Direct Soir n°315 17 mar 2008
Direct Soir n°315 17 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°315 de 17 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Dick Cheney en mission au Proche-Orient

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°315/Lundi 17 mars 2008 4 EN COUVERTURE Dick Cheney Pétrole et paix au Proche-Orient RICHARD BRUCE « DICK » CHENEY, 67 ANS, VICE-PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS. CONSERVATEUR NATIONALISTE, POLITICIEN AU CV IMPRESSIONNANT, ANCIEN DIRIGEANT D’HALLIBURTON, IL EST PARTISAN DE LA LIGNE DURE. MOSCOU, BAGDAD OU TÉHÉRAN : IL NE LAISSERA PERSONNE MENACER LA NATION AMÉRICAINE OU SES INTÉRÊTS. Dick Cheney, ce matin, accompagné de son épouse, à son arrivée sur le tarmac de l’aéroport de Bagdad. P.J. RICHARDS/AFP
D.CANTRELL/UPI/EYEDAPRESS www.directsoir.net Apeine Dick Cheney avaitil mis le pied sur le sol irakien ce matin qu’une violente déflagration déchirait le ciel de Bagdad, cruelle illustration du bourbier dans lequel les Etats-Unis sont empêtrés depuis cinq ans. Mais l’Irak n’est pas au cœur de cette visite qui vise essentiellement à relancer le processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Au programme de cette dernière, qui doit durer neuf jours : le sultanat d’Oman, l’Arabie saoudite, Israël, la Cisjordanie et la Turquie. La fréquence des visites des plus hautes personnalités américaines dans cette région souligne la place centrale que celle-ci occupe dans la diplomatie des Etats-Unis. Condoleezza Rice était encore à Jérusalem le 6 mars dernier, la veille de l’attentat-suicide qui a tué huit adolescents israéliens dans l’attaque d’une école talmudique. OBJECTIFS DE LA MISSION En dépêchant Dick Cheney sur place, George W. Bush envoie un émissaire de poids, souvent présenté comme le viceprésident le plus puissant de l’histoire américaine. S’il n’a sans doute pas l’éclat de « Condie », il connaît bien la région, ses acteurs et ses enjeux, qu’il considère comme essentiels pour asseoir et stabiliser l’influence de la bannière étoilée dans le monde. Le 10 mars, au terme d’un entretien avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, George W. Bush expliquait que le but de la visite de Dick Cheney « est de rassurer les gens quant à l’engagement des Etats-Unis à œuvrer à une vision de paix au Proche-Orient » et à s’assurer que les « parties concernées (…) tiennent leurs obligations au regard de la feuille de route », définie lors de la conférence d’Annapolis qui avait suscité de substantiels espoirs le 27 novembre dernier. Ces attentes semblent aujourd’hui très menacées par les affrontements entre les islamistes du Hamas et l’armée israélienne. Nouvelles implantations de colonies dans la région de Jérusalem, poursuite des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza sur la région de Sderot, bombardements et raids israéliens, attentats terroristes palestiniens, rivalités persistantes et sanglantes entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas qui tient Gaza : la tension dans la zone a atteint un nouveau paroxysme qui rend pessimistes les analystes. Autant de paramètres qui préoccupent Washington, qui espère obtenir la paix avant la fin 2008, c’est-à-dire avant la fin du mandat de George W. Bush, et inscrire ce succès à l’actif d’un bilan controversé. Mais de manière immédiate, il s’agit aussi de sécuriser l’approvisionnement en pétrole et ralentir l’envolée des cours. Sur cette question, Dick Cheney devrait tenter d’obtenir une augmentation de la production des pays de l’Opep, afin de détendre les cours qui, à plus de 110 dollars le baril, pénalisent aujourd’hui l’économie mondiale en général, et américaine en particulier. EN COUVERTURE 5 Dick Cheney, le vice-président américain, entame aujourd’hui une tournée au Moyen-Orient pour tenter de relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, au plus mal depuis la