Direct Soir n°310 10 mar 2008
Direct Soir n°310 10 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°310 de 10 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Dmitri Medvedev l'héritier de Poutine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°310/Lundi 10 mars 2008 4 EN COUVERTURE Dmitri Medvedev Homme de fer ou homme de paille ? DMITRI MEDVEDEV, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DE RUSSIE, NÉ LE 14 SEPTEMBRE 1965 À LENINGRAD (SAINT-PÉTERSBOURG). JURISTE DE FORMATION, IL DÉBUTE EN POLITIQUE EN TANT QUE CONSEILLER DU MAIRE DE LA VILLE. EN 1999, IL PREND LA DIRECTION DE LA CAMPAGNE DE VLADIMIR POUTINE, PUIS CELLE DE L’ADMINISTRATION DU KREMLIN. R. NOVOSTI/KREMLIN POOL/D. ASTAKHOV/AFP
R.NOVOSTI/D.ASTAKHOV/AFP www.directsoir.net Dmitri Medvedev n’est pas moins un nationaliste russe que moi, dans le bon sens du terme, et je ne crois pas que nos partenaires auront la tâche plus facile avec lui. » Vladimir Poutine a donné le ton samedi, dans sa résidence de Novo-Ogarevo, lors d’une rencontre avec Angela Merkel, la chancelière allemande. La continuité entre lui-même et son successeur sera non seulement évidente, mais aussi revendiquée. La victoire du dauphin ne faisait guère de doute. Il y a une semaine, le 4 mars, Dmitri Medvedev a été désigné futur président de la Russie, à l’issue d’une élection si prévisible que l’étape du vote semblait n’être qu’une formalité. Comme prévu, le candidat de Russie unie, le parti au pouvoir, l’emporte dès le premier tour, avec un peu plus de 70% des suffrages. Un véritable triomphe pour ce juriste de 42 ans, qu’on dit aussi brillant que discret. DÉMOCRATIE DE FAÇADE Un triomphe, certes, mais issu d’un scrutin taillé sur mesure. Car la campagne n’a pas été la même pour le candidat « officiel » que pour ses trois rivaux déclarés (voir encadré). Et certains membres de l’opposition n’ont même pas pu y prendre part. La candidature de l’ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov a été invalidée par la commission électorale, et le très médiatique Garry Kasparov, ancien champion du monde d’échecs, a préféré jeter l’éponge, dénonçant une « mascarade ». La réaction des autorités face aux manifestations qui ont suivi la proclamation des résultats symbolise bien les rapports de force sur la scène politique russe. Ainsi, à Moscou, plusieurs dizaines de personnes qui tentaient de se réunir pour une « marche du désaccord » ont été interpellées. Au même moment, 3 000 partisans du mouvement Nachi, organisation de jeunes pro-Poutine, étaient laissés libres de célébrer le succès de Dmitri Medvedev sous les fenêtres de l’ambassade des États-Unis. Cerise sur le gâteau, plusieurs manifestants avouaient aux journalistes présents avoir été recrutés plus ou moins volontairement et amenés en car depuis la province. C’est peu de dire que, pour le futur locataire du Kremlin, la partie était gagnée d’avance. Plus précisément depuis que le tout-puissant et très populaire président Poutine l’avait adoubé et désigné comme son successeur. Après avoir longtemps entretenu le mystère, l’ancien membre du KGB, à qui la Constitution ne permettait pas de briguer un troisième mandat consécutif, mais que personne ne voyait abandonner le pouvoir, avait annoncé son intention d’occuper le fauteuil de Premier ministre. Promu au rang de dauphin (ou d’homme de paille diront certains), Medvedev bénéficie du réseau mis en place par son mentor. Auparavant presque inconnu du grand public, il devient soudainement omniprésent dans les médias, sur lesquels l’Etat exerce une emprise étroite. Les autres candidats, eux, sont à peine évoqués. La mainmise du Kremlin ne se limite pas au contrôle de l’information. Plusieurs témoins ont fait état de fraudes dans de nombreux bureaux de vote. Le Parti communiste ainsi que l’organisme indépendant Golos ont déploré des bourrages d’urnes et des pressions sur les électeurs. Certains ouvriers ou fonctionnaires auraient été menacés de sanctions s’ils ne passaient pas par l’isoloir. A Saint-Pétersbourg, un leader d’opposition aurait déclaré avoir réussi à voter EN COUVERTURE 5 Candidat de la continuité adoubé par Poutine, il accédera au Kremlin dans deux mois pour former avec son prédécesseur un tandem exécutif qui alimente toutes les spéculations. Le disciple fidèle restera-t-il docilement dans l’ombre de son charismatique mentor ou cherchera-t-il à s’émanciper et à affirmer son pouvoir ? Poutine, après avoir « imposé sa poigne de fer à la tête du pays, pourra-t-il se contenter d’une place de second ? » Dmitri Medvedev lors d’une conférence de presse à Moscou, le 3 mars. sept fois dans sept bureaux de vote différents. L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), avait, elle, carrément décidé de renoncer à contrôler le bon déroulement des élections, estimant que les restrictions imposées par Moscou ne lui permettaient pas d’effectuer convenablement sa mission. En son absence, la seule délégation d’observateurs occidentaux présente était celle de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE). Son rapporteur, Andreas Gross, a estimé, dans des termes très diplomatiques, que la présidentielle n’avait pas été « libre et juste » et que le scrutin n’avait pas atteint son « potentiel démocratique ». On peut légitimement s’étonner du taux de participation, proche de 70%, dans un pays dont tous les analystes décrivent la population comme peu concernée par la politique. Surtout pour plébisciter un homme que beaucoup ne connaissaient que de nom quelques semaines auparavant. Si les chiffres ne sont pas encore connus dans le détail, on se souvient que lors des récentes élections législatives, la participation avait dépassé les 99% dans certaines républiques du Caucase. Si la Russie devenait une république parlementaire, elle disparaîtrait. (…) Notre pays a été et restera une république présidentielle. Il n’y a pas deux, trois ou cinq centres (de pouvoir,ndlr). C’est le président qui dirige la Russie. Dmitri Medvedev LE PRÉSIDENT VENU DE L’OMBRE On l’a dit, la victoire de Dmitri Medvedev est avant tout due au fait qu’il est le candidat officiel du pouvoir en place. Le tandem qu’il s’est engagé à former avec son prédécesseur est, pour les Russes, un gage de continuité de la politique actuelle. Mais sa jeunesse, son image de libéral et le fait qu’il soit issu de la sphère civile, rompant ainsi avec une tradition de dirigeants formés dans les services secrets, nourrissent également des espoirs d’évolution et d’assouplissement du régime. Né à Saint-Pétersbourg comme Vladimir Poutine, ce fils d’enseignants y fait ses études de droit. Après quelques années en tant que professeur à l’université, il rejoint au début des années 1990 l’équipe du maire réformateur Anatoli Sobtchak. Il travaille au Comité des relations extérieures de la municipalité, sous la direction d’un certain Poutine. Au cours des cinq années qu’il passe à la mairie, il intègre également le monde des affaires, entrant notamment au conseil d’administration d’une importante entreprise de bois et de papier. En 1996, au terme du mandat de Sobtchak, le futur président du plus vaste pays au monde reprend A. ZHDANOV/UPI/EYEDEA PRESSE



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