Direct Soir n°287 30 jan 2008
Direct Soir n°287 30 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°287 de 30 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Clovis Cornillac dans la peau d'Astérix

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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P.VICTOR/ARTCOMART A. SOARES DR Directsoir N°287/Mercredi 30 janvier 2008 12 CULTURE THÉÂTRE Tragique Bérénice Photographie et peinture, Aux Bouffes du Nord, Carole Bouquet et Lambert Wilson incarnent Bérénice et Titus, héros raciniens aux amours – forcément – contrariées. Lambert Wilson (Titus) et Carole Bouquet (Bérénice), au théâtre des Bouffes du Nord. Germain Tillion. TOP DES TOPS EXPOSITION Lambert Wilson serait-il follement amoureux de « Bérénice » ? Sans aucun doute. « Je ne peux pas lâcher « Bérénice ». J’y reviens donc. Elle m’obsède. Elle contient tout le théâtre, ou presque », confesse-t-il dans la note d’intention de la tragédie de Racine (1670) qu’il met en scène pour la deuxième fois. En 2001, Kristin Scott Thomas joua, au Théâtre de Chaillot, la reine Bérénice dans une Rome mussolinienne. La critique n’apprécia pas. Aujourd’hui, Lambert Wilson revient à une mise en scène classique, remplace l’actrice britannique par la gracieuse Carole Bouquet et s’attribue le rôle de Titus. Au majestueux Théâtre de Chaillot, il préfère l’humble théâtre des Bouffes du Nord.Avec ses balcons en pierre défraîchis, sa coupole poussiéreuse et ses arcades, le décor offre un cadre rustique mais aristocratique aux tourments du couple. C’est donc en alexandrins que Titus, devenu empereur, renvoie la divine Bérénice dans ses contrées orientales. Car s’il est follement amoureux d’elle, ce souverain ne peut faire accepter de Rome qu’il épouse une étrangère. Carole Bouquet est une Bérénice élégante et distante. Lambert Wilson, un empereur confus et tourmenté. Entre eux, les larmes, l’honneur et la résignation. Deux mille ans après les faits, l’histoire de Bérénice et de Titus n’a pas pris une ride. Du cœur ou de la raison, qui a jamais su choisir ? Bérénice, de Jean Racine, mise en scène de Lambert Wilson, jusqu’au 23 mars. Théâtre des Bouffes du Nord, 37 bis, bd de la Chapelle, Paris 10e. www.bouffesdunord.com. Une centenaire au musée EXPOSITION THÉÂTRE un riche dialogue ■ Sept plasticiens réunis dans le cadre de « Y’a pas photo » exposent en ce moment leurs travaux, qui absorbent le réalisme photographique dans la gestuelle et l’intention de la peinture, du dessin ou du collage. Ils explorent chacun à leur manière les voies ouvertes par une alchimie fertile au travers de thèmes divers et variés. L’Ouest américain de Patricia Erbelding, le combat entre l’artiste et son double de Mathias Gaillaguet, les photos retravaillées à coups de stylos-billes « à la recherche d’une présence tapie dans l’image » de Danièle Gibrat, les images érotiques de Michel Pelloille, le New York de Tony Soulié, la jeunesse perdue de Vincent Verdeguer, et les études conceptuelles d’Herman Steins, sont données à voir à la Maison d’Art de Nogentsur-Marne. Dans le flux incessant d’images qui nous entourent, ces œuvres hybrides ouvrent une brèche dans le réel vers une dimension imaginaire et subjective. Y’a pas photo, jusqu’au 9 mars à la Maison d’Art Bernard-Anthonioz, 16 rue Charles-VII, Nogent-sur-Marne (94), entrée libre (01 48 71 90 07), www.maisondart.fr. ■ 100 ans, un passé de résistante et une carrière d’ethnologue engagée confèrent à Germaine Tillion un destin d’exception, auquel le musée de Bretagne rend hommage. L’exposition retrace sa vie et ses combats, présente des objets qui lui sont chers et sur lesquels elle a fondé ses travaux. Portrait d’une femme humaniste qui a su dire non. Germaine Tillion, jusqu’au 4 mai, Musée de Bretagne. Les champs libres, 10, cours des Alliés, Rennes (35) (02 23 40 66 00). Au musée de l’Homme de Paris, à partir du 30 mai. 1 Harry Potter et l’ordre du Phénix Warner Home Video jkle 2 La faille TF1 Video Loup, de Vincent Verdeguer (2006). Persepolis Hot Fuzz Raisons d’Etat 3 4 5 TF1 Video USCV Universal USCV Universal Studio Canal Studio Canal jkle jkle jkle jkle Meilleures ventes de films en DVD Entrée remarquée en deuxième position du classement de La Faille avec Anthony Hopkins. Un homme tue son épouse qui le trompe. Un policier découvre sur les lieux du crime que la victime n’est pas morte et qu’elle n’est autre que sa maîtresse... Le début d’un thriller palpitant... Légende : (e) nouvelle entrée - Source : V. VERDEGUER Lucy Harrison dans Le bel indifférent. Monologue du cœur ■ Pièce de Jean Cocteau écrite pour Edith Piaf, Le bel indifférent est fondé sur le monologue d’une star de variétés face à son amant. Dans la nouvelle version mise en scène par Thierry Harcourt, c’est l’actricechanteuse Lucy Harrison qui dévoile ses états d’âme. Son partenaire muet n’est autre que Jean-Edouard Lipa, qu’on avait connu plus disert du temps du Loft sur M6. Jusqu’au 23 février au Théâtre 14 Jean-Marie Serreau, 20, avenue