reprise des affrontements à Gaza. Il doit aussi plaider pour une augmentation de la production de pétrole dans le Golfe afin de contrer l’envolée du cours du brut, aujourd’huià plus de 110 dollars. Symboliquement, il a entamé ce voyage par une visite surprise à Bagdad, où il est arrivé ce matin. Il est aussi à cette époque « l’un des opposants à l’occupation de l’Irak » Le vice-président des Etats-Unis Dick Cheney, dans le Bureau ovale à Washington en octobre 2007. UN FAUCON À LA MANŒUVRE Relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, et enclencher la détente des cours pétroliers : ces objectifs ambitieux n’effarouchent pas cet homme de 67 ans, longtemps connu comme l’une des incarnations de la « realpolitik » américaine, avant son raidissement idéologique consécutif au 11-Septembre. Depuis bientôt quarante ans, Richard Bruce « Dick » Cheney, né dans une modeste famille du Nebraska le 30 janvier 1941, est l’un des dirigeants américains qui a le plus pesé sur les destinées du « Moyen-Orient compliqué ». Ce républicain, entré comme assistant à la Maison Blanche en 1969, gravit les échelons sous Nixon avant de connaître la consécration sous Gerald Ford. Nommé secrétaire général de la présidence alors qu’il n’a même pas quarante ans, il s’oppose avec Donald Rumsfeld à la détente avec Moscou, pourtant prônée par le secrétaire d’Etat Henry Kissinger. Cheney, lui, souhaite un durcissement. Une ligne dure devenue un leitmotiv dans son approche des relations internationales. En 1990, lors de la première guerre du Golfe, alors secrétaire à la Défense de George Bush père, il est l’un des principaux instigateurs de l’attaque contre Saddam Hussein pour libérer le Koweït. Mais il est aussi à cette époque l’un des opposants à l’occupation de l’Irak. En 1992, en pleine campagne pour la réélection de Bush senior, il expliquait : « Je pense que nous avons vu juste, d’une part quand nous avons décidé de chasser Saddam du Koweït, mais aussi quand le Président a décidé que nous avions atteint nos objectifs, et que nous n’allions pas aller nous empêtrer dans les problèmes que posent le renversement du régime et le fait de gouverner l’Irak. » Un choix dont la pertinence demeure discutée, puisqu’il n’a pas évité un nouveau conflit, qui aura commencé il y a cinq ans jour pour jour le 19 mars. Ce revirement s’explique, d’après ses proches, par l’impact que les attentats du 11-Septembre ont eu sur les convictions du vice-Président. Dick Nous voyons parfaitement les menaces auxquelles fait face le Proche-Orient, l’une de ces menaces, c’est l’Iran. George W. Bush, le 10 mars 2008. Cheney, de retour au pouvoir après les deux mandats de Bill Clinton, est de ceux qui soutiendront ardemment l’intervention de l’armée américaine en Afghanistan puis en Irak après les attentats du 11-Septembre, même si les liens entre le régime de Saddam Hussein et al-Qaida n’ont jamais été prouvés. Nombreux sont ceux qui l’accusent d’avoir fait fabriquer de fausses preuves concernant le développement d’armes de destruction massives en Irak. Dick Cheney est néanmoins toujours en place. L’INCARNATION DE L’ADMINISTRATION BUSH Envoyer Dick Cheney dans le Golfe alors que les prix du brut s’envolent, c’est aussi déléguer un des meilleurs connaisseurs des problématiques pétrolières. Les facteurs qui expliquent la flambée des cours sont multiples : tensions géopolitiques en Irak ou en Iran, accord au sein de l’Opep pour maintenir la production à un niveau relativement bas, anticipation d’une raréfaction des ressources et surtout explosion de la demande en provenance des pays émergents. Dick Cheney les connaît bien, lui qui a dirigé la compagnie Halliburton spécialisée en infrastructures pétrolières entre 1995 et 2000. A cette époque, il avait noué de très nombreux contacts, y compris avec les demi-frères O.DOULIERY/ABACAPRESS.COM



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