Direct Soir n°298 14 fév 2008
Direct Soir n°298 14 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°298 de 14 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Laetitia Casta, un amour d'actrice

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°298/Jeudi 14 février 2008 8 ÉCONOMIE Dinh Van Des bijoux faciles à porter La Saint Valentin est une occasion supplémentaire d’offrir à l’être cher une marque d’affection. Les idées vous manquent ou vous craignez que votre hyperoriginalité ne déplaise ? Rassurez-vous en choisissant des cadeaux plus classiques. Des bijoux ? Succès garanti. IL RÊVAIT D’ÊTRE MARIN. SES ORIGI- NES BRETONNES VOULAIENT SANS DOUTE L’EMPORTER SUR LES FLOTS BLEUS. Mais son père, artisan laqueur, l’a plutôt initié à l’amour de l’art et du travail de la matière, l’encourageant à devenir joaillier. Jean Dinh Van évolue donc vers d’autres horizons. Il entre alors, dans les années 1950, aux Arts-Déco pour étudier le dessin, puis intègre la maison Cartier où il apprendra son métier. DE CARTIER À DINH VAN Après dix années passées à confectionner « les bijoux de la duchesse de Windsor » –c’est ainsi qu’il désigne les pièces précieuses et scintillantes de Cartier, comme les fleurs ou les panthères destinées aux femmes mondaines et aristocrates – Jean Dinh Van choisit de s’installer à son compte en 1965.A cette époque, le carcan artistique se libère. La révolution des idées est en marche. Le joaillier regarde les acteurs du nouveau monde culturel qui l’entourent : Paco Rabanne et Pierre Cardin dans le prêt-à-porter, Marcel Bleustein- Blanchet dans la publicité… Il souhaite démocratiser la joaillerie, dans le sens noble du terme : fabriquer des bijoux pour tous, tout en respectant les critères de qualité de la profession. UN BIJOU POUR LE QUOTIDIEN Fini le bijou d’ornement. « Jean Dinh Van veut offrir à la femme un bijou pour toutes les occasions de sa vie », explique Emeline Fontvieille, directrice marketing et communication Dinh Van. Interview du SPÉCIALISTE F. MARECHAL Il veut bousculer les codes traditionnels du métier. « Il a une façon d’aborder la joaillerie différemment », poursuit-elle. Ses pièces sont donc distribuées dans un premier temps au Drugstore Publicis, loin de la place Vendôme. Par anticonformisme ou par ouverture d’esprit – un trait de caractère certainement lié à ses origines métissées, franco-vietnamiennes – Jean Dinh Van cherche à se distinguer. Son inspiration lui vient de la rue. En 1968, il s’empare du pavé, symbole du mouvement contestataire, pour en faire une bague dans laquelle il mêle creux et pleins, formes rondes et carrées. Quarante ans plus tard, en souvenir de ces événements, Dinh Van réédite cette pièce. « Un artiste, c’est quelqu’un qui fait le filtre de la société, s’en inspire et la sublime en un objet », déclare-t-il. Dinh Van crée des bijoux pour les femmes de son époque. Il pense par exemple à concevoir des bagues qui ne filent pas les collants. Le bouche-à-oreille fonctionne. A la fin des années 1960 et au début des années 1970, la mar- EN QUOI CONSISTE LE COMITÉ VENDÔME ? Le Comité Vendôme a été créé en 1936, sous l’impulsion des joailliers de la place Vendôme, qui ont choisi de se fédérer car ils avaient tout intérêt à avoir des actions communes. Aujourd’hui, le Comité compte 85 membres, dont l’essentiel de joailliers [situés sur la place Vendôme, rue de la Paix, rue de Castiglione, rue Saint-Honoré, etc.ndlr]. Il mène des actions aussi bien en termes d’événements (nocturnes de Noël, expositions d’art contemporain…) que de lobbying (relation avec la mairie, avec le syndicat Jean Dinh Van veut offrir à la femme un bijou pour toutes les occasions de sa vie. que devient très prolifique. En 1976, Jean Dinh Van retrouve le 2 e arrondissement de Paris, le quartier des joailliers qu’il avait quitté quelques années auparavant. Mais cette fois, c’est pour y ouvrir son premier magasin au 7, rue de la Paix. Plus qu’une boutique, ce lieu original accueille également les œuvres d’artistes auxquels il croit, comme son ami César. Son arrivée fait alors la une de certains journaux, qui titrent « un malheur rue de la Paix ». Son retour au cœur de l’exercice du métier est un pied de nez à la profession. LES PIÈCES SIGNÉES DINH VAN Un an avant, Jean Dinh Van avait créé les fameuses menottes, devenues indémodables. Il en fait d’abord un porte-clés, puis un fermoir, et enfin un bijou en tant que tel. Thème audacieux : rebelle, Jean Dinh Van l’est sûrement. En 1991, en réaction à la loi autorisant l’importation d’or 9 carats, il se met à travailler l’or 24 carats et martèle à la main une pièce de ce métal La place Vendôme, symbole du luxe Olivia Benoît – Déléguée générale du Comité Vendôme DINH VAN des joailliers, sur les questions de sécurité…) POURQUOI LA PLACE VENDÔME EST-ELLE UN LIEU DE PRESTIGE MONDIALEMENT RECONNU ? Elle est le symbole du luxe car tous les joailliers ont ou ont eu leurs ateliers sur cette place. Tout le savoir-faire d’exception est là. A Rome, à Londres, il y a les mêmes joailliers avec les mêmes bijoux, mais la création et la réalisation des plus belles pièces de haute joaillerie se font sur cette place et c’est pour cela qu’elle a un rayonnement particulier. Le Bracelet cœur en or jaune. 7 C’est le nombre de boutiques que compte Jean Dinh Van en France. La marque est aussi présente en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, via 15 magasins et 60 revendeurs multimarques. pur. Le « Pi » chinois devient également une pièce maîtresse de la marque. Comme la collection Lame de rasoir, autre accessoire de Dinh Van. Mais l’apogée de la marque vient avec la création du bracelet sur cordon, à la fin des années 1990. Toujours pour s’affranchir des règles du métier, Jean Dinh Van conçoit un nouveau porté du bracelet, « repris par tout le monde ensuite », selon Le Pavé. AVEZ-VOUS QUELQUES ANECDOTES EN RAPPORT AVEC CETTE PLACE ? Chopin y a vécu. Coco Chanel a habité au Ritz et y est même décédée. Il s’est passé plein de choses place Vendôme ; c’est un peu comme un théâtre qui traverse le temps. Elle n’a cessé de se réinventer. Aujourd’hui, les trois quarts des joailliers de cette place appartiennent à des grands groupes, ont des boutiques partout dans le monde, mais ils restent fidèles à ce quartier et c’est ce qui fait leur force. DINH VAN
www.directsoir.net DINH VAN LA PRODUCTION BIJOUTERIE - JOAILLERIE - ORFÈVRERIE - HORLOGERIE En millions d’euros 2002 2003 2004 2005 2006 Chiffre d’affaires production HT 1833 1566 1644 1695 1795 Fabricants de bijouterie-joaillerie 1392 1185 1267 1392 1417 Fabricants de médailles en métaux précieux 38 32 33 33 33 Taille et enfilage de pierres et perles 96 72 69 71 72 Fabricants d’orfèvrerie et de couverts 104 88 90 80 79 Fabricants de bijouterie fantaisie 182 169 166 190 176 Fabricants d’orfèvrerie en métaux précieux 21 19 20 18 19 ■ Source : CFHM/FFBJOC/SESSI Manchette seventies, or blanc et diamants. Emeline Fontvieille. Pour la directrice marketing et communication, « liberté, simplicité, sensualité, audace et luxe pour soi » sont les valeurs fortes de la marque. Et