Direct Soir n°284 25 jan 2008
Direct Soir n°284 25 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°284 de 25 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Fabrice Luchini rendez-vous avec le grand public

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°284/Vendredi 25 janvier 2008 8 EN COUVERTURE FABRICE LUCHINI EST NÉ ROBERT LUCHINI, EN 1951 À PARIS. IL DÉBUTE AU CINÉMA EN 1969 ET A DEPUIS TOURNÉ UNE CINQUANTAINE DE FILMS. HOMME DE THÉÂTRE, IL TRIOMPHE DEPUIS PLUS D’UN AN DANS SON SPECTACLE INTITULÉ « LE POINT SUR ROBERT ». Fabrice Luchini L’éloquent SAM/STARFACE
DR www.directsoir.net Voilà plus d’un an que Fabrice Luchini régale le public parisien avec son spectacle. Un an, presque sans interruption, qu’il écume les scènes de la capitale avec le même succès. Après l’avoir présenté au Théâtre de la Villette en décembre 2006, il a déménagé au Petit Montparnasse, puis à la Gaîté. Et il rempile à nouveau, cette fois sur les planches du Théâtre de la Renaissance, où il entame aujourd’hui une nouvelle série de représentations du Point sur Robert. Le comédien se livre à un exercice dans lequel il est passé maître, alternant lectures d’extraits d’œuvres de grands auteurs et commentaires personnels. A michemin entre one-man show comique et pièce conventionnelle, il démontre que légèreté et élévation spirituelle peuvent aller de pair. Entre les textes empruntés à Paul Valéry, Roland Barthes ou Molière, Luchini interpelle son auditoire, dialogue avec lui, se dévoile et se raconte. Au hasard de ses improvisations, une référence fait naître une anecdote, ou l’histoire d’une rencontre. L’ENFANT DE MONTMARTRE Ce sont précisément les rencontres qui ont permis à Fabrice Luchini d’arriver là où il est. Rien ne le prédisposait à la carrière qu’il allait connaître. Fils de vendeurs de fruits et légumes, il grandit au pied de la butte Montmartre, dans un milieu modeste où l’on n’envisage pas de gagner sa vie en se divertissant. Et quand aujourd’hui, cet ancien cancre cite Deleuze pour expliquer à quel point il a haï l’école (« je ne comprenais pas d’où ça parlait »), on a du mal à croire qu’il se soit fait renvoyer à 14 ans, un maigre certificat d’études en poche. Toutefois, le jeune Robert (son vrai prénom) Luchini a déjà la fibre d’un amuseur. Saisissant le moindre public qui se présente à lui, dans la rue ou dans le commerce parental, il se donne en spectacle. Son aisance en public est déroutante. D’autant qu’elle se double d’une formidable vivacité d’esprit et d’un sens de la psychologie qui lui permettent de cerner instinctivement chaque interlocuteur. Et d’en déstabiliser plus d’un. C’est à 14 ans, quand sa mère le place comme apprenti chez un coiffeur pour dames des beaux quartiers, que Robert devient Fabrice. Ce prénom restera son nom de scène. Il y a peut-être déjà chez lui l’intuition de pouvoir camper, derrière son pseudonyme, un personnage différent du jeune homme anxieux qu’il est. Rapidement, l’adolescent volubile devient la coqueluche du salon. Bernard Privat, directeur des éditions Grasset et père de l’une des jeunes clientes de Fabrice, se prend de sympathie pour lui et lui présente l’intelligentsia parisienne. Il subjugue ce petit monde. C’est un peu plus tard, en 1969, qu’intervient le tournant décisif. A la faveur d’une rencontre dans le nouveau drugstore d’Angoulême où il est venu coiffer les femmes pour l’ouverture de l’établissement, Fabrice Luchini étonne Philippe Labro, qui lui offre son premier rôle au cinéma. Le film s’intitule Tout peut arriver. Avec le recul, on mesure à quel point ce signe du destin était prophétique. RENCONTRES DÉCISIVES Sa route croise ensuite celle d’Eric Rohmer, que l’acteur désigne aujourd’hui comme son Pygmalion. Les deux hommes collaborent une première fois sur le tournage du Genou de Claire (1970), dans lequel Luchini joue un petit rôle. Décidé à transformer l’essai, le débutant, âgé de 22 ans, s’inscrit aux cours EN COUVERTURE 9 Talentueux, surdoué, génial, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier Fabrice Luchini. Il prend le risque de quitter les théâtres confidentiels pour présenter son spectacle « Le point sur Robert », à partir de demain au Théâtre de la Renaissance, devant le grand public des boulevards, à Paris. C’est déjà complet pour six semaines. Ça donne des ailes, « une bonne petite névrose harmonieuse. » L’acteur producteur est passionné de Louis-Ferdinand Céline, Jean de la Fontaine et James Brown. Vital, 1996. de théâtre de Jean-Laurent Cochet. Six ans plus tard, il découvre un autre de ses « maîtres » en travaillant avec Michel Bouquet sur le plateau du film de Pierre Zucca, Vincent mit l’âne dans un pré (et s’en vint dans l’autre) (1976). En 1978, il retrouve Rohmer qui fait de lui son Perceval le Gallois. Si le long métrage remporte un succès d’estime auprès des critiques, la reconnaissance populaire n’est pas encore au rendez-vous. Elle se fera attendre jusqu’en 1984, avec la quatrième collaboration entre Luchini et Rohmer, pour Les nuits de la pleine lune. Les années 1980 sont surtout marquées, pour Luchini, par plusieurs participations à des comédies de second ordre, dont plusieurs dirigées par Patrick Schulmann. Il donne même la réplique à Aldo Maccione dans le superflu T’es folle ou quoi ? (1982), avant d’endosser un petit rôle dans le quatrième volet des aventures d’Emmanuelle (1984). SUCCÈS TARDIF Il faut attendre 1990 pour trouver dans la filmographie de Fabrice Luchini le premier rôle marquant. Il s’agit de La discrète, réalisé par Christian Vincent. La même J’aime mon métier de comédien, mais ce n’est pas gai, comme projet. Un acteur qui attend un coup de fil, c’est quelqu’un de très malheureux. année, il figure au casting quatre étoiles d’Uranus, de Claude Berri. Dès lors, Luchini est durablement installé dans le cercle des acteurs français reconnus. Il enchaîne les films occupant le premier plan médiatique : Le colonel Chabert d’Yves Angelo (1994), L’année Juliette de Philippe Le Guay (1995), Beaumarchais, l’insolent d’Edouard Molinaro (1996), Hommes, femmes, mode d’emploi de Claude Lelouch (1996) ou encore Le bossu de Philippe de Broca (1997). A mesure que le grand écran fait de lui un acteur populaire et de plus en plus « bankable », Fabrice Luchini découvre le luxe de pouvoir faire ce qui lui tient vraiment à cœur. En 1984, il a exploré avec bonheur l’univers du théâtre dans une pièce de Sacha Guitry, Le veilleur de nuit. Mais c’est quelques années plus tard que le comédien trouve son terrain d’expression. Jean-Louis Barrault, qui dirige alors le théâtre du Rond-Point, lui demande un jour de dire sur scène des extraits de son auteur favori. Inconditionnel de Céline, depuis qu’à D. ANGELI/ANGELI



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