Direct Soir n°314 14 mar 2008
Direct Soir n°314 14 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°314 de 14 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (290 x 390) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : Dany Boon le phénomène ch'ti

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°314/Vendredi 14 mars 2008 4 EN COUVERTURE À BIENTÔT 42 ANS, DANY BOON EST L’UN DES HUMORISTES PRÉFÉRÉS DES FRANÇAIS. À L’AFFICHE DE SON DEUXIÈME FILM, « BIENVENUE CHEZ LES CH’TIS », CE COMIQUE « SOCIOLOGUE » Y REPREND SON ACCENT DU NORD. Dany Boon Le grand cœur du Nord F.CRUSIAUX/GAMMA
F. CRUSIAUX/EYEDEA www.directsoir.net C’est peut-être la rançon du succès : la pancarte à l’entrée de la ville de Bergues, où a été tourné le désormais culte Bienvenue chez les Ch’tis, a été volée. A l’instar du village de Marly- Gomont (Aisne) avec la chanson du rappeur Kamini, Bergues est devenu en quelques jours l’endroit où il faut aller. Mieux encore, il existe un « Ch’ti tour » qui guide le quidam dans les ruelles de Bergues. Accompagné du carillonneur du village, le badaud est emmené du beffroi à la maison de Line Renaud, en passant par l’ancien bâtiment désafecté qui a servi de décor pour la poste, avant de terminer le pèlerinage par la place de la République, mais sans la baraque à frites, retirée depuis par arrêté municipal ! A l’origine de cet engouement, l’un des comiques préférés des Français, Ch’ti de naissance : Dany Boon… L’accent du Nord, qu’il a perdu depuis son arrivée à Paris en 1989, est le fil rouge des personnages de ses one-man shows, alors pourquoi ne pas le fair e entendre dans les salles obscures ? L’idée a germé il y a quelques années. En effet, Dany Boon – Daniel Hamidou de son vrai nom – ne voulait pas se lancer tout de suite. « C’est seulement après La maison du bonheur (sorti en 2006), mon premier film derrière la caméra, que je me suis dit : « Maintenant tu peux t’attaquer à quelque chose de plus personnel » », confie l’acteur et réalisateur. Et le Nord est un sujet très personnel pour Dany Boon. En premier lieu, le village de Ber gues est celui où son grand-oncle était carillonneur, et où le petit Daniel venait passer des vacances. Ensuite, l’accent du Nord est un accent maternel qu’il connaît bien. Enfin, il aime sa région. D’ailleurs, la plupart des spectateurs voient dans le film un hommage à cette région. Qu’ils soient « nordiques » ou pas, c’est une belle reconnaissance, qui fait mentir les clichés d’une terre froide et triste, en déshérence industrielle. LE CARTON Aujourd’hui, Les Ch’tis flirtent avec les 8,5 millions d’entrées en seulement deux semaines d’exploitation en France. Et pulvérisent le score d’Astérix aux Jeux olympiques, détrônent Les bronzés 3, qui détenait le record depuis février 2006. Le film de Dany Boon talonne Les choristes et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. On murmure même dans les coulisses du distributeur Pathé qu’il pourrait atteindre 15 millions d’entrées. Les visiteurs (13,7 millions d’entrées) et Astérix, mission Cléopâtre (14,3 millions) tremblent. Quant à La grande vadrouille et ses 17 millions d’entrées, le r ecord absolu du cinéma français, certains prédisent que Les Ch’tis pourraient n’en faire qu’une bouchée ! Déjà, la sortie anticipée dans le Nor d, une semaine avant la sortie nationale, avait permis d’amorcer le bouche à oreille qui, pour ce film, a sans doute représenté la meilleure campagne marketing. « On est face à un vrai phénomène populair e », précisait Marc-Olivier Sebag, délégué général de la Fédération nationale des cinémas français, dans les colonnes du Parisien le 4 mars dernier. EN COUVERTURE 5 Certaines répliques du film sont déjà cultes deux semaines après sa sortie nationale. On se bouscule à Bergues, sur les lieux du tournage, et le distributeur évoque à demi-mot quinze millions d’entrées… Dany Boon, réalisateur – et acteur – de « Bienvenue chez les Ch’tis » est sollicité et loué de toutes parts. De quoi perdre le nord… Mais l’humoriste garde les pieds sur terre et tient sa ligne de conduite : du cœur et de la générosité, toujours. Quand on a la chance « de faire rire, c’est un don qu’il faut respecter » Philippe Abrams (Kad Merad) découvre les délices de la gastronomie locale ac h’baraque à frites, en compagnie de Yann(Guy Lecluse), Annabelle (Anne Marivin) et Antoine (Dany Boon). Ma carrière est cohérente. Lorsqu’une idée me vient ou qu’un projet arrive, l’adulte que je suis pose toujours la question de la légitimité à l’enfant que j’étais. Le Figaro Magazine du 1 er mars dernier. LA STORY DANY Pourtant, rien ne prédestinait le Ch’ti Dany à un tel succès. Même s’il l’a quitté il y a presque vingt ans, le Nord a toujours fait partie de la vie de Dany Boon. Né à Armentières en 1966, il a rapidement décidé de faire du théâtre. « A dix ans, je faisais rire ma mère pour éclaircir ses journées, puis une visite au théâtr e de Lille m’a réellement fait prendre conscience que c’est là que je voulais travailler », se souvient l’humoriste. Daniel Hamidou devient alors Dany Boon, du nom d’un explorateur canadien héros d’une série des années 1970. Il débute sa carrière sur les planches du Nord, sans grand succès. Il monte ensuite à Paris où les fins de mois sont difficiles. Jusqu’au jour où il r encontre sa « marraine », Sylvie Joly, réputée pour ses spectacles déjantés. C’est grâce à elle qu’il monte son pr emier grand spectacle en 1992, Je vais bien, tout va bien, produit par Patrick Sébastien. Les mimiques font rire, ses personnages aussi… Certains deviendront récurrents, comme Jacky le Ch’ti (hasard ?) ou encore Jean-Pierre, trop « bodybuildé » pour passer entre les portes ! Dany Boon devient un artiste reconnu. On aime sa simplicité, sa discrétion, son calme, mais aussi son explosivité sur scène. Adulte bien dans ses baskets avec une âme d’enfant, Dany continue sur sa lancée. L’Olympia, le Bataclan, le festival Juste pour rir e de Montréal… En 2003, il donne quelques représentations pour fêter ses dix ans de métier. Alors que d’autres auraient fait de ce moment une grande cérémonie, lui décide de jouer chez lui, « ach’Nord », comme on dit là-bas, avec son spectacle Ach’baraque, composé de sketches en ch’timi réservés aux villes du Nord qui l’accueillent. En 2004, il joue Waïka (pour « K-Way » en verlan), à l’affiche de l’Olympia six semaines consécutives. Un triomphe. Pourquoi un spectacle sur un vêtement de pluie ? On trouve la réponse une fois de plus dans le Nord, car le créateur du K-Way est un Ch’ti ! Le comique tourne pendant deux ans avec ce spectacle. Sur les routes avec lui, sa femme Yaël, rencontrée dans une soirée à Megève. Depuis leur mariage en 2003, ils partagent tout. La nouvelle madame Boon collabore avec son mari aux spectacles – elle est au générique des Ch’tis pour la direction artistique. Dès qu’il aborde sa vie privée, ce père de quatre enfants lui fait une déclaration d’amour ! Toujours par amour, il s’est converti au judaïsme. J.C. LOTHER



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