elles guident de façon flagrante les créations. Les femmes se disent séduites par cette philosophie de vie que véhicule Dinh Van. Emeline Fontvieille raconte que Jean Dinh Van, qui supervise encore aujourd’hui toutes les créations, se plaît à dire : « La création j’en fais une partie, et la femme la finit ». « Beaucoup d’intimité se crée entre le bijou et celle ou celui – car Dinh Van ne fabrique pas des bijoux Pendentif Lame de rasoir, en or jaune. que pour les femmes ; les hommes et les enfants sont aussi sa cible – qui le porte, poursuit Emeline Fontvieille. On est dans le bijou complice, compagnon fidèle. » Il n’y a pas de style Dinh Van à proprement parler, mais tout est en fait dans « le décalage, le détournement d’objets et d’idées ». Les Menottes. DINH VAN DINH VAN CARTIER Le joaillier des rois ■ C’est en 1899 que Cartier s’installe au 13, rue de la Paix, dans le 2 e arrondissement de Paris. Soit plus de cinquante ans après la reprise par Louis-François Cartier de l’atelier de bijouterie laissé par son maître, Adolphe Picard, en 1847. Le prince de Galles, futur Edouard VII, désigna d’ailleurs Cartier comme « joaillier des rois, roi des joailliers ». Depuis, la maison est devenue l’une des plus prestigieuses du monde. En 1924, Cartier crée l’un de ses nombreux bijoux de référence : la bague trois anneaux aux ors différents, déjà appelée « Trinity » à l’époque aux Etats-Unis. Présent sur les cinq continents avec plus de 200 boutiques, Cartier intègre le groupe Richemont en 1993. BOUCHERON TIFFANY & CO. Le roi des diamants POIRAY ÉCONOMIE 9 ACTEURS DU MARCHÉ BOUCHERON Le premier sur la place La « Trinity », trois anneaux, trois ors, de Cartier. ■ Frédéric Boucheron, le fondateur de la maison, est le premier joaillier à s’établir en 1893 place Vendôme, dans la résidence de la comtesse de Castiglione. Il avait choisi le numéro 26 de la place Vendôme pour son ensoleillement. Cela ferait briller davantage les diamants, pensait-il. La maison, qui s’inspire encore aujourd’hui et comme à ses débutsde la nature, fête cette année son 150 e anniversaire. En 2000, Boucheron devient la propriété du groupe Gucci, lui-même acquis entièrement par PPR en 2004. La montre brevetée au bracelet interchangeable et au fermoir invisible, créée en 1947, est l’un des produits phares de la maison. La montre au bracelet interchangeable de Boucheron. ■ Adjacente à la place Vendôme, la rue de la Paix, célèbre au Monopoly, mais surtout dans le monde entier comme vitrine de la haute joaillerie, accueille notamment la grande marque de la Cinquième Avenue à New York, Tiffany & Co. Fondée en 1837, la maison est reconnue pour son savoir-faire en matière de diamants. Son fondateur, Charles Lewis Tiffany, est d’ailleurs rapidement surnommé « King of Diamonds » (le roi des diamants), pour avoir introduit – en acquérant des bijoux d’aristocrates français – des pierres précieuses d’importance pour la première fois aux Etats-Unis. « Le cœur entrelacé », pavé de diamants, de Poiray. « Novo with hands », de Tiffany & Co. POIRAY La « perle » de la forme originale ■ Née en 1975, la maison Poiray installée place Vendôme travaille autour de la perle et de la pierre fine. L’une des originalités de ce joaillier est d’avoir introduit des formes de pierres peu courantes, comme la poire ou le cabochon. Le « cœur entrelacé » est aussi devenu une pièce maîtresse de la maison, à l’instar de la montre pour femmes « Ma Première », avec son bracelet interchangeable. CARTIER TIFFANY&CO



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