Marc- Sangnier, Paris 14 e, (01 45 45 49 77). LIVRE Voyage au bout de l’ennui ■ Voyager léger ne tient pas à grand-chose. Un peu d’ennui, un beau regard. Il n’en fallait pas plus pour que Julien Bouissoux, jeune auteur de 33 ans, nous emmène avec Voyager léger dans une quête au bout de l’ennui, histoire d’un auteur de polar désabusé qui voit le temps passer comme on regarde un quai s’éloigner. Double littéraire de Bouissoux, le héros, Tristan Poque, dans lequel certains croient voir une « triste époque », était déjà apparu dans un de ses précédents livres, La chute du sac en plastique, avec la même aptitude à combler le vide de façon légère et désinvolte. Avec élégance, Julien Bouissoux explore ici l’ennui d’un homme dont la maladresse et les réflexions – candides – deviennent le reflet d’une époque qui, sans avoir peur de l’avenir, se contente simplement du présent. Voyager léger, de Julien Bouissoux, éditions de l’Olivier, 16 €. DR P.POIRIER/CIT’EN SCENE
DR DR www.directsoir.net L’acteur Elliot Ruiz incarne le caporal Ramirez. ■ Premier film américain d’une réalisatrice danoise dont les précédents films étaient proches du Dogme de Lars Von Trier, Nos souvenirs brûlés est à mille lieues de cette esthétique. Susanne Bier livre ici une histoire d’amitié sur les épreuves de la vie dans laquelle Halle Berry joue le rôle d’une femme qui perd brusquement son époux. Face à cette douleur insurmontable, elle se tourne vers le meilleur ami de son mari, Jerry (Benicio Del Toro) – un junkie – afin de perpétuer son souvenir. Tous deux essayeront de s’en sortir ensemble. Hélas, Nos souvenirs brûlés pèche par trop d’insistance sur la belle, mais ennuyeuse, Halle Berry, alors que c’est bien son Bienvenue en enfer Deux militaires américains sont passés en cour martiale pour leur implication supposée dans la « bataille d’Haditha ». ■ Ancien médecin, Bruno Ulmer est documentariste depuis une dizaine d’années. Il raconte dans Welcome Europa l’espoir puis la désillusion d’immigrés qui ont rêvé de l’Europe comme de la terre promise. Après les nuits passées dans des cartons, les poursuites policières, ils n’auront qu’un mot pour qualifier ce prétendu eldorado : l’enfer. Welcome Europa, de Bruno Ulmer. En salles. Ensemble, c’est mieux Deuil et drogues se côtoient dans un film poussif avec Halle Berry et Benicio Del Toro. Jerry (Benicio Del Toro) et Audrey (Halle Berry). partenaire Benicio Del Toro qui est le meilleur atout de ce film poussif. Nos souvenirs brûlés de Susanne Bier, en salles. 2007 DREAMWORKS PICTURES 13 Une tragédie irakienne ★★★★★ Le docu-fiction choc « Battle for Haditha » reconstitue la « tuerie d’Haditha », un drame qui reflète la vérité des affrontements actuels en Irak. Depuis quelques mois, le cinéma n’hésite plus à évoquer le conflit irakien, en complément, voire en substitut d’une difficile couverture journalistique.Après Dans la vallée d’Elah de Paul Haggis et avant l’attendu Redacted de Brian De Palma (sortie le 20 février), voici Battle for Haditha du Britannique Nick Broomfield. Ce docu-fiction revient sur la tragédie survenue le 19 novembre à Haditha, petite ville au nord-ouest de Bagdad. Ce jour-là, une patrouille de marines est victime d’un attentat. Bilan : un mort et deux blessés. En représailles, les soldats massacrent 24 civils irakiens du voisinage. L’armée publie un communiqué indiquant que « quinze Irakiens ont été tués par l’explosion », et que huit insurgés sont décédés en attaquant le convoi. Mais la version officielle sera mise à mal par des images tournées par un étudiant en journalisme, puis par une enquête du magazine Time. Nick Broomfield était jusque-là connu pour ses documentaires (Kurt & Courtney en 1998, sur le leader du groupe Nirvana et sa compagne, et Biggie &Tupac, sur les meurtres de stars du rap, en 2003), CULTURE CINÉMA et son style incisif proche de celui d’un Michael Moore. Il fait ici ses premiers pas dans la fiction, sans oublier son expérience de documentariste. En reconstituant le drame, le réalisateur a fait jouer des anciens marines ou des réfugiés irakiens. Ces acteurs amateurs traduisent l’inexpérience, la paranoïa et l’isolement d’un côté, la peur et la révolte de l’autre. La force du film est de multiplier les points de vue, permettant au spectateur de se mettre dans la peau des trois groupes en présence – militaires, civils et insurgés – et de vivre de l’intérieur cette escalade de la violence, reflet du terrible engrenage dans lequel est pris l’Irak. S’il se montre empathique pour les hommes sur le terrain, le film est aussi un document à charge contre une hiérarchie militaire américaine n’hésitant pas à sacrifier de sang-froid des vies irakiennes pour préserver sa sécurité. Il souligne la manipulation des images par les islamistes à des fins de propagande. Seuls bénéficiaires de cette poussée de violence, ce sont eux les vainqueurs de la « bataille d’Haditha ». The Battle for Haditha, de Nick Broomfield, en salles.



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