Direct Soir n°278 17 jan 2008
Direct Soir n°278 17 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de 17 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Disparition : Carlos, où tu vas doudou dis donc ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PACOME POIRIER/CIT’EN SCENE DR Directsoir N°278/Jeudi 17 janvier 2008 14 CULTURE THÉÂTRE À l’assaut de la colline Le Théâtre national de la Colline accueille jusqu’au 24 février « L’Hôtel du libre-échange », une pièce de Georges Feydeau qui s’inscrit dans la tradition du vaudeville bourgeois. Hilarant et décapant. Eric Berger, Anne Benoît, Irina Dalle et Clovis Cornillac dans L’Hôtel du libre-échange. Jean Genet et son compagnon Abdallah Bentaga. TOP DES TOPS DR 1 Into The Wild Pathe Distribution jkle Bien avant de devenir le nouvel Astérix, Clovis Cornillac était comédien de théâtre.Alain Françon, directeur du Théâtre de la Colline et metteur en scène qui l’a vu débuter sur les planches, le fait revenir à ses premières amours avec L’Hôtel du libre-échange. Cette pièce de Georges Feydeau est injustement peu jouée alors qu’elle possède pourtant ce que l’on recherche chez ce virtuose de l’humour vaudevillesque : situations rocambolesques, personnages hauts en couleurs et jeux de mots décapants servis par un langage recherché. Alain Françon a su réunir des comédiens tous aussi doués les uns que les autres dans une mise en scène originale. Au sein d’une esthétique années 1930, ponctuée par l’envoûtante musique de GlennFerris, monsieur Pinglet (Clovis Cornillac) souhaite prendre des libertés vis-à-vis de sa femme (Anne Benoît). Il prend donc rendez-vous avec l’épouse de son meilleur ami à l’Hôtel du libreéchange. Les ennuis commencent lorsque monsieur Mathieu et ses quatre filles décident de séjourner chez les Pinglet, et quand les circonstances réunissent tout ce joli monde dans cet hôtel aussi réputé pour abriter les couples clandestins que pour ses quelques hypothétiques fantômes… Durant près de deux heures de spectacle, les situations comiques s’imposent sans lourdeur et s’enchaînent sur un rythme effréné. L’excellent Clovis Cornillac et ses complices, dont Gilles Privat (prodigieux en médiocre petit-bourgeois) et Eric Berger (plus connu comme le Tanguy d’Etienne Chatiliez) se démènent sur la scène du grand théâtre. Résultat : on rit, on s’étonne, on savoure cette joyeuse comédie de mœurs et tout le génie de Georges Feydeau. L’Hôtel du libre-échange, de Georges Feydeau. Théâtre national de la Colline, jusqu’au 24 février (01 44 62 52 52). EXPOSITION EXPOSITION THÉÂTRE Knorr, j’adore Les yeux de Genet ■ Mauvais garçon de la littéraire française, Jean Genet est actuellement à l’honneur à la Maison de la Poésie. Son poème Le funambule est mis en scène par Pierre Constant et une exposition est consacrée à l’auteur. Intitulée Le bleu de l’œil, double référence à la couleur des yeux de Genet et au titre de l’un de ses scénarios, elle présente une série de photographies et de documents inédits sur cet auteur controversé. Le bleu de l’œil, du 17 janvier au 13 avril à la Maison de la Poésie, 161, rue Saint-Martin, Paris 3 e, www.maisondelapoesieparis.com. 2 Je suis une légende Warner Bros 3 4 5 Reviens-moi Studio Canal Studiocanal (-) ■ C’est à la demande du musée de la Chasse et de la Nature que la photographe Karen Knorr poursuit son exploration des limites au sein d’un monde matérialiste entre humanité et animalité. Elle y expose en ce moment une nouvelle série de ses Fables, allégories par lesquelles elle confronte nature et fastes. Sur ses clichés apparaissent des animaux sauvages dans des intérieurs luxueux (ici le