Direct Soir n°289 1er fév 2008
Direct Soir n°289 1er fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°289 de 1er fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Etats-Unis : John McCain l'espoir des Républicains

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
A. JEWELL/CRYSTAL EYE-KRISTALLISILMÄ OY-HELSINKI V. RIBERAIGUA/B. O BOIS DORMANT/CRAC MEDIAS FORUM DR Directsoir N°289/Vendredi 1 14 CULTURE er février 2008 EXPOSITION Art vidéo show Devenu un support classique en matière d’art contemporain, la vidéo s’affirme comme une discipline à part entière. A travers deux artistes, le Jeu de Paume propose un aperçu du concept d’art vidéo. The Hour of Prayer, un des six films d’Eija-Liisa Ahtila présentés au Jeu de Paume. Plongés dans l’obscurité de l’espace Concorde du Jeu de Paume, les visiteurs retrouvent la lumière dans les installations vidéo d’Eija-Liisa Ahtila. Cette artiste finlandaise s’illustre dans le domaine de l’art vidéo depuis les années 1990. La rétrospective qui lui est consacrée présente six de ses films pour la première fois en France. L’un d’eux, Where is Where ?, a été conçu pour l’exposition. Représentatif de sa technique, ce moyen métrage de 45 minutes se visionne sur six écrans diffusant des images différentes qui se complètent pour livrer l’intégralité du message. Cette mise en espace de l’image dans des installations multi-écrans n’est pas sans rappeler George Brecht. En 1959, cet artiste américain fut le premier à concevoir une installation composée de neuf télévisions La belle o bois dormant, de Viviane Riberaigua. TOP DES TOPS Sheryfa Luna 1 Il avait les mots jkle en marche. Cofondateur de la branche américaine du mouvement Fluxus, son travail est une clé pour comprendre l’art vidéo. Plus discrète, l’installation du jeune Denis Savary met en relation, dans le foyer, une projection sur le montage d’une exposition et un parterre de cotillons. Originale et intéressante, cette exposition risque de laisser perplexes les non-initiés à l’art vidéo. Cependant, grâce à un véritable travail effectué sur les notices explicatives, les visiteurs curieux seront guidés dans leur découverte. Eija-Liisa Ahtila et Denis Savary, jusqu’au 30 mars. Jeu de Paume, site Concorde, 1, place de la Concorde, Paris 8e. www.jeudepaume.org EXPO 2 Fatal Bazooka Parle à ma main Des richesses bangladaises en catalogue ARTénim fait la foire CATALOGUE DANSE ■ Annulée le 25 décembre 2007 par le gouvernement bangladais, l’exposition Chefs-d’œuvre du delta du Gange devait être une première mondiale. La première réunion hors des frontières des richesses archéologiques et artistiques de la partie orientale du Bengale n’aura finalement pas lieu. Le musée Guimet et la Réunion des musées nationaux permettent toutefois au public de découvrir ces œuvres rares grâce au catalogue de l’exposition sorti en octobre 2007. Conçu comme un ouvrage de référence sur l’histoire et la civilisation du Bangladesh, ce volume présente tour à tour le pays, son histoire, ses religions – bouddhisme, hindouisme, jaïnisme, islam –, ses sites archéologiques, son patrimoine et les photographies des œuvres qui auraient dû être présentées au musée Guimet. Le catalogue reste l’unique occasion de découvrir un patrimoine peu connu, et les richesses sur lesquelles repose le Bangladesh. Chefs-d’œuvre du delta du Gange, collections des musées du Bangladesh, coédition RMN éditions/musée des Arts asiatiques Guimet, 49 €. Le catalogue, à défaut d’expo. ■ La 3 e foire d’art contemporain ARTénim Grenoble ouvre aujourd’hui. Cette édition accueille 80 galeristes qui représentent 250 artistes. Parmi les temps forts de ce marché, qui a aussi pour objectif de « démocratiser l’art », on retrouve des expositions, des installations, et sa « Nuit de l’art », ce soir, avec des performances éphémères organisées dans le dédale des stands. Foire d’art contemporain ARTénim Grenoble, jusqu’au 4 février à Alpexpo, 2, avenue d’Innsbruck, Grenoble (38) (04 76 39 66 00), www.artenimgrenoble.com. Fréderic Lerner Mondotek Tokio Hotel 3 4 5 Plus là Alive ! An Deiner Seite jkle jkle jkle jkle Le poids des mots. Après un mois de janvier plutôt ennuyeux, le classement des meilleures ventes de singles reprend vie avec l’entrée de Sheryfa Luna. Elle parvient à déloger Fatal Bazooka de la première place du top, que le groupe occupait depuis la période précédant Noël. Accompagné d’un vidéoclip scénarisé, Il avait les mots est une touchante histoire d’amour brisé sur fond de piano, qui vient s’ajouter au palmarès déjà impressionant de la jeune chanteuse. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : SNEP/IFOP DR La scène est recouverte de verre brisé. « Glass Tooth » : fragments de verre, fragments de temps ■ Pour présenter sa dernière création en Europe, le chorégraphe Saburo Teshigawara a choisi la France. Sur une scène recouverte de morceaux de verre brisé, métaphore du temps qui passe, les chorégraphies de Glass Tooth se jouent du mouvement et de l’immobilité. Ici, l’humain s’oppose au minéral, brouillant les frontières de l’espace-temps. Glass tooth, aujourd’hui et demain au Maillon, à Strasbourg, les 7 et 8 à Mulhouse, et du 14 au 17 à Paris, au Théâtre national de Chaillot. LIVRE Folie musicale de l’époque bénie ■ White Bicycles est le témoignage d’une époque, signé d’un homme immergé dans les années 1960, le producteur Joe Boyd. Le titre est une allégorie de l’espace de liberté dont profitait la jeunesse : les bicyclettes blanches étaient laissées à la libre disposition de la population d’Amsterdam, jusqu’au moment où elles furent systématiquement volées. C’est peu dire que l’auteur a tout vu et tout entendu : il raconte au jour le jour ses rencontres, ses signatures, ses soirées, ses coups de cœur, du jazz et du blues à Nick Drake ou Pink Floyd, mais aussi dans le cinéma, avec, par exemple, Stanley Kubrick. Foisonnant de détails, ce livre séduira grandement les nostalgiques de ces années sans limites. White Bicycles, de Joe Boyd, éd. Allia, 19 €. DR A. LIJIMA
WILD BUNCH DISTRIBUTION DR www.directsoir.net Charles Boyer (André Dussolier) est un flic à la retraite atteint de la maladie d’Alzheimer. ■ Auréolé d’un Ours d’argent au festival de Berlin en 2006 pour sa prestation dans Le libre arbitre, Jürgen Vogel endosse avec une grande justesse le rôle d’un violeur sur les chemins de la guérison. Après une première scène de viol, filmée avec autant de distance que de froideur, les spectateurs sont embarqués dans la délicate réinsertion du coupable neuf ans après les faits. L’esthétique documentaire, la longueur des plans et la rareté des dialogues donnent toute sa force au propos. L’ambiance et la délicate question de la rédemption n’en restent pas moins douloureuses, voire pénibles. A travers cet itinéraire du désespoir, le réalisateur allemand pose une question FESTIVAL André Dussollier a rencontré des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer pour mieux se préparer au rôle. Festival au long cours ■ Le festival du court métrage de Clermont- Ferrand fête ses 30 ans. Bien qu’encore peu diffusé en France, le format court ne s’est jamais aussi bien porté. A Clermont, cinquante pays sont représentés et vingt-deux heures de films sont réparties en programmes de 95 mn. 130 000 entrées ont été comptabilisées l’année dernière. Un engouement qui rappelle que le court est une forme de cinéma à part entière. 30 e festival du court métrage, jusqu’au 9 février à Clermont-Ferrand. Programme des compétitions sur www.clermont-filmfest.com. Suffit-il de vouloir pour pouvoir ? Avec « Le libre arbitre », Matthias Glasner livre un film dur, long et bouleversant sur les abîmes d’un violeur. A-K. GOLINSKY/COLONIA MEDIA 2005 Sabine Timoteo et Jürgen Vogel. fondamentale. Existe-t-il vraiment un libre arbitre pour celui qui est profondément perverti ? Le libre arbitre, de Matthias Glasner, en salles. La qui flanche ★★★★★ Dans « Cortex », André Dussollier est au centre d’une machination. Réelle ou née de son imagination ? Après Le convoyeur, excellent polar au scénario retors, on attendait avec impatience un nouveau passage derrière la caméra de Nicolas Boukhrief. Cortex, son troisième film, donne à vivre le même climat angoissant, alignant doutes et questionnements, jusqu’à rendre le spectateur aussi paranoïaque que les personnages. Au centre de cette machine infernale, André Dussollier. Il est Charles Boyer, un flic à la retraite atteint de la maladie d’Alzheimer, qui part vivre dans une clinique spécialisée. L’étape est difficile : dans les premières scènes du film, on voit Boyer faire méthodiquement sa valise, tenter de lutter contre la maladie, qui à tout instant peut lui faire oublier sa brosse à dents ou, bien pire, son arme. Car malade, il n’en reste pas moins flic. Et lorsqu’une disparition, puis une autre, perturbent la quiétude des pensionnaires, Charles Boyer reprend du service et entame une investigation, dont on ne sait jamais vraiment si elle est CULTURE 15 CINÉMA justifiée. Centré sur Dussollier, le film décortique son visage, ses gestes, ses mimiques et ses paroles. On est saisi par ses contrastes (renforcés par un amaigrissement), entre apaisement et angoisse. La vie à la clinique est ritualisée : repas, cours de gym, visites de la famille, soirées passées dans sa chambre. Autant de détails qui renforcent l’impression d’être soi-même enfermé dans ce lieu, sorte de huis clos où le personnel sourit exagérément, chuchote, et lance des regards sujets à interprétation… Charles Boyer, lui, en devient presque fou : il écrit dans un carnet, pour arriver à se souvenir de ce qu’il a vu et su. Avec l’espoir de dénicher la véritable clé de l’énigme : le mobile. La maladie d’Alzheimer n’est pas le sujet de ce film noir. Il en est seulement l’un des aspects. Mais on admire ce que Nicolas Boukhrief parvient à en dégager, au-delà de l’intrigue : chaque malade reste, au fond, ce qu’il a toujours été, malgré les pertes de mémoire, malgré la peur. Cortex, de Nicolas Boukhrief. En salles.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :