Direct Soir n°313 13 mar 2008
Direct Soir n°313 13 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°313 de 13 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (328 x 428) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Shimon Peres achève sa visite d'état

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°313/Jeudi 13 mars 2008 4 EN COUVERTURE SHIMON PERES, 84 ANS, PRÉSIDENT DE L’ÉTAT D’ISRAËL PÈRE FONDATEUR DE L’ÉTAT HÉBREU, ANCIEN PREMIER MINISTRE, PRIX NOBEL DE LA PAIX ET GRAND AMI DE LA FRANCE, INAUGURE AUJOURD’HUI LE SALON DU LIVRE AUX CÔTÉS DE NICOLAS SARKOZY. Shimon Peres La mémoire d’Israël M. BUREAU/AFP
FAYOLLE/SIPA www.directsoir.net Ce 10 décembre 1994, il partageait le prix Nobel de la paix avec Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, qui sera assassiné en novembre 1995. C’est à lui, élu président d’Israël le 15 juillet dernier, que Nicolas Sarkozy a choisi d’offrir pour la première fois de son mandat les honneurs de la visite d’Etat, la plus haute marque protocolaire dont la République peut honorer un hôte étranger. Une distinction que l’Elysée s’était abstenu d’offrir à Muammar al-Kadhafi lors de sa récente visite controversée. Le président français n’a jamais caché son amitié pour Israël, même s’il a su se poser en ami exigeant, lundi dernier, lors du dîner qui s’est tenu à l’Elysée à l’arrivée de Shimon Peres. Nicolas Sarkozy a expliqué à son invité « qu’en tant qu’ami, je vous dis que la sécurité d’Israël passe par l’arrêt des colonisations ». Une position qui n’a pas semblé irriter le vétéran du Proche-Orient, qui s’est réjoui d’avoir à la tête de la France « un ami véritable du peuple juif, et ce, depuis la Shoah, et un ami honnête et vrai de l’Etat d’Israël depuis sa création ». Et d’ajouter : « Le peuple d’Israël est fier de vous compter parmi ses amis. » Une visite qui s’est déroulée dans un climat de franchise entre deux pays qui avaient connu des divergences parfois douloureuses durant les deux mandats de Jacques Chirac. La visite, aux airs de marathon, comportait plusieurs rendez-vous politiques et symboliques. Shimon Peres a déjeuné mardi avec François Fillon, Christine Lagarde, Nathalie Kosciusko- Morizet, Hervé Novelli (secrétaire d’Etat au Commerce extérieur) et plusieurs chefs d’entreprises françaises, dont Laurence Parisot et Anne-Marie Lauvergeon (Areva). Il s’est également entretenu avec Bernard Accoyer et Christian Poncelet, respectivement présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Mercredi, il visitait le Centre d’histoire de la résistance et de la déportation à Lyon. AMI DE LA FRANCE ET VECTEUR DE POLÉMIQUE A 84 ans, « le plus Français des Israéliens » est l’invité d’honneur du Salon du livre, qui s’ouvre aujourd’hui Porte de Versailles à Paris. En réaction à cette décision, certains pays arabes et musulmans ont décidé de boycotter l’événement. Une attitude que regrette le président israélien, qui déclarait ce lundi être « contre les autodafés, contre le boycott des livres. Tous ceux qui lisent des livres, s’ils ne lisent que les livres qui leur plaisent, c’est une pure perte de temps ». Paris « regrette » la décision des détracteurs, mais n’en dit pas plus sur le sujet. Ce qui compte cette semaine, c’est la venue d’un ami de la France. Effectivement, les déclarations de Shimon Peres, lundi soir à l’Elysée, étaient empruntes d’une solennité et d’une émotion sincère, comme lorsqu’il rappelait l’importance de l’aide française dans les premières années de l’existence de son pays : « Il n’y a rien de comparable à cette amitié entre nos peuples. La France a donné à Israël plus que n’importe quel pays en a donné à un autre : ses meilleurs