Direct Soir n°290 4 fév 2008
Direct Soir n°290 4 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°290 de 4 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Kofi Annan médiateur pour le Kenya

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°290/Lundi 4 février 2008 8 EN COUVERTURE Les dirigeants kenyans doivent prendre leurs responsabilités dans le conflit. Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU Le président Mwai Kibaki entouré de son principal rival, Raila Odinga et de Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, à Nairobi, le 24 janvier dernier. pays, avec près de 49 millions d’euros en 2006. Mais ce développement économique, accentué par le tourisme, cache de très grandes inégalités sociales. Cité par le quotidien Le Monde du 30 janvier, un rapport de l’ONU publié en 2004 dévoile que « le Kenya fait partie du groupe des dix pays de la planète où les disparités sociales sont les plus graves. Le revenu des plus riches est égal à 56fois le revenu des plus pauvres ». Que ce soit dans les villes ou dans les campagnes, les inégalités sociales plombent les relations entre les communautés. Un grand quotidien kenyan révélait dans ses colonnes que « le Kenya pratique une forme brutale, inhumaine de capitalisme qui encourage une compétition féroce pour la survie, la richesse et le pouvoir. Ceux qui ne peuvent entrer dans la compétition sont réduits à vivre comme des animaux dans des bidonvilles ». Au-delà de ces problèmes, demeurent également de lourds conflits fonciers. Les élites politiques ont permis à de nombreuses personnes de devenir propriétaires de terres dans des conditions préférentielles. Jomo Kenyatta, le premier Le point sur LE KENYA PHILIP DHIL/EPA président de la République élu en décembre 1963, a distribué des terres aux Kikuyus. Ce favoritisme n’a fait qu’accentuer la colère des autres, les laisséspour-compte. La colère post-électorale est aussi révélatrice de ce problème latent qui se superpose bien souvent à la question ethnique. Si les disparités ethniques ont déjà été réactivées et instrumentalisées sous le régime autoritaire de Daniel Arap Moi dans les années 1990, elles sont une fois de plus très présentes aujourd’hui dans le pays. DATES CLÉS• 1890 : l’Allemagne cède ses possessions au Royaume-Uni.• 1920 : le pays appartient à la Couronne.• 1963 : indépendance. Jomo Kenyatta devient le premier président de la République.• 1966 : le dirigeant du parti Kenya People’s Union, Jaramogi Oginga Odinga, est emprisonné. VERS LA FIN DU CONFLIT ? Selon Mathieu Mérino, le processus pour mettre un terme au conflit au Kenya sera long. « Je ne crois pas que Mwai Kibaki revienne sur sa réélection et que Raila Odinga accepte d’être son vice-Président. » La médiation de l’ancien secrétaire de l’ONU Kofi Annan, commencée le 24 janvier dernier, pourrait promouvoir un partage du pouvoir. Or, Raila Odinga et la majorité de la classe moyenne qu’il représente ont conscience qu’une telle répartition reviendrait finalement au statu quo sans lui conférer davantage de pouvoir. Evidemment, la communauté internationale n’a aucun intérêt à laisser le conflit persister. En revanche, pour Mathieu Mérino, une médiation africaine est tout à fait envisageable et pourrait se révéler très efficace. C’est d’ailleurs sur ce point que Vincent Hugeux, journaliste à L’Express, insiste (lire ci-contre). Pour lui, c’est « l’africanité » de Kofi Annan qui a été mise en avant pour résoudre la crise. Celui-ci a permis que les deux protagonistes de ces élections se serrent la main solennellement. Il a réussi a faire passer l’idée d’une négociation et plusieurs équipes, que ce soit du côté de Mwai Kibaki ou de celui de Raila Odinga, sont favorables au dialogue. Mais pour trouver une solution pérenne au Kenya, il faudra du temps, beaucoup de temps. Le conflit kenyan a mobilisé les discussions du sommet de l’Union africaine, qui réunit tous les ministres des Affaires étrangères africains. Le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, a estimé que l’urgence au Kenya était « d’éteindre le feu » sous peine de voir le pays disparaître dans le sang.• 22 août 1978 : mort de Jomo Kenyatta. Daniel Arap Moi (photo) devient Président par intérim.• 1992 : Daniel Arap Moi est confirmé dans son poste de Président.• 1997 : réélection de Daniel Arap Moi à la tête du Kenya.• 2002 : l’ancien vice-Président du Kenya, Mwai Kibaki, est élu Président. EPA/STR ANTONY NJUGUNA/REUTERS VU PAR Vincent Hugeux, spécialiste de l’Afrique, grand reporter à L’Express « Le problème est politicosocialo-ethnique » ■ « La résolution du conflit prendra du temps. Cela se compte en années, plus en mois maintenant. Le langage diplomatique ambigü ne fonctionne plus et ne suffit plus. Il faut sommer les responsables politiques de stopper tout ça en exerçant sur eux une forte pression. Le tourisme est un des facteurs économiques importants du Kenya. Les menacer sur ce point pourrait probablement les convaincre de négocier. Le pays n’est pas si stable qu’on le pense. Les germes d’un conflit existent depuis des années. La très grande disparité de la population est un des facteurs clés de ce conflit. L’histoire politique du Kenya est très dure, la composante ethnique en a toujours fait partie. Les inégalités sociales et foncières participent au conflit, le problème identitaire aussi. » LES DERNIÈRES VIOLENCES PHILIPPE MATSAS/OPALE ■ Depuis deux semaines, deux députés membres du Mouvement démocratique orange de Raila Odinga ont été tués. Le premier, Melitus Mugabe Were (photo) est assassiné le 29 janvier dernier, sur le pas de sa porte. Puis le 31 janvier, David Kimutai Too est tué par balles par un policier dans l’ouest du pays.



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