Direct Soir n°278 17 jan 2008
Direct Soir n°278 17 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de 17 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Disparition : Carlos, où tu vas doudou dis donc ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°278/Jeudi 17 janvier 2008 6 PORTRAIT Álvaro Uribe Le défi colombien ÁLVARO URIBE, 55 ANS, PRÉSIDENT DE LA COLOMBIE ÉLU GRÂCE À UN PROGRAMME SÉCURITAIRE, CET ENNEMI JURÉ DES FARC, QUI ONT ASSASSINÉ SON PÈRE, A ENTRE LES MAINS UNE GRANDE PART DU SORT DES OTAGES DE LA GUÉRILLA, AU PREMIER RANG DESQUELS INGRID BETANCOURT. J. SMOCK/SIPA
C. VILLALON/REDUX-REA www.directsoir.net Qui est véritablement Alvaro Uribe, élu président de la Colombie en 2002, et ennemi juré des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ? Est-il le leader autoritaire d’un pays sans loi que ses détracteurs conspuent, n’hésitant pas à le taxer de « crypto-fascisme » ? Est-il au contraire le chef résolu d’un Etat martyrisé par un terrorisme crapuleux, dont la délégation de l’ONU en Colombie pour les droits de l’homme a souligné cette nuit l’« infamie des méthodes » ? « Il n’y a pas de mots pour exprimer le rejet de telles conditions de vie », a déclaré Javier Hernández-Valencia, le chef de la délégation, à propos des conditions de détention des otages. Considéré comme rigide, après avoir coupé court aux médiations d’Hugo Chávez, Alvaro Uribe a pourtant salué le rôle du président vénézuélien dans la libération de Clara Rojas et de Consuelo González. Néanmoins, dès hier, l’accusation d’ingérence a été renouvelée par Fernando Araujo, le chef de la diplomatie colombienne, à l’encontre de Caracas. Les volte-face sont fréquentes dans ce dossier d’une grande complexité. S’il n’écarte pas le pragmatisme et étudie toutes les possibilités d’avancée dans le dossier des otages, Alvaro Uribe n’entend pas céder face à un mouvement qui a perdu depuis longtemps toute crédibilité politique, a été dépouillé de son aura révolutionnaire et qui a fait assassiner son père au début des années 1980. Si bien que la libération d’Ingrid Betancourt, son ancienne rivale lors de l’élection présidentielle de 2002, plus célèbre à Paris qu’à Bogotá, est un dossier parmi d’autres à traiter pour ce leader politique. Certains lui reprochent par ailleurs des amitiés suspectes au sein des cartels, et surtout de fermer les yeux sur les agissements des milices paramilitaires qui luttent contre les Farc pour le contrôle des plantations de coca. Retour sur le parcours du leader colombien. PUR COLOMBIEN En 1952, la Colombie n’est pas encore connue comme la plaque tournante du trafic de cocaïne et Pablo Escobar n’a que trois ans. C’est l’époque de la « violencia », véritable guerre civile entre les militants armés des deux partis qui se partagent le pouvoir : les conservateurs et les libéraux. Alors qu’on s’approche des 200 000 morts, la famille Uribe, riches propriétaires terriens de la région de Medellín, attend un heureux événement. Alvaro naît le 4 juillet. Il grandit dans un pays en proie à la violence chronique et aux méfaits des différents groupes armés qui imposent leurs lois. Eduqué chez les jésuites, il entreprend des études de droit et sort de l’université d’Antioquia en 1977 avec un prix d’excellence. Le bon élève commence à se faire une place au sein du parti libéral, qui garde une place importante dans le paysage politique mouvementé de la république andine. C’est à cette même période qu’il épouse Lina Moreno, professeur de philosophie à Medellín, et devient secrétaire général du ministère du Travail. UN PROFIL PROMETTEUR En 1980, il est nommé directeur national de l’aviation civile, poste dont il aurait profité pour faciliter les opérations du cartel de Medellín, dirigé par PedroEscobar, avec lequel son père aurait collaboré selon les adversaires d’Alvaro Uribe. D’après un rapport de la « Defense Intelligence Agency » américaine classé « sans vérification finale », l’actuel président aurait été un proche du baron de la drogue. Ce lien, qui n’a jamais été prouvé, expliquerait selon ses détracteurs comment ce jeune homme de 30 ans a pu devenir le maire de Medellín, capitale mondiale de la cocaïne et de la prostitution dans les années 1980. Une ville qui est dans les faits contrôlée par PedroEscobar. Nous sommes en 1982. L’ORIGINE D’UN COMBAT C’est un an plus tard que se noue le drame qui régit, aujourd’hui encore, les relations entre Alvaro Uribe et les Farc. Lors d’un raid sur le ranch familial, ces dernières – qui se sont lancées dans le trafic de drogue à grande échelle – assassinent le père d’Uribe. Règlement de compte entre narcotrafiquants ou assassinat politique ? Le mobile n’a jamais été clairement établi. Mais quelle que ce soit la cause du meurtre, celuici déclenchera une inextinguible hostilité de l’actuel Président contre les Farc. Alors qu’il est élu local, il tente néanmoins de se concentrer sur des PORTRAIT 7 Alvaro Uribe, président de la Colombie depuis 2002, est mobilisé par la lutte contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui ont plongé ce pays au potentiel immense dans un état de quasi guerre civile. Le chef de l’Etat a choisi la fermeté. Un pari risqué, alors que les négociations – non dénuées d’arrière-pensées – menées par Hugo Chávez, le leader vénézuélien, semblent porter leurs fruits. L’humanitaire ne peut « exclure la sécurité. » Inspection, le 25 décembre 2007, des troupes terrestres, basées dans la Sierra Nevada de Santa Marta (nord de la Colombie), par le président Alvaro Uribe. En cas de paix, je serai le premier à cesser de les appeler terroristes et le premier à demander au monde comme contribution à la paix de cesser de les appeler terroristes. dossiers plus quotidiens. La politique progressiste qu’il défend durant ses mandats de sénateur d’Antioquia (la région de Medellín) entre 1986 et 1994, se focalise sur les problèmes de fond qui constituent le terreau de la violence dans le pays. Ses initiatives en matière de retraites, de protection sociale et de travail lui vaudront en 1990, 1992 et 1993 le titre de « meilleur sénateur ». Mais le dossier des Farc reste omniprésent. Lorsqu’il occupe le poste de gouverneur de la région d’Antioquia, Alvaro Uribe soutient l’initiative « Convivir », un système de groupes d’autodéfense locaux. Il s’agit du premier épisode des orientations « sécuritaires » qui sont aujourd’hui reprochées au président. En 1998, l’ONG « Human Rights Watch » publie un rapport dans lequel il est fait état de sa collaboration avec certains groupes paramilitaires, utilisés pour mener des exécutions sommaires des sympathisants de la guérilla. Premier épisode d’une série qui atteste des liens entre Alvaro Uribe et ces paramilitaires responsables de lourdes exactions. Alvaro Uribe, le 15 janvier après un entretien avec Rama Yade. M. A. SOLANO/PRESIDENCIA/EPA



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