Direct Soir n°294 8 fév 2008
Direct Soir n°294 8 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°294 de 8 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Laurence Parisot l'esprit d'entreprise

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
Directsoir N°294/Vendredi 8 février 2008 4 EN COUVERTURE Laurence Parisot Ses ambitions pour le Medef LAURENCE PARISOT, 48 ANS, PRÉSIDENTE DU MEDEF. PREMIÈRE FEMME À DIRIGER LA PUISSANTE ORGANISATION PATRONALE, ELLE A, DEPUIS SON ÉLECTION EN 2005, APPORTÉ UN DYNAMISME ET UNE OUVERTURE QUI SONT SA MARQUE DE FABRIQUE. LUDOVIC/REA
FANNY TONDRE/REA www.directsoir.net Pour la première fois de son histoire, l’hémicycle du Parlement européen était ouvert aujourd’hui à un événement public. Le Medef s’y retrouve pour tenir sa Convention. « Invité à Bruxelles par le Parlement européen, le Medef veut montrer l’importance qu’il accorde à la présidence française de l’Union européenne », explique-t-on au Medef. L’assemblée est placée sous le signe de la modernisation de l’entreprise française. Slogan de la convention : « Benchmarker, c’est la santé ». Le ton est donné. Cette convention fait honneur au « benchmarking » : cette technique qui consiste à analyser les pratiques des partenaires et concurrents pour mieux orienter sa stratégie. Une discipline qui exige curiosité, rigueur et ouverture. La convention devait s’ouvrir sur une allocution de Laurence Parisot, présidente du Mouvement des Entreprises de France. Ce premier moment de la journée était consacré à l’Europe et aux effets du traité de Lisbonne sur les entreprises et leurs salariés sur le territoire de l’Union. Un thème particulièrement cher à la patronne des patrons pour qui analyser ce que font nos partenaires – et parfois concurrents – européens est une nécessité pour rendre les sociétés hexagonales encore plus performantes. Lors de son dernier point presse, le 15 janvier, Laurence Parisot avait longuement insisté sur les vertus de l’exercice. « « Benchmarker, c’est la santé », cela veut dire ne pas être prisonnier de notre histoire, cela veut dire ne pas être prisonnier de notre façon de penser, cela veut dire se comparer en permanence et en priorité aux autres pays européens », expliquait-elle alors. Un véritable leitmotiv pour la première femme à diriger l’organisation patronale. Pour preuve, l’adaptation et la modernisation seront aussi au cœur des autres thèmes abordés durant la journée : « nouvelle consommation », « nouvelle entreprise » ou encore « nouvelles règles ». Une démarche qui semble d’autant plus d’actualité que les entreprises françaises sont confrontées à un déficit des exportations qui a battu des records en 2007. Le chiffre du déficit extérieur de 39,17 milliards d’euros pour 2007 annoncé hier ne devrait que conforter la promotion de l’innovation qui est au cœur de l’action de Laurence Parisot, même s’il témoigne aussi d’un niveau correct de l’investissement et de la consommation sur le territoire français. « Si on voit qu’on n’est pas en bonne santé, le benchmark nous permet d’aller un temps plus loin et de faire des progrès pour se mettre en meilleure santé », déclarait-elle le 15 janvier dernier. Une technique qui a fait ses preuves non seulement pour les entreprises qu’elle a dirigées mais aussi dans son parcours personnel. UNE ASCENSION FULGURANTE L’adaptation de l’entreprise à un environnement toujours plus changeant et exigeant est une valeur presque familiale chez les Parisot. Son grand-père, Jacques Parisot, a fondé le Groupe Parisot à Saint-Loup-sur- Semouse (Haute-Saône), entreprise familiale devenue premier groupe français d’ameublement. C’est dans cet environnement entrepreneurial que Laurence Parisot voit le jour le 31 août 1959. L’autre partie de sa famille est composée d’enseignants. Dans Femmes au Pouvoir (Stock, 2007), elle confie à Hervé Gattegno et Anne- Cécile Sarfati, « A l’école, même les bûchettes en bois qu’on utilisait pour apprendre à compter sortaient des ateliers de M. Parisot ! C’était une raison supplémentaire pour moi de vouloir compter plus vite que tout le monde… » Celle qui n’est encore qu’une enfant veut alors être astronaute, marquée par la télédif- EN COUVERTURE 5 La convention du Medef se tient aujourd’hui à Bruxelles au cœur du Parlement européen. A quelques mois du début de la présidence française de l’Union européenne, Laurence Parisot, première femme à présider le Medef, devrait inaugurer l’événement placé sous le signe de l’ouverture de l’entreprise française au monde. En ce début d’année agité pour l’économie mondiale, la patronne des patrons a la lourde tâche de donner le ton contre la morosité. « L’entreprise, c’est la vie » Laurence Parisot lors du point presse mensuel, le mois dernier. fusion de l’alunissage d’Apollo 11. Plus tard, elle se verra avocate ou journaliste. « J’y ai renoncé quand j’étais en dernière année de Sciences-Po, sans doute parce que je me disais qu’être grand reporter aux quatre coins du monde, ça n’était pas gagné. » Cette femme diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et de la faculté de droit de Nancy est une femme pragmatique. En 1985, alors qu’elle prépare une thèse en sciences politiques sur « Le lobby patronal dans le grand commerce », elle intègre l’institut Louis Harris, recommandée par Alain Lancelot (alors directeur de l’IEP). Son patron, Pierre Weil, expert en estimations, statistiques d’élections et qui l’avait fascinée quand elle avait 14 ans, l’embauche. Tout se passe alors très vite. Six mois plus tard, elle va voir son patron et lui demande de devenir directrice générale pour remédier aux dysfonctionnements qui entravent le développement de cette filiale de la Sofres, qui emploie une trentaine de personnes. AUDACE ET ÉCOUTE « Je me demande parfois comment j’ai pu faire preuve d’une telle assurance », confie-t-elle aux deux journalistes. « Penser que je pourrais y arriver était une première audace, et le dire en était Le capitalisme, même financier, peut avoir une vision de long terme, il suffit que le libéralisme n’oublie pas un de ses fondements : la responsabilité. une seconde. » Audelà de l’audace, Laurence Parisot a toujours su susciter la confiance de ceux qui l’entouraient. Ainsi, lorsqu’elle quitte Louis Harris pour l’IFOP (dont elle détient aujourd’hui 75% du capital), nombre de ses subordonnés décident de la suivre. Nous sommes en 1990, et l’institut se porte très mal. Laurence Parisot a alors 30 ans. Son plan d’action est simple : elle rassemble toutes les déléguées syndicales de l’entreprise et parle avec elles du métier, qu’elle connaît mieux que les anciens dirigeants, qui ne venaient pas toujours du milieu. Dix-sept ans plus tard, elle souligne l’importance de ces échanges avec ces représentants qui étaient toutes des femmes : « Peut-être le fait que nous ayons dialogué entre femmes a-t-il eu son importance : je pense qu’on se parle plus facilement, plus sincèrement » confie-t-elle encore à Hervé Gattegno et Anne-Cécile Sarfati. Laurence Parisot, le 11 janvier 2008 L’ARRIVÉE AU MEDEF Ce sont sans doute ces traits de modernité – jeunesse, féminité, réussite – qui séduisent Ernest-Antoine Seillière, alors président du Medef, lorsque celuici la fait rentrer au conseil exécutif de l’organisation patronale. A son arrivée MEIGNEUX/SIPA



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :