Direct Soir n°296 12 fév 2008
Direct Soir n°296 12 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°296 de 12 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Viktor Iouchtchenko, le Président ukrainien rencontre Poutine

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°296/Mardi 12 février 2008 6 EN COUVERTURE Viktor Iouchtchenko Visite délicate à Moscou LE PRÉSIDENT UKRAINIEN ACCÈDE AU POUVOIR LE 23 JANVIER 2006, À L’ISSUE D’UN TROISIÈME TOUR DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE, DÉCIDÉ SOUS LA PRESSION DE LA POPULATION MASSÉE DANS LES RUES PENDANT PRÈS D’UN MOIS, LORS DE CE QUE L’HISTOIRE RETIENDRA SOUS LE NOM DE « RÉVOLUTION ORANGE ». S.DOLZHENKO/EPA
AFP/F. COFFRINI www.directsoir.net C’est dans un contexte tendu que le président ukrainien devait rendre visite aujourd’hui à Vladimir Poutine. Les retrouvailles entre les deux hommes étaient prévues à l’occasion de la deuxième rencontre interétatique russo-ukrainienne. Entre celui qui fut le héros de la Révolution orange en novembre 2004, et qui porte toujours sur son visage les séquelles d’un empoisonnement à la dioxine, et l’homme fort du Kremlin qui s’apprête à terminer son mandat, les sujets de désaccord sont nombreux. Une résolution prise la semaine dernière par les autorités ukrainiennes est symbolique : le service des migrations a décidé d’accorder pour la première fois l’asile politique à un étranger. Il est journaliste et s’appelle Alexandre Kosvintsev, et le fait qu’il soit russe n’a rien d’anecdotique. Le 4 février, le quotidien russe Kommersant rapportait les propos de Konstantin Zatouline, le directeur de l’institut des pays de la Communauté des états indépendants (CEI). Selon ce dernier, « le fait qu’un citoyen russe ait reçu l’asile politique en Ukraine est significatif, à plus forte raison [parce] qu’il s’agit d’un reporter. Certes, c’est une décision politique de l’Ukraine et cette politisation pourrait avoir des conséquences indésirables pour les rapports entre les deux pays ». GUERRE DU GAZ Cette question n’est pas la seule ombre qui plane sur la rencontre d’aujourd’hui. Celle-ci devait porter, selon le ministre des Affaires étrangères ukrainien, sur « toutes les questions clés des relations russo-ukrainiennes ». Depuis quelques jours, une crise couve entre les deux pays. Elle concerne le gaz que fournit le géant russe Gazprom à l’Ukraine. Si le contentieux venait à s’aggraver, les conséquences pourraient s’étendre audelà de la région. 80% des importations européennes de gaz russe transitent par l’Ukraine. En janvier 2006, lors d’une précédente crise entre les deux pays, l’approvisionnement de l’Europe avait été brièvement interrompu. Cette fois, le Commissaire européen en charge de l’énergie dit avoir reçu l’assurance que ce ne serait pas le cas. Selon le journal moscovite Gazetta, « le gouvernement russe n’a aucune intention de déclencher une nouvelle guerre du gaz contre ses voisins avant l’élection présidentielle ». Pourtant, jeudi dernier, Gazprom a menacé d’arrêter une partie de ses livraisons à l’Ukraine en raison d’arriérés de dettes. UN CONTENTIEUX PROFOND Déjà, à la fin du mois de janvier, le ton était monté entre les deux pays. Le Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko, avait annoncé son intention de réorganiser la distribution du gaz en supprimant ce qu’elle appelle les « intermédiaires douteux » et en augmentant les taxes sur le transit du gaz russe par l’Ukraine. Selon elle, son pays n’a pas changé ses tarifs depuis 2006, alors que dans le même temps, la Russie a multiplié le prix de son gaz par 3,5. Mais si l’Europe s’inquiète pour son gaz et si l’asile politique accordé à Alexandre Kosvintsev est symbolique, le principal sujet de contentieux entre les deux pays est plus profond. La querelle faisant suite à la volonté affichée par les autorités ukrainiennes d’adhérer à l’Otan en est une illustration. Le Kremlin regarde d’un œil plus qu’inquiet les démarches entreprises par son voisin pour intégrer l’alliance atlantique. EN COUVERTURE 7 Le président ukrainien devait rencontrer son homologue russe aujourd’hui, sur fond de dissension entre les deux pays. La rencontre devait porter sur « toutes les clés » des relations bilatérales entre les deux voisins. Parmi elles, l’adhésion récente de l’Ukraine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sa volonté d’intégrer l’Otan et un différend sur son approvisionnement énergétique. Déjà à la fin du mois « de janvier, le ton était monté » Viktor Iouchtchenko (à g.) et le directeur général Pascal Lamy officialisent l’entrée de l’Ukraine dans l’OMC, le 4 février dernier. « C’est une affaire intérieure de l’Ukraine, c’est à elle de choisir l’organisation qu’elle souhaite intégrer. Il s’agit d’un état souverain et la Russie acceptera le choix de l’Ukraine » a déclaré la semaine dernière le ministre conseiller de l’ambassade de Russie à Kiev, avant d’ajouter : « La Russie a, bien sûr, sa propre politique et ses propres intérêts. » COMPLICATION DES RELATIONS En réalité, ce qui se cache derrière cette vive réaction relève bel et bien d’une question identitaire. « Dans l’imaginaire historique des Russes, l’Ukraine ne peut être une nation » explique Viatcheslav Avioutskii, docteur en géopolitique et spécialiste de cette région. « De part et d’autre de la frontière, il n’y a pas de grande différence ; une grande majorité d’Ukrainiens parle russe et les Russes considèrent Kiev comme le berceau de leur civilisation. L’Ukraine ne peut donc devenir un ennemi, or, pour Moscou, l’Otan demeure l’ennemi générique [l’adversaire théorique en cas de guerre,ndlr]. D’où cette mise en garde de Moscou qui Compte tenu de l’aspiration de la Russie à rejoindre l’OMC, nous allons avoir des négociations intéressantes. Viktor Iouchtchenko intervient après la déclaration du ministère russe des Affaires étrangères, datée du 26janvier dernier et selon laquelle une telle perspective pourrait « compliquer sérieusement les relations » entre les deux pays. « Notre travail euro-atlantique ne peut exercer aucune influence sur les relations russo-ukrainiennes », tentait de nuancer quelques jours plus tard le ministre ukrainien des Affaires étrangères. Le Kremlin ne semble pas l’entendre de cette oreille. « QUESTION DÉLICATE » Sur le plan intérieur, cette question divise. Viktor Iouchtchenko est mis en difficulté par les députés de l’opposition pro-russe qui ont décidé de bloquer le travail de la Rada (le parlement ukrainien), réclamant un référendum sur l’adhésion. Selon un récent sondage, la majorité de la population ukrainienne y est hostile. Le Président pourrait choisir de dissoudre le Parlement. Et si, sur cette question, Viktor Iouchtchenko et son Premier ministre, Ioulia Timochenko, étaient jusqu’ici sur la même ligne, celleci a pris ses distances depuis quelques jours. Le 28 janvier, devant le Parlement FABRICE COFFRINI/AFP



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