musée). Ces mises en scène étranges créent des contrastes saisissants et évocateurs. Certains naturalisés et pris en photo in situ, d’autres a posteriori incrustés ou surimposés, oiseaux, loups, sangliers (…) semblent déambuler dans le musée, dans des postures qui les rendent vivants. Née à Frankfort en Allemagne, la plasticienne vit en Angleterre et enseigne la photographie à l’University College of Creative Arts de Farnham. Son élégant safari-photo est ouvert… Exposition photographique Fables, de Karen Knorr, jusqu’au 11 mai 2008, au musée de la Chasse et de la Nature, Hôtel de Mongelas, 62, rue des Archives, Paris 3 e (01 53 01 92 40). Renseignements sur www.chassenature.org et www.karenknorr.com. A l’occasion de cette exposition les éditions Gallimard publient Le soliloque de l’empailleur, d’Adrien Goetz, 11 €. The Corridor, 2005, de Karen Knorr. Alien vs Predator requiem Twentieth Century Fox Le renard et l’enfant Walt Disney Studios Motion jkle jkle jkle jkle Into the wild au top. Avec près de 300000 entrées, le quatrième long métrage de Sean Pennse hisse sur la plus haute marche du box-office cette semaine, détrônant ainsi l’inébranlable Will Smith. Adapté d’un roman, le film suit le destin d’un jeune étudiant promis à un brillant avenir qui décide de tout abandonner pour s’installer en Alaska, et vivre seul au contact de la nature. La critique est unanime, et les spectateurs ravis… Légende : (e) nouvelle entrée - Source : www.cbo-boxoffice.com K. KNORR, COURTESY GALERY/LES FILLES DU CALVAIRE PARIS/BRUXELLES Une belle-sœur pas comme les autres ■ Initialement écrite pour Jacques Villeret, la pièce Opération cousine a passé quelque temps dans un tiroir avant de voir le jour. La voici enfin montée au Théâtre Fontaine. Quand Paula, la jolie belle-sœur du maire, débarque en pleine campagne politique, la vie de ce dernier et de celle de ses collaborateurs se voit bouleversée. En effet, Paula cache un secret qui pourrait bien décevoir les hommes dont elle fait bouillonner la libido. Opération cousine réserve de drôles de surprises aux spectateurs. Opération cousine, à partir du 15 janvier, Théâtre Fontaine, 10, rue Fontaine, Paris 9 e (0148747440). LIVRE De justes hors-la-loi ■ Les vivants et les morts de Gérard Mordillat était une fiction sociale. Son nouveau roman, Notre part des ténèbres, l’est tout autant. A travers l’histoire d’anciens salariés prenant en otage les actionnaires du fonds spéculatif coupable de la fermeture de l’entreprise dans laquelle ils travaillaient, le livre dégage les thèmes de la lutte des classes et des licenciements économiques. Plus ancré dans l’action cependant, Notre part des ténèbres se lit comme un récit d’aventures où des laissés-pour-compte tentent de rétablir la justice dans une société en perte de valeurs. Notre part des ténèbres, de Gérard Mordillat, Calmann-Lévy, 21 €. DR P.POIRIER/CIT'EN SCENE
DR DR www.directsoir.net Un combat pour la musique ★★★★★ Scénariste hors pair, Chris Kraus réalise avec « Quatre minutes » un deuxième long métrage choc, ode à la vie et à l’amour de la musique. Jenny (Hannah Herzsprung), détenue incarcérée pour meurtre et pianiste prodige. Ardant, Azéma et Dussolier dans L’amour à mort. DVD Lutter contre l’oubli A l’origine, le film devait s’appeler Rien que pour Mozart. Mais selon Chris Kraus, les sonates de Mozart ne correspondaient pas au personnage de Mme Krüger. Resnais à « Cœurs » ouvert ■ Ce début d’année est placé sous le signe du cinéma d’Alain Resnais. Trois rétrospectives sont organisées à Paris, Toulouse et Angers. Courts métrages, longs métrages, rencontres avec le réalisateur de Cœurs et certains de ses fidèles (au Centre Pompidou) sont au programme de ce mois de janvier. Rétrospectives Alain Resnais, Centre Pompidou à Paris (du 16 janvier au 3 mars), Cinémathèque de Toulouse (du 1 er au 31 janvier), Festival Premiers plans d’Angers (du 18 au 27 janvier). Sarah Polley signe avec « Loin d’elle » un premier long métrage tendre et déconcertant, adapté de la nouvelle « L’ours traverse la montagne » d’Alice Munro, parue dans le New Yorker. ■ Actrice depuis l’âge de 6 ans et réalisatrice de quatre courts métrages, Sarah Polley démontre avec Loin d’elle tout son talent. Elle livre une histoire d’amour poignante marquée par la maladie. Mariés depuis 45 ans, Fiona (Julie Christie) et Grant (Gordon Pinsent) ont supporté l’usure du temps. Mais la maladie d’Alzheimer dont est atteinte Fiona va les séparer. Admise dans un établissement spécialisé, elle tombe sous le charme d’un autre patient. Impuissant, Grant voit s’éloigner son épouse. Jusqu’où les mènera l’oubli ? La pudeur des sentiments, le réalisme et l’émotion donnent toute leur puissance à ce film. Pour comprendre tous les rouages de Loin d’elle, les commentaires précis de Julie Christie offrent une analyse toute personnelle du film, de son Fiona (Julie Christie) et Grant (Gordon Pinsent). rôle et de ses partenaires de tournage. Et pour découvrir la jeune réalisatrice de 28 ans, le making of et l’interview de Sarah Polley sont une véritable mine d’or. Loin d’elle, éd. Seven, 7, 20 €. DR CULTURE 15 CINÉMA Huit années de travail et de persévérance, c’est le temps qu’il a fallu au réalisateur Chris Kraus pour voir aboutir Quatre minutes, son deuxième long métrage. « Au début, je ne devais pas réaliser le film, seulement écrire le scénario », explique-t-il. Toutefois, après le succès de Famille brisée, son premier film, pour lequel il obtient l’« oscar » allemand de la meilleure contribution artistique, on lui confie la mise en scène de Quatre minutes. Cette histoire entre une professeur de piano (madame Krüger) et une jeune détenue violente et suicidaire au talent musical indéniable (Jenny) a pourtant failli ne jamais voir le jour. Entre le désistement, faute de temps, de Jeanne Moreau, pressentie pour tenir le rôle du professeur, un casting de 1 200 candidats sans trouver la perle rare pour incarner Jenny et un challenge musical démesuré – « trouver en Allemagne un compositeur prêt à massacrer Schumann » – seule la persévérance de Chris Kraus et de son équipe a permis à ce film d’exister. Exister, tel est bien le dilemme de Jenny, incapable de maîtriser ses pulsions violentes. Au côté de madame Krüger, une femme froide au passé trouble, la jeune femme condamnée pour meurtre réussira-t-elle à dépasser la haine qui l’anime ? Pour ce premier rôle au cinéma, l’actrice Hannah Herzsprung réalise un tour de force. Incarnant une jeune femme torturée, l’actrice a poussé la performance jusqu’à apprendre à jouer du piano et à faire les cascades. Son agressivité débordante fait écho au flegme de l’enseignante énigmatique interprétée par l’actrice Monica Bleibtreu. Et si dans ce pénitencier, la vie et l’espoir ne tiennent qu’à un fil, ou plutôt qu’aux notes d’un piano, Mozart, Beethoven, Bach et Schubert sont les dignes représentants des grands compositeurs classiques. De la première seconde au morceau final, composé par Annette Focks, la musique envahit l’espace. « Je voulais que la musique soit un élément majeur (…), un contrepoint au monde sordide que l’on devine chez les deux héroïnes » explique Chris Kraus. Pari tenu avec brio. Quatre minutes, de Chris Kraus, en salles.



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