, J’ai toujours rêvé d’être un gangster est un film à sketches qui réunit une brochette de très bons comédiens, tels Jean Rochefort, Edouard Baer, Anna Mouglalis, Jean- Pierre Kalfon, Roger Dumas et Laurent Terzieff, mais aussi deux chanteurs de taille, Alain Bashung et Arno. Samuel Benchetrit déroule quatre intrigues autour de la phrase : « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu être un gangster », premiers mots du film Les affranchis de Martin Scorsese, qui lui a donné envie de faire du cinéma. On y retrouve l’histoire d’un braqueur (Edouard Baer), qui va tenter de dévaliser une cafétéria sans arme ; celle d’une adolescente suicidaire enlevée par deux bandits au grand cœur ; puis celle d’un hold-up artistique – une sombre histoire de vol de chansons entre Alain Bashung et Arno ; et enfin, celle de cinq papys flingueurs en mal de casse qui en tenteraient bien un dernier. Le fil conducteur CULTURE CINÉMA de ces différents récits : une cafétéria d’autoroute, sorte de no man’s land. Le réalisateur de Janis et John avoue « être en manque [de] cinéma à l’ancienne » et explique qu’il a voulu faire « un film en noir et blanc un peu contemplatif », en réaction aux productions d’aujourd’hui qui affichent systématiquement un rythme effréné. Il impose donc un rythme lent à son film, grâce à de longs plans-séquences qui mettent en valeur de bons dialogues. Mais à force de ralentir la cadence, Samuel Benchetrit verse dans la complaisance, voire dans l’autosatisfaction, et ce, au détriment de l’attention du spectateur, qui finit par se demander à quoi rime tout cela. A la fin de J’ai toujours rêvé d’être un gangster, Samuel Benchetrit éclaire enfin son spectateur quant aux intentions de son deuxième film, en faisant dire à Anna Mouglalis : « Parfois, on a l’impression que les choses sont de moins en moins belles. » Nostalgique du cinéma d’antan ? Benchetrit l’est. Et le montre. J’ai toujours rêvé d’être un gangster, de Samuel Benchetrit, en salles.



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