avions, ses canons qui ne ratent pas leur cible et ses missiles qui nous ont sauvés la vie. La France nous a octroyé force et dissuasion qui, j’en suis sûr, ont raccourci bien des guerres et prévenu bien des attaques. » Un compliment qui prend toute sa valeur quand on sait à quel point l’homme symbolise l’histoire d’Israël. LE DERNIER HÉROS D’ISRAËL Après soixante ans passés au service de son pays, Shimon Peres est l’une des incarnations de la jeune histoire d’Israël. EN COUVERTURE 5 Au quatrième et dernier jour de sa visite d’Etat, le président israélien Shimon Peres est aujourd’hui l’hôte d’honneur du Salon du livre de Paris, point d’orgue de son séjour. Le grand rendez-vous culturel a choisi de rendre hommage aux écrivains de l’Etat hébreu qui fête cette année ses 60 ans. Cette décision des organisateurs a suscité le boycott de l’événement par certains pays arabes ou musulmans mais n’impressionne guère ce vétéran du Proche-Orient. Le 10 mars dernier, dans la cour d’honneur de l’Elisée, Nicolas Sarkozy a accueilli Shimon Peres. Après 60 ans passés au « service de son pays, Shimon Peres est l’une des incarnations de la jeune histoire d’Israël. » Une figure mythique, qui a exercé des responsabilités politiques et militaires, avant même l’indépendance, en 1948. Dans un pays fier de son pluralisme politique, il est l’une de ces consciences ayant vécu les grandes guerres, celles d’avant l’existence d’un Etat juif. De fait, il est le seul rescapé politique de la génération des héros de cette guerre, depuis qu’Ariel Sharon est plongé dans un coma irréversible à la suite d’une série d’accidents cérébraux. Nicolas Sarkozy ne s’y est pas trompé, qui déclarait lundi soir à l’Elysée : « Rares sont les hommes d’Etat qui incarnent autant que vous l’histoire de leur pays. » Shimon Peres est né le 2 août 1923 en Pologne, avant que sa famille n’émigre vers la Palestine mandataire, en 1934. Durant cette période, le petit garçon vit souvent chez son grand-père le rabbin Zvi Meltzer, qui l’initie au Talmud. Contrairement à ses parents, il est alors très orthodoxe. « Je me rappelle d’un jour où mes parents écoutaient la radio pendant le shabbat et où je l’ai détruite », se souvient-il, Shimon Peres avait alors 11 ans. Il effectue ses années de lycée et ses études dans les institutions La France sera toujours au côté d’Israël quand son existence sera mise en cause. Ceux qui appellent de manière scandaleuse à sa destruction trouveront toujours la France face à eux, pour leur barrer la route. Nicolas Sarkozy le 10 mars 2008. juives de la Palestine mandataire. En 1941, à 18 ans, il devient secrétaire de l’un des mouvements de jeunesse lié au parti travailliste de David Ben Gourion, le leader du mouvement sioniste. Quand, en 1944, il retourne dans le kibboutz familial, il en devient secrétaire et berger. Il se marie à 22 ans avec Sonya, mère de ses trois enfants, qui a choisi la discrétion tout au long de la carrière de son époux. Nous sommes en 1945, et le monde commence à découvrir l’ampleur des crimes nazis. VÉTÉRAN POLITIQUE, INTIME DE LA FRANCE Deux ans plus tard, Shimon Peres rejoint la Haganah, l’armée ancêtre de Tsahal, qui mène la guerre aux forces d’occupation britanniques s’opposant à la création d’un Etat juif, pourtant promis par la déclaration Balfour en 1917. Alors que les rescapés de la Shoah se dirigent vers la Palestine mandataire, Londres décide de les refouler et les parque dans des camps à Chypre. David Ben Gourion nomme le jeune travailliste chef des ressources matérielles et humaines de cette toute nouvelle force militaire. C’est à ce titre que PHILIPPE WOJAZER/REUTERS



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