Direct Soir n°312 12 mar 2008
Direct Soir n°312 12 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°312 de 12 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-François Copé, objectif : la nouvelle télé publique

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°312/Mercredi 12 mars 2008 4 EN COUVERTURE Jean-François Copé Inventer la télévision de demain À 43 ANS, JEAN-FRANÇOIS COPÉ A ÉTÉ RÉÉLU MAIRE DE MEAUX AU PREMIER TOUR POUR UN TROISIÈME MANDAT. DÉPUTÉ DE SEINE-ET-MARNE ET PRÉSIDENT DU GROUPE UMP À L’ASSEMBLÉE NATIONALE, IL PRÉSIDE LA COMMISSION POUR LA NOUVELLE TÉLÉVISION PUBLIQUE. AUTANT DE CHARGES QUI LUI REDONNENT UNE PRÉCIEUSE VISIBILITÉ. M. FEDOUACH/AFP
S. GAUTIER/SAGAPHOTO.COM www.directsoir.net C’est au Sénat que s’est réunie ce matin, pour sa deuxième séance de travail, la Commission pour la nouvelle télévision publique, mise en place le mois dernier par le président de la République, Nicolas Sarkozy. Chargée de réfléchir à un nouveau modèle de télévision publique sans publicité, la Commission présidée par Jean-François Copé doit rendre sa copie avant la fin du mois de mai. A 43 ans, ce parlementaire qui se définit lui-même comme étant un « enfant de la télé » doit s’atteler à remodeler ce qui l’a bercé, lui et des millions de Français, jusqu’à ce jour. LA TÉLÉVISION DE DEMAIN L’objectif de cette réforme – que Nicolas Sarkozy avait annoncé devant plusieurs centaines de professionnels des médias réunis à l’Elysée pour les traditionnels vœux à la presse, le 8 janvier dernier – est de libérer les chaînes du service public de la contrainte de l’Audimat. Cela permettrait aux chaînes de proposer des programmes différents et de qualité. Annoncée depuis longtemps, sous toutes les mandatures et notamment celles de gauche, ce projet a suscité rapidement un débat nourri. Ses partisans estiment que la surabondance des programmes, la numérisation des chaînes et la multiplication des modes de diffusion (TNT ou Internet) a conduit à un lissage de l’offre. Or, la mission de la télévision publique doit répondre à ses trois missions traditionnelles, « informer, cultiver, divertir ». Le modèle fonctionne à l’étranger, comme en témoigne l’exemple de la BBC, la grande chaîne publique britannique, financée en quasi-totalité par la redevance. FINANCER LA RÉFORME La Commission présidée par Jean- François Copé est donc chargée d’examiner les moyens de la mise en œuvre de cette réforme selon deux scénarios définis par l’Elysée dans la lettre de mission remise le « 27 février : soit la suppression totale de la publicité à compter du 1 er janvier 2009, soit la suppression progressive des spots par tranche horaire. Mais se pose la question de la compensation de ces ressources estimées aujourd’hui à 800 millions d’euros. L’augmentation de la redevance n’est guère envisageable à l’heure où l’augmentation du pouvoir d’achat est devenue prioritaire. La ministre de la Culture, Christine Albanel, suggère quant à elle d’élargir l’assiette de l’imposition en taxant par exemple les résidences secondaires. Enfin, il est envisagé de taxer marginalement les opérateurs télécoms et les chaînes privées, comme l’a suggéré Alain Minc, qui a largement conseillé Nicolas Sarkozy dans ce dossier. EN COUVERTURE 5 Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, sa prise de fonction ne fut guère aisée. Pourtant, en quelques mois, il a imposé son style. Aujourd’hui, réélu sans discussion à la tête de la mairie de Meaux, il a reçu l’onction populaire. Et en le nommant président de la Commission pour la nouvelle télévision publique, Nicolas Sarkozy lui a confié une mission délicate qui témoigne de sa confiance. Il n’oublie jamais ceux qui l’ont fait roi » Jean-François Copé et les membres de la Commission, dont Jacques Chancel, à sa droite. DOSSIER SENSIBLE Les oppositions sont vives cependant, en particulier parmi les employés de France Télévisions, qui craignent une réduction de la voilure et des incidences sociales qui leur seraient préjudiciables. Plusieurs syndicats de France 2 et France3 ont ainsi menacé de reconduire dimanche, pour le second tour des élections municipales, le mouvement de grève qui avait déjà perturbé la couverture du premier tour dimanche dernier. Autre argument, et non des moindres, les adversaires de la réforme craignent une dégradation de la qualité des programmes due à une diminution des moyens. Enfin, Patrick de Carolis, président de France Télévisions, s’efforce de temporiser, affichant son soutien à ce projet tout en clamant sa vigilance sur le nécessaire maintien des ressources financières. Jean-François Copé se retrouve donc au centre d’une nébuleuse complexe, où évoluent de nombreux acteurs aux intérêts parfois opposés, mais qui tous affichent (du moins officiellement) un souci invétéré du service public. Pour mener la réflexion sur cette réforme, il devra sans doute mettre en œuvre tous les savoir-faire acquis, que ce soit au Palais-Bourbon, sous les ors des ministères, dans sa robe d’avocat ou dans son fief de Meaux. 32% des Français aimeraient voir Jean-François Copé entrer au gouvernement, selon un sondage Ifop paru dans le JDD du 2 mars. Dans cette même enquête, Jack Lang, Claude Allègre et Jean-Marie Cavada seraient les personnalités dont les Français souhaiteraient le plus l’entrée au gouvernement. LES MUNICIPALES Parallèlement à cette Commission, Jean- François Copé vient de remporter pour la troisième fois consécutive la mairie de Meaux. Avec plus de 67% des voix, il a été élu largement dès le premier tour. En 1995, il avait battu de peu le socialiste Jean Lion, en poste depuis 1977, avant d’être réélu en 2001 avec 68% des suffrages. « Les habitants de Meaux l’aiment, ils veulent le toucher, prendre des photos avec lui, et c’est réciproque. Jean-François Copé les aime aussi et les respecte », explique Artur Jorge Bras, ancien conseiller municipal socialiste qui a rejoint l’équipe de Jean- François Copé. « Il répète souvent qu’il n’oublie jamais ceux qui l’ont fait roi. (...) Sa défaite aux législatives de 1997 (...) l’a rendu beaucoup plus sympathique », explique-t-il. Deux ans après avoir été élu député – le plus jeune à l’époque – de Seine-et- Marne, Jean-François Copé perdait en effet son siège lors d’une triangulaire avec le Front national et le Parti socialiste. « C’était un jeune énarque trop sûr de lui », selon Artur Jorge Bras, futur maire adjoint. « Cette défaite l’a changé, l’a obligé à travailler, à avoir moins de certitudes et à aller beaucoup plus au contact avec les gens », analyse-t-il. CONVICTIONS ET PROJETS S’il n’hésite pas à intégrer un socialiste dans son équipe, Jean-François Copé n’est pourtant pas un thuriféraire de l’ouverture tous azimuts. « Le problème pour moi n’est pas du tout la question de l’ouverture, mais de savoir comment on va faire pour amplifier les réformes », déclare-t-il, avant d’ajouter : « J’étais plutôt pour l’ouverture au départ, je n’ai pas le sentiment que ce soit un plus permanent pour faire bouger les choses, mais en même temps je ne suis pas fermé à tout cela. » Le nom de Jean- François Copé figure au côté de ceux qui pourraient faire irruption dans le gouvernement en cas de recomposition. HOUNSFIELD-POOL/SIPA



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