Direct Soir n°283 24 jan 2008
Direct Soir n°283 24 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°283 de 24 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Open d'Australie : Tsonga en finale !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SANTÉ FORLANO/CONDENAST/VOGUE FRANCE Directsoir N°283/Jeudi 24 janvier 2008 8 ÉCONOMIE Tailleur en tweed Chanel L’alliance du luxe et du confort Marie-Hélène Arnaud, mannequin vedette de Chanel dans les années 1950. L’élégance, c’est que ce soit aussi beau à l’envers qu’à l’endroit. Gabrielle Chanel Interview de la DIRECTRICE DR A la veille de ses 100 ans, la maison Chanel ne s’est jamais aussi bien portée et ses créations sont à la pointe de la mode. Le tailleur en tweed de la marque au doubleC, réinventé à chaque nouvelle collection depuis plus d’un demi-siècle et symbole mondial du raffinement français, reste un élément incontournable des garde-robes des femmes d’aujourd’hui. NÉ AU DÉBUT DES ANNÉES 1920, LE TAILLEUR EN TWEED SE DÉCLINE SUR TOUS LES TONS EN 2008. Les premières vestes Chanel voient le jour en 1916, lorsque Gabrielle Chanel impose l’utilisation du jersey, fluide et malléable. Confortables et faciles à vivre, elles marquent leur époque et participent à l’émancipation de la femme. Avec cette veste, elles vont pouvoir bouger, travailler, sans renoncer au luxe de leur garde-robe. Gabrielle Chanel elle-même ne porte que cette veste, « l’expression vestimentaire du siècle ». Chanel lui impose son exigence de souplesse : les poches et les manches des vestes répondent à une charte de construction précise, conçue pour n’entraver aucun mouvement. Les laines utilisées pour réaliser le tweed sont moins lavées afin qu’elles gardent leur moelleux et leur souplesse. Un autre des nombreux secrets de la veste Chanel réside dans sa doublure : invariablement en soie, elle cache une fine chaînette qui donne une verticalité et un tombé impeccable au vêtement. Ce détail d’une sophistication rare reste la véritable signature de Chanel, unique maison de couture à « plomber » ainsi ses vestes. Le résultat : une parfaite alliance de l’allure et du confort. Lors des premières présentations, ce tailleur étonne par son avant-gardisme prononcé : il est simple, mais parfaitement juste. Son succès sera tel qu’il habillera les femmes du monde entier. On le voit au cinéma, notamment porté par Jeanne Moreau dans Les Amants de Louis Malle (1958), ou encore par Delphine Seyrig dans Baisers volés de François Truffault (1968). Il sera également à la une de tous les journaux le lendemain du 22 novembre 1963, un tailleur de Véronique Perez – Directrice des relations extérieures Chanel pour la mode COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS L’IMMENSE SUCCÈS REMPORTÉ PAR LE TAILLEUR DE TWEED DÈS SA CRÉATION ? Chanel a fait des tailleurs et des ensembles dès les années 1920. Le tailleur tel qu’on l’imagine nous, c’est celui de son come-back des années 1950. Toute sa démarche tourne autour du confort et de la femme moderne. Elle-même s’était coupé les cheveux courts, s’exposait au soleil… C’était tout simplement un tailleur qui correspondait à la vie des femmes dans les années 1950. C’est ce qui explique son succès. QUELLE EST LA MEILLEURE ASSOCIATION VESTIMENTAIRE POUR UN TAILLEUR OU UNE VESTE DE TWEED CHANEL ? Enormément de combinaisons sont possibles, à l’exemple du final orchestré par KarlLagerfeld présentant la collection printemps-été 1990 avec quarante modèles portant des vestes identiques, l’une avec une longue robe, une autre en jean, en culotte, en jupe, en pantalon droit… nous prouvant qu’il peut être porté à tout moment, le jour comme le soir. Les femmes le porteront de façon différente selon les occasions. C’est d’ailleurs la force du couleur rose et taché de sang, porté par la remière dame des Etats-Unis, Jackie Kennedy, le jour de l’assassinat de son époux. UN TAILLEUR DE TWEED INSPIRÉ DE SON AMANT ANGLAIS C’est en 1954, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, que Coco, alors âgée de 71 ans, rouvre sa maison (elle l’avait fermée sur un coup de tête en 1939). A ce moment, elle présente des tailleurs de tweed directement inspirés d’une de ses anciennes liaisons avec l’homme réputé le plus riche d’Angleterre : le duc de Westminster. Elle utilise d’ailleurs le mot « costume » pour le qualifier et non « tailleur ». Cette précision est importante parce que ses liaisons masculines tout comme ses voyages ont toujours influencé ses créations. Parfois, elles furent de véritables sources d’inspiration (de sa liaison avec le grand-duc Dimitri, cousin du dernier tsar de Russie, sont nées ses robes à motifs slaves). Elle piochera ganses d’uniformes, pantalons et bérets de marin dans les vestiaires masculins afin de les proposer aux femmes. Son style s’est d’ailleurs toujours plus ou moins inspiré des garde-robes de ses hommes, qu’elle remaniait pour elle... Le duc de Westminster faisait preuve d’une élégance détachée parfaitement au goût de Mademoiselle Chanel. Leur liaison, commencée en 1928, a duré presque six ans et ses voyages dans la campagne anglaise furent une grande source d’inspiration. Si bien qu’elle ne tarda pas à adopter le vestiaire de son amant, tout en le féminisant, puis en le proposant à ses clientes dans ses collections. C’est ainsi que vit le jour, en 1956, le célèbre tailleur de tweed Chanel à vestiaire Chanel en général et du tailleur en particulier. QUEL EST LE MODÈLE PHARE À PORTER CETTE SAISON ? Actuellement, c’est une veste rose de la collection « Croisière », version 2008, un peu effrangée et aux manches courtes, et dans quelques semaines, à découvrir dans la collection printemps-été 2008, nous croyons très fort dans un tailleur rouge et blanc pied de coq et une veste bleu marine avec des pattes sur les épaules, portée avec un jean large.
www.directsoir.net PHOTOS CHANEL/CROQUIS K. LAGERFELD ÉVOLUTION DU NOMBRE DE MAISONS DE COUTURE EN FRANCE 2007 2002 1995 1987 1945 ■ Source : Chanel Collection prêt-à-porter, printemps-été 1990. motifs écossais, gansé, sans entoilage, souple, aux poches plaquées, aux emmanchures étroites et au tombé unique apporté par la chaîne qui souligne la doublure intérieure. LA DÉCONTRACTION ET LE CONFORT DEVIENNENT UN LUXE Partant de la maxime de Coco Chanel : « Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue… », on comprend pourquoi, très tôt, elle cherche à allier le confort à la liberté de mouvement dans ses créations. Sa mode est donc volontairement fluide (on lui doit les premières tenues de sport féminines), privilégiant l’aisance et le côté pratique, à l’exemple de son pyjama, qu’elle portait aussi bien sur la plage qu’en soirée. L’émancipation féminine, à laquelle elle accorde beaucoup d’importance, a beaucoup d’impact sur son élan créatif : elle raccourcit les jupes, supprime leur taille, porte des pantalons (elle participe à la mode garçonne des années 1920), met les cheveux courts au goût du jour et fait entrer dans la garde-robe des femmes des pièces et accessoires masculins. D’ailleurs, lorsqu’elle rouvre sa maison en 1954, sa collection va complètement à contre-courant du style « new-look » de Christian Dior : elle supprime les balconnets, les guêpières… et remplace le traditionnel corset par des tailleurs et des robes beaucoup plus confortables, proposant une silhouette androgyne qui n’est pas au goût de tout le monde. Roland Barthes définit le tailleur Channel « comme l’oubli du corps tout entier, réfugié, absorbé dans la distinction sociale du vêtement ». Elle participait en fait à une véritable révolution de la haute couture en imposant le confort et l’élégance de tailleurs et de robes très simples, sobres et raffinés. 10 12 16 24 130 heures sont nécessaires pour réaliser une veste haute couture en tweed Chanel, toute simple, sans broderie. Collection prêt-à-porter, printemps-été 2008. LE TAILLEUR DE TWEED CHANEL APRÈS CHANEL Mademoiselle Chanel mourut dans sa chambre du Ritz le dimanche 10 janvier 1971, à l’âge de 87 ans. Elle aura travaillé jusqu’au dernier soir de sa vie. Elle disait : « Que ma légende fasse son chemin, je lui souhaite bonne et longue vie. » Ce fut chose faite, en partie grâce à la famille Wertheimer (c’est à eux qu’appartient l’entreprise depuis 1924) qui assura la continuité de la maison Chanel. En 1983, elle fait appel à un ancien de chez Balmain et de chez Jean Patou : KarlLagerfeld, qu’elle nomme directeur artistique de la maison pour toutes les collections haute couture, prêt-à-porter et accessoires. Celui-ci, sans jamais copier les modèles de Mademoiselle, précise : « ma Coco préférée, c’est celle des débuts : la rebelle, la capricieuse. C’est à elle que je pense quand je crée mes collections. » Aujourd’hui encore, KarlLagerfeld réinvente le tailleur de tweed Chanel au fil des saisons. On le découvre en version mini, porté avec des cuissardes blanches ou noires lors de son défilé hiver 2006/2007, à la fois identique et différent, le faisant défier les modes, et lui donnant diverses couleurs au gré des saisons (tweed couleur framboise, pistache ou citron lors du défilé prêt-à-porter printemps-été 2006, tweed noir, crème et pêche pour la haute couture de l’hiver 2005/2006), le réinterprétant avec des combinaisons vestimentaires toujours plus surprenantes avec cette éternelle allure intemporelle. Il se plaît d’ailleurs à répéter, en citant Goethe : « Faire un meilleur avenir avec les éléments élargis du passé. » 106 ■ Ce n’était pas chose évidente que de trouver un digne successeur à celle qui, avec son style si particulier, avait bouleversé les habitudes vestimentaires des femmes et changé la vision de la mode. C’est en 1993, soit 12 ans après la mort de Gabrielle Chanel, que KarlLagerfeld devient le directeur artistique de la maison Chanel. Il a su redonner de la couleur aux modèles emblématiques de Mademoiselle, et leur apporter une touche de modernité. Il a relevé le pari difficile d’assurer une succession digne de ce nom, tout en imposant son propre style. ÉCONOMIE 9 KARL LAGERFELD La relève DR Le directeur artistique KarlLagerfeld. LIVRE « Le temps Chanel » ■ L’occasion de découvrir le parcours de celle qui, née Gabrielle, fut surnommée « Coco », pour enfin être celle que l’on connaît tous, sous l’appellation « Mademoiselle Chanel ». De ses débuts en tant que modiste, au succès actuel de ses créations, l’auteur Edmonde Charles-Roux, nous dresse le portrait de cette femme à la fois singulière, séductrice, artisane, femme d’affaires et visionnaire qui a véritablement marqué l’histoire SURNOM Qui qu’a vu Coco ? ■ Agée à peine d’une vingtaine d’années, Gabrielle Chanel travaille en tant que petite main dans une boutique de lingerie de luxe, cependant, elle ne s’y plaît pas. Elle préfère alors s’orienter vers une carrière artistique de chanteuse de music-hall et interprète, dès 1905, ses chansons devant les officiers de cavalerie qui se retrouvent au café-concert La rotonde et qui rapidement la surnommeront « Coco ». Pourquoi Coco ? Parce qu’un de ses morceaux portait le titre suivant : Qui qu’a vu Coco dans l’Trocadéro. Son père avait été le premier à l’appeler ainsi, et elle avait elle-même repris ce petit nom dans une de ses chansons. Elle gardera ce surnom toute sa vie. L’UNIVERS CHANEL DVD Signé Chanel ■ Ce DVD nous propose de découvrir l’univers Chanel. Des petites mains au sein des ateliers, au très médiatique KarlLagerfeld, nous sommes littéralement plongés dans le monde de la haute couture. L’occasion de rencontrer madame Pouzieux, la passementière de soixante-quinze ans, qui a connu Coco Chanel, monsieur Massaro, le bottier sur mesure de la maison, les mannequins, les secrétaires, les brodeuses de chez madame Lesage et de suivre étape par étape comment un croquis de KarlLagerfeld parvient à devenir réel, avec tulle, soie et taffetas et à défiler sur les podiums. Signé Chanel, de Loïc Prigent. Coco Chanel en 1936. de la mode. On se retrouve littéralement plongé dans son intimité avec l’évocation de ses proches, de ses amies, de ses amants, et de tous ceux qui ont croisé sa route, tels que Jean Cocteau ou encore Colette. On découvre Chanel à l’heure russe, puis à l’heure anglaise. Le tout richement illustré de photographies inédites, de portraits et de dessins de mode. L. SACY/FEDEPHOTO R. VIOLLET/LIPNITZKI



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