Direct Soir n°290 4 fév 2008
Direct Soir n°290 4 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°290 de 4 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Kofi Annan médiateur pour le Kenya

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
Directsoir N°290/Lundi 4 février 2008 6 EN COUVERTURE Kofi Annan s’engage pour la paix au Kenya À 70 ANS, KOFI ANNAN, ANCIEN SECRETAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU, A ÉTÉ MANDATÉ PAR L’UNION AFRICAINE POUR AIDER À LA RÉSOLUTION DU CONFLIT AU KENYA. ASSURANT LA MÉDIATION ENTRE MWAI KIBAKI ET SON RIVAL, RAILA ODINGA, LE PRÉDÉCESSEUR DE BAN KI-MOON A LA LOURDE TÂCHE DE RAMENER LA PAIX DANS UN PAYS EN CRISE. PAULO CARRICO/EPA/SIPA
M. TREZZINI/EPA/SIPA www.directsoir.net L’ancien secrétaire de l’ONU Kofi Annan est arrivé le 29 janvier dernier à Nairobi pour tenter de résoudre un conflit politico-ethnique qui a fait plus de 1000 morts depuis l’élection présidentielle du 27 décembre dernier. Pendant longtemps, le Kenya a fait figure de pôle de stabilité en Afrique, dans une région où tous ses voisins – Somalie, Tanzanie, Ouganda– ainsi que le Tchad (de nouveau au cœur d’une tragique actualité) ont été les théâtres de conflits violents. Cette stabilité du Kenya s’est appuyée sur un certain dynamisme économique. Tous les observateurs s’accordent à dire que le « pays des safaris » s’est offert une embellie économique sans précédent en Afrique. Pourtant, le Kenya ne possède pas de réelles richesses minières (ni pétrole ni diamants), seulement des rubis de qualité parfois intermédiaire. Ce pays d’Afrique noire s’est construit sur ses exportations de fleurs, de thé et surtout sur son énorme potentiel touristique. Mais depuis un mois, il est formellement déconseillé par le ministère des Affaires étrangères de se rendre au Kenya jusqu’à ce que le retour au calme soit constaté sur l’ensemble du territoire. Comment, en seulement quelques semaines, ce pays pourtant si stable estil devenu le théâtre d’affrontements sanglants entre ethnies ? LES ÉLECTIONS : LE POINT DE DÉPART C’est un problème ethnique qui est devenu, en quelques semaines, le point névralgique d’une bataille sanguinaire. A l’origine des troubles, les élections présidentielles du 27décembre dernier. Les premières émeutes éclatent le 29 décembre dans des quartiers défavorisés de la capitale, Nairobi. Protestant contre la lenteur du dépouillement des bulletins de vote, les pro-Raila Odinga, principal opposant, manifestent leur mécontentement. Le lendemain, Raila Odinga accuse le président sortant Mwai Kibaki de fraude sur 300000 voix. Le 1 er janvier, la Commission électorale proclame la réélection de Mwai Kibaki avec un peu plus de 270000 voix d’avance. C’est alors que les violences connaissent un degré d’intensification. Alexander Graf Lambsdorff, observateur européen dépêché sur place, précise « que malgré les efforts de son président, la Commission électorale kenyane n’a pas réussi à établir la crédibilité du processus de dépouillement de façon à satisfaire tous les partis et les candidats ». Quelques jours plus tard, la Commission fait part de documents établissant la disparition de plusieurs milliers de bulletins de vote. Même chose pour le reste de la communauté internationale. Les Etats- Unis par exemple reviennent vite sur leur position et envoient un émissaire constater l’échec d’un scrutin honnête. Dès lors, les médias sont interdits, un couvre-feu est instauré et le pays s’embrase, faisant depuis un mois plus de 255000déplacés et près de 1000morts. LE FACTEUR ETHNIQUE La complexité de ce pays s’explique avant tout par sa composition. Le Kenya compte sur ses 34707817 habitants (chiffre 2006), soit une quarantaine d’ethnies. En tête, les Kikuyus (22%), suivis par les Luhyas (14%), les Luos (13%), les Kalenjins (12%) et les Kambas (11%). Le multiculturalisme a toujours existé au Kenya. L’appartenance ethnique est un facteur clé dans ces élections. Un sondage publié en décembre dans le pays indiquait que 40% de la population considérait comme importante l’origine ethnique dans le choix de son candidat. Mwai Kibaki appartient à l’ethnie la plus EN COUVERTURE 7 Près de 1000 morts, plus de 255000 déplacés. Le Kenya est devenu en quelques semaines le théâtre d’affrontements sanglants entre les deux ethnies majoritaires. Kofi Annan s’est rendu à Nairobi pour tenter de désamorcer cette crise. Alors que sa mission semble avoir porté ses fruits, un nouvel incendie s’est allumé au Tchad. Faire la paix dans cette région du continent africain est devenu une priorité de la communauté internationale. Tous les facteurs « ont concouru à la crise » Un opposant à Mwai Kibaki, machette à la main, refuse la médiation de Kofi Annan dans la crise kenyane, à Kisumu, jeudi dernier. représentée au Kenya, les Kikuyus. Son principal opposant, Raila Odinga, est Luo. Cette tribu est représentée essentiellement sur les rives du Lac Victoria. Les Kikuyus dominent la vie politique kenyane depuis plusieurs années, et les Luos les accusent de la monopoliser. Raila Odinga incarne l’opposition au régime issu de l’indépendance. Son père déjà, Jaramogi Oginga Odinga, était un militant opposé au père de l’indépendance, Jomo Kenyatta, un Kikuyu lui aussi. Cela dit, il n’existe pas de fracture ethnique ancrée dans ce pays, même si en 1992 et en 1997, les élections avaient suscité des mouvements de populations importants sans faire jouer le facteur communautaire. Seules celles de 2002 avaient laissé le pays dans le calme. En revanche, pour Mathieu Merino, chercheur et spécialiste du Kenya, « c’est la première fois que l’on mobilise la ressource ethnique dans ce pays. Le problème est que les élites ne maîtrisent pas tout et pourraient perdre le contrôle des événements ». Autre point soulevé par le spécialiste : le risque qu’en attisant le conflit, les élites réveillent des problèmes beaucoup plus anciens. Au début du conflit, les Kikuyus étaient les principales victimes On parle d’épuration ethnique, de génocide, nous ne pouvons pas croiser les mains. des attaques perpétrées par les Kalenjins, une fédération de groupes ethniques qui dans son ensemble a voté pour Raila Odinga. Le 31 décembre, 35 personnes appartenant à l’ethnie des Kikuyus ont brûlé vifs dans l’église où ils avaient trouvé refuge. Mais la semaine dernière, les violences dans la ville de Naivasha, dans la vallée du Rift, ont pris une autre dimension. Cette fois, ce sont les Kikuyus qui agressent les autres ethnies. Le 27 janvier, une dizaine de personnes sont brûlées vives dans leur maison. Avec ces exactions, le pays prend conscience qu’aucune communauté n’est à l’abri. Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine. LES FACTEURS ÉCONOMIQUES Les conflits ethniques sous-jacents ne sont que la façade d’une crise plus ancienne. Les violences sont alimentées, voire aggravées par des inégalités sociales qui durent depuis des décennies. Le Kenya avait acquis sa stabilité politique grâce à son embellie économique des dernières années. En 2007, le pays est fort d’une croissance économique de 6,5%. Dans la vallée du Rift, les bonnes conditions climatiques ont permis de développer des entreprises d’horticulture. C’est depuis la principale recette du AP



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :