Direct Soir n°300 18 fév 2008
Direct Soir n°300 18 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°300 de 18 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Kouchner l'expérience du Kosovo

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°300/Lundi 18 février 2008 6 EN COUVERTURE Nous fermons le chapitre du passé et ouvrons le chapitre de l’avenir, le Kosovo est la patrie de tous ses citoyens. Hashim Thaçi, Premier ministre kosovar, hier. Des Kosovars fêtent l’indépendance de la province et brandissent des drapeaux albanais et le nouveau drapeau kosovar, à Pristina, hier. LE DÉSACCORD RUSSE La Russie, qui a toujours soutenu la Serbie orthodoxe, est aujourd’hui l’acteur de la crise dont la position est la plus redoutée. Hier, elle a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est achevée sur un constat de division. Moscou veut l’annulation de la déclaration d’indépendance de la province serbe, au nom de la solidarité slave. Et aussi pour éviter que les nombreux mouvements séparatistes, comme en Tchétchénie, ne proclament à leur tour leur indépendance. A contrario, on a vu hier soir les séparatistes russophiles d’Abkhazie et d’Ossétie du Nord, réclamer leur indépendance à la Géorgie, ce qui pourrait raviver la tension entre Moscou et Tbilissi. Le dossier kosovar aurait alors des répercussions sur des zones hautement instables comme le Caucase, ainsi que des conséquences dramatiques. Pour faire valoir ses positions, le Kremlin s’appuie sur le seul texte de droit international qui fasse autorité : la résolution 1244 de l’ONU, qui date de TROIS FIGURES POLITIQUES VALDRIN XHEMAJ/EPA HASHIM THAÇI 1999. Le texte mettait le Kosovo sous tutelle internationale, et établissait que le Kosovo faisait partie de la Serbie. Le parlement kosovar s’appuie quant à lui sur un texte plus récent : le rapport de l’envoyé spécial de l’ONU Martti Ahtisaari, rendu en janvier 2007, estimant que l’indépendance serait l’issue de dernier recours si aucun accord n’était trouvé entre Belgrade et Pristina. Une position que rejoint Bernard Kouchner et dont témoignent ses encouragements adressés depuis le Proche-Orient où il était en déplacement. TENSIONS SUR LE TERRAIN Aujourd’hui, l’inquiétude immédiate des diplomates est de voir la situation sur le terrain dégénérer. Hier soir, deux grenades ont explosé à Mitrovica la ville frontière entre les zones serbe (au nord) et albanophone (au sud) où les unités françaises avaient pris position pour s’interposer en cas d’une explosion de violences. Déjà, hier après-midi, des vétérans serbes avaient essayé de franchir ■ Né le 24 avril 1968 à Srbica, au Kosovo, il est Premier ministre de sa province depuis le 9 janvier dernier. Il a accédé à cette fonction tout en dirigeant le Parti démocratique, avec lequel il a remporté les élections de novembre 2007. Responsable de l’UCK durant la guerre contre les Serbes, il a été élu grâce à une plateforme indépendantiste. D. ABUELO/DEADLINE la frontière avant d’être refoulés par la police kosovare. L’Otan, qui assure la sécurité de la province avec les 17 000 hommes de la Kfor, a annoncé qu’elle continuerait sa mission jusqu’à ce que la mission européenne prenne le relais. UN TEST POUR L’EUROPE Au Kosovo aujourd’hui, l’enjeu diplomatique prioritaire est de stabiliser la région, de ménager la fierté serbe et d’assurer une transition politique sereine et respectueuse des intérêts des minorités serbes. Mais pour l’Union européenne, il s’agit aussi d’un test crucial qui permettra de crédibiliser sa diplomatie. En 1999, c’est l’échec de l’Europe qui avait conduit l’Otan à déclencher son offensive sur Belgrade. Pour les 27 réunis aujourd’hui à Bruxelles, il faut trouver une position commune afin d’éviter que le dossier du Kosovo ne leur échappe à nouveau. Fort de son expérience, Bernard Kouchner en est pleinement conscient. VOJISLAV KOSTUNICA ■ Né en mars 1944 à Belgrade, il est l’actuel Premier ministre de Serbie. Ancien président de la République fédérale de Yougoslavie de 2000 à 2003, il a vu son pays, qu’il gouvernait, être morcelé. Comme la majorité de ses compatriotes, il est fermement opposé à l’indépendance du Kosovo. D. VOJINOVIC/AP D. DILKOFF/AFP DR VU PAR Jean-Arnault Dérens, rédacteur en chef du Courrier des Balkans « Comme pour l’Irak, on ne savait pas ce qu’on ferait après les bombardements. » ■ « Je crois que Bernard Kouchner s’est retrouvé en situation d’improvisation lorsqu’il a été dépêché au Kosovo par l’ONU. Comme pour l’Irak, on ne savait pas ce que l’on ferait après les bombardements. La mission s’est installée sans calendrier ou projet défini, et surtout sans moyens. On peut penser qu’il n’a pas toujours fait les bons choix, mais aussi qu’il a fait ce qu’il a pu. Dans les jours qui viennent, certains pays vont reconnaître immédiatement l’indépendance, comme la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Etats-Unis. Concernant la France, ce n’est pas le facteur personnel qui joue, mais l’alignement avec ses partenaires. Reste que beaucoup de pays de l’Union européenne ne reconnaîtront pas l’indépendance : l’Espagne, Chypre, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie et la Slovaquie. Ils craignent un précédent pour leurs propres minorités séparatistes. La Bosnie-Herzégovine ne reconnaîtra pas non plus l’indépendance : il y a une peur d’un effet domino et d’une déstabilisation régionale. L’Union européenne est extrêmement divisée et il n’y aura pas de politique cohérente. Se posent donc deux problèmes : celui de la crédibilité de l’UE et celui de ses conditions de déploiement de la mission civile. BORIS TADIC ■ Le président serbe, né en 1958, a été reconduit dans ses fonctions le 3 février. Psychologue de formation, il s’était vu confier son premier mandat en 2004. S’il a déclaré refuser d’avaliser l’indépendance du Kosovo, son souhait affiché de rejoindre l’Union européenne pourrait le conduire à donner davantage de souplesse à son approche du problème.
E. ROBERT/DIRECT8 Tous les soirs sur Direct8, Jean-Marc Morandini, entouré de Matthieu Delormeau et de toute l’équipe des chroniqueurs, décrypte le meilleur et le pire de la télévision. Spécialistes, journalistes, people et artistes révèlent et expliquent les coulisses du monde de la communication audiovisuelle. Direct8 est accessible gratuitement via la TNT (canal 8), le satellite (CanalSat et TPS - canal 38), le câble (Numéricâble - canal 28), l’ADSL (canal 8), la téléphonie 3G et sur Internet (www.direct8.fr). MORANDINI ! En direct, du lundi au vendredi, à 18h55. Rediffusions à minuit et le lendemain à 8h30. LA NOUVELLE GRANDE CHAÎNE GÉNÉRALISTE



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